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mercredi, 25 juin 2008

Communication gouvernementale ou la propagande à la mode soviétique.

Bande de nazes que vous êtes, râleurs de Français !

Dans un premier temps, on vous promet des mesures de première bourre pour favoriser votre bien-être matériel, même qu’il y a un an vous avez été priés de voter pour le représentant politique qui vous a juré la main sur le cœur, " croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer ", qu’il serait l’homme du pouvoir d’achat et même qu’il serait prêt à perdre ses dents en allant chercher la croissance. Bon. Vous l’avez cru et élu. Et maintenant volà en plus que vous vous montrez impatients !

Et pourtant…

En un an les prix, des carburants ont explosé, des fruits et les légumes ont éclaté, des produits laitiers ont giclé, du gaz ont sauté, des loyers ont enflé, des dépenses de santé ont empiré ! Bref, nous autres pauvres 15883430.jpgpetits citoyens, tous éberlués, voyons notre pouvoir d’achat diminuer comme promesses électorale après un an de pouvoir… J’aurais pu dire " comme neige au soleil " mais je n’aime pas trop les lieux communs… Et lorsque hier, j’ai regardé le Président à la télévision j’ai observé qu’il avait encore toute ses dents : " comment, me dis je ? Nicolas Sarkozy, ne nous avait il pas promis d’aller chercher la croissance avec les dents et il lui reste une dentition parfaite  ? " .

Et là je vous avoue avoir craqué !

Ainsi, notre Chef nous a menti  car s’il avait été chercher la croissance avec les crocs, il ne lui en serait pas restée une seule, de quenotte ! 

Et voilà ! C’est le même raisonnement subtil qu’a suivi notre leader…. Il s’est donc dit, malin comme un singe, " j’ai été élu sur des promesses et un programme intenables mais la réalité est tenace et têtue, on m'a rapporté que la vie des Français est de plus en plus difficile, mes collaborateurs hauts fonctionnaires des beaux quartiers qui ont eux même des familles, des amis et des employés issus du peuple me l'ont avoué, il est nécessaire que je fasse quelque chose pour avoir la paix encore pendant quelque temps. Je vais donc convoquer quelques experts en communication, je leur balance un budget de 4.300.000 € car les caisses sont vides et je charge M. Thierry Saussez, un publicitaire rassis, un fan pur et dur, de lancer une campagne de pub ! "

Et c’est là, qu'au sein de l’immense Intelligence qui caractérise notre élite que le monde entier nous envie, a jailli brute comme un diamant de 300 carats à peine sorti de sa gangue, l’idée lumineuse : on va dire aux citoyens que ce qu’ils vivent n’est qu’une impression subjective, voire une cyber sensation, un phénomène de rêve du 7éme type,  (avez vous déjà remarqué que tous les gens qui déclarent ceci sont sarkozistes ? Non ? Et bien désormais vous le saurez !), les chiffres montrant qu'en fait demain ou après demain, ou après après demain tout ira pour le mieux dans le "meilleur des mondes" ! Car il est bien connu que notre peuple parmi les populations mondiales est un de celui qui utilise le plus de psychotropes, donc indubitablement, vu qu'il est névrosé jusqu'à la moëlle, il ne peut ressentir la vraie réalité qui veut que tout se déroule merveilleusement, notre niveau de vie ne cesse de grimper : ce que les sondages et les organismes douteux comme l'INSEE nous balancent parfois avec quelques ratés. Ajoutons à cela que les Français sont paresseux (ils travaillent 35h/ semaine en rechignant), ils sont sales (selon les sondages européens), ils ne sont pas intelligents (ils votent NON au référendum), ils sont arrogants, râleurs, jamais contents, jaloux, futiles et en plus, en sport, ils récoltent déroutes sur défaites. Remercions les Cieux : notre élite est l'antithèse de notre peuple, sacrebleu ! Dieu aime la France, il ne peut en être autrement car avec une population pareille, où en serions nous sans des dirigeants d'une telle envergure ?

ET BIEN OUI ! Messieurs de l'INSEE ! Vous avez raison, comme des millions de Français, notre niveau de vie ne cesse d'augmenter et je m'en aperçois tous les jours. C'EST UN PHÉNOMÈNE FRAPPANT ET INDÉNIABLE ! D'ailleurs, moi qui suis un petit commerçant minable qui rencontre des centaines de clients par jour, je puis vous certifier que tous me disent la même chose : notre budget va de mieux en mieux et rajoutent ils, "heureusement que les chiffres de l'INSEE sont là pour nous remonter le moral et nous le confirmer et il parait même que la "France d'après", ce sera encore mieux..."

Défense de rire. Ce serait même tragique si certains technocrates, valets du pouvoir,  qui nous sortent de telles conneries y croyaient !

102882784.jpegDonc, une campagne de pub, plus proche de la propagande politique version soviétique stakhanoviste (travailler plus pour gagner plus, merci à notre petit père du peuple) que de la simple communication mièvre va nous montrer que notre Président se décarcasse encore plus que M. Ducros, que tout va aller de mieux en mieux grâce aux trente (contre) réformes que le gouvernement a mis en place et on va voir ce qu'on va voir, bon sang de bonsoir ! Vous croyiez qu'on que tout allait mal ? Et bien pas du tout puiqu'on vous explique le contraire à la télé, bande de crétins des alpages ! Avec nos (contre) réformes mises à l'ouvrage nous allons devenir enfin les Chinois de l'Europe ! Quel programme exaltant ! Mais il nous faut un peu de patience, après c'est champagne à gogo pour tout le monde ! J'imagine que les larmes vous montent aux yeux...

Vive la marche triomphale vers la mondialisation et vive l'idéologie néo libérale à la Française (la pire du monde puisqu'elle combine oligarchies, ententes et copinages entre politiques et économiques), notre nouveau crédo qui a succédé trait pour trait, valeur pour valeur (travail, Pays, famille, doctrine rigide, surveillance du citoyen, dogme idéologique avec l'argent roi en supplément) au communisme soviétique des années cinquante ! Sauf que nous autres, avons le droit de gueuler et de manifester à condition de ne pas trop déranger, mais pour le reste : presque les mêmes valeurs fondamentales, mêmes buts, même oppression idéologique et même propagande à la limite du supportable et du dégoût.

Vous ne trouvez pas bizarre ce parallèle et cette étrange ressemblance, vous ?  

Coût de cette plaisanterie : 4.300.000 €.

Résultat de cette bouffonnerie : une immense rigolade car personne ne croit à autre chose que la réalité des factures qu'il reçoit et de son budget personnel. Un gaspillage complet au moment ou les caisses sont soit-disant vides. Il est temps de cesser de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et il serait plus que temps de considérer enfin les citoyens français comme des gens intelligents...

Dites, au fait, 4.300.000 €, ça représenterait combien en pourcentage pour des urgences sociales comme le RSA ?

Addendum : "Selon le livre vert publié par Martin Hirsch récemment, qui sert de base à une consultation devant aboutir le 15 mai, le coût du RSA généralisé est estimé entre 2 et 3 milliards d'euros. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a estimé dimanche que Martin Hirsch devrait quitter le  gouvernement si son projet de Revenu de solidarité active était reporté, synonyme selon lui d'abandon. Interrogé sur cette éventualité, le ministre du budget a botté en touche: "c'est au président et au Premier ministre d'arbitrer"."

Cui cui, oiseau combatif et allergique à la propagande...

dimanche, 15 juin 2008

Sondage général

 

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Arlette Laguiller, ce dimanche 15 juin, sur Canal plus, face à une animatrice à l'impertinence exportable, a déclaré : 

« Face à tous les mauvais coups du gouvernement, il faudrait vraiment une grève générale, une grève d'ensemble. »

Puis :

« Malheureusement, à la fois les grandes organisations syndicales sont divisées et en plus, elles craignent en réalité une grève générale qui pourrait leur échapper. »

Les deux assertions sont sans aucun doute valides. Les petits soubresauts hebdomadaires, les défilés un chouia sinistres n'ont que peu de portée ; les fameuses « journées d'action ». Les syndicats gèrent leurs vexations et leur réformisme. 

Engels écrivait en 1873 :  

« La grève générale est, dans le programme de Bakounine, le levier qui sert à déclencher la révolution sociale. Un beau matin tous les ouvriers de toutes les entreprises d'un pays ou même du monde entier abandonnent le travail, obligeant ainsi, en quatre semaines tout au plus, les classes possédantes soit à capituler, soit à attaquer les ouvriers, si bien que ceux-ci auraient le droit de se défendre, et par la même occasion d'abattre la vieille société tout entière. Cette suggestion est bien loin d'être une nouveauté : des socialistes français et à leur suite des socialistes belges, ont, depuis 1848, souvent enfourché ce cheval de bataille qui, à l'origine, est de race anglaise. Au cours du développement rapide et vigoureux du chartisme parmi les ouvriers anglais, à la suite de la crise de 1837, on prêchait dès 1839, le « saint mois », la suspension du travail à l'échelle de la nation, et cette idée avait trouvé un tel écho que les ouvriers du nord de l'Angleterre tentèrent en juillet 1842 de la mettre en pratique. Le Congrès des Alliancistes à Genève, le 1° septembre 1873, mit également à l'ordre du jour la grève générale. Simplement tout le monde admettait qu'il fallait pour la faire que la classe ouvrière soit entièrement organisée et qu'elle ait des fonds de réserve. C'est là précisément que le bât blesse. D'une part les gouvernements, surtout si on les encourage par l'abstention politique, ne laisseront jamais arriver à ce stade ni l'organisation ni la trésorerie des ouvriers; et d'autre part les événements politiques et les interventions des classes dominantes amèneront l'affranchissement des travailleurs bien avant que le prolétariat ne parvienne à se donner cette organisation idéale et ce fonds de réserve gigantesque. Par ailleurs, s'il les possédait, il n'aurait pas besoin du détour de la grève générale pour parvenir à son but. »  

Ce à quoi Rosa Luxemburg, en 1906, dans « Grève de masse, Parti et syndicats » répliquait : 

« C'est sur une telle argumentation que se fonda dans les années suivantes l'attitude de la social-démocratie internationale à l'égard de la grève de masse. Elle est dirigée contre la théorie anarchiste de la grève générale qui oppose la grève générale, facteur de déclenchement de la révolution sociale, à la lutte politique quotidienne de la classe ouvrière. Elle tient tout entière dans ce dilemme simple : ou bien le prolétariat dans son ensemble ne possède pas encore d'organisation ni de fonds considérables - et alors il ne peut réaliser la grève générale - ou bien il est déjà assez puissamment organisé - et alors il n'a pas besoin de la grève générale. Cette argumentation est, à vrai dire, si simple et si inattaquable à première vue, que pendant un quart de siècle elle a rendu d'immenses services au mouvement ouvrier moderne, soit pour combattre au nom de la logique les chimères anarchistes, soit pour aider à porter l'idée de la lutte politique dans les couches les plus profondes de la classe ouvrière. Les progrès immenses du mouvement ouvrier dans tous les pays modernes au cours des vingt-cinq dernières années vérifient de la manière la plus éclatante la tactique de la lutte politique préconisée par Marx et Engels, par opposition au bakouninisme : la social-démocratie allemande dans sa puissance actuelle, sa situation à l'avant-garde de tout mouvement ouvrier international est, pour une très grosse part, le produit direct de l'application conséquente et rigoureuse de cette tactique. » 

Engels, écrira cependant, en 1893 : 

« La grève politique doit, ou bien vaincre tout de suite, par sa seule menace (comme en Belgique où l’armée était très secouée), ou se terminer par un fiasco colossal ou, en définitive mener directement aux barricades. » 

Alors, aujourd'hui, dans ce monde pseudo-mondialisé, dans cette Europe autiste, face à ce pouvoir qui suit sa route funeste, face au marché abstrait et total, qui veut en découdre ? 

C'est une offre raisonnable d'action.

 

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mercredi, 11 juin 2008

" Leader Price ® et Euro 2008 "

Pour paraphraser la formule "Panem et circenses" (du pain et du cirque) qu'on attribue en général à César, empereur romain ayant vécu il y a 21 siècles, notre souverain actuel, lui, se contente de la maxime modernisée " Leader Price ® et retransmissions sportives télévisées " pour avoir le loisir de mener sa politique de contre réformes dans le calme et la sérénité. Les dirigeants actuels de presque tous les pays du monde (sauf les organisateurs) qui ne sont pas en reste, peuvent espérer passer trois mois de vacances en toute quiétude !   

1738694882.pngAprès Roland Garros, l'Euro de football, Wimbledon, le Tour de France, les Jeux Olympiques vont largement hanter nos petites lucarnes ! Écrans de publicité déments, rappel incessant de marques commerciales, interviews non stop d'anciennes vedettes sportives hyper sponsorisées, de politiques qui désirant se mettre en valeur, de journalistes encore plus omniprésents que  ceux qu'ils sont censés interroger,  bref, l'univers médiatique; pour celles et ceux qui détestent le sport spectacle, risque devenir un enfer pavé de mauvaises intentions !

Qu'importe, essayons plutôt de rire de tas de tics et de petits détails anodins en dehors des épreuves sportives. Par exemple ce qui me met en transe, c'est l'habitude ridicule qu'ont la plupart des footballeurs de se mettre des oreillettes et de se déplacer comme des zombies, le regard vide, ils ressemblent ainsi à des "Mickey" sans Dysneyland, c'est la déférence des journalistes lorsqu'ils interrogent une personnalité politique un peu influente, c'est l'inanité des propos d'anciens champions qui ne balancent que des lieux communs en se prenant pour des savants, c'est la langue de bois d'après match que récitent les joueurs comme un bréviaire mal appris, c'est l'entraîneur de l'équipe de France qui paraphrase La Palice, ce sont toujours les mêmes ritournelles de Jean Michel Larqué sur la façon du joueur de taper son ballon de l'intérieur ou l'extérieur du pied ou d'avoir loupé son appui : tout le monde s'en fout, et préférerait plutôt comprendre l'aspect tactique du match, c'est la mise en avant et la starisation du journaliste vedette incarnant sa chaîne et qui est constament  mis en scène par le réalisateur. Bref, rien que de très habituel, en somme... Enfin encourageons les Bleus qui semblent, au jour d'aujourd'hui, en avoir bien besoin.

Ce sera également probablement la visite du Président français en Chine pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques sous le prétexte de représenter l'Europe, oubliant tous ses préceptes originels quand il donnait des leçons de déontologie sur les droits de l'homme à Jacques Chirac, ce sera, le profil bas de tous nos dirigeants et sportifs à Pékin : la lâcheté française et la langue de bois hexagonale risquent de battre des records du monde, talonnés en cela par la majorité des pays occidentaux, bien entendu !

Et pendant toutes ces festivités, imaginez vous bien que nos instances françaises et européenne turbinent "dur" dans la discrétion...

855416670.pngDans le chapitre  "l’Europe est vraiment une idée formidable qu’il faut défendre âprement" :

" Les pays européens se sont entendus pour autoriser le patronat européen à négocier individuellement avec les salariés un allongement de la durée hebdomadaire du travail qui pourra être portée à 65 heures "sous certaines conditions". Ces nouvelles dispositions devront être approuvées par le Parlement européen. Jusqu'alors, le plafond hebdomadaire était de 48 heures de travail en Europe. (ici) "

Question comme une autre… Quand va t-on sortir de ce cloaque ultra libéral ? Maintenant il me semble qu’il ne faille plus savoir s’il faut plus ou moins d’Europe mais quand est ce qu’un pays aura les couilles de taper sur la table et de dire " maintenant, ça suffit !  Si vous continuez à nous inonder de mesures au dogmatisme idéologique ultra libéral de plus en plus fanatique, on s’écarte ! Laissez nous au moins une certaine autonomie ! "

L'Europe sociale n'est pas pour demain, par contre l'Europe anti sociale c'est aujourd'hui !

839122801.pngLe pire est que les citoyens européens dans leur immense majorité savent qu'une oligarchie technocratique en court-circuitant nos institutions démocratiques nous dirige contre notre gré... Et nous sommes tous impuissants... Que faire, bon sang contre l'argent, les médias, la propagande, les politiques, les eurocrates, ardents défenseurs d'un pré carré dont ils se sont imposés comme les inexpugnables propriétaires ?

Ô Irlande magique, Eire enchanteresse, les citoyens européens ont les yeux braqué sur toi ! Ne nous déçois pas !

Au secours ! Irlande, sauve nous, ils sont en train de devenir fous !

C'est un  fervent partisan d'une Europe sans idéologie qui te le demande...

Say NO !

De toutes manières, même si le non l'emportait, on sait très bien qu'ils trouveront un subterfuge pour passer outre ; ils parviendront à leurs fins quelqu'en soit le moyen.

Comme d'habitude.

Cuicui, l'oiseau moche.

mercredi, 04 juin 2008

PS. La nuit des longs couteaux aura t-elle lieu ?

Après le billet précédent d'une densité insoutenable et digne des plus grands philosophes politiques que l'Humanité ait jamais connus, je rends d'ailleurs hommage au Professeur Urbain pour son brillant exposé,  je me suis senti obligé de ramener le débat qui avait atteint des sommets himalayens dont je ne suis pas certain d'être redescendu cérébralement indemne jusqu'à un niveau de médiocrité qui correspond davantage à mes capacités dites intellectuelles, aussi vais je vous entretenir du Parti Socialiste, ou plutôt de ce qu'il en reste...

1723447008.jpgAvant le futur congrès du Parti Socialiste à Reims en Novembre et devant le nombre de candidatures qui se profilent à l’horizon, je me permets, pauvre petit citoyen dérisoire de gauche même pas encarté à 20 € (quelques larmes seraient les bienvenues) de présenter quelques propositions prises sur mon temps de cerveau disponible offert gracieusement par Coca Cola ® pour qu’enfin nous refondassions une véritable opposition ; un véritable Parti Socialiste solide, cohérent et crédible (défense de rire) sans effusion de sang ni psychodrame traumatique…

Voici donc ces propositions énoncées un peu au hasard :

1)     Sachant que Bertrand Delanoé, Ségolène Royal rassembleraient 30 % des militants chacun, il serait peut être judicieux qu’ils se mariassent sous le régime de la communauté de biens : ils représenteraient alors à eux deux 60 % des militants du PS… Si en plus, ils adoptaient le juvénile Moscovici, l'ado boutonneux Dray ou la jeune pubère Martine Aubry, ils risqueraient de faire bingo !

Imaginez le cahier spécial de 43 pages de Paris Match consacré aux épousailles entre Bertrand, smoking gris clair, chapeau haut de forme assorti, noeud papillon rouge au bras de Ségolène en robe de tulle transparente rose, coiffe blanche, entourés de leurs benêts de fils adoptifs ? Et les photos du voyage de noces à Paris Plage, elles ne vous font pas saliver d'avance ? Romantiques comme vous êtes ? Ne vous mentez pas. Laissez vous envahir par l'émotion, libérez l'instinct de midinette qui est en vous, pour une fois... Une larme coule sur votre joue ? Vous voyez : le bonheur c'est simple comme un roman photo...

Émoi assuré dans les chaumières ! Les toutereaux engrangeraient une confortable majorité dans le Parti et regagneraient largement le coeur des Français émerveillés par un attelage familial aussi uni, dynamique et ressemblant comme une réplique exemplaire à une famille française !

2)     Le tirage au sort parmi les huiles de recyclage des permanents et professionnels de la politique du PS . Il serait procédé à un tirage au sort entre tous les prétendants par un organisme neutre genre ONU. L’avantage étant qu’après l’annonce des résultats, la force de paix nécessaire au maintien de l’ordre au sein du Parti serait réalisée par le même organisme… Les organisations telles que le FMI, l’UMP, le MODEM, le PC, la LCR étant exclus d’office, bien entendu…

847323674.JPG3)     Le tirage au sort complet : tous les militants du PS seraient dans la liste des éligibles et ma foi, le résultat ne serait pas pire, loin de là, que le résultat sorti de l’hypothèse 2… J’estime cette solution comme la plus séduisante et une des rares, propre à enfin régénérer un Parti rongé par les termites et les ambitions personnelles ; mais comme je n'ai pas souscrit ma cotisation de 20 €....

4)     Enfermer tous les candidats dans une arène, à Nîmes ou en Arles et lâcher une dizaine de lions. La ou le rescapé étant automatiquement nommé secrétaire du Parti. Avantage : il ne restera plus qu’un seul dinosaure. Inconvénient : les lions étant une espèce en voie d’extinction, on peut légitimement craindre pour leur vie ou leur santé psychique ainsi que pour la pérennité de leur espèce si jamais lors de l'assaut final, un des leaders du Parti entamait un discours idéologique…

5)     Choisir comme dirigeant, un membre de la majorité comme Besson ou Kouchner. De ce fait, le PS se retrouverait automatiquement aux affaires sans passer par la case " élections ". Avantages : Le Parti retrouverait le pouvoir avant 2027, aucun changement notable dans la ligne du Parti. Inconvénient : Nicolas Sarkozy pourrait devenir Premier Secrétaire (mais ne l'est il pas déjà un peu ?)….

1965119690.JPG6)     Fusionner le Parti Socialiste avec le Modem, le baptiser Modem Socialiste et mettre François Bayrou a sa tête. Avantage : pas de " nuit des longs couteaux " à Reims, en novembre 2008 du fait que le Congrès serait déplacé à Pau pour 2012. Avantage ; la ligne politique ne bougerait pas d'un iota par rapport à celle d'aujourd'hui. Inconvénient : il faudrait repeindre la rose de l'emblème du PS en orange…

 

Voilà donc ma contribution en tant qu’homme de gauche soucieux de voir enfin son parti gagner ne serait ce qu'une fois durant une mandature complète, parce qu’avec François Mitterrand comme président, qui oserait prétendre aujourd’hui, qu'en 1981 un président de gauche a gardé le pouvoir plus d'un an et demi ?  Assurément, les yeux dans les yeux : peu de monde ! Un an et demi de socialisme sur 50 ans c'est hélas bien peu... Je ne parle pas des Premiers Ministres "socialistes". Par pudeur...

1212248442.JPGBien entendu, et vous l'avez compris, cette liste n'est pas exhaustive, alors, vélibéraux parisiens, écolos verts encartés, camarades de gauche, marxistes, amateurs de pipes bovésiennes, fabusien addicts, non marxistes, collaborateurs de classe, jaunes, traîtres, arrivistes, amateurs de fric, collectionneurs de cigares précieux, bolcheviks, sociaux traîtres, néo libéraux de gauche, Kerviels en herbe, spéculateurs de gauche, boursicoteurs marxistes, cracheurs de feu populistes, lutteurs finaux strauss kahniens, verts écolos montreuillois, communistes, révolutionnaires druckeriens, badiouseux en chaussons, soixante huitards réactionnaires, anciens maoïstes bushistes, frontistes sociaux, lanceurs de pavés reaganiens, libraires che guévaristes, hippies thatchériens, cocaïnomanes blairistes, castristes de salons, révolutionnaires plesneliens, socialistes lévyesques, communistes en peaux de lapin, féministes en fourrure synthétique couleur léopard,  je compte sur vous pour faire des propositions concrètes et réalistes comme les miennes ! Elles seront acheminées par courriel à l'organe central du PS.

Et oui ! C'est aussi cela la démocratie participative ! Participons, que diable ! Participons, et ron 2034119759.jpget ron petit patapon...

 

Cui cui, oiseau situé dans la cage de gauche en entrant.

lundi, 02 juin 2008

Badiouseries ...

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Les marxistes au XXIème siècle.

 

Dans un bref recueil datant du milieu des années 80 , intitulé « Peut-on penser la Politique ? », Badiou , dans un chapitre intitulé « Signification réactive de l’anti-marxisme contemporain » faisait l’analyse suivante : 

« Il n’est pas exagéré de dire que le marxisme est historiquement défait. Sa maintenance conceptuelle n’est que de l’ordre du discours, renvoyé au lot commun, si la substance vivante de son incarnation vient à défaillir.

Au regard de cette destruction, il y a bien entendu deux voies, deux orientations de pensée.

La première revient à dire que le marxisme a été jugé, et condamné, par l’histoire. Puisque le marxisme revendiquait les garanties positives de l’histoire, il doit être jugé selon ses propres critères. La destruction historique du marxisme ne signifie rien d’autre que sa mort, comme événement universel de la pensée politique. Le socialisme « réellement existant » est la sentence prononcée par l’histoire sur l’historicité du marxisme lui-même : il a vécu. Ce qui subsiste de son apparence n’est qu’un cadavre de langage, un discours qui ne se soutient que du mensonge de la mort.

Cette idée si répandue aujourd’hui va pour ainsi dire de soi. C’est la principale objection qu’on peut lui faire. Dire aujourd’hui que le marxisme est mort au regard de la pensée vivante est un simple constat. Il n’y a là nulle idée profonde, nulle découverte. C’est une idée commune, dont il y a lieu de craindre qu’elle ne soit que la tromperie d’une évidence.

Ce qui frappe en revanche, c’est que cette idée n’a eu pour l’instant d’autre fécondité que purement réactive. Quel est aujourd’hui l’usage dominant de l’idée que le marxisme est mort? Quelle est la conséquence tirée à grande échelle? C’est, tout simplement, que l’idée générale d’une politique autre que la gestion des contraintes — donc d’une politique digne de la pensée est elle-même morte. Et qu’une telle politique, où la pensée serait comptable de l’être — et non de la seule nécessité —, est une aventure nuisible. » 

Où en sommes nous près d’un quart de siècle plus tard ?

Je dirai : pas beaucoup plus loin.

On notera que Badiou écrivait ça avant l’effondrement final, marqué par la chute hautement symbolique du mur de Berlin. Il me semble utile de rappeler cette analyse aujourd’hui et le fait que, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle demeure pertinente après avoir été très précocement clairvoyante.

Pourquoi ? Pour essayer de mettre un terme définitif aux objections sans doute bien intentionnées et certainement sincères et honnêtes relativement à mes références récurrentes sur ce même blog à Marx et à sa philosophie ?

Il y a bien longtemps que les « marxistes bon teint » ont acté cet effondrement,  après Badiou, et pour reprendre ses termes un peu plus loin dans ce même texte : 

« Avançons ce paradoxe: si nous nous prononçons en « marxistes » — et quel que soit aujourd’hui le sens de ce terme —, nous dirons que les choses sont certainement plus graves que ne l’imagine l’anti-marxisme. Car la critique anti-marxiste (le goulag, la fin des libertés, la défense de l'occident...) n’étant que la répétition de très anciennes objections, s’il n’y avait que cela, nous aurions pour y répondre les anciennes réfutations.

Il y a plus de choses dans la crise du marxisme que l’anti-marxisme ne peut en rêver. 

Symétriquement, une défense dogmatique du marxisme revient à répéter la réfutation ancienne des anciennes objections, que répète à son tour l’anti-marxisme contemporain.

Nouvel anti-marxisme et vieux marxisme défensif sont deux aspects d’un même phénomène, qui est le phénomène du maintien du politique en son retrait, jusqu’au point où la pensée abdique devant son propre impératif de crise. »

N’est-il pas en effet nuisible de s’ordonner à la mort? Les anti-marxistes de la nouvelle génération tiennent pour assuré qu’il faut surtout conserver ce dont, tout de même, on dispose: les libertés, la pensée occidentale, les droits de l’homme. Autrement dit, l’essence politique de l’anti-marxisme contemporain a été, dans les faits, le ralliement — et pour la première fois le ralliement massif — des intellectuels à la forme parlementaire des pays de l’Ouest, et le renoncement à tout radicalisme, à toute essentialité de la politique.

Ce mode de réflexion de la destruction historique du marxisme revient à penser réactivement les vertus de la démocratie parlementaire comme la forme perfectible, mais essentiellement bonne, de l’Etat. Cette critique de la politique ne parvient pas à excéder le retour pur et simple à la théorie libérale du politique. Le droit est restauré comme ce dont la philosophie doit assurer le fondement. Premier exemple d’une critique dont l’aveu est la restauration d’un âge classique du philosophème politique.

L’anti-marxisme contemporain est donc tenu dans une pulsion conservatrice et occidentale. L’anti-marxisme a pour noyau une formation conceptuelle réactive, où le dynamisme historique est remplacé par l’esprit de la spiritualité démocratique conservatrice. Il s’agit là d’un véritable désastre de la pensée, dont le désastre du marxisme est l’induction conjoncturelle. Ce désastre a ôté toute radicalité à la question philosophique quant au politique. Ici le retrait est bien plutôt une débâcle. » 

Badiou écrivait donc ça en 1985 … Or, cette pensée « purement réactive » ( essentiellement produite « par réaction » au « non pensé » mais « en actes » du déferlement du désastre capitaliste ) , c’est la même aujourd’hui qui obère toute possibilité de re-penser la Politique, c’est la même qui se déploie aussi bien dans la cage où tournent frénétiquement (en rond) notre classe politique, et singulièrement ceux parmi elle qui se prétendent « de gauche », mais c’est aussi celle qu’adoptent le plus souvent, sur ce blog, la plupart des billets et des commentaires.

Une pensée « d’humeur » , infantilisée (au sens propre ), donc capricieuse : les élections comme modalité d’expression de ce caprice : on alterne (les majorités représentatives) pour marquer son mécontentement et sa frustration mais à l’intérieur d’un cadre stable où rien ne change , ni ne peut changer.

Une pensée ou plutôt un mode d’expression proprement « pathologique » à peu près généralisé, du fait que chacun de ceux qui l’adoptent ( le plus grand nombre) se sentent piégés , enfermés dans une situation figée et univoque, dont aucune issue ne semble plus accessible.

En réalité le constat induit  est que la pensée marxiste, la théorie historique et pratique du progrès vers l’émancipation est certes défaite , mais n’a pas de vainqueur , dans la mesure où aucune autre n’est venue s’y substituer. Nous ( tous ceux qui portent l’idéal et le projet de l’émancipation ) sommes tout simplement « en panne », de pensée , de théorie, de capacité d’analyse, de projet, de méthode.

Comment retrouver une pensée critique consistante, capable de porter le projet de l’émancipation et de la justice sociale ?

En émancipant d’abord cette pensée, et son discours, en lui restituant son autonomie.

Comment accomplir cet objectif , en pratique ?

Concrètement en cessant le « décryptage » , le « commentaire » de la logorrhée médiatique, ce qui est déjà l’acceptation d’une sujétion,  et en choisissant d’autres sujets, d’autres problèmes , d’autres axes de réflexion que ceux de « l’actualité » médiatisée.

Il faut refuser de « répondre » aux (mauvaises) questions, de prendre part aux simulacres de débats, ne plus donner d’alibi, et au contraire porter le fer ailleurs. Là où il n’est pas prévu/attendu. A gauche, cette direction est claire : faire place nette , déconstruire, par tous les moyens les partis « de gouvernement » , les amicales d’apparatchiks, les clubs de sieste conceptuelle. Boycotter, miner, saboter tout ce qui porte les stigmates de cette usurpation honteuse et impotente . Et à l’inverse reprendre à tous les niveaux du tissus social, l’action politique, avec les gens, sur des objectifs concrets sans aucune visée élective ni objectif électoral. Sans parti, sans élus, sans appareil, mais avec une ligne claire pour chaque action et l’organisation qu’elle impose. La force de la démarche qu’impose la situation c’est celle du refus, de la résistance, de l’altérité de pensée et de comportement, précisément l’inverse de la réaction. Chacun(e) dans la mesure de ses moyens, mais tous ces moyens mis en œuvre de manière concertée et mutualisée, sur un objectif, un terrain, un phénomène précis.

Bon, c'est déjà assez long, je vous laisse déjà dégoiser là dessus , pendant que je prépare la suite .
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Urbain

 

 
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