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lundi, 23 novembre 2009

magnificent – tri(o)

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Pour célébrer la vingtième édition des « Rencontres cinématographiques de la Seine-Saint-Denis – 2009 », les organisateurs ont eu l’heureuse idée de mettre à l’honneur Claude Chabrol. Parmi les différentes manifestations auxquelles il a participé, ceux-ci lui ont proposé de choisir un film à l’Espace 1789 (Saint Ouen). Cela aura été Fury, de Fritz Lang, qui a surtout servi de prétexte pour discuter plus généralement de l’influence du cinéaste allemand sur son travail. Et, c’est Jean-François Rauger (critique cinéma au journal Le Monde, et actuel directeur de la programmation à la Cinémathèque française) qui a été sollicité pour servir d’interlocuteur.

Ci-après, on trouvera une retranscription de mémoire, « fiable » à 85 % près, de cet échange d’environ une heure trente. Quelques passages ont été volontairement omis : « les cinéastes borgnes », « les films pairs-impairs », « la fortune critique des films de Lang », une allusion au film Le Samouraï, de Melville, et les réponses (parfois savoureuses) aux deux questions du public, etc. Désolé par avance pour certaines approximations, s'il y a lieu. On signale toutefois à l'attention des plus sceptiques que les responsables ont pris l’initiative d’enregistrer cette rencontre par vidéo ; et qu’on en retrouvera une trace sans doute un jour sur la Toile, ou sur un bonus DVD...

- Bonjour Claude Chabrol... Merci d’avoir accepté de venir pour cette « leçon » de cinéma, même si c’est toujours un peu présomptueux de parler de « leçon », mais disons, cette rencontre. On vous a invité pour que vous nous parliez de votre rapport à Fritz Lang. Mais, tout d’abord, je voudrais vous poser une première question toute simple : quel est le premier film de Fritz Lang que vous avez vu ?

CC : Attendez... le premier, c’est celui-là... Oui, parce que l’autre, c’est après... Je débarquais de province, et je suis allé à Paris. J’avais 16 ans, et c’était Le Testament du docteur Mabuse, dans un ciné-club de la rue de l’Entrepôt, qui doit s’appeler maintenant, la rue Bréguet, je crois. A la fin du film, je me suis levé, et comme un vieux cacochyme, j’ai pointé mon doigt en avant, comme ça (il fait le geste) : « C’est ça... c’est ça ! » Bref, à ce moment-là, j’ai su que je voulais faire des films. Et puis après, j’en ai parlé autour de moi, et on m’a dit : « Oh, tu as vu celui-là... mais il faut voir M, le maudit !!! » Bon, moi, j’écoute ce qu’on m’dit, et je suis allé voir M, le maudit. J’ai trouvé ça formidable, bien sûr ! Et j’en parle autour de moi, et là, on me dit : « Oh, mais tu n’as pas vu Metropolis alors ? » - Ben non. « Mais, il faut voir Metropolis !!! » Donc, je vais voir Metropolis, et je trouve ça là encore formidable ! Depuis, j’essayais de voir tous les Fritz Lang. Et, à l’époque, on est dans l’après-guerre, en 46. Il faut savoir que les films américains de l’entre-deux-guerres ne sont pas diffusés, alors, il y a des gens à la Libération qui se disent qu’ils vont se faire du pognon dessus, alors, ils passent les films américains de Fritz Lang. Il y a eu tout d’un coup au même moment : Les Bourreaux meurent aussi, Man hunt, La Femme au portrait...

- Dans votre livre de mémoires Et pourtant, je tourne, vous parlez du Testament du docteur Mabuse ; et vous dites que c’est ce film qui vous a décidé à faire du cinéma. J’ai choisi comme premier extrait le début de ce film : on en parle après, si vous voulez bien...

***extrait n° 1. Séquence du début tout juste après le générique : panoramique vers la droite de la porte jusqu’à l’homme derrière la malle, jusqu’à l’explosion du baril dans la rue passante. Durée : env. 6 mn)***

- On a souvent dit de Fritz Lang que c’était un cinéaste du destin...

CC : Ah, oui, le fifty-fifty !

- Là, dans la séquence que nous venons de voir, le personnage s’est fait repérer par les bandits, et, Lang crée ensuite une angoisse chez le spectateur sur ce que qui va devrait arriver fatalement... Alors, je voulais vous demander : Claude Chabrol, la fatalité, pour vous, vous la voyez comment ?

CC : Ah ! Fritz Lang, il avait sa règle du « 50-50 » : les choses qui nous arrivent, c’était cinquante pour cent le monde extérieur, et cinquante pour cent, nous. Oh, pour moi, je dirais que ce serait plutôt « 30-70 ». Et, le trente est du côté des éléments extérieurs, et les soixante-dix pour nous.

- Qu’est-ce qui vous a plu dans les films de Lang ?

CC : L’efficacité, et la précision. A tel point qu’il pouvait ses brouiller avec ses acteurs... notamment avec sa camarade... euh, Marlène Dietrich, dont on sait qu’ils ont eu une histoire ensemble... C’était pour le western...

- Rancho notorious... L’Ange des maudits.

CC : Oui. Et, donc, Lang, il mettait des bouts de scotchs au sol, et ça agaçait Marlène, parce qu’elle disait qu’elle ne pouvait pas marcher comme ça ! Alors que pour Lang, il en avait besoin pour lui donner une marche... euh, masculine ! Mais, les films de Fritz Lang, tout précis soient-ils, ils ont un défaut, je trouve, surtout avec les derniers, c’est la sécheresse. Le dernier film américain, c’est ça, même si c’est justifié par le sujet : la peine de mort. Et puis, il était germanique, et surtout anti-romantique. Moi aussi, d’ailleurs ; mais, mon anti-romantisme n’est pas le sien. Et puis, pour un anti-romantique, je suis un peu romantique aussi. Là, on vient de projeter Fury ; et ce que je trouve formidable dans ce film, c’est que personne ne peut juger, parce que nous sommes tous pareils.

- Pour le deuxième extrait, j’ai choisi une scène dans Les Bourreaux meurent aussi, que vous évoquez aussi dans vos mémoires... C’est la scène dans les vestiaires, quand Alexander Granach (le commissaire Gruber) va chercher le docteur Svobada [Brian Donlevy]. Svoboda, ça veut dire « liberté ».

CC : Ah ! Granach, il était très bien dans ce film !

- Oui. Et, c’est le seul personnage jovial et bon vivant... mais, on va d’abord voir l’extrait.

***extrait 2. Le commissaire Gruber attend que les médecins sortent de la salle d’opération, et appréhende le docteur Svoboda. Comme il demande un coin tranquille pour parler, Svoboda l’emmène dans les vestiaires. Fin de la séquence : le chapeau melon tourne sur lui-même. Durée : env. 5 mn***

CC : Là, l’idée que j’aime bien, c’est que « deux, c’est pas assez », et donc, il en faut un troisième ! Vous voyez que dès que le troisième arrive, tout arrive très vite. D’ailleurs, on le voit d’abord en ombre sur la vitre de la porte. Donc, on ne peut pas vraiment savoir qui c’est...

- Et Granach, à mesure que ses adversaires avancent, le collent contre un mur blanc, dénudé, avec rien autour...

CC : Et puis, dès que le troisième apparaît, et qu’il comprend la situation, tout se précipite...
- Dans vos mémoires, vous parlez du chapeau...

CC : Ah, ça, oui ! Je trouve ça bien, lorsqu’un objet suffit à donner le personnage, ce qui lui arrive. Là, le chapeau tombe, et tourne sur lui-même. Le spectateur comprend que c’est fini pour l’autre. Il n’y a pas besoin d’autre chose. C’est bien, euh... C’est bien, quoi !

- Et puis, le commissaire joué par Granach, c’est le seul personnage jovial et bon vivant ; rond et gras...

CC : C’est normal, il est du côté des vainqueurs...

- Les autres, ils sont droits et figés...

CC : Vous savez, Fritz Lang adorait les caricatures. Alors, à un moment, c’est vrai, on dirait qu’ils ont des attitudes caricaturales. Par exemple, quand Granach claque des doigts (il mime le geste) – il le fait trois ou quatre fois dans le film – à l’écran, ça passe très bien, mais, on ne ferait pas ça dans la vie. Et puis, il est Viennois, avec l’esprit germanique. Et, c’est quand même les Allemands qui ont inventé l’expressionnisme !

- Et la bagarre aussi à la fin, quand ils se servent des serviettes pour l’étouffer...

CC : Ah, oui, la bagarre ! Il y a une scène un peu comme ça dans Cape et poignard... Quand ils se battent, on voit des mains sur les visages... Lang, il a demandé aux acteurs de mettre les doigts comme ça (il fait le geste) qui enfoncent les yeux de l’autre ! Je ne sais pas pourquoi, mais il adorait ça... (rires)

[à suivre]

par Albin Didon

 

 

 

 

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par Albin Didon

vendredi, 28 août 2009

Circulaire H1N1- Plan d'urgence

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... Ou comment éviter que la politique actuelle ne se grippe

 

 

  • Il est interdit toute manifestation ou regroupement de personnes sur la voie publique.

  • Il est interdit aux responsables d'entreprise de recevoir les syndicats et leurs salariés.

  • Il est interdit aux SDF de dormir dans des tentes et de séjourner à plusieurs sur un même lieu.

  • Fermeture exceptionnelle jusqu'à la fin de la pandémie :

    • Des services d' assurances maladie.

    • Des services d'allocations familiales.

    • Du Pôle emploi et de l'indemnisation chômage.

    • Des caisses de retraites (sauf les complémentaires).

    • Des crèches, écoles, collèges et lycées.

    • Des terrains de sports, stades et gymnases, parcs et jardins.

    • Des théâtres et salles de spectacles publics ou subventionnés.

 

  • Par mesure sanitaire, l'objectif de « raccompagnement » au pays d'origine sera étendu aux titres de longs séjours arrivant à expiration, aucun renouvellement ne sera accordé.

    • Les magasins, centres commerciaux seront ouverts 24 sur 24 h pour permettre la fluidité des approvisionnements.

    • Les entreprises pourront étaler le travail sur la semaine de sept jours et recourir aux 3x8 afin de minorer le nombre de personnes présentes en même temps dans les locaux.

    • Des pédiluves et des maniluves permettront d'assurer les meilleures conditions de prophylaxie à l'entrée des restaurants et brasseries.

    • Les théâtres, cinémas et salles de spectacles privés proposeront des représentations toutes les deux ou trois heures.

    • La télévision offrira 24 sur 24 h des programmes scolaires mais également des émissions de divertissement hilarantes animées par Bruce Toussaint avec de nombreuses personnalités politiques.

    • Le numéro vert 0800 800 400 (4,50 € la minute) est mis à votre disposition pour prévenir les autorités de tout tousseur suspect non muni de masque.

    • La taxe « pandem » contribuera à équiper les hôpitaux de sani-broyeurs pour une partie mais servira aussi à compenser les besoins importants de cellulose par de nouvelles plantations d'arbres.

     

    Nous comptons sur votre solidarité.

     

    Agathe

vendredi, 26 juin 2009

scary - mauvais

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Depuis une dizaine d'années, concomitamment à l'apparition des cartes "Pass illimité", je m'aperçois en parcourant les programmes ou en sortant de quelque projection de la pléthore de mauvais films. "Mauvais" à mes yeux, s'entend ; car les questions de goût restent toujours subjectives, même lorsqu'on se fend d'une approche soi-disant objective (la technique, la grille d'analyse, la syntagmatique sémiologique, etc.).

Le fait est que, disons, sur les cinquante derniers films récents que j'ai vus, il y en a très peu où j'en suis sorti pleinement satisfait. La problème se complique, puisqu'en y entrant j'ai la plupart du temps un préjugé (favorable ou non), par le "bruit" qui se fait autour (la publicité, le bouche à oreille) que le film confirme, ou pas. Et, précisons - s'il le fallait - que le bon ou le mauvais ne se détermine pas en fonction de l'a-priori, mais que l'arrêt (l'appréciation) tombe après que les lumières de la salle s'allument : a posteriori. Et pas, de la manière : "l'a-priori sur le film est plutôt bon, puis, le film est conforme à cet a-priori, et par conséquent, le film est bon", ou à l'inverse : "l'a-priori est mauvais, le film confirme le préjugé, donc le film est vraiment mauvais", ou de façon plus retorse : "l'a-priori est mauvais, mais le film déjoue cet a-priori, donc le film est bon, même si le film en lui-même est plutôt pauvre", ou encore "le film en lui-même n'est pas terrible, mais tout le monde dit qu'il est chouette, donc, il est bien (histoire de rester dans le coup)". Le bon et le mauvais étant établis indépendamment du préjugé.

Les exemples suivants pourront peut-être éclairer mon propos. Il y a des films pour lesquels j'ai de très bons a-priori, et lorsqu'ils se terminent, se révélent meilleurs que ce que j'en attendais (Bellamy, de Claude Chabrol ; Like you know it all, d'Hong Sang-saoul), et des films pour lesquels j'ai de mauvais a-priori et qui se révèlent meilleurs que ce que j'en attendais (Gran Torino, de Clint Eastwood ; ou, de façon moindre, Dogville, de Lars von Trier). Et il y a ceux pour lesquels je suis pratiquement sûr qu'ils ne seront pas terribles, et qui correspondent à cette attente, voire pire (Terminator: renaissance ; les films de Bertrand Tavernier).

De ma constation ("l'abondance de navets"), se dégage le fort sentiment que... "c'est fait exprès" ! ou que ça doit forcément l'être ! Pour étayer cette hypothèse, j'aborderais la question sous les trois angles qui me paraissent les plus importants : les spectateurs, les auteurs du film (par commodité, on les réduira aux réalisateurs ), et enfin les producteurs.

Je soutiens donc que les films sont mauvais...

D'une part, parce que les spectateurs sont mauvais. Ne parlons même plus de "spectateurs", et employons ce terme détestable - qui recouvre une triste réalité - de "public". Le public, ne voulant obstinément pas se creuser les méninges ("se prendre la tête"), choisit la facilité : la distraction, le spectacle. Le rôle du film de divertissement étant... de divertir, le consommateur au moment de la projection veut se sentir rassuré. Ainsi, il veut voir plein de jolies images, et s'en prendre plein les mirettes : il en veut "pour son argent" (même si maintenant il conviendrait mieux de parler de temps...). Il sera d'autant plus content, en quittant la salle, qu'il pourra dire que le film a été nul, se sentant ainsi supérieur au film (aux auteurs), puisqu'il pourra détailler les raisons de la nullité du film (jeu des acteurs, incohérences du scénario, péripéties rocambolesques, fautes de montage), et le cas échéant, briller devant les copains, la copine ; dans un article, sur un forum... Bref, c'est la fonction de sociabilité des mauvais films, ou du spectacle en général. Et, au passage, il pourra se satisfaire de sa place de "mauvais spectateur" puisque même un réalisateur, qui est censé être un peu moins "mauvais" que lui - en tant qu'individu -, est tout juste capable de faire un "mauvais" film ; alors que lui, "mauvais" spectateur, est capable de déceler en quoi le film est "mauvais" ! Alors qu'avec un "bon" film, le public peut vite se sentir "écrasé" par la gravité du propos ou la finesse de la mise en scène. Et, étant peu habitué à ce qu'on le bouscule dans ses opinions toutes faites (ses idées reçues), le consommateur risque de rejeter le film, et en dire du mal autour de lui ; et finir par le déconseiller auprès de son entourage ; ce qui n'est pas bon pour la rentabilité du film. Au pire, avec le navet, il pourra dire : "le film n'est pas drôle, mais les acteurs sont sympas" ou "le film est con, mais qu'est-ce qu'on se marre !!!". Le critère du "bon" se réduisant, grossièrement, à la qualité (efficacité) du divertissement.

D'autre part, parce que les réalisateurs sont mauvais. Dans un marché où la majorité des réalisateurs sont mauvais, il vaut mieux être soi-même mauvais pour pouvoir percer. Car si on a l'audace de vouloir être bon, on risque de faire du tort aux confrères (les mauvais), surtout quand ceux-ci ont du métier. "Qu'est-ce que c'est donc que ce prétentieux qui veut faire des bons films ? Est-ce qu'on en fait, nous ? Non ! alors..." C'est donc une provocation à l'endroit de la "profession", qui trouvera toujours le moyen de discréditer le petit impertinent ; de l'écarter. Alors que le mauvais réalisateur, frais émoulu (comme le café), lui ne risque pas de perturber le commerce de ses aînés, et trouvera rapidement sa place parmi les autres (tâcherons). De plus, c'est un avantage pour les producteurs, puisqu'un mauvais réalisateur sera toujours plus malléable qu'un type avec un tant soit peu de personnalité. On pourra alors lui imposer tout et n'importe qu(o)i, et en cas de déconfiture, il suffira de lui en attribuer la responsabilité. Le bon réalisateur, en dehors de la savoir-faire technique à chaque étape de l'éboration du produit, sera celui qui entretiendra de bons rapports relationnels avec ses précieux collaborateurs. D'où qu'on finit par se retrouver avec ce qu'on pourrait appeler un "cinéma de pantoufles".

Et, enfin, parce que les producteurs sont également mauvais. Bons ou mauvais, les producteurs investissent de l'argent (qui généralement n'est pas le leur), sur un projet, le gèrent, pour en tirer des profits. Très peu sacrifieraient leur peine "pour la gloire". Ils ont par conséquent tout intérêt à ce que le produit soit assuré d'un succès, plutôt que de miser sur un projet voué à l'échec. Ici, il faut rajouter "commercial". Les financeurs se disent qu'il vaut mieux des choses que le public connaît, plutôt que des choses qu'ils, oups, qu'il ne connaît pas. Des acteurs, des sujets, des personnages, un "genre" (des recettes, des ficelles), etc. Et ainsi, il y a des créneaux dans le divertissement qui sont assez vite identifiables pour le public. Pour les genres : action, policier, guerre, comédie (familiale, sentimentale, adolescente), films avec super-héros, etc. Et, pour l'interprétation, il y a les acteurs-vedettes, les prétendus "comiques" - en particulier, issus de la chaîne "cryptée" (tout est dit), qui elle-même investit dans les films - les chanteurs, et de temps à autres... des sportifs ! Donc, exit la nouveauté. Le "bon" film étant celui qui rapporte.

Certes, certes, ce n'est pas aussi simple. Et si on voulait être un peu de bonne foi, il faudrait dire que le léger "hic" dans tout ça, ce n'est pas que les uns et les autres soient "complètement mauvais", mais que de part et d'autres, tout le monde est "moyen" (qui a dit "médiocre" ?), et que le résultat aboutit le plus souvent à quelque chose de, sinon "mauvais", relativement regardable, passable ou lisse : consommable. L'air de rien, ce développement pourrait également s'appliquer... à la critique. Soit. A la littérature. Soit encore. Mais aussi à la presse, à la recherche scientifique, à l'enseignement (euh, non : ne tirons pas sur les ambulances :-), et que sais-je encore ? mais, surtout... à la politique !

 

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par Albin Didon

 

 

mercredi, 07 janvier 2009

clins - deuil

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2008 : étrange année de cinéma. Un sentiment d'éloignement... Peut-être moins moi qui m'en éloigne, que lui (le cinéma) qui s'éloigne de moi (de nous ?). Mais, après tout, pourquoi prendre les formes ? Soyons plus cinglants : il n'y a plus grand-chose à attendre de cet ersatz de cinéma ! ou alors, si peu. Ni du côté des films dits "populaires", ni chez les "auteurs". Mais, il est sans doute injuste de stigmatiser cette année plus que les autres.

Encore que ?

De gros succès publics dont je me détourne très vite : Bienvenue chez les Ch'tis (pas vu ; so what?), Disco (avec Frank Daubesque...), Le Premier jour du reste de ta vie (comment ne pas quitter la salle au bout de quinze minutes ?!!!).

Vu pourtant une bonne trentaine (une... "quarantaine") de films. Sans grand emballement ; m'étant même réservé le meilleur pour la fin, comme on dit. Et, ce fut certainement la plus grosse déception. Les qualités du cinéaste (James Gray) sont moins en cause que la dithyrambe unanime. Le film, lui-même, reste convenable ; même si légèrement faux. Le malaise grandissant d'autant que cet embarras ne présage rien de bon pour les autres films jusqu'alors soigneusement évités - au hasard : Entre les murs (Laurent Cantet), My magic (Eric Khoo), ou encore Vicky Cristina Barcelona (Woody Allen). Déception d'un autre ordre pour Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. On peut juste souhaiter à Spielberg de s'être au moins fait plaisir ; et les gamins avec.

Le décalage avec la critique - mon "mésentendement" - se prononce ; et l'accueil favorable, de part et d'autre, de films assez médiocres me désespère toujours autant. Dans l'ordre : There will be blood (Paul Thomas Anderson), No country for old men (les frères Coen), Valse avec Bachir (Ari Folman), Le Bannissement (Andréi Zviaguintsev), Phénomènes (Michael Night Shyamalan) ; ou encore, Batman - Dark knight.
En outre, de plus en plus exaspéré par les "branchés" (Wes Anderson, Michel Gondry, Christophe Honoré), et pas "follement convaincu" par les "petits derniers" : Philippe Faucon, Brillante Mendoza, Aditya Assarat...

Toutefois, pour contrebalancer ce qui peut passer pour de la lassitude ou du dédain, je tiens à signaler un certain nombre de films que je n'ai toujours pas pris l'occasion de voir. D'un côté, les "valeurs (trop ?) sûres" : Les Frontières de l'aube, de Philippe Garrel, La Vie moderne, de Raymond Depardon, Hunger, de Steve McQueen... Et, de l'autre, ceux que je me forcerais probablement à voir : Entre les murs (Laurent Cantet), De la guerre (Bertrand Bonello), Dernier maquis (Rabah Ameur-Zaïmeche), L'Homme de Londres (Bela Tarr). "Je veux voir" ?

Bien sûr, il y a eu des films de premier ordre : Christophe Colomb, l'énigme (Manoel de Oliveira), Sweeney Todd (Tim Burton). What else? Oui, aussi Un conte de Noël, d'Arnaud Desplechin... Et, surtout, le grand retour de Skolimowski - pour un moment, on l'espère. Entre parenthèses, Lord en a parlé ;-) Mais, la meilleure nouvelle - même si, ici, on le savait déjà -, c'est que des voix, des sensibilités se manifestent sur la Toile, et que les blogs constituent désormais un assez bon relais ; presque un substitut aux publications officielles.

Dernièrement, pour le cinéma, et en passant, pour la critique, la "querelle Eastwood", avec pour prétexte le très convenu Changeling (L'Echange), aura ainsi tout à la fois marqué le coup, des points et les esprits. On invite largement à se reporter aux interventions passionnées du Dr Orlof, d'Inisfree, d'Edisdead, et des contributions acérées de leurs exigeants commentateurs.

Alors, pour finir - et en guise d'hommage -, je participe à mon tour à leur dernier petit exercice (onaniste) de cinéphiles... doublement déviants ;-D



par Albin Didon



Mes "20 actrices préférées" (sur 100 ans de cinéma)

01- Cyd Charisse, in "Girl hunt" section (The Bandwagon (1953) / Vincente Minnelli)
02- Angie Dickinson, in China Gate (1957, Samuel Fuller)
03- Kim Novak, in The Legend of Lylah Clare (1968, Robert Aldrich)
04- Yvonne De Carlo, in Criss cross (1949, Robert Siodmak)
05- Jennifer O'Neill, in Rio lobo (1971, Howard Hawks)
06- Soledad Miranda, in Eugénie (1975, Jess Franco)
07- Laura Gemser
08- Raquel Welch, in Hannie Caulder (1971, Burt Kennedy)
09- Sharon Stone, in Basic instinct (1992, Paul Verhoeven)
10- Elizabeth Hurley, in Austin Powers: international man of mistery (1997, Jay Roach)
11- Jodie Foster, in The Silence of the lambs (1991, Jonathan Demme)
12- Sophie Marceau
13- Virginie Ledoyen, in La Fille seule (1995, Benoît Jacquot)
14- Megan Fox, in Transformers (2007, Michael Bay)
15- Mia Kirshner, in The Black dahlia (2006, Brian DePalma)
A- Ida Lupino
B- Hideko Takamine
C- Delphine Seyrig
D- Bulle Ogier
E- (last, but not least) Jennifer Connelly !!!

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