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mercredi, 17 juin 2009

S.O.S : twitt again in Tehran.

"Diantre ! Encore un billet sur Twitter, il nous emmerde ce Cui cui !"  diront à juste titre, certains mal embouchés ! Ils auront raison !

Mais, mes chers amis, j'ai pris cette fois un ton un peu plus grinçant et humoristique conformément à la tradition de la maison... Et puis, ici, blog d'intellectuels littéraires férus de philosophie, où manipuler le mulot  et appuyer sur une touche  constitue déjà une performance exceptionnelle [je plaisante, hein ?], il s'en trouve probablement plus d'un qui ignore la signification de ce mot barbare issu du gazouillis du moineau.


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Savez vous qu’on assiste en ce moment à une petite révolution médiatique ? Twitter, un service internet à la mode accessible à tous, semble remplacer, grâce aux informations collectées par de simples témoins, la presse internationale  qui se trouve dans l’impossibilité de faire son boulot du fait de l’énorme censure du gouvernement Iranien à l'encontre des agences et les journalistes occidentaux. En effet, les seules rares nouvelles des émeutes et manifestations : témoignages, photos et vidéos qui parviennent à franchir le seuil d’un pays renfermé sur lui-même, sont véhiculées grâce à Internet (dont twitter et flickr).

Ces informations sont souvent envoyées par des particuliers ou des manifestants qui cherchent à diffuser dans le monde entier le témoignage  de leurs luttes, ainsi que la mobilisation qu’elles suscitent.

Toutefois, il convient de rester prudent. En parcourant certains sites, on s’aperçoit qu’il s’agit fréquemment de blogs créés par la diaspora iranienne des USA ou d’Europe pas forcément mieux informée que chacun d’entre nous. Elle ne fait que reprendre des photos de presse, de blogs divers et de flickr. Cette diaspora est pro-occidentale et plutôt partisane des héritiers de l’ancien Shah d’Iran.

 

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Mais Twitter est également la proie des manipulations dues à l'absence de sources patentes et sûres : rien n’empêche  les services de propagande des états d’envoyer des fausses nouvelles ou des infos falsifiées.

Puis, comble du comble, des agrégateurs professionnels qui reprennent ce qui a été déjà écrit selon leur propre sélection. C’est un peu le système de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours : du coup on ne sait plus  ni où est l’ours ni combien ils sont !

Finalement, grâce à Twitter, on obtient des renseignements non vérifiables mais des informations tout de même ;  à chacun de recouper les faits et de jouer au petit détective, le reste n’étant qu’une question d’intuition. Il semblerait même qu'en se positionnant à Téhéran en Iran, on brouille complètement les services de répression iraniens.

Bon. Vous me direz que rien ne vaut la bonne vieille presse de papa Prouvost (ancien propriétaire du Figaro de 1950 à 1975).

Certes. Mais faute de grives, contentons nous de merles !

tête de mort.JPGBref, en tout cas, plusieurs observations paraissent s’imposer à notre réflexion.

1) Si Internet permet de faire connaître à travers le monde son combat et ses revendications, il ne remplace en aucun cas le recours à des manifestations physiques et des luttes sur le terrain. Il n’existe hélas pas encore de cyber-robots pour combattre les oligarchies et les tyrannies…

2) Chacun peut devenir  l’informateur important d’une situation historiquement essentielle. Seule manque la crédibilité, mais entre nous, le journalisme embedded ou partisan est il, lui aussi, le garant d’une information fiable ? Sûrement pas !

3) Le téléphone portable et Internet sont devenus des médias incontournables sur lesquels  les pouvoirs  ont du mal  à exercer un contrôle radical. On sait qu'en cas d'insurrection ou de désordres graves, les États ont d’ores et déjà prévu  une mainmise complète ou un arrêt total sur les communications mais l'inconvénient immédiat sera la paralysie totale du pays.

4) En France, la mise en chantier de la loi Loopsi, qui sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la criminalité, éternel refrain de ceux qui souhaitent nous mettre au pas, risque non seulement de restreindre à priori nos libertés, en plus,  prépare le terrain à une reprise en main vigoureuse en cas de troubles mais surtout vise à empêcher toute organisation d'une contestation future.

Voilà les amis, quelques considérations émanant d'un citoyen ordinaire fort peu sérieux qui essaie de s'adapter à une société technique de plus en plus complexe, qui, sous un double visage, telle la reproduction que j'ai collée plus haut, présente selon l'angle duquel on l'observe, à la fois un énorme danger pour nos libertés mais aussi qu'un bel outil et un immense espoir pour vaincre l'oppression !

On peut toujours rêver.

À après !

 

Tweety tweety said the bird, non influent winged creature.

lundi, 08 juin 2009

L'interview improbable de Chipie Chabot...

Avertissement préalable : ce pastiche est à consommer sans modération.

 

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Arlette CHAPOT : oui, je suis fière de

rester une journaliste dans la

glorieuse lignée de nos aînés

de l’ORTF !


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Recueilli par Abel Zébute (le jivaro.fr)


A.Z - Bonjour Madame Arlette Chapot, quels sont vos journalistes référents ?

A.C - Je me suis inscrite dans la grande tradition du journalisme français instituée par feue l'ORTF et poursuivie par le Président Nicolas Sarkozy, une école de liberté de parole et d'indépendance d'esprit comme chacun sait.  J'ai essayé, en toute humilité d'allier l'impertinence de Léon Zitrone, l'impartialité de Michel Droit et l'ouverture intellectuelle de Jean Dutour. Mes modèles encore vivants sont Monsieur Elkabbach, pour sa liberté de ton et Monsieur Michel Drucker pour ses questions embarrassantes.

A.Z - Pourtant, certaines mauvaises langues vous accusent de complaisance avec le pouvoir...

A.C - Monsieur Abel Zébute, je suis scandalisée par de tels propos, je suis une journaliste libre qui a exercé aussi bien sous la gauche que sous la droite avec Nicolas Sarkozy ! Quelle meilleure preuve d'indépendance voulez vous ? En fait on me reproche de trop bien faire mon métier ! Je ne conçois pas le journalisme comme un champ de bataille : nos dirigeants dont le président Nicolas Sarkozy ont déjà tant de problèmes à résoudre, faut il leur en créer davantage en les agressant ? Je suis là pour faire de la pédagogie, pas pour poser des questions indécentes ou gênantes au Président Nicolas Sarkozy.

A.Z - Que pensez vous de la classe politique actuelle ?

A.C - Ah ! Il y a beaucoup à dire, Monsieur Zébulon, quand on a vu le spectacle de jeudi soir, comme on regrette la dignité du Président Nicolas Sarkozy ! J'en suis encore toute bouleversée... D'un côté la racaille, les blousons noirs, la banlieue avec son cortège de gros mots et de violence : les Mélenchon, Bayrou, de Villiers, Le Pen et de l'autre côté le savoir vivre avec Xavier, Martine, Daniel et surtout ce ravissant petit révolutionnaire Olivier, poli, propre sur lui, mesuré. Nicolas ne tarit pas d'éloge sur lui - (En aparté, elle se reprend et me demande de couper cet extrait. Je m'exécute.)

A.Z - Certains esprits retors vous ont reproché votre allusion stigmatisant la banlieue, lieu de perdition, de débauche fréquenté par des individus sans foi ni loi.

A.C - Et bien oui, parfaitement !  La banlieue est un endroit dangereux où je n'ai jamais mis les pieds car le Président Nicolas Sarkozy n'arrête pas de répéter qu'elle est une zone de non-droit depuis qu'il s'en occupe et que je risquerais le pire si par malheur je m'égarais à Aubervilliers ou à Sarcelles : j'en ai des frissons dans le dos. Mais en tant que journaliste, j'occupe beaucoup le terrain, les 7, 8, et 16èmes arrondissement de Paris. Avec Jean Michel Aphatie et le Président Nicolas Sarkozy, nous sommes probablement les meilleurs connaisseurs des problèmes sociaux des  arrondissements de l'ouest de Paris ! Voilà un scoop que je vous révèle et qui fera taire certaines méchantes rumeurs !

A.Z - Vous avez consulté les résultats des élections européennes, quelles conclusions en tirez vous ?

A.C - C'est avant tout un énorme succès pour le Président Nicolas Sarkozy ! Et je m'exprime en toute objectivité. Je dois également manifester ma satisfaction : le guet-apens que nous avions organisés, Nicolas et moi, débat entre Daniel Cohn Bendit et François Bayrou a donné le résultat que nous escomptions surprenant, un laminage complet du Modem. Monsieur Bayrou manque de nerfs et nous sommes heureux que la chaîne publique aie été l'artisan de cette découverte. Autrement, la médiocrité de Martine Aubry a sauté aux yeux de tous. Devant un tel succès, je pense postuler à la direction de France télévision dans un proche avenir, le président Nicolas Sarkozy ayant besoin d'une personnalité impartiale et particulièrement objective pour diriger ce mastodonte médiatique : n'oublions pas que l'élection présidentielle aura lieu dans tout juste 3 ans et que la femme qui tiendra les rênes devra se poser comme le garant des débats démocratiques dont je suis professionnellement coutumière.

A.Z - Merci Madame Arlette Chapot pour le temps que vous m'avez consacré.


  • Toute ressemblance avec des lieux ou des personnes existantes ne serait que pure coïncidence et cette interview parodique n'est qu'un grossier pastiche...
  • L’interview originale est ici.

 

Cui cui fit l'oiseau, pseudo blogueur non influent et journaliste d'opérette.

vendredi, 01 mai 2009

Le voyage au bout de l'enfer d'un pauvre patron du CAC 40.

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Lionel Mouton déclare en exclusivité au Jivaro:

"Je pars pour protéger la Satiété Générale

des hyènes qui rôdent en ricanant"

 

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De notre envoyé spécial James Kerviol.


J K : Pourquoi quittez vous la SG?

Lionel Mouton : Pauvre victime d’une odieuse cabale menée par des médias et des politiques gangrenés par une jalousie maladive, j’ai décidé de remettre ma démission au Conseil d’administration. J’ai même pris l’initiative dans un geste complètement fou et désintéressé qui m'honore de ne pas encaisser mes indemnités de fin de contrat !

J K : Oui mais vous toucherez dès 2010 une retraite de plus de 700.000 € par an !

Lionel Mouton : Rire jaune… 700.000 €, vous appelez cela une retraite ? Imaginez vous le manque à gagner que je vais devoir subir après des années de labeur justement rémunérées ? J’entrevois l’avenir avec frayeur et je pense même être condamné à déménager et à licencier la moitié de mes domestiques !

J K : Quelles ont été les réactions de vos salariés et de vos amis ?

Lionel Mouton : Rire gras. Les employés de la Satiété Générale sont très fiers d'avoir à leur tête un PDG qui gagne plus que les autres : cela montre que leur entreprise est au plus haut ! Quant à mes amis, je vais vous citer une anecdote amusante : un jour que nous roulions comme des enfants insouciants dans la Ferrari de Laurence (Parisot) avec Sophie (de Menthon), j'ai sorti tout à trac un slogan qui nous a fait mourir de rire ! "À la Satiété Générale, je me suis servi à satiété à la satisfaction générale", ai je sorti, pas qu'un peu fier...  Après une cascade de rires cristallins, une voix a ravi mes entrailles, "cher, vous êtes impayable !" a gloussé illico Laurence avec sa malice habituelle et Sophie d'ajouter : "quel esprit ce Lionel Mouton ! Il vaut largement sa toison d'or !" Ah ah ah ! Quel esprit, quels moments délicieux ! Quel couple harmonieux nous formions avec Laurence !  Quelle belle équipe de copains  nous faisions tous les trois, à cet instant béni des dieux, bien loin des envieux et des jaloux, chevauchant notre Ferrari rouge F430 Scuderia, cheveux au vent ! Nostalgie...

J K : Comment avez-vous vécu les critiques venues de la classe politique ?

Lionel Mouton : En colère. Très mal ! Tout le monde sait bien que les banques sont les boucs émissaires de cette crise et ce n’est pas de leurs fautes si des citoyens indélicats au chômage ont contractés des crédits (subprimes) qu’ils n’ont pas pu rembourser : ce sont ces pauvres inconscients qui ne règlent pas leurs dettes, les responsables ! Mais quelle instance politique aura le courage de le dire ? Tout ce que les hommes politiques trouvent à faire dans un grand élan démagogique, c’est condamner des dirigeants d’entreprises dont la rémunération n’est que de quelques millions d’euros et non ces citoyens mauvais payeurs qui ont mis l’économie à feu et à sang ! Je suis écœuré par ce monde injuste, monsieur Kerviol, les hyènes veulent ma peau ! Toutes les nuits je les entends rôder en ricanant, je n'en peux plus ! [ sanglots dans la voix]

Note de la rédaction : après une crise de larmes de plus de 10 minutes, nous retrouvons Lionel Mouton, les lunettes embuées, défait dans son costume Pierre Balducci à 32.000 €…

J K : Quel bilan rapide faites-vous de vos années Satiété Générale ?

Lionel Mouton : Désespéré. Monsieur Kerviol, nous avons été trahi par un petit employé qui a impacté notre bilan, d’une moins-value de 5 petits milliards. Ce n’était pas si grave et nous aurions rattrapé la bévue sur un coup de bourse spéculatif bien affuté si cette satanée crise n’était pas arrivée si tôt ! En tout cas, personnellement, je suis extrêmement satisfait de mon bilan financier, ma famille aussi.

J K : Mais n’étiez vous pas responsable de cet énorme trou financier ?

Lionel Mouton : Vif. Ah ! je reconnais bien là les journalistes ? Toujours en train de cracher sur les patrons ! De quoi serais je coupable ? Du comportement d’un employé qui a été immédiatement exclu : n’est ce pas là une attitude sérieuse et réfléchie de la part d’un patron du CAC 40 digne de ce nom, de punir les employés indélicats, Monsieur Kerviol ?

J K : Mais vous auriez pu démissionner car tout capitaine est comptable de ses matelots et de son navire !

Lionel Mouton : Hors de lui. Comptable ? C'est un terme que je ne goûte guère ! Le discours que vous tenez là, Monsieur Kerviol a des connotations bolcheviques : depuis quand un patron de banque, est il responsable des pertes occasionnées par des évènements indépendants de sa volonté ? Tout ceci est de la faute à la crise et j'estime n'avoir strictement rien à me reprocher ! De toutes manières, je trouve vos insinuations intolérables, je vais me plaindre du déroulement de cette interview à votre patron qui est un de mes amis, il possède un compte chez moi. Je ne vous salue pas Monsieur…

  • Toute ressemblance avec des lieux ou des personnes existantes ne serait que pure coïncidence et cette interview parodique n'est qu'un grossier pastiche...
  • L’interview originale est ici.

Cui cui, pigeon voyageur.

vendredi, 13 mars 2009

"La stratégie du marcassin" ou comment ébranler les certitudes d'hier.

Ami(e)s, bonsoir...

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point les anecdotes de nos misérables existences influencent ma compréhension du monde. Non pas que je prétende que le sage qui observe est plus avisé que celui qui étudie car je recevrais une volée de bois vert mais disons qu'une conjonction raisonnable des deux postures me parait judicieuse.

Assez péroré !

marc.JPGJe vais vous narrer une situation qui m'est réellement arrivée lors de mes dernières pérégrinations pastorales et comment vous avez failli retrouver une cui cui l'oiselle ou pire : perdre corps et biens, un des meilleurs éléments du village dans des circonstances ridicules qui en auraient réjoui plus d'un (il s'agit là d'humour, je le précise avant  la sévère mais juste séance de flagellation qui m'est administrée lors des commentaires après chaque billet).

Nous avions enfermé un petit métis mi-sanglier mi-goret dans une bétaillère, ce petit animal d’une quinzaine de kilogrammes, une fois engraissé, présentait la qualité primordiale aux horribles yeux des consommateurs effrénés que nous étions, de produire une viande succulente qui partageait à la cuisson les effluves musqués du sauvage  sanglier avec la chair rebondie, dodue et savoureuse du cochon : je m’en délectais par avance. Ces petites bêtes en général cumulaient dans leur attitude, la vivacité et la hargne du papa sanglier ainsi que la rouerie et l'effronterie de la truie.

Je demandais donc à mon équipier de m’enfermer dans le fourgon afin d’attraper notre innocente et future victime.

Elle était tapie dans un coin, tremblante, ses yeux affolés clignaient dans tous les sens. On la sentait prête à défaillir.

Je savourai sadiquement ma position de force et tendis ma main vers ses petites pattes postérieures. Le gibier m’échappa grâce à une ruade et se réfugia dans le coin opposé. Cette manœuvre se répéta trois ou quatre fois et la sueur commença à me monter au frMa joie.jpgont.

La cinquième fois, le marcassin en glissant tenta de me mordre la jambe et m’écorcha en dessous du genou… Et là mes amis, je sentis mon destin d’homme puissant et arrogant m’échapper : insensiblement, ce n’était plus le petit animal qui m’évitait mais désormais, c’était moi qui évitait la charge de ce petit fauve, Les attaques se faisaient de plus en plus précises et ses bonds plus précis et vigoureux. Il tentait d’attraper avec sa mâchoire mes parties génitales !

J’étais tapi dans un coin, tremblant, mes yeux affolés clignaient dans tous les sens, et je me sentais prêt à défaillir, les petits yeux cruels du monstre me jaugeaient avec férocité du haut de leurs 35 cms.

J’avais beau tambouriner contre la porte qui se fermait de l’extérieur, mon collègue s’était éloigné et cette satanée bête qui ne cessait ses attaques... J’étais quasiment perdu, dévoré par un marcassin, j'imaginais déjà les titres ridicules dans la presse, je me représentais ma mort lente dans d'atroces souffrances, émasculé par un porcelet. Un décès absurde dans la honte et le ridicule !

- Pitié ! Hurlai je au bord de l'apoplexie !

La porte du fourgon s’ouvrit miraculeusement. Je soupçonnais mon collègue hilare d'avoir un peu traîné mais ma joie fit plaisir à voir.

Je n'ai évidemment pas raconté cette histoire un peu niaise sur un blog politique avidement  dévoré par les élites de notre pays sans qu'une conclusion  s'impose à mes yeux.

Toute ceci sans pédanterie ni prétention : comment ne pas constater que l'obstination, la ténacité, l'insolence et la patience du petit marcassin contre une puissance infiniment supérieure a fait basculer les rapports de force.

Maintenant fermez les yeux et imaginez qu'Internet soit le marcassin et les médias audiovisuels traditionnels privés  acquis contre vents et marées au dogmatisme ultra libéral (je ne parle pas de la Presse écrite), la brute et que les blogueurs ajoutent aux qualités de notre petite mascotte délicieusement mijotée, la liberté de ton, l'absence de dogme, l'imagination et la créativité. La confrontation, lentement, tournera à notre avantage et la puissante médiacratie, éternelle chantre du capitalisme le plus dérégulé, s'essoufflera faute de vigueur intellectuelle, de nouveautés et entravée par une complaisance pitoyable mâtinée d'absence de sens critique..

Souvenez vous de "la stratégie du marcassin", les potes, et gardez cette petite parabole dans un coin de votre cerveau : il vous servira à nouveau. Mais surtout ne désespérez jamais : assurément, nous vaincrons !

Ami(e) de cui cui, bonne nuit !

Je dédie ce modeste billet à Etrun qui tient tout seul le DEL 3, et qui trouve les ressources et le courage de continuer avec opiniâtreté.

Cui cui l'oiseau complètement chtarbé et déchiré grave.

vendredi, 09 janvier 2009

Parabole sur la mondialisation des opinions publiques.

Figurez vous qu’hier après l’annonce presque conjointe des sites de Libération et de 20minutes de fermer les commentaires de leurs sites suite à l’afflux d’insultes et de commentaires abjects attaquant soit la communauté musulmane soit la diaspora juive, j’ai pensé à un fait dont j’avais été le témoin quelques jours plus tôt…

7_103_dsc00351_1_H090446_L.jpegInvité à boire le thé par un copain de marché de nationalité française,et d'origine marocaine, j’étais arrivé au débotté et comme dans beaucoup de familles rebeus (arabe en verlan), la télévision était branchée (par satellite) sur une chaîne d’information continue arabe. (Al Jezira ou Al Arabiya). Le volume du son était au minimum mais perceptible. Mon copain, très croyant était loin d’être un de ces fanatiques musulmans  que j’ai assez rarement, il faut bien le dire, l’habitude de croiser.

Pendant la conversation je regardai du coin de l’œil les images : et bien sûr, on y voyait des scènes effrayantes et bouleversantes, des enfants à moitié morts portés par des pères hagards qui ne savaient où aller, des femmes qui criaient, gémissaient, pleuraient, des gens qui prenaient à partie les cameramen, une perspective envahie par la fumée,  un spectacle abominable jonché des ruines,  des commentaires lancinants , bref, j’avais du mal à garder mon attention ;  concentré sur la  conversation concernant notre vie quotidienne… Et pendant la quarantaine de minutes  les images des violences israéliennes tournèrent en boucle. Ces images n'étaient pas des trucages mais bien la réalité...
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Un peu plus tard, je rencontrai un autre pote de nationalité française, juif celui ci, car comme chacun sait les marchés populaires sont probablement un des milieux où les différentes ethnies du monde entier se côtoient et j’ajoute, le plus pacifiquement du monde. Par curiosité, j’eus l’idée de le questionner sur ses sources d’information et de ce qu’on y voyait.  Je savais par mes discussions antérieures et indiscrètes qu’il était particulièrement favorable à une partition de la Palestine grâce à un accord de paix et qu’il collait, malgré une certaine méfiance à la position politique française,  opinion d’ailleurs partagée par un nombre beaucoup plus important de familles de confession juive de milieu modeste qu’on pourrait imaginer.

Lui, m’avoua t-il se branchait grâce à la parabole sur les télévision israéliennes et américaines. On y voyait surtout des reportages sur la guerre technique, le ciblage chirurgical, l’étalage des chars et autre artillerie. Peu de morts me dit il, mais des dégâts provoqués par les tirs de roquettes dans les colonies cisjordaniennes, des enfants hébreux blessés aussi et des discours de Tipzi Livni et des leaders politiques isréliens. Beaucoup de fantassins super équipés, jeunes, avec de drôles de tissus sur les casques lourds. Et toujours les affirmations des leaders politiques de poursuivre un combat juste pour se défendre contre le Hamas  déclaré terroriste (précisent les commentateurs). Ces images n'étaient pas des trucages mais bien la réalité...

Deux reportages différents, deux images inconciliables, deux traitements opposés et pourtant deux vérités indiscutables !

Pourquoi narrer ce témoignage sans grand intérêt  ?

180px-Cnn-logo.JPGParce que je crains que ce conflit touche notre communauté républicaine constitué de nos concitoyens et amis d'origines arabes et juives, j’ai peur qu’une guerre durable qui concerne, certes, chaque diaspora, ne déborde dans notre pays dont on peut dire ce qu’on veut mais sûrement pas qu’il n’est pas, socialement en profondeur, et malgré la politique menée par le gouvernement actuel, un havre de tolérance. L'exacerbation des passions par des images insoutenables martelées, la haine répétée de l'adversaire, peuvent finir par faire naître le doute parmi les plus moralement structurés. C'est pourquoi il est urgent que nos élites politiques, administratives  et économiques, à l'intérieur desquelles  on compte un nombre si dérisoire de gens issus de la diversité, comme on dit dans la haute, comprennent enfin qu'il faut agir vite et laisser une place légitime si on souhaite que certaines idées  qui peuvent être exaltantes pour certains soient contenues par une perspective toute aussi enthousiasmante mais à l'intérieur de la République !

Ces mêmes pseudo élites qui sortent sans vergogne, la morgue en bandoulières, que leur vision de la démocratie et l'accession aux postes clefs exige qu’on ne soit jugé que sur la compétence personnelle ! Quels pîtres !

Fifrelin ! Mensonges ! Hypocrisie !

Dans la haute sphère française qui refuse de s'ouvrir, une des plus figées du monde occidental, on ne réussit essentiellement que par entregent, piston, cooptation, relation, copinage, filiation, liens familiaux, arrangements, associations d'anciens élèves des grandes Écoles etc…Plus  rarement par mérite !

En réalité, avant les politiques, notre pays est tenu par une caste de hauts fonctionnaires qui verrouillent le système : qu'on cesse donc de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Et cette coterie politico économico administrative,  pour des raisons qui nous dépassent  refuse dans sa grande majorité d'accepter l'intégration !

Enfin pour terminer par une parabole (jeu de mot subtil), disons que la mondialisation de l’information par la diffusion satellitaire avantage  peut être la standardisation de la consommation gastronomique, le monde des affaires, l'art cinématographique, voire la mode, toutes vertus supposées occidentales, mais qu’elle a tendance, dans chaque pays à favoriser le repliement communautaire qui peut menacer durablement l’équilibre des nations.

Désormais, en ce qui concerne les conflits des Proche et Moyen Orient, en France et dans tous les pays à forte immigration plus rien ne sera jamais comme avant les lancements de satellites de télécommunication, hormis au Turkmenistan.

Amis de Cui cui, bonne année et dites vous bien que dans ce que j'écris, il y a à boire et à manger : ne prenez que ce qui vous tente  et jetez le reste !

Cui cui, témoin à décharge de la France d'en bas qui travaillera dans le froid jusqu’à 70 ans…

 
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