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lundi, 12 janvier 2009

Allo, j’écoute…

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A l’heure où la loi « Création et Internet » poursuit sa belle route moderne afin de, comme la Ministre de la Culture ne cesse de le répéter, défendre les auteurs et la création dont la capacité à produire des formes nouvelles et intéressantes pourrait ne pas survivre face aux hordes de pilleurs de culture, cette petite note se propose d’aller faire un petit tour ailleurs.

http://www.numerama.com/magazine/9854-10-bonnes-raisons-de-dire-NON-a-la-loi-Hadopi.html

Il est évident que le livre, la musique, les films, du fait de leur nature propre (support, dispositif…) ne réagissent pas uniformément face à « l’ère numérique ». Tout est numérisable, reproductible et partageable mais, dans l’exercice « prosaïque » de jouissance de l’œuvre, un livre, un film, la musique ne recouvrent pas les mêmes spécificités. Il ne sera question que de musique, ici.

La loi « Création et Internet » n’a d’autre ambition que de garantir la pérennité d’un marché dans lequel il n’y a pas, en théorie, à musarder, à découvrir, à expérimenter hors des canaux classiques de promotion. Tout doit converger vers les gros produits conformes et transversaux et affirmer qu’il n’existe rien d’autre. On a beau parler, la main sur le cœur, de pluralisme, d’offre, de petites productions et de « films du milieu » (mouarf), l’industrie culturelle reste une industrie, avec ses capitaines, ses empires, son chiffre d’affaire, sa rationalisation.

Il ne s’agit pas ici de ne voir que l’aspect monnayable des choses et de faire du contournement du rapport marchand l’alpha et l’omega de la libération de l’auditeur face aux grands groupes et du renouveau artistique mais plutôt de regarder un "phénomène" où la question de l’argent est (pratiquement) exclue et où les enjeux sont ailleurs : les netlabels.

Un netlabel, comme son nom l’indique, se présente comme une structure (comme on dit) visant à proposer, via le net, de la musique en libre téléchargement, généralement sous « creative commons ».

http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/

La démarche des créateurs (terme générique pour faire vite) qui optent pour ce mode de diffusion est sans doute multiple mais, au final, ce qui est donné à entendre le fait hors des rails de l’industrie et son emballage médiatique mais également hors du périmètre répressif de la loi  « Création et Internet ».

Il ne s’agit pas de substituer au pré-mâché critique de la presse spécialisée un enthousiasme benêt devant les formes proposées par ce biais mais, justement, d’exercer ou de tenter d’exercer un sens critique à peu près émancipé du bruit médiatique et de la fabrique du goût et, également, d’échapper à la circulation canonique des choses fatalement régie par les pseudo lois du marché.

Cette possibilité de donner à entendre, sans rapport marchand, crédit d’impôt, promotion tapageuse, sujets supposés savoir, relève autant des moyens de diffusion que des moyens de production. Le développement des home-studios, de la musique assistée par ordinateur, des processus d’enregistrement allégés, l’échantillonnage, le travail collaboratif rendent la fabrication de « disques » abordable, indépendante des « professionnels de la profession »  et, souvent, avec des qualités techniques, un rendu sonore tout à fait acceptables. Internet, ensuite, classiquement, se charge de la diffusion par les moyens bien connus.

En principe, bien que le poids de l’environnement et les attachements automatiques entraînent comme partout mimétisme et conformisme, les contraintes externes quant à l’orientation à donner à l’œuvre sont réduites drastiquement. On peut ainsi espérer rencontrer, du moins théoriquement, des formes « libres ».

Le netlabel, en mettant à disposition sa structure, sa bande-passante, fait des choix, sans doute, mais sans mesure avec la frilosité et l’exigence de formatage des maisons de disques (comme on disait au XXème siècle). De plus, l’offre d’hébergement pour un musicien est assez pléthorique.

On voit ainsi se dessiner un paysage où tout est, musicalement (et aussi au niveau des possibilités d’expérimentation), permis, ou du moins fortement délié, autant du point de vue du créateur que de l’auditeur, où tout le travail de la médiation réside dans la forme qui surgit.

Donc, voici quelques liens permettant d’aller juger sur pièces, de braconner, de trouver peut-être quelque chose (voir également les liens vers les netlabels)…

http://sonicsquirrel.net/?cat=home

http://www.notheen.com/

http://phlow-magazine.com/

Un blog, en français, inévitablement très restreint face à la "production", qui chronique des disques (plutôt dans une veine folk, pop…) :

http://netlabelsrevue.blogspot.com/

Une façon de sortir des procédures usuelles et de répondre, en actes (comme dans le domaine du logiciel libre), au marché de l’entertainment vorace.

Et puis, la musique, ça se pratique également. D’une façon ou d’une autre…

http://www.dontcrack.com/freeware/

 

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