samedi, 16 avril 2011
Retour à Gaza
N'en déplaise à nos intellectuels organiques, il existe d'autres moyens de contribuer à l'émancipation des populations arabes opprimées que de leur dispenser généreusement des bombes et des encouragements à adopter notre « modèle » démocratique .
Thomas Sommer témoigne de son expérience de participation à la flottille humanitaire pour Gaza, avec le soutien et les éclairages judicieux de Stéphane Hessel.
En complément des commentaires sur les pressions subies par Goldstone : quelques précisions utiles ici .
Urbain
08:19 Publié dans Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : gaza, hessel, flottille, thomas sommer, palestine
samedi, 09 avril 2011
Paul Jorion face à l'agonie du capitalisme
Paul Jorion annonce l'agonie du capitalisme, avec la même pertinence qu'il le fit pour la crise,
mais ça ne l'émeut pas plus que ça .
Urbain , à la mémoire de frère Odm ...
00:11 Publié dans Politique, société | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : paul jorion, agonie du capitalisme, économie, crise, crise financière
mercredi, 06 avril 2011
Y'a comme un défaut
Pour ceux qui pensent que " l'orient est compliqué", nos élites intellectuelles et politiques ont pourvu aux éclaircissements avec une célérité et une efficacité qui n'aura échappé à personne ,
et qui peut se résumer à deux images frappantes illustrant le discernement évolutif de notre brillante philosophie diplomatique, et les principes humanitaires de haute volée qui l'inspirent :
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Il est vrai que désormais les usages gourmés dénotant l'habitus du quai d'Orsay sont rénovés par la fine fleur de nos intellectuels organiques, qui en toute discrétion et modestie , sait conseiller le prince avec sagesse et humilité .
Cependant ... à tout bien considérer, et notamment que le chef des "insurgés" est bien connu pour être "un fidèle parmi les fidèles" du méchant colonel psychopathe, et que le reste de cette "nouvelle" équipe n'est pas en reste.
Quand bien même on s'émerveillera des magnifiques innovations de la "diplomatie corsaire" * promue désormais par les "nouveaux philosophes" de jadis. En dépit même de notre admiration béate devant la perspicacité du nouveau Metternich des droits de l'homme, qui à su voir sous le président de la cour d’appel de Tripoli , notoire pour avoir confirmé la peine de mort des infirmières bulgares (et qui, en récompense de son intransigeance dans ce procès, a été nommé ministre en 2007) , qui donc sous ces trompeuses apparences à su reconnaître un : « type bien , le contraire de ces islamistes que dépeint un Kadhafi aux abois **, des démocrates des souterrains qui n’ont jamais, pendant 40 ans, laissé s’éteindre en eux la petite flamme de la liberté » , et le distinguer pour tel à l'attention de notre pétulant chef d'état .
En dépit de tout cela, on demeurera pourtant enclin à penser que , comme dirait Fernand Raynaud :
"Y'a comme un défaut ..."
"
* consistant a exécuter les pirates turcs armés de fourchettes (qui menacaient il est vrai de débarquer à gaza), ou promouvoir les déversements de bombes humanitaires (du moment que c'est sur la gueule des arabes).
** un Kadhafi rendu à de telles extrémités que dans son affolement il en arrive à reprendre l'argument qu'une presse occidentale en mal de dénigrement avait cru entendre de la bouche même de notre Tintin en Lybie , lorsqu'il décrivait naguère les seules forces d'opposition susceptibles d'affronter ces dictateurs arabes ( auxquels il observe depuis peu qu'il est devenu « beaucoup plus difficulte de tailler des pipes » ) .
Urbain
23:30 Publié dans Arts, culture & politique ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bhl, sarkozy, kadhafi, lybie, bernard henri levy
lundi, 04 avril 2011
des branches – toux [1/2]

- La Mort d'Empédocle, là, c'est trop raide pour moi ! J'ai rrrien com-pris ! C'est trop raide, trop difficile !
- Ah ?
- Mais, je le savais ! J'ai eu une longue journée - je reviens du boulot - et là, j'ai pas tenu !
- T'as roupillé ?
- Au début, un peu, oui. Quelques minutes, peut-être - pas longtemps, en tout cas. Mais, il suffit d'en rater un petit bout, pour ne plus pouvoir suivre le reste !
- Ah, ça ! En plus, il y a beaucoup de passages qui ne sont - et ce, volontairement - pas traduits ! Mais, quand on connaît un peu la langue, un peu les mots importants de l'allemand, on peut arriver à suivre - euh, surtout quand on le revoit ! Mais, au moins, est-ce que tu as senti qu'il y avait quelque chose de fort ?
- Oui - sinon, je ne serai pas resté !
- Euh, je le vois pour la troisième fois. Et je connais assez bien ses autres films !
- Tu en as l'habitude ! Mais, je sais que c'est un film que je vais être amené à revoir plus tard. Il y a ce côté marmoréen, hiératique des personnages, qui m'a gêné.
- Euh, ce n'est pas aussi figé que cela ! C'est une impression qu'on peut avoir - l'immobilité - la première fois. Mais, c'est toujours en mouvement - euh, je ne parle pas des mouvements de caméra, et encore moins des acrobaties de scénario, hein ! A le revoir, tout est très fluide.
- Il filme le mouvement de la parole.
- Pas seulement.
- Ce qu'il filme alors, je dirais - même si c'est idiot - c'est le mouvement... du rythme.
- ?!!
- ...le mouvement poétique, alors.
- Tout à l'heure, tu disais te sentir porté à faire un cinéma comme celui-là... Désolé, je n'y crois pas trop !
- Mais si ! Sur le principe, oui. Pour le minimalisme. Mais là, comme celui qu'on vient de voir, non.
- Je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais il y a un autre mot qui caractérise son cinéma, autre que « épure », « essentiel » ou « élémentaire » - et sur un autre registre - c'est « baroque ».
- Pourquoi dis-tu que c'est baroque ?
- Parce qu'on est dans la saturation des formes classiques, et aussi entre le mouvement et le figé. Là, il y a un genre, le péplum, où tout est excessif. En même temps, on est dans le classicisme du traitement, tout en retenue. Alors, on dira que c'est entre le classique et le baroque ; là où d'autres avanceront que ça, c'est « moderne ».
- Avec lui, il faudrait avoir lu les textes avant, pour comprendre.
- Oui, pour comprendre ; mais, non, si on veut recevoir le film comme expérience inédite, une expérience de l'art : il faut arriver vierge de toute connaissance. Non, mieux : de toute méconnaissance ! « Lire les textes avant, pour comprendre », comme tu dis, c'est déjà une déformation culturelle. Arriver vierge de tout, c'est accepter de recevoir le film en pleine figure, de recevoir un « choc esthétique », comme on dit un peu bêtement. Si tu arrives avec un peu de préparation, tu viens en non-dupe, en petit malin, en type qui dit par avance : « Bah, moi, je ne vais pas me faire avoir ! » C'est le début de l'attitude cynique. Alors que quand tu reçois violemment un film comme celui-là, ça t'oblige à reconsidérer, sinon intégralement, au moins partiellement ta conception des choses : du cinéma, des films que tu as l'habitude de voir, et du monde - ton rapport aux choses et aux autres. Mais pour cela, il aura fallu que tu ressentes au moins un « frémissement », qu'il y ait eu quelque chose de « fort », même si tu n'y auras entravé que dalle ! Ce sont des films qui t'obligent à te remettre en question.
Tout le truc du cinéma dominant, c'est justement le contraire de ça. C'est une routine, qui te conforte dans tes habitudes de spectateur, dans la sécurité de ce que tu vas voir : il y a des conventions, qu'on contourne plus ou moins quand on a affaire à des gens habiles, mais ça ne va pas au-delà, et à la limite, c'est voulu : c'est fait pour satisfaire ta « malice ». Il y a des signes de reconnaissance, des clins d'œil pour que tu te dises que tu n'es pas complètement idiot, mais ce n'est pas fait pour renverser ton système d'appréhension du monde.
Bien sûr, avec Straub, tu peux rester sur tes acquis, et considérer que tous ses films sont définitivement mauvais - ce que font la plupart des spectateurs « enculturés ». Mais le problème, c'est que ses films ne le sont pas - disons, « objectivement ». Au contraire, ils gagnent en excellence. Donc, de les rejeter parce qu'ils sont « chiants » ou « incompréhensibles », c'est soit une preuve de paresse, soit de la connerie pure et simple.
- De la paresse, oui, car c'est sûr qu'ils obligent à un effort.
- Tu vois, les films du circuit dominant, eux, justement, ils ne demandent aucun effort au spectateur- ils ne le font pas travailler ! Ça ne veut pas dire que ce soit toujours mauvais ! Il y a quelque chose de très personnel, de très propre dans ce cinéma-là. « Propre », c'est un bon mot pour le définir encore ; ou hygiénique.
- Moi, j'ai toujours un problème avec le théâtre : pour suivre, j'ai toujours besoin de connaître le texte avant.
- Je ne te suis pas. Tu veux dire : toutes les pièces ? même en français ?! même les classiques ?!
- Oui. Je n'arrive pas à suivre, même en français.
- Mais alors, ça vient de la versification ? ou bien, même quand c'est en prose ?
- Les deux ! Oui, même quand c'est en prose, j'ai du mal à suivre.
par Albin Didon

23:41 Publié dans Arts, culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











