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vendredi, 26 septembre 2008

Hémiplégisme

Le 6 mai 2007, les Français ont élu à une confortable majorité celui qui est donc aujourd’hui notre président. Le candidat vainqueur est issu d’un courant de la droite assez jeune en France, qui assume pleinement à la fois son néo-libéralisme et son néo-conservatisme. Quand je dis assumer,  c’est évidemment dans l’entre-soi. Les Français n’étant pas encore convertis au libéralisme économique, loin s’en faut, le discours politique diffusé par cette mouvance est des plus hypocrite. Mais plus encore, il joue sur l’omission.

Car en effet, l’ex maire de Neuilly a gagné la présidence sur le programme le plus à droite qu’un homme politique ait proposé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (j’aurais pu dire seconde mais voyez-vous…). En face, c’est un électorat rongé par les peurs et les doutes nés de la mondialisation, oppressé par la nouvelle donne économique qui précarise et appauvrit (qui déclasse pour le moins, quand il n’y a pas appauvrissement réel) qui l’a porté au pouvoir. Il y a encore une dizaine d’années, le réflexe de ces gens aurait été de se tourner vers la gauche, garante de la protection des plus faibles, préceptrice d’un modèle économique moins darwinien, plus équilibré, plus durable pourrions nous dire en ces temps où l’écologie essaie tant bien que mal de se frayer un passage dans la jungle des prédateurs politiques.

Pourtant  le héraut de la droite décomplexée a gagné haut la main en proposant un programme économique, qui sous quelques paravents volontaristes et populistes, s’appuyant sur une dialectique de la rupture (contre-révolutionnaire maquillée), est clairement destiné a laisser les mains libres à la classe dominante d’étendre sa puissance, au détriment de quasiment toutes les autres catégories de population : celles qui ne sont pas méritantes, qui ne veulent pas assez s’en sortir, sont coincées dans des schémas de pensée archaïques. Pour résumer la majorité de la population a voté pour instituer un ordre qui privilégiera une infime minorité parmi elle et en marginalisera une grosse partie, laissant l’entre-deux dans une situation très difficile.

Comment ce tour machiavélique a t’il pu être joué aux citoyens ? Comment peut-on amener des gens a voter avec enthousiasme contre leurs intérêts économiques et en faveur d’une destruction de leur mode de vie ?

Une bonne partie de la réponse se trouve dans le livre de Thomas Frank,Pourquoi les pauvres votent à droite : comment les conservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et celui des autres pays riches)

Nick2.JPGCe qui s’est passé aux USA, malgré quelques spécificités bien de chez eux a été , un peu comme à peu près tout le reste, exporté chez nous et à la lecture du livre on voit bien les analogies entre les techniques des ultra-conservateurs pour se fédérer les classes populaires et celles à l’œuvre chez le commandant en chef de l’Ump et de ses fidèles (ou pas) lieutenants.

Depuis une trentaine d’années, l’avènement de la nouvelle donne économique née du consensus de Washington, ce que l’on appelle aujourd’hui plus ou moins pertinemment le néo-libéralisme a été de pair avec une révolution néo-conservatrice, les deux mouvement s’entretenant l’un-l’autre, dans une imbrication qui sent bon la convergence d’intérêts. Un phénomène assez logique dans la mesure où ce sont les mêmes qui ont lancé et l’une et l’autre. La seconde permet de faire oublier les effets économiques de la première sur les classes défavorisées et moyennes et la première alimente la grogne et le ressentiment qui va nourrir la seconde.

Thomas Frank décrit et analyse ainsi ce paradoxe assez gigantesque qui voit les américains assister « à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censé renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « laisser-nous réduire vos impôts ! » »

La dimension essentielle de cette révolution est culturelle et profite du dévoiement du parti démocrate, la « gauche » américaine qui comme son homologue française s’est peu à peu vautrée dans la notabilisation, s’est couchée face à la mondialisation néo-libérale et s’est recroquevillée dans la défense des « discriminations », c’est à dire en évacuant la question économique de son domaine d’action. La gauche est donc vue aujourd’hui comme une formation qui ne se préoccupe que des questions de mœurs.

Les conservateurs républicains ont parfaitement deviné quel profit il pouvait tirer de ce retrait de la gauche et de sa distanciation progressive des questions sociales. Force est de constater qu’ils ont réussi et qu’ils se sont attaché une grande partie des classes populaires, lassées de constater le désintérêt de la gauche pour leurs conditions de vie, excédées de ne la voir bouger que pour ce qu’ils perçoivent comme des préoccupations de riches : la culture, la défense des minorités sexuelles et raciales. Pour l’américain moyen, l’honnête travailleur est laissé en pâture, son mode de vie traditionnel est menacé par les élites cosmopolites qui entraînent inéluctablement la décadence de la grande Amérique, pieuse et laborieuse, celle des vrais hommes, qui n’aiment pas le latte  et la culture française..

Bien entendu, les fondements culturels Etats-uniens sont quand même assez différents de ceux de la France, notamment dans le domaine religieux et la haine de la culture humaniste, donc largement ouverte sur le monde, n’est pas aussi développée chez le paysan des Alpes que chez celui de l’Arkansas. Pourtant, il est frappant de constater comment la droite américaine et son homologue française, par émulation pour cette dernière, ont parfaitement su se servir du profond fléchissement idéologique de la gauche, pour l’attaquer là ou sa défense est traditionnellement la moins efficace : la question culturelle, le problème des valeurs, la sécurité physique : en gros, le conservatisme politique.

C’est ainsi que pour éviter de parler des salaires, le mari de Carla Bruni a agité la valeur travail. Le travailler plus gagner plus n’était pas une solution économique aux problèmes financiers des gens, mais une approche culturelle. Si vous le voulez, si vous vous investissez alors vous gagnerez plus et vous serez plus estimable que ceux qui, glorifiant l’oisiveté, vivent de vos impôts avec les minima sociaux. Cette approche francisée s’inspire complètement de la théorie du workfare state, édictée pendant les années Reagan et se drape pour cacher son identité violemment conservatrice et réactionnaire sous les paravents de la défense de valeurs traditionnelles populaires, mises à mal par Mai 68 (les années 60 de tous les relâchements aux Etats-Unis).

Ce qui est contenu dans cette attitude politique c’est la polarisation de l’amertume des classes populaires non pas vers la minorité dominante mais vers ceux qui sont en dessous : les oisifs, les parasites, les assistés. Les responsables de votre situation, ce sont eux disent nos décomplexés de la droite, pas ceux qui créent de l’activité et de la richesse, qui ne récoltent que le fruit de leurs mérites. Car tous, vous pouvez accéder à ce statut si vous le voulez vraiment et si vous vous débarrassez des inactifs, des improductifs (dont les fonctionnaires) qui sucent vos impôts comme des sangsues gauchistes qu’ils sont. Bien entendu, pas un mot sur le système économique mis en place par les possédants, l’emploi précaire et sous-payé corollaire des systèmes de management mis en place, de la financiarisation qui d’une part pressure industriels et employés, d’autre part édifie une construction consumériste qui tient uniquement sur le crédit, avec l’instabilité que cela suppose, comme nous le montre la crise des subprimes qui menace aujourd’hui l’économie mondiale.

Bien plus, les conservateurs alliés aux fondamentalistes religieux, non contents d’évacuer les responsabilités du marché libre (qu’ils favorisent autant qu’ils le peuvent), sur les conditions de vie des classes populaires et sur le prétendu délitement moral de l’Amérique, s’ingénient à se décrire comme persécutés par une élite démocrate quasi aristocratique et contrôlant tous les rouages du pouvoir financier, industriel et culturel aux Etats-Unis. Personne ou presque ne leur fait remarquer que les Républicains ont occupé la Maison Blanche 28 ans sur 40 depuis 1969. Pas davantage pour remarquer que les pontes politiques ultra-conservateurs sont la plupart du temps riches à millions, fréquentent les mêmes lieux et ont quasiment les mêmes mœurs que leurs collègues du parti de l’âne.
C’est ainsi que les républicains se victimisent systématiquement, alimentant une théorie du complot démocrate et de l’anti-amérique, alors mêmes qu’ils tirent la majorité des ficelles aujourd’hui. Mais ils ont pour le moment gagné la bataille des idées qui les range aux côtés des plus humbles. Ces derniers censés aspirer à plus de dignité appuient donc, avec souvent une force militante assez impressionnante ceux qui les en privent toujours davantage (il suffit parmi tant d’exemples de regarder la répartition revenus du capital/revenus salariaux qui a progressé de 10% vers les premiers depuis trente ans en Amérique comme ailleurs).

xnicks.JPGTous ces paradoxes sont décrits par Thomas Frank dans son livre. Sa vision acérée est dépourvue de tout sectarisme, ne stigmatisant pas plus que de raison le peuple des états rouges (républicains) dont il essaie de décortiquer la logique pour mieux en exposer à la fois souvent la sincérité mais aussi ses effets contre-productifs, produits des manipulations et du cynisme des grands leaders politique de droite, fondamentalistes par opportunisme.

Sa parole a d’autant plus de poids qu’il est allé se fondre dans ce milieu et s’entretenir avec ses différentes composantes, depuis l’ouvrier de l’usine Boeing de Wichita qui préfère fustiger l’arrêt « Roe vs Wade » de la cour suprême légalisant l’avortement plutôt que de s’en prendre à l’entreprise aéronautique qui s’est livrée à un odieux chantage à l’emploi, jusqu’aux différents candidats républicains aux élections du Kansas. C’est cet état, dont l’auteur est natif qui sert d’espace expérimental à ses propos. Lui-même ancien ultra-conservateur dans sa jeunesse des banlieues dorées de Kansas City, a fait un chemin que peu ont suivi dans le même sens à son époque, à savoir basculer à gauche (Il écrit dans le Diplo aujourd’hui). Il montre avec beaucoup de perspicacité, avec une ironie qui permet d’alléger quelque peu la démonstration, comment un état pionnier dans la défense des plus fragiles au moyen de l’action collective (le populisme de gauche au début de siècle dernier) a pu se vautrer dans un ultra-conservatisme néo-libéral pro-bushiste.

Pourquoi les pauvres votent à droite est une excellente analyse du basculement politique des classes populaires. La préface de Serge Halimi se charge de faire le parallèle avec la dernière élection présidentielle en France. L’explication de la victoire des conservateurs est très pertinente mais elle contient dans son argumentation les raisons de la défaite de la gauche : la démission.

Quel avenir a-t’elle aujourd’hui alors qu’une fois de plus mais dans des proportions inédites, la crise financière actuelle vérifie le principe néo-libéral de socialisation des pertes, que la précarité est censée être la vie, selon les dires d’une dirigeante syndicaliste patronale, qu’une majorité de la population des pays développés est menacée de déclassement pendant qu’une infime minorité dirigeante l’exploite et l’instrumentalise ? Comment peut-elle rester silencieuse alors que des sommes astronomiques vont être levées pour corriger l’impéritie d’une caste financière avide et amorale, alors que le centième de cet argent pourrait éradiquer la faim dans le monde, garantir la pérennité des services publics et des systèmes de protection sociale ? Comment ne peut-elle pas sonner la charge alors que le système néo-libéral vient une fois de trop de démontrer que ses failles sont bien trop grandes pour être acceptables ?

Peut-être parce qu’elle n’est tout simplement plus de gauche…

Nicks

lundi, 15 septembre 2008

D'jeuns enseignant(e)s, la Révolution peut commencer avec vous

 

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Bon, en fait, tout bien pensé, ça me saoûle de devoir mettre des (e) partout pour ces dames - et pourtant Dieu (qui n'existe pas) sait que je suis une fille femme ! - donc - et je ne m'excuse même pas - je vais écrire cette lettre aux d'jeun's enseignants, en englobant dans ce masculin grammatical les donzelles, fâââmes, filles, nénettes, les brunes, les blondes et même les rouquines...

Très chers (mouarf) d'jeun's enseignants de France,

vous le savez maintenant (au moins parce que, en cette période de rentrée scolaire, vous avez du essuyer les ronchoneries, noeillades obliques et autres petites réflexions d'humeur de vos colllllllllègues moins d'jeun's), vous allez recevoir sur votre compte en banque, à la fin du mois de novembre, la somme de 1.500 euros (au fait, net ou brut ?) pour vous acheter féliciter d'avoir choisi cette noble voix voie de l'Enseignement.

Il paraît que vous êtes 20.000, répartis sur le territoire de notre beau pays en récession, à avoir su lire en eux-mêmes l'appel de la jungle du savoir à transmettre, l'appel d'une vocation qui va les conduire vers tout ces enfants en quête de connaissances, de "aide-moi, ô toi instituteur, à devenir un être pensant et donc libre". Môa je dis, c'est beau, ça n'a pas de prix... Et ben si, PAM, le prix de toussa, Messieurs-Dames, est de 1.500 euros...

Très chers d'jeun's enseignants de France, mes amis, mes frères (ouèp, avec des géniteurs profs, j'aurais tout aussi bien pu faire partie de votre bande, mais, à l'heure qu'il est, je n'aurais pas décroché le pactole Darcossien... C'est dire si j'ai bien fait de résister à la névrose vocation familiale), vous qui avez fait votre première rentrée, fébriles, anxieux, angoissés même - allez savoir - sous les feux des projecteurs, sachez que je vous respecte, que je vous admire parce que je sais que vous êtes plein d'espoir, de volonté de "faire bouger les choses" ; vous n'êtes pas de ceux qui choisissent de devenir enseignants pour profiter des nombreuses semaines de congés (nan, nan, nan, tsssss aux mauvaises langues), ni même pour être assurés d'avoir un emploi stable et indéboulonnable. J'ai foi en vous. Je sais que mes enfants peuvent compter (un, deux, trois) sur vous. Je suis convaincue (en tant que femme, ce mot me fera toujours rire) que sommeille en vous une âme de dissident, oui, l'âme de celles et ceux qui, parce qu'ils ont un cerveau et qu'ils/elles s'en servent, refusent la folie de ce monde, les mesquineries méprisantes des Pouvoirs Publics. Vous n'êtes pas de ceux que l'on achètent, vous n'êtes pas de ceux qui placent leur rêve en-dessous de l'argent, vous n'êtes pas de ceux qui acceptent d'être humiliés...

Je vous connais, je vous espère et, chaque matin, en ouvrant les journaux qui tombent mollement sur mon burlingue, j'attends de lire ces lignes : "Jeté de gant à la face du gouvernement : les d'jeun's enseignants lui ont tous renvoyé leurs 1.500 euros avec un mot manuscrit dans chaque enveloppe : NOUS NE SOMMES PAS À VENDRE ! ou encore VAS-Y XAVIER, TROIS ZÉROS DE PLUS, COMME EN 1998 ! ou encore T'AS VOULU NOUS MUSELER XAVIER, ON VAUT MIEUX QUE çA !"

Ma foi, ça aurait de la gueule. Pas de manifestation, pas de descente dans la rue, pas de heurts, les cours seraient assurés, les enfants préservés, les anciens auraient la larme à l'oeil et, au lieu de gagner 1.500 euros - certes un mois de salaire en plus ce n'est pas du luxe en ces temps rudes etc'estpasfini - vous gagneriez bien plus, oui, vous gagneriez d'être à la hauteur de ce que nous devrions tous être : des individus libres qui refusent l'asservissement au profit de ceux-là mêmes qui nous poignardent chaque jour un peu plus.

C'est donc un appel vibrant que je lance vers vos consciences encore d'jeun's et donc, j'ose le croire, pas encore complètement détruites par la honte, le découragement, les désillusions, la peur vissée au ventre (liste non exhaustive) : Cet argent ne vous manquera pas, vous ne savez que vous allez l'avoir que depuis peu de temps. Ne laissez pas vos cerveaux croire que ces 1.500 euros vous apporteront quoique ce soit de plus alors qu'ils ne vous sont versés que dans un désir de vous emmener vers le moins. Libérez-vous et donnez l'exemple... C'est aussi pour cette raison que l'on devient prof... Montrez que l'instituteur peut fort bien remplacer le curé !

Brividi

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vendredi, 18 janvier 2008

Tartufland

 
 
 
Suite de notre tour hebdomadaire des blogs. Aujourd'hui un article de tgb. Faites nous vous aussi connaître vos blogs favoris, ou les articles que vous avez aimé. Avec l'accord de l'auteur, nous reprendrons eventuellement le billet au Village.
 
Ce que j'aime chez les tartuffes c'est que plus ils exhibent leur vertu mieux ils planquent leur vi1e6a8171fd60dfee515ad670d4acee4c.gifce.

C'est même à ça qu'on les reconnaît…
Les hypocrites.

On peut être persuadé à coup sûr que l'évangélique de la haute morale acrobatique et tout en dividendes puritains cache au fond de son placard, entre deux strings, quelques belles saloperies inavouables.

Les Savanarole maniaques de l'allumette, les VRP du lance-flamme et de l'extincteur deux en un, les sauveurs de la grande Arche de Zorro faisant du néo-colonialisme sans le savoir, les experts BHL de la gare de triage à la grande foire aux victimes idéologiquement rentables, les téléthonniens humanitaires du show-biz compassionnel sponsorisés par la star Ac, les rentiers de l'ingérence caritative et de la charité bien ordonnée, les dames patronnesses de la banlieue ouest propriétaires officielles de pauvres agrées (mes pauvres), les haut commissaires à la solidarité active  (quid d'une solidarité passive ? )  ont dans le grand théâtre de la sensiblerie télévisuelle et audimatée et dans le registre – touche pas à mon génocide - la larmichette facile et la glande lacrymale entraînée.

Normal : c'est Kouchner qui coache.

Mais plus foutage de gueule que Guy Moquet au Fouquet's y a t'il ?
Oui Il y a.

Un exemple récent et particulièrement obscène : George W. Bush au mémorial Yad Vashem.


Pendant que le criminel de guerre yankee, le dégaîneur du derrick texan, qui s'il était le vulgaire boss d'un pays faubourien pourrirait dans une chambre froide en attendant le TPI, regrette, l'œil tout mouillé, que L'US Air Force n'ait pas lors de la dernière guerre mondiale bombardé Auschwitz pour s'opposer à 'la solution finale de la question juive', il oublie bien volontiers de restituer le chèque de grand papa Bush tiré sur le compte des déportés d'AUSCHWITZ-BIRKENAU condamnés aux travaux forcés.

1, 5 millions de dollars provenant de la Consolidated Silesian Steel Company, hérités dans les années 80, et que Georges père avait eu la décence de refuser.

Pas junior.

- les bons comptes font les bons amis
- dixit la momie de Sharon

Si on n'est certes pas responsables de l'insanité scabreuse de nos aîeux – en l'occurrence ici un grand-papa collabo de nazi enrichi sur des monceaux de cadavres – on n'est pas non plus obligé d'en accepter l'argenterie.

Qu'on soit sincèrement bouleversé devant un mausolée consacré à un monstrueux génocide, laboratoire industrialisé d'une extermination raciale est la moindre des choses, mais que le cuistre du puritanisme pétrolé, que le born again de mes deux guerres impériales verse, du haut de son mirador, une larme de crocodile (ou pas) sur l'origine de la fortune de la dynastie Bushienne me laisse quant à moi perplexe.

Point focal du realpolitik gerbant ou de la schizophrénie nauséeuse.

Je sais bien que le pouvoir Israélien, fabriquant besogneux de bantoustan palestinien et de quelques réserves zoologiques d'indigènes arabes,

histoire de....

a, par les temps qui courent, les amis qu'il peut.

 Pas sûr que ce mauvais ami compatissant° vaille un bon ennemi.

 

- °on notera d'ailleurs que W fit l'honneur à Arafat de ne pas s'arrêter sur sa tombe, c'eût été insultant pour Yasser


tgb

http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/

jeudi, 10 janvier 2008

Fumons heureux en enfreignant la loi !

 

Votre Village continue d'évoluer. Aujourd'hui, nous inaugurons une nouvelle catégorie. Celle des "Blogs venus d'ailleurs". Parce que nous ne saurions nous limiter à nos seuls écrits, parce que ne mettre qu'un lien vers un texte interessant (autre qu'un article de presse), ne donne que l'aura frelatée d'explorateur de la blogosphère, parce qu'enfin, nous sommes un Village ouvert sans exclusivité, ni primeur dans les écrits et que nous jouons volontiers le rôle de relais sur la toile. Cette rubrique comme la "banque d'images" du week-end s'enrichira régulièrement par des coups de projecteurs sur d'autres blogs dont nous reprendrons, avec l'accord de leur auteur bien entendu, un texte.

Si vous voulez nous signaler un blog ou si vous-même en tenez un, n'hésitez pas à nous contacter.

Le Village


Fumons heureux en enfreignant la loi !

 

Quoi qu'en dise Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac.
(Molière, Don Juan, acte I, scène I.)

«Les fumeurs sont plus minces, plus actifs et moins dépressifs que les autres»
(mon médecin)

9c5c64d2d422e9cd0a5d3fe9c9522a30.jpgDe tristes puritains nous interdisent désormais le café clope au bar, la cigarette de fin de repas au restau, la pipe avec le whiskey irlandais... Alors, bien que farouche défenseure du service public, je vais faire l'éloge d'une institution privée.
Le club.
Version british, ou mieux révolutionnaire...

D'abord, par quelle aberration une café, bar, discothèque est-il qualifié de lieu "public?"
Il s'agit d'un commerce, bien évidemment en tant que tel, ouvert au public. Mais d'une entreprise éminemment privée.

Dans laquelle les humains faillibles que nous sommes, sur fond de loyers exorbitants dans les grandes villes, se réfugient pour refaire le monde autour d'un verre, (autrefois d'un cendrier), tout en lançant des œillades qui se voudraient discrètes au beau brun ... (ou à la belle rousse...)* accoudé(e) au bar.

Bref, pour satisfaire un désir aussi socialement, politiquement, culturellement et sexuellement vital que la discussion de bistrot, nous n'avons eu d'autres choix, jusqu'à présent, que d'aller au bistro.

Quel manque d'imagination...
Et si , en cet anniversaire de mai 1968, on s'inspirait des révolutionnaires?
Et des Anglais (les deux n'étant d'ailleurs pas rigoureusement incompatibles).
Réinventons les clubs!

Non, pas les tristes "clubs privés" à l'œilleton digne d'une prison moyenâgeuse!
Les vrais clubs.
Avec des Jacobins et des fauteuils Chippendales.
Des révolutionnaires et des joueuses de flêchettes irlandaises;
Des conspirateurs et des maîtres d'hôtel façon "very good, Jeeves". Des fumeurs, des amateurs de Bordeaux, des dégustateurs de whiskies ou whiskey.

Donnons un coup de jeune à la bonne vieille loi de 1901!

Lançons le club des pétroleuses rouges aimant Miss Marple et les Craven A, le club des intellectuels amateurs de blondes bien roulées, whisky, sexe et rock'nroll, le club des communistes snobs (sur fond de Boris Vian, avec cigares cubains) le club des anars de la Confrérie de Saint-Emilion. Prenons nos cartes d'association, et apportons nos bouteilles!
Vous savez quoi?
D'abord, on boira, moins cher, d'excellentes bouteilles au lieu d'enrichir des boutiquiers sarkozystes, euh, poujadistes, voulais-je dire avec de la bibbine honteusement facturée.
Ensuite, dans les volutes de fumée, on recréera une mythologie intellectuelle du XXIème siècle, sous le regard bienveillant des statues de Saint-Sartre et Saint-Malraux.

Bref, on va se marrer.
En cette période, ça nous changera.

Le XXIème siècle sera intellectuellement, artistiquement, politiquement tabagique, ou ne sera pas.

* Guillemets à compléter selon les goûts de chacun.

 
Par Valdo
 
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