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vendredi, 23 janvier 2009

Cabinet noir et chevalier blanc

Tandis que la nullitude s’épanche , en foules denses et moutonnières de « grands reporters » venus « couvrir » le non évènement absolu, au nom d’une informe-ation mondialisée dont l’absence de contenu est en proportion des budgets consacrés par les « rédaction » au défraiement de ces armées de pique assiette déferlant sur washington pour y rendre compte de tout ce que chacun peut voir et entendre en sa radio vision domiciliaire, et qui ne signifie rien et ne constitue aucune nouveauté ou même simple discontinuité dans l’écume médiatisée des jours annoncés et conformes à leur platitude prévisible ;

pendant ce temps, donc , des évènements se produisent, un peu partout, et certains en ces périodes de mages itinérants fréquentant les étables, se retrouvent dans de modestes échoppes à culture et débattent du monde autour d’eux.


 

 

Alors ,  
conformément aux écritures,  il est revenu au 450ème jour  
( ou à peu près, ces écritures là sont assez imprécises) ,  
et il a retrouvé quelques uns de ses fidèles disciples ,  
et la chair s’est faite verbe , 
et voici ce dont il fut question :

 


dans la première partie : 
intro : De la généalogie du livre, de son contexte, et du rapport avec les blogs et les "NRV". 
à 12'18" : De la liberté d'expression, de la censure et des médias. 
à 23'00" : de la difficulté d'être un rebelle ( ou même un "maverick") au sein de la médiacratie. 

dans la deuxième partie 
à 4'20" : De l'intérêt de tous répéter  la même chose ou presque. 
Du conformisme marchand. 
Du salut par les livres... 
à 13'28" : Du journalisme et de l'investigation, du journalisme d'investigation. 
à 21'29" : Des blogs, de leurs visiteurs, de leurs commentateurs, de leur audience, des cons, 
de ce que ça apporte, de ce que ça rapporte. 

dans la troisième partie ( fin sur la 4ème
à 1’48" : Des effets pervers  (et involontaires) de Bourdieu : 
de la compulsion fédérative, 
et de sa cure par les livres . 
à 9'07" : De la "blogosphère", de son intérêt, de son rôle, de ses effets . 
à 15'43" : De l'investigation (encore) , du goût "majoritaire" (toujours). 
à 24’54’" : De ce qui est  ou n'est pas caché, 
de ce qui reste à dévoiler, 
et des livres 
encore et toujours ...

 

Urbain

dimanche, 18 janvier 2009

Palestintin au pays de l’or noir

On m’a reproché, ici, souvent un certain élitisme voire un intellectualisme abscons. J’ai donc résolu de me référer à un auteur peu suspect d’amphigouris complaisantes et de phraséologie incompréhensible. Pour éclairer mes plus jeunes lecteurs, mais aussi les moins jeunes, et même ceux qui ne lisent guère , je me suis dit que tout le monde avait au moins lu … Tintin.

Donc foin de généalogie compliquée, de références savantes, j’entends vous démontrer qu’il suffit d’avoir lu tintin pour comprendre « l’orient compliqué », du moins depuis que les occidentaux ont commencé à s’y intéresser. Notons au passage qu’il faut vraiment être journaliste ( ou chroniqueur, ou expert en géostratégie, ou spécialiste en affaires internationales, ou couchemerde, ou béchamelle, etc …) pour ne pas s’être aperçu que tout est dans Tintin, qui dans sa candide sincérité a rendu compte avec une grande exactitude, de la question palestinienne et de ses évolutions historiques.

La preuve :

Version originale ( 1950) : ça se passe en Palestine, à Haïfa :

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et les choses se compliquent assez vite :

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Bon j’abrège …

A la fin tout s’arrange et tout s’explique , mais dans l’intermède il s’est passé des choses … et comme les bambins de mon age ne comprenaient plus très bien, dès les années 60 , des scènes de ce genre, l’auteur a jugé préférable de « clarifier » les choses en les « actualisant » …

Finalement on obtient la dernière version en date (celle de 1970 ) :

Nous ne sommes plus nulle part , ou plutôt nous sommes à Khemkhah au Khemed, où règne « une forte tension » :

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Sur le « fin mot » de l’histoire quelques petits détails ont également changé :

En 1950 :

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En 1970 les anglais se sont déjà mondialisés :

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Bon, à part ça rien ne change : Abdallah est toujours un vilain garnement.

 

Urbain

vendredi, 02 janvier 2009

L'ANNEE 2008 EN FRANCE

L’année 2008 en France

« Procédure de vérité »

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Cher et vieux pays, nous voici, de nouveau, face à face. 
Le monde entier étonné et ravi salue l’à propos avec lequel, en dépit des périls et de la terrible épidémie qui a affecté ses élites, le vieux peuple français a su, une fois encore , donner au reste du monde une représentation canonique de son universalisme et  une parfaite illustration de lui-même et des vertus qu’il entend désormais incarner. 
Ses hauts lieux de pouvoir et de gouvernement, ses palais  les plus chargés des symboles sont désormais habités, et comme de nouveau « vivants ».

La France de 2008 a su puiser en son sein généreux pour engendrer l’incarnation des concepts de la modernité que dans son inépuisable fécondité politique la nation française, désormais rénovée, a bien voulu offrir au monde, si friand des fétiches marchands et de leur spectacle décomplexé.  
Cette année 2008 en France aura été celle de l’humiliation dépassée et transcendée par la subversion de toutes les valeurs  archaïques et néfastes, celle du geste Nietzschéen de rejet désinvolte des vieilles préventions esthétiques de sa culture millénaire.


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Prononcé dans les 40 mots du vocabulaire de la novlangue et célébré dans un grand concours de sectateurs médiatisés, unanimes et fébrilement agités d’enthousiasme néophyte, c’est le triomphe spectaculaire de la démagogie bouffonne , ornant les ors et les cimaises séculaires des palais les plus fameux, des plus grotesques et parodiques figures de la vulgarité marchandisée .

Saluons le début mirobolant de l’épopée kitsch qui traversera cette nouvelle année et les temps à venir, où le laid-beau sera consacré, manifestant que toutes les valeurs sont enfin réduites à l’échange.

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Urbain

mercredi, 26 novembre 2008

Doit-on s’en émouvoir ? (II)

La dégradation des moeurs a atteint un niveau inquiétant. Ainsi pouvait-on lire en titre de rubrique d’un organe (de presse) qui pourtant jusqu’ici ne s’était pas particulèrement signalé par ses écarts licencieux (Le Monde pour ne pas le nommer), le « scoop » suivant :

 Les craintes de déflation font plonger les bourses.

Sans titre.JPG A la lecture, le contenu de l’article ainsi intitulé se révèle, de prime abord, assez éloigné de cette « accroche » passablement scabreuse et de ce fait bien de nature à susciter l’intérêt de personnes préoccupées par ces perspectives, à bien des égards redoutables.

 Disons le tout net à ces honnêtes lecteurs : ils seront déçus !

 Et on peut même aller jusqu’à affirmer qu’ils pourront se sentir grugés.

 Dans le jargon puéril et sommaire des journalistes spécialisés, on y évoque les déboires de riches nippons, au fil d’allusions à peine voilées aux craintes incapacitantes que leur inspire la « déflation.» Foin de monographie érudite et informée sur les effets physiologiques affectant le métabolisme viril. Ceux qu’un âge déjà respectable a rendu sensibles à ces questions douloureusement intimes en seront pour leurs frais. Une longue et besogneuse métaphore continuée, voilà tout ce qu’ils auront. Filée sur le modèle de la spéculation mondialisée, prompte à s’effaroucher à la moindre alerte. D’incompréhensibles graphiques pseudo scientifiques, en lieu et place des honnêtes et illustratives planches anatomiques qu’on aurait été en droit d’attendre, complètent la supercherie.

 Au final on comprend que la déflation est néfaste pour les bourses. La belle nouvelle ! 

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 La démonstration est faite, de la veulerie démagogique de cette presse, réputée « de référence », qui, pour masquer la vacuité et la pauvreté de ses contenus, n’hésite plus à recourir au plus médiocres procédés, tels ces titres racoleurs , au risque de plonger dans une profonde confusion et un trouble lourdement incapacitant la population déjà très fragilisée dont elle brigue le lectorat, sans la moindre vergogne quant aux méthodes de chalandise rédactionnelle.

 Ce scandale doit cesser !

 Ces mêmes escrocs médiatisés sont en effet des récidivistes. Il y a peu,  ils nous servaient le même contenu insignifiant camouflé de confusion pédante, sous un intitulé inversé : Les craintes d’inflation  font plonger les bourses.

De qui se moque-t’on ?

 Ces gens n’ont pas plus de respect pour le discernement de leur lecteur qu’ils n’en ont pour eux-mêmes, et pour la consistance de leur fumeuse expertise.

 Espère-t-on nous faire gober ce prétendu tropisme déprimant de nos bourses comme une fatalité inéluctable et finalement insensible à toute stimulation du contexte où elles ont à assurer leurs fonctions essentielles ?

 Non, décidément, messieurs les rédacteurs du monde, comme disait le capitaine : le cirque Hipparque n’a pas besoin de clowns et par conséquent vous ne pourrez pas faire l’affaire.

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Urbain

vendredi, 21 novembre 2008

Doit-on s’en émouvoir ?

 

prost.jpgC’est officiel :

Il n'est pas (plus) diffamatoire d'être qualifié(e) de pute à Puteaux.

Du moins pour les acteurs de la politique locale.

«Et oui, la maire de Puteaux fait sa pute. Elle se vend, offre des cadeaux, promet tout et son contraire et prévoit tout pour se faire réélire en 2007 et 2008».

La députée-maire UMP de Puteaux (Hauts-de-Seine), Joëlle Ceccaldi-Raynaud, avait en effet porté plainte pour diffamation.

Injurieux, sans doute, mais pas diffamatoire, admet la doxa médiatique, avec les juges.

D'où on ne doit pas conclure que Puteaux devrait sa toponymie à l'activité majeure de sa population, réputée mise en valeur par ses édiles municipaux (allant jusqu’à payer de leur personne ) , car tel n'est pas l'argument sur lequel les juges ont motivé leur décision.

Selon le tribunal, il s’agit «d'une libre critique des promesses d'un candidat dans un contexte de campagne électorale, en vue des élections législatives de juin 2007, puis des municipales de mars 2008.»

On déplorera que les juges, dans leur louable effort de dire le droit en des termes frappés au coin de la clarté et du bon sens, n'aient pas été jusqu'au bout de cette salutaire démarche et rappelé que ce que le bloggeur accusé avait dénoncé n'était somme toute que la description factuelle de la pratique politique la plus commune, désormais généralisée et exemplifiée jusqu'au sommet de l'état (avec le talent que l’on sait), et jusqu’aux instances des organisations politiques les plus notoires ( comme les cadres du PS l’ont brillamment démontré ces derniers jours).

Au fond on se demande bien pourquoi Mme le maire s'est considérée diffamée.

Le libre jeu de la politique ne s'organise plus, comme elle est pourtant bien placée pour le savoir, autour d'un affrontement d'idées ou de convictions relatives à l'organisation et l'économie de la vie sociale, de "choix de société" comme on disait encore naguère.

Longtemps que tous ces archaïsmes poussiéreux de la « politique de papa » ont été remisés au placard à vieilleries.

Mme le Maire ferait mieux de s'inquiéter de consulter (voire recruter)  un féticheur pour se protéger des probables envoûtements que ses adversaires s'appliqueront sans doute prochainement à concocter et populariser parmi une clientèle de citoyens désormais plus séduits par les poupées vaudous et les aiguilles que par les bulletins de vote. Cet engouement récent s'expliquant assez sûrement par le caractère bien plus ludique et divertissant de ce nouveau mode d'exercice citoyen, avec une efficacité « prouvée » au moins équivalente à celle des pratiques électives traditionnelles jusqu'ici en usage .

On notera enfin qu'il s'agit de l’exemple très concret d'un possible et notable "coup de pouce" aux librairies et éditeurs indépendants ( difficile à télécharger illégalement )., que Mme le ministre de la culture ferait bien d'inclure dans le « panel » des  « nouvelles pratiques » culturelles qu'elle prétend vouloir inciter pour promouvoir ces acteurs essentiels de l’indispensable « diversité » qu’il s’agit de maintenir .

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Urbain

 
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