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mercredi, 06 mai 2009

Le côté d'y voir

 

 

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Léon vit en France depuis plusieurs années, comme beaucoup de ses congénères africains, il est resté longtemps en clandestinité avant d'être régularisé. Il a pourtant vécu son irrégularité à une époque moins difficile qu'aujourd'hui, les traversées de Paris à pied pour éviter le métro, la peur au ventre...

 

Lors du décès de son père, il n'a pas pu retourner en Côte d'Ivoire. Il n'avait pas de papiers. Il n'aurait pas pu revenir pour retrouver son fils et sa femme, il aurait perdu son travail.

 

A son arrivée en France, il a été surpris, les rares fois où il prenait le métro, il s'asseyait et généralement les passagers se levaient de leur siège, préférant la station debout que d'être assis à côté de lui ou il restait seul, les banquettes vides autour de lui.

 

Ses amis ivoiriens l'ont aidé à son arrivée, il se régalait tous les jours du poulet qui était un plat festif chez lui. Il était gêné que ses amis mettent les petits plats dans les grands et leur a donc demandé de faire moins de frais. Il a appris sous leurs regards amusés qu'en France le poulet était la viande du pauvre.

 

Enfin, il a bénéficié du précieux sésame pour sortir de la clandestinité. Il a donc pu aller en Côte d'Ivoire pour visiter les siens. Il se rend, en premier lieu à sa banque à Abidjan.

 

A l'intérieur de l'agence bancaire, plusieurs files, un homme blanc entre avec un attaché case, il va directement au guichet. L'employé le salue et s'active immédiatement …Léon pique une crise.

 

  • Vous êtes ici comme chez vous, plus que chez vous …

    Vous n'êtes pas contrôlés ici, vous ne subissez pas les humiliations que vous nous faites subir, hein ?

    Vous avez la priorité sur les noirs, vous circulez librement...

    Vous êtes riches ici, vous avez tous les droits...

     

Puis, il prend à parti le guichetier en le tançant pour son allégeance ...

 

Il fait un tel scandale que l'homme blanc se place dans la file.

 

Ce retour aux sources lui laisse un goût amer, malgré cela, il imagine à voix haute, en riant, la même difficulté pour les blancs que celles faites aux étrangers en France, les insultes, les fouilles, les arrestations, ...Les charters bondés de petits blancs attachés.

 

Et je ris avec Léon, il a bien raison Léon.

 

 

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Agathe


* Première illustration empruntée sans l'aimable autorisation de Frope

mercredi, 22 avril 2009

Michèle Alliot-Marie pleine de grâces, priez pour nous autres, pauvres manifestants !

Ô Michèle, vous, dont les inflexions évoquent de plus en plus la voix éraillée de la sorcière de Blanche Neige, vous, dont le physique me rappelle la beauté d’un Gargamel relooké par un catcheur, vous dont la réussite tient essentiellement à une hérédité heureuse, vous, dont une des formes d’intelligence consiste en une souplesse et une soumission exemplaire envers vos chefs, vous, dont les principaux titres de gloire furent de toujours servir la soupe aux puissants et de mater les faibles, vous qui croyez que le manche à balai que vous avez dans le cul vous donne une allure martiale alors qu’il vous procure l’apparence grotesque du fruit des amours illégitimes entre une autruche et un officier prussien du 19 ème siècle ; Ô Michèle, pleine de grâce, j’ai une humble requête à vous soumettre, moi, petit citoyen médiocre dont l'avenir semble désormais très obscurci par la crise économique.

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Car si je n’ai ni position sociale conséquente ni beaucoup d’argent, je fourmille d’idées et je souhaiterais vous en proposer quelques unes que je juge particulièrement audacieuses et pertinentes pour la postérité historique de votre action politique.

J’ai lu que vous alliez édicter un décret, interdisant à ceux qui manifesteront, cagoules, bonngarg.JPGets, foulards, lunettes et tout artifice qui empêcherait toute identification (fausse barbe, postiches etc)… Voilà donc une formidable avancée pour la démocratie d’opinion ! Outre que nos amies musulmanes coiffées de leur voile ne pourront déjà plus manifester, les chauves avec perruques, les sikhs, les Juifs avec kippas, les myopes, les aveugles, les bédouins, les gens qui ont la grippe, les presbytes, les astigmates, les religieuses, les cardinaux, le pape, le père Noël devront également attendre de participer à toute procession. Vous me direz à juste titre " ça fait toujours ça de moins ! ", et vous aurez raison !

Car il nous faut absolument protéger nos pauvres amis CRS qui eux ne portent pour se protéger que des croquenots renforcés, des jambières, des coquilles, des gilets pare-balles, des casques, des visières, des boucliers, des matraques, des tasers, des grenades lacrymogènes et je dois en oublier !

Aussi en appelé-je à votre bon sens pour protéger toujours davantage notre valeureuse police. Imaginez vous les ceintures, les lacets, voire les chemises, tee shirts, chaussettes ou caleçons susceptibles d'étrangler nos pauvres force de l’ordre ? Et les chaussures ? Avez vouneige.jpgs pensé aux terribles projectiles que représenteraient les souliers ?!

Aussi Madame Michèle Alliot Marie, si pleine de grâces, si ostensiblement confite d’intelligence et envahie par un magnifique esprit démocratique qui fait honneur aux valeurs de la République, je propose que désormais, les manifestants désireux de protester dans la rue se présentent nus et sans pancartes car celles ci pourraient présenter des risques majeurs pour nos braves petits poulbots défenseurs de l’ordre !

Trêve de plaisanteries.

Madame la Ministre des chiens dangereux, vous dont la souplesse de la nuque avec vos supérieurs fait le régal de la presse, vous dont la raideur  physique ferait hurler de rire un pantin aux articulations rouillées, vous dont l'intransigeance avec le petit peuple confine au mépris ; s'il vous reste un semblant de jugeotte et de dignité républicaine, envoyez votre décret aux oubliettes avant que l'impossibilité de l'appliquer, l'absurdité de la mesure et surtout l'entrée furtive dans le corridor du totalitarisme rampant ne ph0jcmdf.gifvous discrédite et  ridiculise pour longtemps.

Il n'est jamais trop tard pour enfin montrer un peu de clairvoyance...

Amis lecteurs, priez pour celles qui ne savent pas ce qu'elles font !

À après !

 

Cui Cui, l'oiseau qui file un mauvais coton...

 

 

lundi, 20 avril 2009

L'Etat l'honore (l'Etalon or)

 

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Il a suffi de trois mois pour voir les effets positifs du renflouement des banques américaines. La crise n'aura pas survécu à l'argent frais injecté. Les bonnes réponses confortent donc le libéralisme. Heureusement, la méthode a été appliquée par tous les pays d'Europe. Ouf, on a eu chaud !

La simplicité de la résolution ne méritait pas tant de cris alarmistes, du coup les entreprises apeurées ont jeté à la rue des milliers de salariés, les dégâts collatéraux sont immenses engendrant la fermeture des PME assujetties et sous-traitants. Dans la panique, le gouvernement a allégé les procédures de licenciement. Inutile d'alourdir les effets de la crise en entravant les mouvements des entreprises, Tout ça presque pour rien.

 

Les sociétés vont réembaucher bientôt et d'ailleurs avec des salaires en bas de l'échelle. Ainsi, les chômeurs de longue durée reprendront confiance et consommeront à nouveau des denrées alimentaires. Et hop ! La croissance retrouvée.

 

Les économistes ont encore une fois montré les limites de leurs analyses à courte vue. La solution paraissait évidente mais ils ont clamé d'une seule voix, l'inanité de ces apports financiers. (Lordon et les autres peuvent remiser leurs livres et leurs crayons). Fillon s'y est même mis avec son pessimisme habituel en tablant sur une reprise molle pour 2010.

 

Tout rentre dans l'ordre.

 

Mais j'entends déjà des contradicteurs (Pas les trolls, ils ont disparu corps et biens depuis l'élection, Argumenter une promesse, c'était leur domaine de prédilection depuis la mise en application des réformes, plus personne. Enfin, j'dis ça, j'dis rien...).

 

La planche à billets ne pouvait pas être mise en activité avant. Assainir était la priorité. Imaginez un Madoff dans les parages...

 

Mais, je m'emballe, je m'emballe...

 

Ne serai-je pas légèrement influencée par cet article ?

 

Cela vous paraît simpliste ? Stupide ?

 

Et pourtant, c'est exactement ce qui se profile à l'horizon.

 

Pas un gâchis, ce fric donné aux banques, elles refont du profit...

 

 Cette petite information sibylline est parue discrètement. Alors que ...

Rasséréner le pèlerin en douceur.

 

Puisqu'on vous le dit !

 

C'est plus fort que nous, le libéralisme.

 

Ça résout tout.

 

 

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Agathe

mercredi, 08 avril 2009

Quand les prix mènent grand train…

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Voilà trois semaines, j’ai voulu me renseigner sur l’offre de la SNCF sur la ligne Paris-Grenoble, ville dans laquelle j’avais envie de passer un week-end sur l’invitation d’une amie. Pouvant être disponible pour Pâques, j’ai sélectionné cette date et regardé les résultats. Je pensais qu’en m’y prenant un mois à l’avance, je pourrais obtenir un tarif intéressant.

Que nenni !

Pour une liaison directe et sans changement par TGV, il m’en aurait coûté 120 euros, soit 240 euros de transport aller-retour pour un week-end. Ce n’est malheureusement pas à ma portée financière pour un séjour aussi court.

Outre le prix du billet très élevé, le plus choquant est sans doute sa variabilité car il ne s’établit pas toujours aussi haut en fonction de la période choisie et surtout de la demande à ce moment là. Certes je savais que Pâques était un créneau très demandé, que Grenoble est la porte d’une partie des Alpes et que beaucoup profiterait des vacances pour faire du ski de printemps. Mais il y a encore quelques années, le barème des prix aurait été on ne peut plus clair : période blanche, bleue, tarifs réduits par la possession de carte d’abonnement, réduction de type « escapade » pour les séjours de fin de semaine.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé et ce changement porte le nom de yield management .

Kesako ?

C’est un concept, d’origine anglo-saxonne forcément, qui désigne un système de gestion des places disponibles dans le cadre d’une activité de service (transport, hôtellerie, etc…). Il a pour but d’optimiser le remplissage et surtout d’optimiser la rentabilité au moyen notamment de la tarification en temps réel. Ce procédé a été expérimenté à l’origine dans les compagnies aériennes américaines, dont la Delta airlines a été la pionnière, profitant de la dérégulation des années 80. Il est utilisé en France depuis un moment dans le secteur aérien. On a parfois parlé d’une de ses composantes , à savoir le surbooking qui consiste à vendre plus de places que l’avion n’en a de disponibles pour pallier les éventuelles défections et réservations annulées, quitte à refuser l’embarquement pour des clients qui ont pourtant un billet payé et valide, si par malchance, le taux de défaut est très peu élevé. C’est bien connu, le client est toujours roi, mais souvent celui des cons…

Le yield management pour résumer rapidement, c’est pour l’entreprise qui l’utilise, la promesse de maximiser son chiffre d’affaire. C’est le but premier, celui qui va imposer d’analyser les comportements de la clientèle puis de la segmenter afin de construire un modèle de fixation des prix qui en découle. Bien entendu le marketing habillera cette technique de telle façon que l’acheteur pensera faire de bonnes affaires et sera ainsi susceptible d’adhérer à cette politique tarifaire. Mais en aucun cas à la base il ne s’agit d’améliorer réellement le service pour l’utilisateur.

J’en reviens donc à mon billet pour Grenoble. Autrefois, son coût aurait été fonction du kilométrage parcouru et du type de transport choisi : TER, CORAIL, TGV etc…Si je veux bien accepter de payer un peu plus pour profiter de la vitesse d’un TGV, je trouve purement scandaleux d’avoir à débourser des sommes sans rapport avec le coût d’exploitation du service. Encore faudrait-il préciser que la SNCF a très largement abusé de l’avantage comparé des trains à grande vitesse pour augmenter ses prix et que ce fait là était déjà assez pénible.

Mais l’adoption du yield management par l’entreprise il y a quelques années a conduit à une grille tarifaire complètement absconse, extrêmement variable et contraignante pour les publics aux revenus modestes, cachant des hausses de prix bien réelles derrière les promotions type billet Prem’s ou dernière minute, voire la création d’une filiale low cost comme l’IDTGV.

 

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Pour des prix constants et accessibles en revanche, on peut aller se faire voir chez les grecs !

 

 

Je trouve ce système déjà assez détestable à la base quelque soit l’entreprise qui l’utilise. En effet, il donne une prime à la logique mercantiliste des consommateurs, qui sont sommés de se faire managers de leurs propres dépenses en rationalisant leurs achats (réservation très longtemps à l’avance, épluchage de l’offre pour dénicher la bonne affaire, adaptation en choisissant des périodes de départ autorisant des billets moins chers) ou en acceptant de payer au prix fort, voire très fort selon la demande. Tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire pour des raisons financières (petits revenus) , d’agenda (on ne peut pas toujours prévoir certains déplacements ou prendre ses congés quand on veut et les poser longtemps à l’avance), ou tout simplement pour des raisons personnelles, sont pénalisés.

Dure loi du marché me direz-vous…

Sauf que la SNCF est toujours une entreprise qui rend un service public et que l’adoption du yield management est déjà en elle-même un aveu que ce n’est plus le cas. Je trouve cela déjà insupportable dans le principe. Dans les faits, je m’en scandalise de plus en plus car je suis amené à renoncer à des déplacements dont le prix dépasse mes moyens, ce qui n’était pas le cas avant. En outre, ce n’est pas à une entreprise qui plus est publique, de me dicter (indirectement mais tout de même…) mon comportement et mes habitudes de voyage pour que je continue à utiliser ses services. Sans doute aussi, mon côté égalitariste est-il choqué par le fait qu’au sein d’une même voiture, des passagers peuvent avoir payé leur billet 19 euros et d’autres 80. Doit on y compter les winners et les loosers, ceux qui peuvent payer le tarif plein voire majoré sans sourciller (l’homme d’affaires et le touriste argenté sont choyés) et ceux qui ne peuvent pas, ceux qui ne veulent pas se soumettre à la logique de l’utilisateur émancipé et ceux qui ont la joie un peu mesquine d’avoir réussi à payer moins que leur crétin de voisin ? Ce genre de détails fait aussi fait les sociétés et leur cohésion…

Encore une fois, l’utilisation d’une gestion venue tout droit du privé montre clairement au travers de ses conséquences quels sont les objectifs des politiques qui se trouvent en amont de ces décisions : faire de l’argent (nourrir le privé) au détriment des catégories les moins aisées de la population, qui soit sont obligées de se conformer à la logique commerciale en devenant des « consommateurs intelligents » (asservis dirais-je), soit en renonçant à prendre le train, qui en France est encore plus accessible et souvent plus pratique que l’avion.

Voilà comment une nouvelle fois, le nouveau management public pervertit de l’intérieur la logique du service du même nom, en usant de procédés empruntés au privé, tout en justifiant les désagréments produits, par l’inefficacité chronique et génétique du secteur public et de l’Etat entrepreneur. On en profitera pour mieux privatiser et assujettir l’usager.. .oups pardon, le client (celui qu’on peut donc rouler en toute bonne conscience, celle du marché)

J’accepte de plus en plus mal ce gâchis énorme, d’autant plus que, malgré la casse de la SNCF au même titre que les autres services publics et la protection sociale, par les différents gouvernements depuis trente ans, le réseau de chemin de fer dans notre pays, compte tenu de sa densité, est encore un des plus attractifs et efficaces au monde, peut-être même le meilleur avec ceux du Japon et de l’Allemagne. Pour combien de temps, vu la dégradation à grande vitesse (forcément) ?

En plus j’aime beaucoup prendre le train…

 

Un article d’Alternatives économiques sur la question :

http://www.alternatives-economiques.fr/sncf--un-prix-peut...

 

Nicks

 

 

lundi, 06 avril 2009

L'épanchement de synopsis.

 

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Julien Coupat est à l'ombre des médias. Le temps paraît long.

 

Les feuilletons politiques se poursuivent protégés par la même ombre. Rien de nouveau à l'horizon, il suffit de se pencher sur le passé.

 

Les informations se noient dans un tout et rien vertigineux à la vitesse de la lumière. Un mille feuille indigeste. Le recouvrement est salutaire dans une démocratie. Les couches successives préservent l'apparente liberté d'expression.

 

Le fait ponctuel, le tollé jetable bientôt enseveli sous les nouveaux os à ronger.

 

Julien Coupat est un symbole, celui de comités de soutien clairsemé, de quelques actions aléatoires, de forces anéanties.

 

Les grandes manifestations fédèrent sur un intérêt d'ultime survie, l'emploi.

 

Quelques poignées d'humains s'indignent des centres de rétention, des rafles devant les écoles, des délires génétiques ou des menaces de dépistages ADN à la sauce Besson.

Et pourtant, Le Pen aurait certainement commis le même genre de lois que celles promulguées dans une indifférence quasi totale, aujourd'hui. Il faut se souvenir que la France entière s'était élevée contre la menace de cette élection, j'ai envie de dire « relevée ».

 

2002, le pire tournant pour une gauche dont le virage à droite a fini dans le décor. 2002, le respect des droits de l'homme n'étaient pas encore galvaudés en « iste ».

 

Depuis, les mots « terrorisme, l'ultra-gauchisme » (etc…) se sont infiltrés pour disqualifier les oppositions morales aux glissements dangereux du pouvoir.

 

Un seul décrit le pire, l'attentisme.

 

 

Jetez vos agendas.

 

 

Julien Coupat attend dans l'ombre.

 

 

 

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Agathe

 

 

 

 

 

 
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