Avertir le modérateur

mercredi, 14 juillet 2010

ta mère – victoires [3/3]

 

 

515DRZVZJ1L._SL500_AA300_.jpg

 

- Tu ramènes un match de foot à l’histoire, avec un « grand H » ?! Rien que ça ?!!

- Celui-là, oui ! Pas la partie dans la cour de récré ; ni même celui des quatrièmes divisions qui jouent le week-end – eux, ils ne jouent pas de tels enjeux. Et, oui, c’est toujours du foot – mais pas les mêmes contextes !

- Ouf ! Tu es en forme aujourd’hui…

- Pas plus que d’habitude, je crois.

- C’est que moi, je suis vanné… J’ai bossé toute la journée !

- Oh, ça ! Comme je roupille toute la journée, ça ne me demande pas beaucoup de travail le soir pour me tenir éveillé !

- Ou alors ça fait longtemps que tu n’as pas eu de débat comme aujourd’hui ?

- Non. Pas particulièrement.

- En tout cas, ça fait du bien de débattre avec toi, même si je ne suis pas d’accord…

- Hein ? Quoi ?! Pas d’accord ?!! Avec tout ce que je viens de te dire ?!! J’ai parlé dans le vent, alors ?

- Euh, même si je suis un peu d’accord – mais pas avec tout. Tu dis : « Il y a du sacré ». Pour moi, s’il y a du sacré, il y a un rituel. Et le football, c’est un rituel de paix entre les nations et les joueurs.

- Oui, théoriquement. Et, pour ce qui concerne le sacré, c’est celui des affects, et de l’intime.

- Pour moi, le football, c’est un sport où doit régner le fair-play – d’ailleurs, le sport, c’est fait pour réconcilier les peuples, apaiser les passions…

- Ça, c’est… abstrait pour le coup ! Peace and love…

- Non, pour moi, ça, c’est concret !

- Ton truc, c’est le Baron de Coubertin ! Sur le papier, je veux bien… Ou alors, si tu veux que ça soit réellement du concret, il faudra qu’à chaque match dans les cours de récré, qu’il y ait un ou plusieurs adultes, qui viennent expliquer et surveiller chaque mouvement, chaque geste déplacé ! Bon. Allez ! Attention, je vais dire une horreur : il y a une vertu de l’insulte – je parle pour Zidane…

- Pour Zidane, c’est un coup de boule !

- Eh bien, il y a une « vertu du coup de boule » ! Parce que le coup de boule – et l’insulte – ils viennent indiquer une limite du supportable ! Et les limites, il ne faut pas hésiter à les afficher !

- J’aurais toujours un problème avec une certaine gauche. Cette gauche qui est prête à prendre les armes, qui est pour la lutte armée, et qui est prête à poser des bombes, et faire sauter des rues avec des innocents…

- Attends, il y a bien des gens qu’il faut se résoudre à qualifier de, euh, de « connards », je suis désolé, c’est le terme – ou des vicelards pourris jusqu’à la moelle, si tu préfères. C’est pas difficile, il y en a un paquet au gouvernement en ce moment. Ces gens-là, ils ne méritent qu’une chose, qu’on leur foute des coups ou qu’on leur donne des baffes. Je ne dis pas que ça les empêchera de continuer, non plus, mais tu ne peux pas savoir le soulagement que ça fait ! Et si personne ne réagit, ils continuent leurs saloperies !

- Moi, je serais toujours contre la violence.

- C’est que tu n’as pas vécu des situations extrêmes. Et, non, je n’ai aucune problème avec la violence. Il y a cette phrase de Brecht : « Seule la violence aide, là où la violence règne ». Maintenant, il faut voir avec la violence de la connerie ! En paraphrasant, je dirais : seul, euh, l’instinct aide, là où la connerie règne !

- Je suis un pacifiste : la violence ne résoudra jamais rien. Des situations extrêmes, j’en ai connues : quand j’ai mon élève de treize ans…

- C’est bien ce que je te dis : tu n’as pas connu de cas extrêmes !!!

- Avec ce gamin de treize ans, en classe, je n’ai pas employé la violence…

- Extrême ! c’est par exemple : tu fais une manif de protestation « alter-mondialiste » – c’est comme ça qu’on dit – et tu as trois CRS devant toi. Tu n’opposes aucune résistance : tu es à terre, allongé et les bras en croix. Et eux, ils ont leurs matraques, leurs casques, leurs boucliers, et ils te foutent sur la gueule ! alors que tu es inoffensif ! Ça, c’est une situation extrême !!! Et, pas si rare que ça, en plus !!! Et, tu viens me dire : je ne me défends pas, parce que je suis pacifiste ??!

- Si : là, je me défends !!!

- Mais là, c’est déjà trop tard !!! Avec une seule matraque, ces trois CRS, ils t’ont mis dans les pommes !

- Je crois à la résistance, comme dans les années 40, avec les sabotages, mais pas aux actes de violence…

- Moi, je suis pour une violence, disons « légitime », qui permet de prévenir de ces situations dégueulasses ! Et la société, dont tu dis « croire aux institutions qui garantissent le respect des droits de tous », elle produit sciemment ces « dérapages », car c’est la nature du système dominant – et de la classe bourgeoise ! Et, comme tu préfères garder tes œillères, je ne pourrais pas te convaincre. Mais, on en reparlera le jour où tu devras défendre ta peau – je ne parle pas de celle des autres – et que tu devras sortir de ta planque !

- Eh ! Voudrais-tu dire par là que je suis quelqu’un de lâche et de soumis ?

- Euh, oublions ça… ahem ! Bon, je retire tout ce que je viens de dire… « mais-je-ne-le-re-gret-te-pas ! »

 

 

crs11.jpg

 

par Albin Didon

lundi, 05 juillet 2010

ta mère – victoires [2/3]

Danse.gif



- Dans la cour de récré, ces insultes sont idiotes, je suis d’accord. Mais là, toi, tu as un discours hypocrite…

- Non.

- Si : tu veux nier la violence.

- Non.

- Es-tu d’accord pour dire que la violence est en chacun de nous ?

- Oui. Mais, on ne règle pas la violence par la violence. Avec les anarchistes comme toi, c’est tout de suite la jungle, la guérilla et la lutte armée !

- Je ne suis pas anarchiste – ni communiste, du reste.

- Mais, tu es pour la violence !

- Pas spécialement. Mais, quand on me cherche, effectivement, on me trouve ! Plutôt que la violence, je suis pour la parole – pour qu’on se dise les choses, d’une part, et aussi, qu’on tienne sa parole, oui.

- Pour moi – et je l’ai toujours dit – tu nous fais le Misanthrope de Molière : Alceste, c’est toujours le sacré, le respect des valeurs, ou alors c’est le sacrilège. La parole à la lettre, et la parole dite seulement. La valeur des mots, dans un sens et pas un autre. Avec l’amour : c’est l’absolu ou rien ! Ce qui agace Célimène d’ailleurs, qui, elle, voudrait bien batifoler de temps en temps. Avec lui, autant vivre dans le désert !

- Mon cher Philinte, je ne suis ni anarchiste, ni communiste… ni misanthrope ! si ce n’est que ça, je n’ai rien contre le batifolage ! Mais, revenons à ta mère alors. On vient donc de chier et pisser sur la gueule de ta mère, et toi, tu dis : « Je reste zen – sang-froid – Gandhi – et je tends l’autre joue ».

- Oui.

- Bon, alors, le gars, il revient donc chier et pisser sur « l’autre joue », et tu dis : « Je reste zen – self control –Gandhi – de marbre – et tu ajoutes : je tends la troisième joue ! »

- Oui.

- Très bien. Alors, les copains du gars, ils viennent le jour d’après pour « la troisième joue » : ta mère, tous les jours, elle est ensevelie sous la merde et inondée de pisse, et toi, tu ne fais toujours rien ?

- Si : je leur donne des coups !

- Voilà : c’est bien ce que je te dis !

- Non, car je crois au groupe social, qui vient t’aider.

- Eh bien là, le groupe social aujourd’hui, il vient, mais du côté de celui qui t’insulte, qui chie et tout le reste !

- Pour moi, tout ça, c’est abstrait.

- Ah ? Bon. Alors, prenons un cas, une expérience qui t’est arrivée. Tu as frappé un de tes élèves, je crois ?

- Non.

- Levé la main sur lui ?

- Non.

- Tu as eu une situation délicate avec un gamin de treize ans, très corpulent, si je me souviens bien…

- Oui, je l’ai agrippé et je l’ai sorti de la classe !

- Tu as commis un acte de violence…

- …qui est interdit. Mais, avec toutes les lois, tout devient interdit alors ! Il se mettait – et mettait les autres – en danger, je l’ai sorti pour qu’il ne me dérange plus – et qu’il ne dérange plus la classe. Je suis d’ailleurs allé voir le chef d’établissement, j’ai fait un rapport, et ai déposé une plainte à la police. Je crois donc au groupe social, et aux institutions de la République.

- Donc, tu es en train de me dire que tu vois bien notre grand Zidane, pendant le match de Coupe du monde, lever son petit doigt vers l’arbitre de terrain, et dire : « Monsieur… Materazzi, il a insulté ma maman… » ?

- Bien sûr que non ! Il faudrait des micros partout, alors !

- Donc, on ne saura jamais ; ou on fait comme je le fais : on déplie ce qu’on voit. On décode ce qu’on a vu. Et puis, on le sait, Materazzi, c’est un provocateur professionnel. Donc, son coup de boule, il l’a aussi cherché !

- Tout ça, pour moi, c’est très abstrait.

- Au contraire, c’est très concret – « palpable » même ! A tel point que je suis presque certain que si on enquêtait, on trouverait des talons de chèques, et de gros mouvements bancaires sur certains comptes !

- Ce n’est pas ce que je vais dire à mes élèves !

- Ah, si ! pourquoi pas ?! Il faut leur dire qu’il y a une disproportion entre Zidane qui joue pour la Coupe du monde, et eux, dans leur petite cour de récré – que ce sont des contextes complètement différents. Avec la Coupe du monde, il y a des enjeux colossaux d’argent. Alors qu’au maximum, tes élèves, ils jouent pour dire qu’ils sont les plus forts aux yeux des copains. Donc, que pour satisfaire leur petite vanité de joueur de foot à la cour de récré aux yeux des copains, c’est effectivement idiot d’insulter la mère de son camarade de jeu.

Quand tu parles de Zidane à tes élèves, tu ne parles pas de violence de l’argent – des enjeux de pognon, je devrais dire. C’est sûr que le téléspectateur gavé de hamburgers, et l’enfant encore moins, ils ne le voient pas le pognon sur l’écran. Ce qu’il voit c’est le coup de boule, d’autant plus qu’on le lui repasse en boucle ! Et puis, à cela, il faut ajouter que Zidane, c’est le monsieur qui fait la pub pour les magasins « E. D. ». Or, quand il donne son coup de boule, il joue aussi sa réputation ! Eh, oui, il y en a encore pour qui défendre l’honneur d’une mère – ou de sa famille – ça passe avant la réputation !

Et puis à ce moment-là, la France et l’Italie, ils jouaient quoi ? Une finale, c’est bien ça ? Bref, là, ils jouent un moment historique du football, alors que tes gamins, dans la cour de récré, ils jouent quoi au maximum ? Donc, oui, là, encore, il faut dire à tes élèves que ça ne mérite pas de s’insulter au foot, juste pour montrer qu’on a une plus grosse quéquette que le copain d’en face !

[fin de la deuxième partie]

 

 

rhinoceros-oursin.jpg

 

par Albin Didon

lundi, 28 juin 2010

ta mère – victoires [1/3]

 

 

FFF_MINIKIT_AH926_1_900.jpg

 

- Il y a tous ces problèmes d’insultes en ce moment. Là, c’est Anelka ; l’autre fois, le raciste qui prétendait parler des Auvergnats. Avant ça, Materazzi et Zidane. A la fin, on en revient à « Casse-toi pov’ con ! »

- Comme tu t’en doutes, je ne suis ça que de très loin.

- J’ai fait deux cours sur la Coupe du monde à mes élèves, comme c’est la fin de l’année…

- Et alors, c’est quoi comme « cours » ?

- On fait un cours sur le foot, parce qu’on ne peut pas faire de la poésie tout le temps, toute l’année. Quand on fait de la poésie, je leur dis : « Rimbaud, c’est sacré ». Et, je lis à la classe un de ses poèmes. La dernière fois, j’ai eu un élève qui a pris une feuille, et qui a marqué « Rimbaud, c’est sacré. » Il me l’a montré. Je suis content.

- Et tu leur apprends quoi avec la Coupe du monde ? Comment ça commence – les insultes ?

- Et pourquoi tout ça, c’est idiot ! Surtout Zidane, quand il dit : « Je m’excuse, mais je ne le regrette pas ».

- Pour toi, c’est idiot ?

- Oui.

- Eh bien… pas pour moi ! Là, je le comprends… et je l’excuse ! On a un type qui se fait insulter, et qui répond.

- A l’école, on leur apprend à vivre en communauté ! Tout ce qu’on leur enseigne tombe à l’eau. Et toi, c’est ça que tu veux apprendre aux élèves ?!!

- Non. Je dis ça parce qu’on est entre nous, mais, ce n’est pas ce que je dirais, si j’avais des élèves. Ou alors, il faut le déplier. Toi, qu’est-ce que tu dis ?

- Qu’on ne résout pas la violence par la violence – qu’il y a un groupe social, et des institutions qui garantissent le respect des droits de tous.

- Euh, là, pour moi, ça n’est pas ça. On a une Coupe du monde, et un grand joueur qui se fait insulter : Materazzi lui chie ouvertement à la gueule, et Zidane, il se lâche. Non, plus précis encore : la mère de Zidane, à ce moment-là, elle est à l’hôpital, et on a Materazzi qui chie à la gueule de sa mère. Il dit quelque chose comme : « J’espère que ta mère crèvera le plus tôt possible la gueule ouverte ». Donc, on a un type qui chie et pisse sur la gueule de la mère de Zidane, et Zidane qui répond par un coup de boule.

- On n’en sait rien.

- C’est vrai, mais ça se devine facilement. Bon, peu importe. Disons-le autrement. Il y a un moment on défend quelque chose que l’on tient pour « sacré » – c’est le terme que tu employais tout à l’heure pour Rimbaud, bien que tu n’utilisais pas dans le même sens, je crois. Attends, tiens, je te donne un exemple. Il y a six mois, je me suis fâché avec un proche – encore un ! – mais on s’est à peu près réconciliés depuis – on se voit encore de temps à autre. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Un jour, on était au restaurant, et on parlait de choses et d’autres. A un moment, on parlait de jeux-vidéo – de Street fighter, je crois. Il me propose de jouer contre lui. Je refuse poliment : « Non, je suis nul : ça fait longtemps que je n’ai pas joué. » Lui, il me dit : « Mais si, jouons, faisons une partie : je vais te mettre ta mère. » Là, je démarre au quart de tour, et je lui réponds : « Non, tu ne vas pas ‘me mettre ma mère’, et si tu redis ça, je quitte la table ! » La conversation se poursuit. Et pour rigoler, il dit quelque chose d’équivalent. Bon, je sais qu’il rigolait, mais j’ai failli quitter le restau – et, non, je ne lui pas mis un coup de boule. En tout cas, ça a jeté un froid entre nous, durablement. Tout ça pour dire, qu’il y a un moment, on ne peut pas toucher à quelque chose de sacré. Et pour Zidane, je crois que c’est à peu près la même chose. Zidane, il encaisse les injures répétées, et à la fin, il sature.

- Et le sang-froid, ça n’existe pas alors ? Et le self control ?

- Hein, quoi ? C’est passionnel – on est dans le registre de la passion : tu es dans le feu de l’action, tu as toute la pression d’un match de Coupe du monde, et en face de toi, tu as quelqu’un qui chie et pisse sur la gueule de ta mère qui est à l’hôpital, et qui, au passage, allez ! « encule doublement ta grosse salope de sœur » – et tu viens me parler de sang-froid ?!! Prenons alors, maintenant, ta mère à toi – que je ne connais pas – et moi, mais comme quelqu’un que tu ne connais pas. Alors, qu’est-ce que je fais : je commence à l’insulter, oui ou non ?

- Non.

- Bon. Tu m’as compris. Donc, tu vois bien que ce n’est pas du même ordre que « Casse-toi pov’ con ! »

- Il était grippé ce jour-là. Et en plus, ils ont dit qu’il revenait d’une semaine de boulot très chargée…

- Tu te fous de moi ? Tu crois à ces conneries ?

- Si-si, sur les vidéos, on le voit, il était…

- Bon. Et à l’enterrement des dix soldats tués en embuscade en Afghanistan ?! quand il ricane en lisant sa déclaration, il était aussi « grippé », ce jour-là ?!! Mais alors, il l’est tout le temps ! Donc, pour Zidane, il y a quelqu’un qui blasphème et qui l’offense – ce qui n’est pas le cas de l’imbécile qui ricane tout seul…

- Oui, mais alors tu justifies la violence ! Et, on en revient au justicier, et à celui qui fait sa justice individuelle. Ce n’est pas ce que je veux apprendre à mes élèves, car je crois à la justice collective !

- Pour tes élèves, je ne leur dirais pas ça.

- Eux, dans la cour de récré, c’est la loi du Talion ! Quand ils jouent au foot, ils insultent leurs mères. C’est l’époque qui est comme ça. On n’y peut rien.

[fin de la première partie]

 

 

327.jpg

 

par Albin Didon

mercredi, 21 octobre 2009

états – mines

 

 

jardin_des_plantes.jpg

 

 

Politiquement parlant, ce n’est pas très neuf – et pourtant, cela ne saute pas encore aux yeux de tous –, il y a une « fausse Gauche » : le PS et ses déclinaisons ; c'est-à-dire, des partis de non-opposition à un « vrai » parti d’actions, et de réformes. On nous martèle assez que les partis de Droite sont « concrets », « réalistes », « efficaces », etc. ; et que leurs actions sont fondées sur des « études », des « chiffres », des « expertises », des « faits »… Mais, dans tous les cas, nous restons dans le spectacle atterrant de la classe possédante : de la catégorie de la population qui possède autant en biens (et en terrains)… qu’en « paroles ». Et donc, en fait, un grand parti (unique) schizophrène de non-opposition systématique ; la « gauche de la Gauche » n’étant autre qu’une forme « améliorée », « modernisée », « sophistiquée » de cette politique de la représentation – en représentation.

Soit, sur la scène : d’un côté (à droite), une porte : celle qui ouvre les « solutions de crise » (du capitalisme qui, par principe, s’auto-génère de ses crises) ; et de l’autre, une autre porte (à gauche), celle qui permet de sortir du capitalisme « sauvage » (car sans doute pas encore assez « barbare »), pour le « moraliser ». Soit donc, les deux fausses portes de la politique, continuellement présentées, à longueur de temps ! Et des millions de gogos, qui s’y engouffrent. La politique désignant, pour nos contemporains, le sempiternel jeu de chaises musicales de tous les faux-problèmes avec des demi-solutions (des pires aux moins mauvaises) ; et où l'on tire la couverture à soi en faisant semblant de choisir pour le meilleur non-choix qui produira à nouveau un pseudo dilemme !

Alors que, au fond, il n’y a – et aura toujours – qu’un seul (vrai) problème : « ils » veulent être gouvernés ! « Ils » veulent un… pro-grâââ-mme ! « Ils », ce sont les électeurs, les « citoyens-consommateurs » qui veulent savoir ce qui les attend, pour arrêter leur choix : de voter « Oui » ou « Non », « 1 » ou « 2 », « Pepsi » ou « Coca », « Starac » ou « Popstar » ; de désigner en masse le « meilleur ». Tout en continuant à se baigner dans leur léthargie. Alors, on donne sa « voix » à un énergumène qui saura diriger un Etat « meilleur » : selon les circonstances, ça signifie « lucratif », et d’autres fois « moral ». Or, le « programme », quel qu’il soit, reste une aliénation. Une « promesse ». De l’incertitude, on parvient à énoncer de vagues intentions, et peu importe si elles correspondront à leur réalisation. Il faut dire qu’à une époque, c’eut été le « Paradis », et beaucoup s’en contentaient benoîtement. Puis, un beau jour, est apparu dans les discours publics, un mot qui a fait fortune depuis : le con-cret ! Ce fut alors, le « Progrès », la « Modernité », ou ailleurs, le « Plan ». Mais, très vite, ils se sont avérés insatisfaisants. L’objet du la « promesse » peut toujours changer, mais jamais on ne veut se débarrasser définitivement du Programme !!!

Le programme « de l’Etat meilleur », de la « meilleure gouvernance envisageable », est nécessairement une aberration. Comment peut-on spéculer sur le comportement d’un si grand nombre d’individus ? A moins de raconter continuellement des salades ? Car, à chaque palier de l’organisation sociale, toute impeccablement conçue qu’elle serait, il y a inévitablement le facteur humain : les névroses, les bassesses, les accidents. Alors, peut-être des ajustements un peu moins « dégueulasses » que les propositions adverses ? Mais, toujours en deçà du politique : du comportement (éthique) élémentaire que chacun devrait avoir vis-à-vis de l’autre. Ou alors, ce ne serait donc que ça le « réalisme » : savoir que le plus grand nombre de nos contemporains sont quoi ? Hypocrites, égoïstes, lâches, cupides, abrutis,… malins ?!!! Mais alors, une politique… « bien intentionnée », ne serait donc que l’ajustement des institutions pour « mieux » gérer les médiocrités du troupeau humain ?!

Et si le politique, ce pouvait être, et de façon encore plus « réaliste », l’agrégation, (le regroupement) de tous les Sujets « consistants » – de « cocos individualistes », « solidaires » et « conséquents » – plutôt que la satisfaction de tous les Sujets « obscurs » et « réactifs » ? Et si la seule « révolution » possible, ce n’était que la transformation de l’individu « versatile » en Sujet consistant : celui qui va exténuer toutes les étapes d’une procédure de vérité par sa capacité à raisonner. Car si tous les individus agissaient à chaque instant en tant que Sujets conséquents, alors il n’y aurait plus besoin d’ajustements (« équitables ») d’un Etat quelconque. La réorganisation de l’Etat n’étant qu’une variante de la soumission – à une autorité de l’administration : une aliénation plus « acceptable » ; mieux « consentie ».

La seule sortie possible du Sujet vers son émancipation, la seule « révolution »… « palpable », « concrète », c’est la Pensée, par le biais du savoir, et non pas encore par la dépendance à un Etat, tout « vertueux » soit-il. Car l’Etat (d’essence bourgeoise), c’est encore le Pouvoir. Et le Pouvoir, c’est la division, et la propriété. Et la prétendue « démocratie », une « gestion quantitative », par les suffrages majoritaires, finissant par ne reposer que sur la démagogie : un groupe contre une minorité, et toujours la coercition du plus fort (par le nombre, par le muscle) sur des cas isolés ! Alors que la Pensée, celle de l’être autonome capable de produire lui-même sa propre réflexion sur son Etre-là-au-monde-malgré-les-autres, c’est la liberté de l’imagination en prise avec le Réel. C’est pour cela que la classe dominante doit tout faire, souvent inconsciemment du reste, et toujours sans imagination, mais sans jamais manquer de ruse, pour la liquider, ou la dissoudre dans la « réalité » : la distraction, l’actualité, l’opinion, le libre arbitre, le juridisme, le contrôle, la philosophie morale…

Le seul programme valable à suivre – non comme fin, mais comme moyen… de sortir –, c’est la discipline dans la connaissance (de soi, des autres). Par conséquent, on peut toujours laisser les Sujets « inconstants » et « superficiels » entre eux ; et, attendre – ou contribuer activement à ce – que ces magnifiques portes leur reviennent à la gueule !!!

 

porte-8-P2-petit.jpg

par Albin Didon

 

vendredi, 18 septembre 2009

Aimez-vous Merzbow ?

 

645759_13649_72c2b1c3f0_p.jpg

 

La sono dit et répète : «la transparence absolue c'est le début du totalitarisme.»

 

La transparence absolue c'est le début du totalitarisme.

La transparence absolue c'est le début du totalitarisme.

La transparence absolue c'est le début du totalitarisme.

Mon cul c’est du poulet.

La guerre c'est la paix.

 

 

La sono dit et répète, dans les rues.

Les caméras de vidéosurveillance sont immobiles, l'oeil lourd.

Parfois, elles s’orientent mollement vers un passant qui active la cellule infrarouge.

Tip. Ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...

Aucune zone de non-droit.

Il est filmé 300 fois par jour. Il sait qu'en mettant bout à bout toutes ces séquences, sa vie filmée est plus longue que sa vie réelle.

 

 

Et le haut-parleur continue : "Quand on manifeste, c'est pour ses idées et on ne cache pas normalement ses idées."

 

 

Les cagoules sont passées de mode.

 

Le passeport électronique est exigé à l’entrée de la préfecture. Le portique magnétique ne sort pas de son traintrain.

Bip bip bip bip bip bip...

Il dépose son dossier. « Non, pas d’ADN pour ça, Monsieur, pas encore… Et nous avons votre profil Facebook... »

 

 

Sur son mat, le haut-parleur ronronne : «La transparence, ça veut dire qu'il n'y a plus d'intimité, plus de discrétion ; plus rien n'a d'épaisseur dans la transparence, à commencer par les êtres humains.»

 

 

Il regarde le kiosque, au coin de la rue. Les revues exposent la grossesse de la secrétaire d’Etat, les palmes et le short jaune, le périnée et le nouvel amant.

« Vous avez vu le ministre ? Les exilés fiscaux, y flippent maintenant ! » lance le kiosquier.

Hé hé hé hé hé hé hé hé

Compte G2543-45, compte C2547-15D, compte 15465651CD, compte DCC321-FGH, compte...

 

 

Le haut-parleur déverse : «Je ne crois pas à la société de la délation généralisée, de la surveillance généralisée.»

 

 

Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées, Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet, Système de Traitement des Infractions Constatées, Centralisation du Renseignement Intérieur pour la Sécurité du Territoire et des Intérêts NAtionaux, Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Relative à la Sécurité Publique…

 

Gala Libé figAro Saussez Nouvel Obs ipSos Tf1

 

 

Et le haut-parleur qui vomit : «Quand il y a une grève, plus personne ne la voit.»

 

 

Le mur de LCD ultra plats, dans la vitrine, 102 cm, 1920 X 1080, 16:9, 100 Hz, renvoie l’image du chef de l’Etat, depuis New-York, TF1, F2, RTL, Europe1, RMC, ONU, G20.

 

Schrrrrrrrrrrrch historique chhhhhhhhhhhhhhhhh je vais schriiiiiiiiiiiiiii plus rien ne sera tchuuuuuuuuuuuuuuuuu

 

 

Dans la rue résonne : "Une société dans laquelle tout prend la même importance, quelles que soient les circonstances dans lesquelles ont dit les choses, quelle que soit la signification qu'on leurs donne, quel que soit le contexte dans lesquelles elles sont dites, est une société qui vire au totalitarisme."

 

 

couacs et pschitt

vlan et fumigènes

rideaux de fumée et Potemkine

casting et jogging

18 octobre 2007 et Chouchou ou Rififi ou Loulou, il ne sait plus…

smack et bing

crac boum huuuuuuuuuuuuuuuuue

 

 

Le haut-parleur recommence : «la transparence absolue c'est le début du totalitarisme.»

 

 

Il n’écoute plus depuis longtemps.

 

Ils sont 30, ils occupent leur atelier. Ils sont seuls.

Ils sont 250 clandestins, ils occupent un immeuble, ils sont transparents.

Le camp de Roms a été vidé, ils ont été gazés, on n’a rien vu.

Ils refusent de suivre la circulaire, ils ne donnent pas les noms. Qui ? Quoi ?

Ils font, ils défont, ils transforment, ils préfèrent ne pas, ils n'y vont pas, ils pensent, ils y croient, ils empêchent.

 

Ca n’existe pas, il n’y a que cela qui existe.

 

 

Zzzzzzzzzzrrrrrrr

Chrrrrrchhhhhhhhhhhh

Larsen dans le haut-parleur.


f

 


 

 


 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu