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mercredi, 10 mars 2010

Démocratie et désillusions

Chacun de vous aura pu constater la désaffection des citoyens à l'endroit des prochaines élections régionales. Je suis même prêt à parier que ce scrutin ne mobilisera, à tout casser, qu'un maximum de 45 % du corps électoral...

Amis, faut il en rire ou en pleurer ? À vrai dire, je m'en balance royalement !

Ce désintérêt méprisant envers la politique telle qu'elle est conçue actuellement trouve ses racines dans les quelques récriminations qu'il m'est souvent arrivé d'entendre et que les élites ont bien du mal à percevoir, sûres de détenir LA vérité .

Hélas. Mille fois hélas !

piege.jpg- Le premier reproche fait par nos concitoyens à leurs dirigeants politiques est le mensonge. Les promesses électorales factices, les annonces mille fois démenties, le baratin dont l'expert est le chef d'état actuel, les faux fuyants, l'absence d'idées, les programmes tronqués : tout est bon pour se faire élire... Et qu'importe la suite.

- La seconde critique concerne la professionnalisation de la politique. Voir des gens comme Jacques Chirac et des centaines d'autres s'accrocher au pouvoir national ou régional comme des morpions à des poils de cul devient pathétique. Pensez que ce triste sire a habité voire pollué la vie politique du citoyen ordinaire pendant plus de 50 ans ! Quelle plaie !

Vous appelez ce phénomène, la démocratie ?

Moi pas.

Et maintenant Sarkozy, Fillon, Balkany, Estrosi, Frèche, Le Pen, Cohn Bendit, Bayrou, DSK, Fabius, Besancenot, Huchon !

Vous n'en n'avez pas marre, vous, de tous ces clones permanents ? De ce défilé interminable d'ambitions éternelles aux visages identiques années après années, de cette ronde d"égos octogénaires, de cette procession de carriéristes perpétuels ? Pas marre des Hollande imputrescibles, des Frèche mathusalémiens, des Bachelots députées à vie, des Le Pen de père en filles, des Voynet accrochées à leurs mandats, des Charasse increvables et j'en passe des milliers !

Qui n'étouffe pas un rire chagrin quand il entend tel leader politique comme ces malades du Pouvoir, addicts à la toute-puissance que sont Copé, Villepin ou Bayrou, déclarer, des trémolos dans la voix, qu'ils souhaitent se consacrer corps et âme, à la Nation pour notre bien ?

- Le troisième et dernier grief imputé aux dirigeants politiques est leur impuissance chronique à changer les tares du système, quand bien même leur bonne foi ne serait pas mise en doute ! Quid des chefs d'états et de gouvernements occidentaux face à la dérégulation mondiale et à l'omniprésence des financiers et des grands industriels ?

Quid d'Obama et son inefficacité croissante ? Qui gouverne réellement ce bas monde ? Je l'ignore mais ce dont je suis bien certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'élus.

Mai_681.pngQuand un homme de droite prend le pouvoir, la plupart des médias sont derrière lui, les élites, travaillées depuis leur prime jeunesse par un enseignement complètement dévoué à l'idéologie libérale également : son parcours devient une promenade de santé.

Un dirigeant de gauche est obligé d'imposer pas à pas des mesures qui vont à l'encontre des idées dominantes.

On ne gagnera pas d'un claquement de doigt, un combat en faveur de la gauche après 50 ans de dictature idéologique de la droite libérale. La propagande a formaté les esprits depuis trop longtemps et est même parvenue à influencer une bonne partie du  Parti Socialiste.

Amis, on sent bien que le vieux système de démocratie représentative qui ne représente en réalité plus grand monde est à bout de souffle : il crèvera faute d'électeurs. Qui retrouve ses sentiments personnels à travers son député ? Personne ! Il est temps que le plus grand nombre s'exprime directement, non plus à travers des individus aux ambitions carriéristes essentiellement motivés par l'attrait du pouvoir, le besoin de notoriété et de puissance et qui n'expriment par la suite que leurs propres opinions ou celles de leur Parti, mais dans un très large éventail de citoyens décisionnaires.

Mais ce que je dis, comme d'habitude, n'a vraiment strictement aucune importance, juste celle de passer le temps...

Comme le déclarait Oscar Wilde : " Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies "

Pourquoi pas ?

Lectrices et Lecteurs bien-aimés, à après !

 

Cui cui, la buse désabusée

 

 

vendredi, 05 mars 2010

Platon ! Au secours, reviens, ils sont devenus fous !

Ô camarades villageois,

OUI. Nous sommes tous des Grecs ruinés mais rebelles !

Pour afficher notre soutien et notre solidarité avec le peuple grec, condamné à la portion congrue par des instances européennes sans cœur et l'hydre abjecte de la spéculation mondiale, j'ai tenu à rédiger ce modeste billet pour démontrer combien la mise à l'écart et les mesures économiques restrictives à l'égard de ces pauvres Héllènes était d'une injustice criante !

Platon.jpgLa démocratie représentative veut que la population vote pour des représentants qui géreront le budget de la Nation.

Bien. Jusqu'ici, rien à dire.

Mais là où le bât blesse, mes amis, c'est lorsque ces élus, représentants du peuple creusent les déficits, accroissent les inégalités, favorisent certains lobbies ; bref : administrent si mal leur pays qu'ils l'acculent à la faillite.

Vous me suivez ?

Lorsque leur nation est exsangue et qu'il faut résorber les déficits, ces mêmes gouvernants s'adressent solennellement à leurs concitoyens en leur expliquant qu'il va falloir se serrer la ceinture, eux qui galèrent depuis des années ! Et des journalistes de reprendre le flambeau du "sacrifice nécessaire" à la sauvegarde de la Patrie en danger.

Mais là où l'humour vient titiller notre esprit fort insolent, c'est lorsqu'on examine la position sociale et financière de ceux qui réclament tant de sacrifices aux pauvres hères qui pleurent misère dix jours avant la fin du mois !

Observer goguenard par exemple, un Aphatie, un Dassault ou un Trichet, cousus d'or, réclamer à corps et à cris des mesures drastiques de restriction du train de vie du citoyen et des mesures de rigueur pour équilibrer les comptes publics pourrait prêter à sourire s'il ne nous poussait pas des envies de préparer un tonneau de goudron et quelques sacs de duvet d'oie !

Or donc, 99 % des Grecs, qui ne sont strictement responsables en rien dans la gestion économiques de leur pays vont terriblement pâtir des erreurs monstrueuses de leur classes dirigeante en entamant une longue période de privations imposées.

Et pourquoi pas les Belges et leurs déficits abyssaux ; et la Grande Bretagne avec sa City qui ne crée rien sinon de l'argent sur du vent et dont l'économie si souvent vantée par le journaliste clown vedette de RTL et Canal + est en train de sombrer ? Et l'Espagne avec sa bulle immobilière surfaite ? Et l'Italie avec sa comptabilité nationale introuvable ? Et la France avec son déficit galopant ?

Pourquoi la Grèce ? Pour faire un exemple du berceau de la philosophie occidentale ? Pour montrer aux imprudents ce qui les attend si on sort du chemin balisé par l'idéologie ultra libérale qui prétend désormais tout régenter à travers tous les pantins politiques sans imagination ni volonté qu'elle a poussés à coups de milliards de propagande médiatique sur les marches des pouvoirs ?

colomb.jpgEt les dirigeants de continuer leur bonhomme de chemin, comme si de rien n'était.. Et les banquiers spéculateurs, de continuer cyniquement à jouer contre l'euro... Et les hiérarques de Bruxelles de continuer à défendre chèrement l'idéologie du libéralisme financier...

Et Athènes de, peut-être, retrouver son drachme millénaire en guise de roupie de sansonnet !

Espérons que le peuple grec, fort de sa glorieuse Histoire, montrera par la désobéissance civile, la voie d'un renouveau démocratique et d'une résistance à l'oppression financière.

Il ne faut plus laisser faire n'importe quoi au nom de l'argent roi et de la spéculation. La vraie démocratie se doit de vaincre en son temple les forces obscures de financiers anonymes et cupides pour qui les mathématiques, le gain rapide et le virtuel sont plus importants que la détresse humaine, l'intelligence du cœur ou la liberté de vivre décemment.

Au secours, Platon, réveille toi, ils sont devenus fous !

Amis du Village, à après.

 

PS : Le village est heureux d'annoncer l'ouverture d'une jolie petite épicerie où il fait bon retrouver la chaleur humaine, la tolérance et la finesse intellectuelle du toujours jeune créateur, Guy Birenbaum, notre spirituel papa, qui s'est à nouveau mis à son compte. Longue vie à cet endroit qui promet beaucoup. Nous ne serons jamais concurrents mais toujours amis sincères et dévoués, quoiqu'il arrive.

 

Cui cui, démocrate désabusé.

 

lundi, 01 mars 2010

Quand la démocratie américaine devient l'embryon d'une oligarchie commerciale.

Ami(e)s du village,

Figurez vous qu'en consultant le quotidien "Libération" du samedi 23 et Dimanche 24 janvier, je suis tombé sur un article de la correspondante à Washington, Lorraine Millot, concernant une décision de la Cour Suprême des USA et rendue jeudi 21 janvier 2010.

DrapeauUsajpg.jpgTenez vous bien à votre chaise ou accrochez vous aux lianes environnantes : Cette Cour, par 5 voix contre 4, a levé, je cite, "la plupart des restrictions financières qui pesaient sur les entreprises pour limiter leur poids dans les campagnes électorales."

Voilà pour la décision qui me semble complètement passé inaperçu dans notre Pays.

Et pourtant, le retentissement et les implications risquent de devenir considérables pour l'équilibre mondial !

Voilà ce que cela signifie dans la pratique et comme chacun sait, en politique, seul le concret compte : n'importe quelle entreprise pourra désormais soutenir sans limite un candidat au Sénat, à la Chambre des Représentants, ou même les gouverneurs des États grâce à des centaines de spots publicitaires diffusés sur la télévision aux frais de l'entreprise qui les coachera, et ce, au sacro-saint prétexte de la liberté d'expression, qui, en ce cas précis, agira en réalité contre cette même liberté de conscience !

Vous avez bien compris qu'il s'agit d'une porte ouverte à la corruption et à la puissance du lobbying !

Ainsi, des entreprises très puissantes financièrement, comme des banques, des multi-nationales, de grands groupes pourront soutenir et entretenir des écuries (comment les appeler les autrement) de parlementaires, qui, fatalement, lors de discussions de Lois mettant en cause les Sociétés concernées voudront rendre à leurs mentors, par leur vote, la reconnaissance de leur soutien ventral.

Vous aurez désormais, les candidats de Wall Street, de Coca Cola côtoyant ceux de Pepsi, ceux de Général Motors, ceux des banques, pire, les élus des groupes d'armement, compagnies pétrolières, et autres entreprises stratégiquement essentielles comme Monsanto. Ces représentants "pré-élu" du peuple, deviendront en réalité des avocats commerciaux des intérêtrs de leurs entreprises car chacun sait bien ici, qu'un budget électoral gigantesque peut faire élire une chèvre dans le système (si peu) démocratique et (si faiblement) représentatif actuel des pays qu'on appelle plaisamment "libres". Système politique qui apparaît à de plus en plus de citoyens comme un vague simulacre où les résultats sont biaisés d'avance et la parole confisquée au peuple !

Imaginez une transposition future à notre pays où les députés "Dassault" ou "Bouygues" ou même les lobbies des laboratoires pharmaceutiques soutenus par le Figaro et TF1 feront voter un budget militaire équipant nos armées avec leur matériel ou l'élaboration d'infrastructures immobilières et médiatiques favorisant leurs entreprises, ou soudoieront les autorités pour promouvoir leurs vaccins ?

En France et en Europe, pas la peine de payer les campagnes électorales de nos politiques, me chuchotez vous ?

Ah merde ! Ça existe déjà ? Non. Mais cela revient au même...

Au temps pour moi. Où avais je la tête ? J'avais oublié un bref instant que la politique n'était pas élaborée par le Citoyen pour l'intérêt général.

Humour, quand tu nous tiens !

 

Je rattrape mon retard d'écriture. À après, les gens, sachez je suis vraiment heureux de vous retrouver.

 

"Cui cui", fit l'oiseau, faute de savoir dire autre chose pour vous alerter.

 

 

lundi, 25 janvier 2010

Ce lundi soir, sur TF1, le 12éme épisode du téléfilm, "Le tricheur".

Avertissement préalable : dans cette fiction, toute ressemblance ou toute allusion à des faits réels ne serait que pure coïncidence.

Mes chers amis,

On savait que TF1 avait la fâcheuse propension à se moquer de nous autres, fidèles téléspectateurs, mais j'avoue que cette fois, notre chaîne préférée a poussé le bouchon un peu loin !

Nous infliger un 12ème épisode de ce feuilleton branlant, une série C dont le réalisme est si incertain et les caricatures si sommaires qu'ils me poussent, en temps que téléspectateur moyen, à vous inciter fortement à l'abstention.

Aussi dans un geste inouï de révolte, je m'en vais vous narrer les maigres péripéties de cet épisode, que je me suis secrètement procuré, afin que vous vous consacriez à une autre chaîne où d'excellents films seront diffusés.

Je résume en quelques phrases les épisodes précédents des 11 précédents téléfilms : Sarkoko est un catcheur de 3ème catégorie au physique gracile. Grâce à de nombreuses relations douteuses et poussé par une presse subjuguée, ce personnage envoûtant doué d'une faconde prodigieuse,  bénéficiant de victoires incertaines lors de matchs truqués par des arbitres corrompus, est parvenu au faîte de la gloire dans l'univers malsain du catch.

affichezenith1.jpg

La 1ère séquence se déroule dans un bouge appartenant à une terrible organisation  "Team of Fuckers number one" Sarkoko rencontre Lolo Ferrara, blondinette zozotante à l'apparence "bon chic bon genre" et peu farouche envers le mâle dominant, une de ses anciennes "connaissances", barmaid de son état ; il se dit même dans le milieu que Sarkoko aurait insisté pour lui trouver cet emploi au grand dam de Claire Chasselas, la veuve joyeuse de Patrice Piment d'Amour, rivale qui possédait pourtant des râtiches qui cavalaient après la barbaque ; bref ! La douce et tendre complicité qui les unissait depuis toujours avait fait jaser le sérail du catch mais ces deux là avaient surtout en commun une ambition dévorante.

Sarkoko avait eu une idée mirobolante pour réactiver une carrière sur le déclin : lancer un défi à 10 catcheurs à la fois. Pour cela il lui fallait un arbitre de confiance et Lolo lui avait fourni le nom de Jules-Philippe Pernod, dit le Pastiche picard, passionné par les pipes en grès de Tréglamousse Mousteru et par les cure-dents en bois d'asperge de Cuise la Motte. Ce personnage louche et trouble au passé inquiétant, jouissant d'une confiance illimitée de la part du public était pourtant acquis depuis longtemps à la cause de Sarkoko et à la "Team of Fuckers number one" que nous appellerons pour simplifier TF1.

Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire dans le détail tant elle est convenue voire téléphonée. Cette absence d'imagination dans la construction du scénario me semble véritablement pathétique et montre chez nos auteurs un réel malaise existentiel !

Bien entendu, parmi les 10 adversaires opposés à Sarkoko, 5 sont des comparses admirateurs du "héros", les 3 autres ne sont pas des catcheurs professionnels mais sont choisis pour leur faiblesse et leur émotivité, autant dire qu'ils seront davantage terrassés par leur trac que par la souplesse de Sarkoko ! Les 2 derniers combattants un peu pugnaces, seront retenus par le slip, crochetés, frappés dans les côtes, mis à terre par de vicieux crocs-en-jambe, subissant à la sauvette de perverses torsions des parties génitales de la part du sournois "Pastiche picard" à la solde de Sarkoko : cet arbitre bidon se muera en complice à peine discret.

Fort évidemment, Sarkoko, à l'issue du téléfim, sera déclaré vainqueur et la presse aux ordre du "cartel de la honte" encensera notre héros pour la 12ème fois consécutive...

Et encore et toujours. Invariablement.

Je demande solennellement à Monsieur Paolini, PDG de TF1 que cette série soit arrêtée définitivement : elle a largement fait son temps. Nous autres, spectateurs acharnés et admirateurs échevelés, de Nikos Aliagas, Benjamin Castaldi, Jean-Luc Reichmann et autres mieux-disants culturels, réclamons, désirons, que dis-je, exigeons avant toutes choses, des fictions plus soignées et réalistes enfin adaptées à la ménagère de moins de 50 ans !

Ceci dit, maintenant que je vous ai raconté le canevas de cette historiette simpliste, est il bien utile de regarder TF1, ce sinistre lundi soir d'hiver ? N'êtes vous donc point lassés de voir, revoir, re-revoir toujours le même spectacle sans surprise ?

Le choix ne manque pourtant pas sur les autres chaînes, sans oublier la possibilité d'un petit surf régénérateur sur Internet, une lecture bienvenue ou l'écoute de musique !

Amis et lecteurs de Cui cui, merci d'avoir lu ce dérisoire petit billet et à après !

 

Cui cui l'oiseau tourmenté

mercredi, 13 janvier 2010

French gag : un grand patron de presse renonce par conviction aux subventions gouvernementales !

Bandeau3.JPG


Monsieur Serge Lassault lance

un vibrant appel pour que les

patrons de la presse libérale

refusent des subventions

d'essence collectiviste

 

FdDassault.jpg

 

Photo et décors choisis par Étienne Courgeotte,  rédacteur en Chef.

Assisté par Messieurs Yves Tétard, Ivan Roufiol, Michou Brézé et Yves de Keldrol.

Interview menée par Étienne Courgeotte.


É.C : Mes respects, Monsieur le Président Serge Lassault, vous avez donc décidé de refuser les subventions de l'État versées pour l'aide à la presse quotidienne ainsi que pour les sites Web qui dépendent de votre groupe "par conviction libérale" dîtes vous, pourriez vous expliciter vos propos ?

S.L : En effet ! Figurez vous qu'hier matin, tandis que mon barbier, me rasait, et ma manucure soignait mes mains, une brutale illumination spirituelle a éclairé mon cerveau. Mais bon Dieu, me suis je dit, nous, patrons de presse, apôtres radicaux de l'économie de marché, avons l'estomac de recevoir des subsides d'un État omniprésent alors que nous n'avons de cesse de combattre par tous nos moyens de propagande le collectivisme rampant qui pourrit notre pays ! Cette évidence m'a sauté aux yeux !

É.C : Et pourtant, Monsieur le Président directeur général, cette situation dure depuis la libération. Ce sont des sommes considérables qui ont aidé la presse à survivre. Peut-être que nous autres journalistes sommes là grâce à ces subventions...

S.L : Je conçois cette situation car, en temps que marchand d'armes, je sais combien l'argent n'a pas d'odeur. Toutefois dans un geste d'émancipation unique dans l'histoire du capitalisme français, j'ai décidé de refuser ces sommes qui pervertissent notre combat pour la libre entreprise, la mondialisation, la concurrence assumée, la loi du marché ! Se tournant vers les journalistes. Et vous Messieurs me suivrez vous ?

Les journalistes : Oh oui Monsieur le Directeur ! Oh oui ! Les échines sont courbés, les regards torves, les sourires forcés.

É.C : Mais cette mesure - euh - révolutionnaire si j'ose m'exprimer ainsi, même si je déteste ce terme, ne risque t-elle pas de désorganiser nos  - euh - services ?

S.L : Bien entendu, dans un premier temps, certains sacrifices devront être consentis par nos braves journalistes ici présents mais je ne doute pas que pour faire triompher leurs idées libérales, ils ne consentent point à donner l'exemple ! S'adressant à eux. N'est ce pas mes chers amis ?

Les journalistes : Mollement. Euh mouais, Monsieur le Président Directeur Général. oui... Oui...

S.L : Dans un premier temps, il nous faudra comprimer fortement la masse salariale pour rester compétitif...

On entend un choc. Ivan Roufiol et Yves Tétard viennent de perdre connaissance. La sécurité s'efforce de les faire revenir à eux. L'interview continue. Les masques sont hagards et la sueur coule comme un torrent sur tous les visages...

S.L : J'envisage également de porter le prix du quotidien à 3,60 €. Et pour la promotion, de joindre les oeuvres complètes d'André Glucksmann en CD avec peut-être en prime le DVD d'un film de Rohmer ? Qu'en pensez vous, Étienne ?

É.C : La voix blanche, le rédacteur en chef avale une pillule et engloutit un verre d'eau en tremblotant. Très bien, Monsieur le Président...

S.L : Vous rendez vous compte mes chers journalistes, pour la première fois dans ce pays, NOUS, les missionnaires du libre marché, allons prouver que l'instauration  d'une véritable société capitaliste est viable. Vous, mes amis qui chantiez dans vos articles les psaumes de la libre entreprise et stigmatisiez les ravages du bolchevisme, allez pouvoir enfin vivre le bonheur de joindre vos actes à vos paroles ! Tels des pèlerins du 21ème siècle, nous allons montrer notre joie de propager nos idées à l'assaut d'un pays de paresseux et d'assistés. Un silence. Se tournant vers la porte de gauche, Serge Lassault appelle un mystérieux inconnu. Monsieur Piao Lin, s'il vous plait ! Un jeune asiatique apparaît souriant. Messieurs, permettez moi de vous présenter votre futur rédacteur en chef adjoint, Monsieur Piao Lin qui a accepté pour 1200 € mensuels de prendre la responsabilité du journal.

Un vacarme assourdissant se fit entendre, les corps sans vie de journalistes, secoués par l'émotion s'écroulèrent. Ce jour là on compta au sein de la rédaction du Jivaro, pas moins de 3 morts. Deux journalistes se retrouvèrent en réanimation.

La tempête médiatique soulevée se révéla non moins dévastatrice : une manifestation de patrons de presse ; avec Monsieur Arnaud Lagardère à sa tête, à laquelle se joignirent les PDG des grands groupes automobiles français et une délégation du MEDEF ; défila devant l'Assemblée Nationale en réclamant le maintien des subventions publiques.

La morale de cette histoire ? C'est que lorsque les journalistes du Figaro, du Monde, de Libération vous serinent leur morale  et leur idéologie, dîtes vous bien qu'ils sont partiellement payés grâce aux fonds publics et donc par nous mêmes, contribuables. Ce qui restreint grandement et symboliquement la portée de leurs prêches ultra-libéraux !

Gentils lecteurs du Village des NRV, décidément cette année 2010 parait bien mal entamée ! Que la providence vous garde !

Je me permets à l'occasion de ce billet de vous conseiller 2 blogs, Donjipez, journaliste qui m'a inspiré l'idée de ce billet et l'excellentissime TGB rue-affre, pétri d'imagination et de talent, qui se révèle souvent comme un modèle de créativité.

Amis de cui cui, à après si vous condescendez à nous aider un peu en rédigeant quelques billets...

 

Cui cui, l'oiseau imaginateur solitaire

 
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