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samedi, 12 avril 2008

La famine dans le monde en 2008 : une catastrophe annoncée sans précédent.

Un collègue de travail, de nationalité égyptienne et vendeur de fruits et légumes sur les marchés de la banlieue parisienne, s’est épanché sur un phénomène auquel son pays n’avait pas été confronté depuis fort longtemps (1977) et que lui même n’imaginait plus subir…

Figurez-vous que la pénurie alimentaire et l'inflation des prix de l'alimentaire commencent à s’installer dans un pays comme l’Égypte qui n’est tout de même pas le pays le plus pauvre du monde ! La FAO tire la sonnette d’alarme sur cette hausse des prix dramatique.

Je viens de lire deux articles de RUE 89 ici et … Je vous conseille de les dévorer car ils vous concernent tous de plein fouet, vous et vos enfants, et je prédis même à moyen et long terme de terribles cataclysmes humains, génocides et tragédies inédits et d’une violence inouïe !

5de48feb28c9d718f268453bd65c5076.jpegJe ne veux pas commenter les articles (ils sont suffisamment explicites) mais il est souhaitable de mettre quelques chiffres en exergue… Dans certains pays d’Afrique, 70 % des revenus sont consacrés à l’alimentation contre seulement 15 % dans les pays occidentaux… Les céréales et le riz, base de l’alimentation asiatique, ont augmenté de 50 %. L’inflation atteint des niveaux incroyables et des soulèvements populaires éclosent dans plusieurs dizaines de pays. Quelques autres chiffres en vrac : 64% des céréales récoltées sont dédiées à l’alimentation animale, elle-même destinée aux pays développés… Aux U.S.A., 18% des cultures sont destinées à la transformation pour le bioéthanol…

À quoi donc est due cette inflation sur les produits alimentaires et les céréales en particulier ? D’abord aux conditions climatiques, puis à l’accroissement de la population mondiale (6,8 milliards), l’urbanisation échevelée, qui gagne sur les terres cultivables et sur l’extension de cette connerie magistrale qu’on appelle le bioéthanol, substitut du pétrole et qui diminue d’autant la surface de cultures vivrières.

Au-delà de l’aspect économique froid, impersonnel et dogmatique, croyez-vous que ces pauvres gens touchés par la pénurie alimentaire vont se laisser mourir ? Sûrement pas ! Une bonne partie n’aura d’autre solution que la migration vers d’autres lieux bien plus hospitaliers malgré tous les risques inhérents, car pour les familles qui fuiront la famine, entre mourir chez eux ou vivre mal en Occident, que croyez vous qu’ils choisiront ? Que feriez vous à leur place ?

Peut-on laisser crever des millions de gens sous prétexte de rouler avec de l’énergie propre ? Peut-on 35d5f6ae74e3f7f3996fb4cb4a19499b.jpegencore laisser les marchés spéculer sur des denrées vitales ? N’est-il pas temps d’attribuer enfin les crédits destinés aux armements et aux conflits inutiles, au bénéfice de l’alimentation des populations nécessiteuses ? N’est-il pas temps de rogner un peu les profits pharaoniques des entreprises pour la mise en valeur agricole des pays d’Afrique ? Je sais que certains me taxeront d'utopiste bêlant mais le jour où des cohortes de gens misérables, au paroxysme du désespoir se trouveront à nos portes, il sera trop tard...

Je pense que nous arrivons à la croisée des chemins d’une conception économique qui prend l’eau de toutes parts. Nos experts économiques, toujours en retard d’une guerre, ont complètement éludé ce problème, persuadés que la famine grâce aux progrès scientifiques serait éradiquée. Contrairement aux exégètes du libéralisme mondialiste, l’évolution du mode de vie de la planète, du moins dans un premier temps, ne viendra pas forcément du manque d’énergie, des excès de pollutions, du réchauffement climatique mais bien du déséquilibre grandissant entre les pays les plus pauvres et les nations de moins en moins riches dirigés par une élite de plus en plus fortunée, accélérant une migration colossale et incontrôlable. L’Occident devenant une sorte de ligne Maginot facile à contourner, un fort Chabrol dérisoire et délabré…

Il est grand temps pour les gouvernements de tous les pays, de réfléchir, pendant qu’il est encore temps à un nouveau modèle économique mondial incluant une mobilisation opiniâtre ainsi qu'une solidarité effective entre toutes les nations. Les vieux dogmatismes tels les  théories ultra libérales et spéculatives qui fragilisent les structures sociales, qui enfoncent chaque jour un peu plus la planète dans des voies sans issues et laminent les plus faibles, la fuite en avant vers une croissance qui ne maîtrise plus les ressources limitées des matières premières, tous ces éléments font qu'on se dirige vers un gouffre insondable, chacun d'entre nous le pressent, la plupart en ont l'intime conviction mais un espoir infime subsiste : le pire n'est jamais sûr.

Peut être est il trop tard pour réagir ? Comment pourra t-on éviter  les catastrophes planétaires inéluctables et sanglantes qui se profilent à l'horizon ? Le plus grand danger est que notre destin se trouve entre les mains de quelques dirigeants du monde dont le moindre qu'on puisse dire est qu'il ne se montrent ni spécialement rassurants ni très clairvoyants ; si ces derniers faillissent ou se révèlent particulièrement incompétents, faibles ou égoïstes, nous sommes cuits, tous pays confondus, riches et pauvres.

Enfin deux questions lancinantes n’en finissent pas de me hanter, moi, humble et impuissant petit citoyen de troisième zone ? Comment en ce début du 21ème siècle, a t-on pu en arriver là ? Comment le système économique mondial a t-il fait pour laisser entrevoir tant d'incurie ?

Cui cui

jeudi, 10 avril 2008

L'amour du risque

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Il y avait, d'un côté, de la dentelle, du sur-mesure. Une fragilité aussi. La délicatesse française.

De l'autre côté, le tout-venant, le massif. La puissance. La bestialité indienne.

Une fusion ; mais pas vraiment. Un dépassement par le rapprochement, plutôt.

Finalement, un processus amoureux. Lady Arcelor et Mittal, l'homme des bois.

Elie Cohen, irréductible romantique, ne s'y était pas trompé. Il déclamait, dès juin 2006 :

"On peut estimer qu’il n’y a pas de problème d’emploi majeur dans la fusion Arcelor-Mittal en Europe, pour la raison simple suivante : les actifs des deux entreprises en Europe sont complémentaires, Arcelor étant très présent dans les aciers de spécialité, Mittal étant plutôt présent, mais faiblement, dans les aciers de commodité. Il n’y a donc pas de problème de redondance, donc il y a une faible probabilité de rationalisation en Europe." suite

Alain Lambert, fiévreux :

"Compte tenu de la demande mondiale d'acier non satisfaite, nos emplois ne sont pas menacés, et c'est bien l'essentiel ! Et si c'était un avertissement sans frais susceptible de réveiller ceux qui rêvent encore d'un monde qui n'est plus ? Ce serait alors salutaire." suite

L'amour, c'est regarder ensemble dans la même direction, disait Saint-Exupéry.

Cette passion devait finalement, les premiers émois éteints, s'en remettre à la raison. Rationaliser.

Gandrange. Après les langoureux effeuillages, les fermetures éclair.

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"J'aime les usines, j'aime l'industrie et je crois en la sidérurgie.
Je ne lâcherai pas sur le sujet !" lança le Priape élyséen aux syndicats, mauvais coucheurs.

« Les déclarations de Nicolas Sarkozy à Gandrange, le 4 février, avaient pourtant suscité l’espoir. «Au plus haut niveau de l’Etat, on s’engage à ne pas vous laisser tomber», avait-il déclaré sous les applaudissements, quitte à «mettre de l’argent, s’il le faut, dans l’outil de production». Il l’avait promis : il reviendrait dans l’usine «annoncer la solution qu’on aura trouvée».  Source Libération du 31/03/08

Ensuite, les volte-face d'une Christine Lagarde migraineuse, au bord de la démission ; elle condamne dans un premier temps l’ingérence du président dans une société privée puis accorde son discours à celui du chef de l’Etat : «La Ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé dimanche que "l'objectif principal du gouvernement" pour l'avenir de l'usine Arcelor Mittal de Gandrange (Moselle) était de "sauvegarder les emplois" en évoquant des "partenaires privés extérieurs".  Afp journal Internet.

De nouveaux partenaires, c'était l'idée. Hélas, le viagra présidentiel n'y fit rien ; c'était du dentifrice.

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La suite est connue. Mittal découche. Les syndicats d’Arcelor Mittal ne se laissent pas embarquer par les promesses de Sarkozy englouties avec les régions perdues lors des dernières municipales.

Le pire reste à venir pour les futurs chômeurs d’Arcelor Mittal : La tolérance zéro sera appliquée pour ces futurs assistés, contrôles renforcés (radiations à gogo), le nouveau programme présidentiel des Assedics. Le chef de l'Etat annonce une loi pour sanctionner les chômeurs qui refusent deux offres d'emploi. Liberation.fr (avec source AFP) – 8/04/08

Dans un même temps, le dynamique Président lance une bouée en visant la tête.

Et l’amour dans tout ça ?

« Réinventer l’amour (point de Rimbaud). Rappelons que Théodore Zeldin affirme lui aussi que l’aventure du XXIe siècle, l’objet même de l’Histoire, sera le dialogue entre l’homme et la femme, dialogue aimant si possible, amical nécessairement… Or, l’amour est menacé de toutes parts : sur sa droite par les libertins ; sur sa gauche par les libéraux. Oui, l’amour n’est pas qu’un "contrat entre deux individus libres et égaux". Oui, rappelle Alain Badiou, "c’est ce qui commence au-delà du désir et de la demande". En somme, l’amour ou la nouvelle cause du peuple. »

Alain Badiou.

 

Sources 

ou là

 

Agathe

 

 

lundi, 07 avril 2008

Nicolas Sarkozy : à l'ouest ?

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free music
 
 
Selon vous* sur lequel (ou plus si affinités) de ces points** peut-on considérer que Nicolas Sarkozy (bien qu'il s'en soit défendu pendant sa campagne) mène une fois au pouvoir une politique atlantiste***?

 

Réductions d'impôts qui favorisent les plus riches et donc baisse des recettes qui nécessite par la suite le démantelement des systèmes de protection sociale et d'éducation.

Utilisation de la peur (terroristes, immigrés) au détriment du désir et de l'espoir (santé pour tous et environnement sain).

Affaiblissement de la politique de séparation de l'église et de l'état par la subvention des institutions religieuses et mise en place de la religion comme base morale de la société.

Politique financière et fiscale audacieuse en volume mais sans vision forte des objectifs poursuivis.

Assurance que des réductions d'impôts pourraient guérir toutes les maladies économiques.

Interventions militaires et devoir d'ingérence politique dans les régions pétrolières et/ou traversées par des oléoducs.

Médias sous contrôle.

Manie de profiter de la panique engendrée par de grandes crises économiques ou géopolitiques pour remodeler les sociétés dans l'intérêt des grands acteurs du monde de l'entreprise.

 

* Les résultats de cette enquête seront publiés un jour peut-être dans le Village ou pas selon des critères d'analyse débiles mis en place par Le Figaro.

** L'ensemble des questions de ce test ne sont pas des questions ouvertes mais bien des propositions subjectives selon la méthode de sondage mise en place par la société Opinion Ouais Ouais.

*** Nous considérerons comme atlantiste une politique de suiveur (surnommée politique du caniche) des théories et politiques mises en place par l'administration américaine sous le règne de Bush, des néo-conservateurs et néo-libéraux.

 

Nef

mardi, 01 avril 2008

OGM… Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ? Pas du tout !

free music

Il y a quelques mois, alors que j’étais parti jouer à l’agriculteur au fin fond de la Corse profonde et que je trayais tranquillement les chèvres, ces petites bêtes bien moins pacifiques qu’on l'imagine, mon regard tomba sur une étiquette verte isolée au milieu des sacs d’aliments pour bétail, dont les caractères d’imprimerie étaient inscrits en minuscules de chez " Minuscule "…

Intrigué, je parcourus le texte et là, mes enfants, je crus tomber raide mort, quand j’y lus que dans ce sac de 25 kgs d’aliments destinés à l’alimentation de ces grandes chèvres poilues et typiques du terroir, fiertés de l’agriculture séculaire de notre île, se trouvait, tenez vous bien, 15 % de soja transgénique !

17051017f8f5c9d2e0c651e56ccd89b6.jpgOUI ! Vous avez bien lu ! Ces animaux dont on vante le lait naturel, le fromage de pays, étaient nourris par une alimentation génétiquement modifiée, et ce, à l’insu du propriétaire qui avait négligé de bien lire les notices détaillées (il y avait une notice pour 50 sacs de 25 kgs et encore exceptionnellement !). Encore sous le coup de l’émotion, j’appelai un de mes amis, éleveur de moutons ardéchois qui me confirma que la plupart des alimentations animales contenaient environ de 15 à 30 % d’ OGM !

Et là , permettez de vous dire, mes amis, que j’ai vraiment beaucoup ri ! Vraiment.

Jaune.

Quand je pense que les écolos de tous bords et certains citoyens regardants hurlent quand, dans des biscuits ou les produits finis, on trouve plus de 0,9 % d’OGM , alors qu’ils consomment à longueur de temps de la viande, du lait, des fromages, du beurre, des œufs, confits aux céréales génétiquement modifiées, je me dis qu’on vit une époque formidable !

Et là, Mesdames et Messieurs, en voiture s’il vous plait, pour visiter le parc où les producteurs hypocrites succèdent aux agriculteurs faux derches, où les marchands d'aliments pour bétail, sans remords et sans honte, où les politiques de tous bords, lâches et veules coincés par leurs impératifs électoralistes, où les industriels de l’agroalimentaire, complices bienveillants, où une multinationale américaine, avide de fric, tous unis par des intérêts convergents et peu avouables, font semblant de jouer un jeu archi tronqué d’avance  mais d’apparence démocratique qui leurre tous les pigeons transgéniques que nous sommes devenus !

À pleurer !

Personne n’étant dupe, hormis l’immense majorité des consommateurs moyens qui est incapable de distinguer un hêtre d’un chêne, une poule de six mois d’un poulet forcé d’un mois et demi… Bref, mes chers amis, les idées de Mrs Dufour et Salmon n’y feront rien si nous continuons à nous faire tondre la laine sur le dos comme les moutons que nous sommes devenus. Alors que faire ?

Bêler, n’est sûrement pas la solution…

Rugir ? Oui, rugir ! Mais pour ça, il faudrait être des lions… C'est malheureusement une espèce en voie de disparition.

cui cui

Références sur la discussion au Sénat de la loi OGM, ici et .

Nota bene : l'homme qui tient le cabri, ce n'est pas moi et il n'a rien à voir avec le sujet d'aujourd'hui...

lundi, 31 mars 2008

Storytelling vs Divin Marché

Rencontre avec Christian Salmon auteur de Storytelling à la Librairie Tropiques, en partenariat avec la Revue Cassandre.

 

 

Pour voir la précédente rencontre organisée par les mêmes avec Dany-Robert Dufour autour de son livre Le Divin Marché,

 

10cf275c8763316afb9a890b343e17aa.jpgclic sur les petites têtes et tu verras le Divin enfant Dufour

 

 

 

 

 

 

 

Un avant-goût de la prochaine (si si cela vient) vidéo du débat avec Alain Badiou et Alain Brossat.

 

 
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