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mardi, 18 janvier 2011

Naissance du mouvement des non-indignés

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Donc, après les épisodes précédents ( la tentative de réduction, occultation de ce qui ne pouvait plus être ignoré  ici , et la deuxième couche de d'injures et de dépit haineux  ) ...
Nous voici au troisième "stade" : la censure, première action "décisive" de la conjuration des non-indignés.

hier je reçois ce communiqué:

"Nous apprenons avec stupeur et indignation par un communiqué du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France que  la rencontre prévue le 18 janvier à l'Ecole Normale Supérieure avec Stéphane Hessel a été annulée à sa demande ( à la demande du CRIF) .  
Un homme qui a dédié toute sa vie au combat pour la liberté se voit ainsi interdit de parole  pour avoir rappelé les droits du peuple palestinien.
Cette intervention n'est pas un fait isolé. Il y a longtemps déjà que le CRIF et des personnalités qui lui sont liées exercent la calomnie et l'intimidation à l'égard des  militants, artistes ou universitaires juifs et israéliens coupables de s'opposer aux violations du droit international perpétrées par l'Etat israélien . Ils ont notamment réussi à faire partir de France un cinéaste israélien dont les films ne leur plaisaient pas .
Aujourd'hui cette institution affirme sans ambages  son droit de décider qui a en France le droit ou non de parler d'Israël et de la Palestine. Elle n'a pas sans intention choisi de le faire en un lieu symboliquement associé à l'idée de la libre recherche. Si la directrice de l'Ecole Normale Supérieure  a accepté son diktat, elle  a déshonoré sa fonction. Il en va de même pour la Ministre de l'Enseignement Supérieur  s'il est avéré qu'elle est personnellement intervenue pour faire annuler la rencontre prévue.    
Ces faits sont inadmissibles.  Le droit de critiquer les actes du gouvernement israélien comme de tout autre gouvernement doit être respecté sur notre territoire. Aucune institution n'a le droit de nous prescrire, en fonction des intérêts particuliers qu'elle représente,  ce que nous devons dire, écrire, voir et entendre. "

Communiqué signé de :
Alain Badiou, ENS 1956, professeur émérite à l'Ecole Normale Supérieure Etienne Balibar, ENS 1960, professeur émérite à l'Université de Paris Ouest Ivar Ekeland, ENS 1963, professeur à l'University of British Columbia, Vancouver Jean-Marc Lévy-Leblond, ENS 1958, professeur émérite à l'Université de Nice Marie-José Mondzain, ENS 1962, directrice de recherches au CNRS Jacques Rancière, ENS 1960, professeur émérite à l'Université Paris VIII Emmanuel Terray, ENS 1956, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Avec ce nouveau « haut fait » de censure sans phrase et sans vergogne , accompli grâce à la courge insignifiante qui a été placée par l'hue aime pet à la direction d'une des plus éminentes institutions du pays, le parti des non-indignés voit donc son action, son projet et ses contours se préciser : légion hétéroclite où se rassemblent dans l'urgence toutes les composantes de la niaiserie réactionnaire et xénophobe, de la vacuité intellectuelle , de la nullité conceptuelle, du dépit haineux , du refoulé égocentrique, du repli communautaire et de la médiocrité satisfaite, des cuistres pontifiants des « écrans » , aux zélotes patentés  de « l'état des choses » , des racistes arabophobes aux mandarins du conformisme le plus veule .

Cette troupe sinistre n'est pas si nombreuse, mais elle fait beaucoup de bruit et prétend par son vacarme hystérique couvrir toutes les voix intelligibles ou leur imposer silence à grand renfort de chapes de plomb (durci).

Après Elisabeth Levy ( la passionaria des non-indignés), Fillon et sa fine équipe, Sollers et la troupe d'élite , Zemmourde et ses bonnes questions, Ferrire et sa philosophie brushing, Béchamelle et son fric, Finky et ses tics, Assoupline et sa soupe , and co ...
voici Canto cerbère qui s'y colle sur ordre de pécresse et sur le mode servile et niais qui lui est coutumier.
N'ayant jamais su que s'aplatir la seule chose dont ils se soient jamais indignés , c'est l'indignation, unanime et spontanée, qu'ils suscitent .

Je propose qu'on les envoie illico en voyage organisé stage en Tunisie, cornaqués par Frédo . Que nos amis tunisiens profitent enfin du "savoir faire" de ces services de sécurité idéologique que le monde entier nous envie .

pour en savoir plus :

le billet d'olivier Bonnet
celui de valdo
et naturellement : vu à la télé :
Hessel contre les non-indignés

urbain

 

samedi, 15 janvier 2011

démarches – à l'ombre [1/2]

 

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- Salut, Guillaume…

- Tiens, salut ! Comment vas-tu ?

(tous les deux, quasi simultanément) : Euh, bonne année !

- Euh, voilà, un truc de complètement terre à terre, qui n’a rien à voir avec le film qui vient de passer… tu sais qu’ils font la place à 3€ dans les salles UGC – au cas où il y aurait des films que tu voudrais « rattraper » ?

- Oh, j’ai le Pass ! mais merci…

- Ah, tu as le Pass ?

- Mais, je ne l’utilise pas beaucoup, faute de temps – et je n’ai toujours pas pris l’occasion de résilier mon abonnement.

- Ah, oui ! c’est vrai que, eux, ça marche par « résiliation ». Il y a des endroits, comme à Beaubourg par exemple, où tu t’abonnes, et au bout d’un an, ça s’arrête. Et si tu veux te réabonner, tu dois refaire une demande. Avec eux, comme avec les opérateurs de téléphonie ou les chaînes câblées, c’est automatique ! Bah, c’est les pratiques commerciales modernes – pour te « simplifier les démarches », ils te ponctionnent directement !

- Tiens ? je n’avais pas fais gaffe, oui ! Mais, avec cette carte, je peux revoir des classiques, dans les salles du 5ème arrondissement…

- Ah, oui ! C’est vrai, ils sont en partenariat…

- Avec MK2, aussi !

- MK3… Mais alors, c’est bon, tu l’as rentabilisée !? tu ne dois plus avoir beaucoup de films à rattraper !

- Non, ça va… J’ai même vu deux fois Oncle Bonmee ! Il est vraiment bien ce film !

- Euh, je vais dire un truc un peu débile, mais comme c’est un truc que font généralement les cinéphiles, disons un peu « frappés » : est-ce que tu as fait ta liste des meilleurs films cette année ?

- Non…

- Oui, bon, c’est un truc de frappés, je disais…

- Euh, non… pas encore, je veux dire… ça m’est arrivé de le faire, les années précédentes…

- Bon, ça reste un truc de frappés… et tu en fais partie, alors !-DDD

- Et toi, tu l’as faite ?

- Oui. Il m’en reste un ou deux à voir… mais il ne devrait pas y avoir de grands bouleversements !

- (pause) Dis-moi… euh, ça me vient comme ça tout à coup… on dirait que tu es comme Gilbert – euh, ce n’est pas un reproche – et puis, ce n’est pas pour dire que vous êtes pareils – mais vous avez un point commun, on dirait – on dirait que, comment dire ? – bien sûr, ce n’est pas grave, chacun fait comme il veut – mais, on dirait que tous les deux, enfin… ni lui, ni toi – enfin, lui, je le sais, mais toi, je ne sais pas… vous n’avez pas, euh, comme on dit communément, d’activité pro…

- Ah, tu veux dire qu’on ne travaille pas !? Non, effectivement, Gilbert et moi – on est fâchés depuis un moment – entre vous deux, ce n’est pas le cas, je crois – mais à l’époque, pour lui, c’était déjà comme ça – non, nous n’avons pas d’activité professionnelle ! Bah, tu sais, la plupart des gens, ils travaillent surtout parce qu’ils en ont la nécessité : ils ont besoin de gagner de l’argent ! Sans ça, il se peut que beaucoup ne travailleraient pas non plus – ce qui n’est cependant pas dit ! Moi, ce n’est plus le cas, mais à une époque, j’ai bossé, puis j’ai eu la chance de pouvoir arrêter. Les circonstances me l’ont permis !

Et puis, je pourrais ajouter que mon activité actuelle, c’est un peu comme ce que fait – ou devrait faire – un critique ordinaire, à la différence que lui, il le fait plutôt mal, et en plus, il est payé !-] Alors que ça, on dirait que ça t’étonne beaucoup moins ?!-]

Euh, si tu dois y aller, il n’y a pas de problème, ou si tu me trouves trop lourd, il faut me le dire, car je comprends qu’on puisse me trouver « prise de tête »… ou trop bavard !

- Non, ça va là – et non, je n’ai pas de train à prendre, non plus…

- Bon. C’est comme le film qu’on vient de voir (Champagne/A l’américaine, d’Alfred Hitchcock, 1928) – que j’aime bien, mais que je ne reverrais pas cinquante fois – elle, le personnage féminin principal, elle vient de l’aristocratie, puis tout à coup, par un revers de fortune – son père prend de plein fouet un krach boursier – elle se retrouve déclassée, et se retrouve obligée de travailler. A la différence d’elle, Gilbert et moi, on est nettement moins naïfs. Elle fait vendeuse de fleurs dans un cabaret, mais elle découvre peu à peu – ça fait « tilt » – que son boulot est assimilé à celui d’une pute ! Et puis, nous, on n’appartient pas à l’aristocratie, euh, financière, non plus ; quoique lui, je le soupçonne de l’être un peu plus que moi ! Mais il se peut que j’embellisse sa situation, hum !

- Mais, il y a plusieurs façon d’être aristocrate…

- Oui, c’est pourquoi j’ai ajouté « financière » ! Gilbert, je ne dis pas, mais moi, non.

- Mais alors… mais alors, tu dois te nourrir, ou vivre frugalement ?

- Pour manger, non ! Regarde, j’ai plutôt bon appétit ! Pour ce qui est de « vivre frugalement », je dois dire que je sais me priver de tout ce qui est inutile, et donc à l’arrivée, on n’a plus beaucoup de dépenses. Donc, pour ne pas avoir à travailler, il est vrai qu’il faut pouvoir bénéficier de certaines circonstances, et savoir se dispenser d’un certain confort matériel ou technologique.

 


 

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par Albin Didon

lundi, 10 janvier 2011

Deuxième couche : une vie de merde pour Stéphane Hessel

Or donc,
Nef et quelques NRV ont eu la gentillesse de me prévenir que la mystification de poujadasse avait elle-même été reprise par un de ses collègues du service public de l'audiovisuel : « FOG » ( le bien nommé).
Comme je ne regarde plus la télé depuis plusieurs décennies je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait . Le podcast vidéo permettant de reluquer pronto les archives immédiates de ces âneries, je m'y suis collé . Instruit par mes « indicateurs » que la librairie avait une fois encore les honneurs du « petit écran » , j'ai découvert que cette fois il ne s'agissait plus d'un vulgaire « 20 H » à l'usage du spectateur moyen, mal dégrossi et au temps de cerveau peu disponible .
Non le truc que j'ai vu semble plutôt destiné au spectateur d'élite, exigeant, motivé, sensible aux jugements nuancés, aux analyses expertes et autres fines subtilités de « commentateurs » avertis de la chose culturelle et littéraire. Le genre qui permet d'aller « au fond des choses » et de porter un regard « informé » et « branché » , avec un « plateau » composé d'un harmonieux mélange de chroniqueurs attitrés et invités « de marque » ( politiciens, écrivains , « intellectuels » , journalistes, et « bouffon » de service ).
Ça s'appelle : « Semaine critique ! » et c'est supposé « consacré aux débats d'idées et à l'actualité culturelle »
Bref « divertir et cultiver » ( voire même , peut-être ... « penser » ) sur « fond» d'actualité culturelle.
Autrement dit, après la première couche  poujadasse , vite faite , grossière , hâtivement torchée pour le vulgaire, le spectacle n'en a pas forcément fini avec le réel un peu rétif à son opération de réduction/occultation. Il faut parfois ajouter une deuxième couche, plus ripolinée , pour « spectateurs exigeants » ( genre lecteurs occasionnels de Libé, télérama , le Monde ou Le Figaro ) .
Et c'est ce genre de guignolade qui semble aujourd'hui formatée pour assurer cette fonction.
Cirage de pompes , auto-congratulations réciproques, piques mouchetées et connivence de bon ton , propos fait de clichés , âneries pédantes et sarcasmes mondains, sur un  ton alternant fausse simplicité , véritable cuistrerie et impertinence convenue, le tout ponctué d'applaudissements « spontanés » attestant la « participation du public » .

Je n'ai pas le projet de passer encore beaucoup de temps à commenter les commentateurs du livre de Stéphane Hessel, mais c'est quand même un peu difficile de laisser passer ça ( je ne vous ai gardé que « le meilleur » ) :



Laisser passer ça, sans réagir, un peu plus que le « plateau » de fruits de m... qui entoure la sémillante Elisabeth Levy .

« Mais quand même résister contre les nazis, c'est bien non ? » fait notre brouillard à tignasse brushée , en guise de contradiction ! à se demander si lui même en est très convaincu .

Je précise (pour « contextualiser » ) que la séquence sur Hessel était précédée par un autre épisode sans doute considéré comme majeur par nos brillants "débateurs d'idées", et autres analystes de la substantifique moelle de l'actualité culturelle : l'annonce de la sortie, dans quelques mois d'un film de fiction sur la campagne électorale de Sarkozy.
Donc selon ces messieurs-dames, un « phénomène » qui pour totalement virtuel qu'il soit semble analogue et parfaitement commensurable à celui du succès du livre d'Hessel...
De la même manière sans doute que, aux yeux de cette clique, le dépit haineux et inepte d'Elisabeth Levy relève du « bris de tabou », ou de la « salutaire provocation » et autre « bonne question » , sur quoi ils ont tous évidemment un « avis autorisé » interchangeable et spontané.

Et pour les plus masochistes d'entre vous : la totale ... avec toute la troupe, l'ensemble des attractions , contorsions, poses et galipettes.

 
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