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vendredi, 07 mai 2010

Responsabilités des élites, démocratie et spéculation.

Salut les vilains petits canards !

L'autre jour, j'entendais un représentant des libéraux déclarer que les Grecs, responsables de la déroute financière à cause de leur mauvaise gestion, de leur train de vie supposé et des mensonges éhontés livrés aux instances internationnales méritaient largement les mesures sacrificielles que l'Europe leur faisait subir.

Certes.

Ce même intervenant d'ajouter que le peuple était responsable par la délégation démocratique et les mandats électoraux qu'il avait accordés à ses hommes politiques pour gérer le pays.

Et là, amis du Village, mon sang de canari n'a fait qu'un tour ! Des dents acérées ont poussé en quelques secondes dans mon bec délicat!

Ainsi le vote des citoyens impliquerait-il une délégation du pouvoir économique à ceux qu'on met au pouvoir démocratiquement ? Cela parait logique.

Ath_Hephaistos.JPG

MAIS.

Lorsqu'on doit choisir entre un Strauss-Kahn et un Sarkozy ? Entre un social libéral et un libéral social ? Entre la blanche neige et la neige blanche ? Entre la peste et le choléra ? Existe t-il vraiment une alternative ? D'autant que les législations des pays sont faites pour éliminer les petits partis ! Sans oublier que pour parvenir au pouvoir, des fonds très importants sont nécessaires pour planifier une campagne électorale digne de ce nom et que seuls 2 ou 3 partis dans chaque pays démocratique peuvent légitimement prétendre à la victoire !

Et comme, ces "grands" partis sont financés par des lobbies ou des entreprises privées, ils évitent consciencieusement de remettre en cause le système.

Donc, votre choix se résume simplement à voter pour du blanc-bleu ciel ou du rose pâle ! Et à l'arrivée, vous tombez sur les mêmes politiques fades pratiquant les mêmes mesures, votant pour les mêmes lois. Juste,  changent le visage et l'allure des représentants et la plastique des épouses ; avouez que c'est bien peu !

Et quand ces gens font d'énormes bévues, c'est le peuple qui paye. Comme ces politiciens grecs inaptes et jouisseurs.

Dites, les amis, ce dualisme incolore ne vous rappelle pas un peu la situation 2010-05-05T121755Z_01_APAE6440Y5Y00_RTROPTP_2_OFRWR-GRECE-MANIFESTATIONS-MORTS-URGENT-20100505.JPGde notre beau Pays ?

À propos avez vous jamais entendu les autorités politiques européennes ou grecques, exiger une enquête et le passage en Justice des dirigeants politiques et banquiers responsables de cette faillite en Grèce ?

Les classe moyennes et modestes héllèniques se révèleraient donc les seules coupables de ce krach sous prétexte qu'elles auraient donné leurs suffrages à des incapables et des corrompus ? Mais le peuple grec avait-il d'autres possibilités de choix ?

Foutaises !

Il n'existe pratiquement plus d'alternative idéologique dans nos sociétés occidentales aseptisées. Dans le cas grec, les 2 partis successivement au pouvoir étaient aussi médiocres ou corrompus l'un que l'autre.

Vous, citoyens ordinaires, avez vous l"impression en mettant votre bulletin dans l'urne de vous engager à payer les pots cassés de ceux que vous allez élire ? Savez vous à l'avance s'ils seront honnêtes et compétents, s'ils respecteront leurs paroles ou s'ils ne vous conduiront pas vers une aventure hasardeuse ?

Et si à mi-mandat, si vous vous apercevez que vous avez été trompés par vos représentants, quels sont vos recours pour les pousser dehors ? Aucun, bien entendu : vous avez signé un contrat à durée déterminée de 5 ans minimum !

L'addition sera de toutes manières pour vous et dans ce cas on comprend mieux la colère justifiée du peuple grec impuissant !

Alors, on risque à coup sûr, tôt ou tard, l'émergence fatale de partis populistes, démagogiques et autoritaires d'extrême droite vers lesquels se rabattront les électeurs dégoutés et écœurés comme on en rencontre de plus en plus.

L'Europe se prépare des lendemains malsains...

Dans le monde actuel, plus vous grimpez les échelons, moins vous êtes responsables de vos fautes. Ce fait est désormais patent et hélas indiscutable : seuls les petits, salariés, fonctionnaires, cadres, artisans ou commerçants, professions libérales payent pour leurs erreurs. Au fur et à mesure de sa montée dans la hiérarchie sociale, non seulement la rémunération croît, mais les périls diminuent d'autant que les parachutes dorés ou les voies royales de garage atténuent la chute éventuelle et vous garantissent une rente confortable. L'oligarchie de connivences en cours actuellement dans tous les pays occidentaux est une assurance tous risques pour tous ceux qui ont la chance de bien naître ou d'y rentrer par relation. Sauf égarements gravissimes votre avenir est assuré envers et contre tous.

Le libéralisme économique et la spéculation financière, idéologies du risque pour les dirigeants économiques  ? Mon œil ! Un slogan médiatique de plus, oui !

Dès lors, les erreurs de nos élites politiques ou économiques seront toujours pardonnées mais leurs séquelles seront systématiquement mutualisées.

Le Peuple, fût il grec ou français, qu'il vote ou non,  sera toujours le dindon de la farce.

C'est la morale de cette sinistre tragédie grecque qui se déroule sous nos yeux.

Toutefois pour en terminer et relativiser, n'oublions jamais que presque un milliard d'individus sur notre planète souffrent de malnutrition, la crise monétaire accentue la volatilité des marchés et commence à attirer les capitaux des spéculateurs vers les marchés plus traditionnels des matières premières comme le riz, la farine et autres productions vivrières dont les pays les plus pauvres sont si dépendants...

La spéculation devient un véritable fléau, un nuage de sauterelles virtuelles, un fleuve boueux qu'il convient, pour les États, de maîtriser impérativement avant d'y finir engloutis. Mais je crains qu'avec un mollusque languide (pour parler poliment) de l'acabit de ce pauvre François Fillon, nous soyions bien mal barrés.

 

Amis du Village, bon courage et à bientôt et allez donc consulter ce superbe billet sur les pseudos modèles de la mondialisation et cet autre brillant exposé sur un tout autre sujet dramatique : la Palestine.

 

Il est 21h, j'ai rédigé mon billet depuis déjà quelques heures et je viens de parcourir le blog de l'excellent SuperNo. Lui aussi parle de la Grèce. Si nos propos sont différents, ils n'en vont pas moins dans le même sens. À lire absolument.

 

 

Cui cui fit l'oiseau, phénix déplumé de basse-cour.

Commentaires

Jolie billet.
En plus des matières premières, le cour de la vaseline va aussi prendre une mauvaise direction, et pourtant, on va en avoir besoin.

Pour le bi-partisme, comme dit Dmitry Orlov à propos des États-Unis :
"Il y a Le Parti capitaliste et... l'autre Parti capitaliste"
http://orbite.info/traductions/dmitry_orlov/combler_le_retard_d_effondrement.html

Je suis allé au trois ans du petit hier, je n'ai pas osé demandé à Siné de me dédicacer mon bifton de 500 SarkEuro, dommage.
Mais pour le reste, c'était très amusant. :)

Écrit par : Zergy | vendredi, 07 mai 2010 11:45

La Grèce est le premier pays (peuple) à payer l'addition catastrophique due par les responsables politiques et le système financier. Comme tu l'écris si bien, personne ne demandera de compte aux faiseurs. Quelle aubaine cette crise, ça permet de supprimer le minimum redistribué "d'aide sociale" pompée sur la majorité. Les banques européennes peuvent sereinement continuer à se partager le gâteau. Il y a de quoi mettre le feu ...

Écrit par : agathe | vendredi, 07 mai 2010 11:55

Oups, merci pour les liens et bravo ;-))

Écrit par : agathe | vendredi, 07 mai 2010 12:00

Dans les commentaires

Lustukru
06.05.10 | 23h27

Qu'est ce qu'il ne faut pas dire pour garder son AAA! Apres la "croissance avec les dents", on passe dans le mode "la rigueur dans les gencives". Logique.

Écrit par : patrice | vendredi, 07 mai 2010 13:08

"Daniel Cohn-Bendit, a accusé vendredi Nicolas Sarkozy et François Fillon d’avoir fait pression sur Georges Papandréou, assurant qu’ils avaient conditionné l’aide française à la Grèce au respect par Athènes de contrats d’armement souscrits avec Paris."

www.liberation.fr/monde/0101634207-cocohn-bendit-accuse-sarkozy-et-fillon-d-avoir-fait-pression-sur-papandreou

www.bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/05/grèce-linsubmersible-budget-de-la-défense.html

Écrit par : le petit soldat | vendredi, 07 mai 2010 15:39

Ce matin sur France Inter, sur le thème "la Grèce, la rigueur, le tour de vis, le coup de rabot, etc.", on pouvait écouter Bernard Maris, suivi de François Morel : le premier constatait que depuis trois ans Nicolas Sarkozy avait rabâché que laisser filer le déficit, accroître la dette publique, ne pas augmenter les impôts c'était bien, surtout pour les plus riches, et que maintenant, deux crises plus tard, il faisait exactement le contraire, au moment précis - une faible et incertaine reprise - justement où il ne faudrait pas le faire (maintenant que les plus riches se sont rempli les poches, on présente la note au reste de la population) ; Maris ajoutant que si l'on voulait "moraliser le capitalisme" tout en aidant la Grèce, on pouvait choisir de taxer à 100% les profits générés par la spéculation sur la dette grecque (détenue à hauteur de 17% par les petits épargnants français, qui s'enrichissent ainsi depuis quelques semaines)... mais ça ne doit pas faire partie des intentions vertueuses du gouvernement.
Dans la foulée, Morel rappelait deux éléments de réflexion, à l'heure où les Français vont devoir sacrifier leur retraite (et où les plus précaires vont payer le prix fort pour l'impéritie et l'imbécilité de la politique menée, c'est moi qui rajoute). Primo, Nicolas Sarkozy s'est augmenté de 140% en 2007, et secundo, Bernadette Chirac - laquelle, hébergée à titre gratuit avec son mari par la riche famille Hariri, contre on ne sait quelle contrepartie, n'a pas de problème de logement - Bernadette Chirac, donc, vient d'entrer au conseil de surveillance de LVMH : elle touchera 250 000 euros en jetons de présence...

Écrit par : Money money money | vendredi, 07 mai 2010 15:45

Etrange chez Libé cette adresse url "coco-hnbendit"...

Écrit par : Coco Chanel | vendredi, 07 mai 2010 16:05

"Et quand ces gens font d'énormes bévues, c'est le peuple qui paye."

S'il ne s'agissait que de bévues...

Écrit par : Commentaire relatif au billet | vendredi, 07 mai 2010 16:21

Ecrit par : Commentaire relatif au billet | vendredi, 07 mai 2010 16:21

http://www.lefigaro.fr/societes/2010/05/06/04015-20100506ARTFIG00561-l-exposition-des-banques-francaises-a-la-dette-grecque.php

Bévues mon c..

Gagner gros pour perdre gros. Plus les taux d'intérêts sont élevés, plus on peut gagner, pour les pertes la BCE y pourvoira.

Un petit caca nerveux des marchés et hop la Trichette va payer... grâce à un achat direct de titres souverains par la BCE...

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/06/04016-20100506ARTFIG00755-grece-la-bce-n-achetera-pas-de-dettes-d-etats.php

Écrit par : nef des fous | vendredi, 07 mai 2010 16:50

Discours de Périclès
140. Quel est mon sentiment, Athéniens ? — toujours le même : ne pas céder aux Péloponnésiens ; et pourtant je
sais que les hommes n'ont pas la même ardeur pour se ranger à l'idée d'une guerre, ou bien pour agir, le moment venu, car l'événement vient modifier leur sentiment. Cependant, je vois que mes conseils doivent aujourd'hui encore être identiques ou analogues, et j'attends en bonne justice que ceux qui se rangeront à cette décision soutiennent, même en cas d'échec, les décisions communes, ou bien ne prétendent pas, même en cas de succès, à ce qu'elles impliquaient d'intelligence. En effet, l'événement qui intervient peut à l'occasion: prendre un tour non moins imprévu que les dispositions mêmes de l'homme ; c'est bien pourquoi, dès qu’une chose déjoue le raisonnement, nous avons pour coutume d'incriminer le sort.
2 Les mauvaises intentions des Lacédémoniens à notre égard étaient, déjà auparavant, manifestes ; elles le sont aujourd'hui plus que jamais. En effet, alors que le texte dit de nous prêter réciproquement à un jugement pour les différends surgissant entre nous, et de garder chacun les territoires que nous occupons, ils n'ont pas eux-mêmesréclamé, jusqu'à présent, que nous nous y prêtions, et n'acceptent pas non plus nos offres de le faire : ils préfèrent,pour résoudre les points en litige, la guerre à la discussion, et ils viennent maintenant nous présenter des exigences,
et non plus des griefs.

Écrit par : urbain | vendredi, 07 mai 2010 17:21

billet qui reflète exactement le fond de ma pensée (tt comme celui de vogelsong et de Super No et de tant d'autres que j'ai lu ces derniers jours malheureusement)
Un seul point sur lequel je ne suis pas d'accord avec toi :
"les mêmes politiques fades " humhum, j'ai bien peur qu'elles ne soient pas très fades ! elles sont plutôt pimentées à mon goût ! elles m'arrachent la gorge même !
(je te taquine hein :-)
Sinon, je suis tombée là-dessus http://www.businessinsider.com/guy-goes-crazy-while-giving-a-webinar-during-the-crash-2010-5
et là-dessus
http://www.businessinsider.com/amazing-audio-from-the-sp-500-pits-as-the-market-goes-into-complete-collapse-2010-5 (cliquer le lien en bas de l'article)
Pas besoin de parler anglais pour "comprendre" l'hystérie totale qui s'est emparée des marchés US hier.
un bon gros lol !!! j'aurais voulu être une mouche pour voir tous ces #banksters ne sachant plus où donner de la tête !

Écrit par : laetsgo | vendredi, 07 mai 2010 17:25

Ça me rappelle une expression "responsable mais pas coupable"... Là ce serait irresponsable et coupable si l'on suit Jorion : http://polluxe.wordpress.com/2010/05/07/la-finance-ce-sont-les-traders-qui-en-parlent-le-mieux/

Écrit par : polluxe | vendredi, 07 mai 2010 19:05

Nous lisions ceci avec une patiente, aujourd'hui, pris au hasard, mais aimable hasard, dans les chroniques de Louis-Sébastien Mercier - Le tableau de Paris - écrites dans la période 1781-1788:

Capitalistes:

Le peuple n'a plus d'argent; voilà le grand mal. On lui soutire ce qu'il lui en reste, par le jeu infernal d'une loterie meurtrière, et par des emprunts d'une séduction dangereuse, qui se renouvellent incessament. La poche des capitalistes et de leurs adhérents recèle au moins la somme de six cent millions.C'est avec cette masse qu'ils joutent éternellement contre les citoyens du royaume. Leurs portefeuilles ont fait ligue, et cette somme ne rentre jamais dans la circulation.

Stagnante, pour ainsi dire,elle appelle encore les richesses, fait la loi, écrase, abîme tout concurrent, est étrangère à l'agriculture, à l'industrie, au commerce, même aux arts. Consacrée à l'agiotage elle est funeste et par le vide qu'elle cause et par le travail obscur et pertpétuel dont elle foule la nation. Il faut que dans cinq ou six années l'argent passe tout entier, par une opération violente et forcée, dans la main de ces capitalistes, qui s'entraident pour dévorer tout ce qui n'est pas eux.

Et néanmoins on taxe les arts, on met un impôt sur l'industrie, on fait payer le commerce, l'on demande de l'argent à un homme qui travaille. Puisque l'on n'entend plus que ce mot, de l'argent, de l'argent, encore de l'argent, qu'on laisse donc les moyens d'amasser de l'argent; que tous soient appelés à morceler, à couper, à dépecer la masse énorme des métaux monayés, qui résident dens un petit nombre de mains; favorisez tout ce qui peut creuser les canaux par où ce métal si attendu doit se répandre, au lieu de faire des lois, des statuts, des règlements bizarres, des prohibitions éternelles. Quand tout se fait avec de l'argent, n'attendez pas que des vertus purement patriotiques germent sur le sol de la misère et de l'indigence.

Écrit par : patrice | vendredi, 07 mai 2010 20:39

Merci à tous.

Le cynisme affiché par les dirigeants européens rend tout le monde raide dingue.

Après Dieu, le chef, le roi, l'empereur,le président, le nouveau Maître est le marché.

Décidément l'Homme ne peut se passer de joug ou de chaînes, sitôt qu'il en tombe une, une autre apparait !

@LaetSgo, je n'ai pas tout à fait voulu dire par "politiques fades" ce que tu as compris. En vérité, je pensais aux périodes calmes. Je me suis donc mal exprimé.

Écrit par : Cui cui fit l'oiseau | vendredi, 07 mai 2010 21:34

mais non, tu t'es très bien exprimé ! comme je le soulignais, je te taquinais c'est tout ;-)

Écrit par : laetSgo | samedi, 08 mai 2010 07:47

ben heureusement mon cui cui d'oiseau que je n'ai pas lu ton billet avant d'écrire le mien sinon j'y aurai renoncé aussi sec et je me serais retrouver devant ma page blanche - sinon deux explications soit "que les grands esprits se rencontrent " mais notre modestie y perdrait soit que nous sommes en télépathie mais notre rationalité en souffrirait

reste une troisième explication - qu'en termes d'évidence on analyse pareil

Écrit par : tgb | samedi, 08 mai 2010 12:21

Nous sommes tous des Lionnel Luca allemands !

www.lefigaro.fr/international/2010/05/08/01003-20100508ARTFIG00457-le-gouvernement-italien-boycotte-le-festival-de-cannes.php

Écrit par : Yes, we cannes | samedi, 08 mai 2010 20:16

Ecrit par : Yes, we cannes | samedi, 08 mai 2010 20:16

Avec un peu de chance il va pleuvoir ( comme c'est généralement le cas, au moins une semaine sur 2 ).

Écrit par : urbain | samedi, 08 mai 2010 21:02

Donc, la propagande et le travail préparatoire tournent gentiment.
Effectivement, le peuple est responsable. Les pays ont vécu "au dessus de leurs moyens". Il va falloir réduire sérieusement la voilure. Tout ceci n'a finalement que bien peu de lien avec la "crise financière" de 2008, les subprimes, le "sauvetage" des banques, le capitalisme terriblement immoral... C'est une crise de l'Etat-providence, avec son cortège de fonctionnaires et d'assistés sociaux. "On" ne peut plus se le permettre (pourquoi ? pas de réponse). L'argent, il n'y en a plus (où est-il ? pas de réponse).
Comme il n'était pas très difficile de le (pré)voir, et comme l'Histoire récente nous l'apprend, voilà une belle occasion d'accélérer le processus de démantélement et de liquidation de tout ce qui est très vilain : acquis sociaux, protection, secteurs extérieurs ou rétifs au marché, l'idée même de programme du CNR, égalité etc.

Écrit par : pravda | samedi, 08 mai 2010 22:53

La phrase (comique) du jour (ou plutôt d'hier) :

"Désormais les spéculateurs doivent savoir qu'ils en seront pour leurs frais"

Pfiou...


(C§, une superbe veste (et, il semble, une certaine roideur))

Écrit par : la peur s'empare de la finance | samedi, 08 mai 2010 23:20

Ecrit par : pravda | samedi, 08 mai 2010 22:53

Il faudrait que les "économistes" fassent un véritable "saut quantique" pour comprendre que marx, philosophe, fait non pas de l'économie mais, comme le disait si bien le regretté bensaïd , une critique de l'économie (politique), , autrement dit à proprement parler , il la "mettait en crise" , d'autant plus facilement que la crise est sa seconde nature :

"Le tour de force de Marx, contemporain de la première grande expansion bancaire des années victoriennes et du Second Empire, c’est d’avoir traversé les apparences, la surface confuse des choses, pour chercher au coeur du système, les raisons de la déraison, la logique de l’illogique."

www.contretemps.eu/lectures/marx-crises-capitalisme

Le capitalisme n'est pas réformable, ou "régulable", et il continue de devenir ce qu'il est .

« Avec le changement de la base économique, toute l'énorme superstructure est plus ou moins rapidement bouleversée. Quand on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement des conditions économiques de la production — qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse — et les formes juridiques, politiques religieuses, artistiques ou philosophiques , bref, les formes ( idéologiques) à travers lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le MÈNENT JUSQU'AU BOUT »

Marx, préface de la Contribution à la critique de l'économie politique (1859).

Écrit par : urbain | samedi, 08 mai 2010 23:29

Lordon :

"Crise, la croisée des chemins"

http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

Écrit par : pub ! | dimanche, 09 mai 2010 15:50

Ecrit par : pub ! | dimanche, 09 mai 2010 15:50

C'est assurément de l'économie politique, lucide et "informée". Tout le contraire des "coups de gueule" sincère mais "aveugles" de la blogosphère habituelle ( ici compris ) , qui nous dit tout autre chose que les protestations justement indignées mais insignifiantes, et s'inscrit dans une perspective réellement critique , mais critique de la doxa de l'économie politique, pas de l'économie politique elle-même , et pour elle-même .

Le capitalisme n'est pas réformable, ou "régulable", et il continue simplement de devenir ce qu'il est .
Et rien ne l'arrètera que lui-même, en s'effondrant dans un cataclysme hélas terrible pour tous.
Il faut simplement s'y préparer .

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 16:30

Admirable glissement, en quelques mois, du "trader" vers le "spéculateur"...
Quelle sera donc la prochaine mystérieuse et nouvelle confrérie a être ainsi révélée à la face du monde mondial ?



"Le capitalisme n'est pas réformable, ou "régulable", et il continue simplement de devenir ce qu'il est."

"L'idée" finira bien par s'insinuer dans des têtes de plus en plus nombreuses.

Écrit par : speculoos | dimanche, 09 mai 2010 22:12

Et rien ne l'arrètera que lui-même, en s'effondrant dans un cataclysme hélas terrible pour tous.
Il faut simplement s'y préparer .
Ecrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 16:30

Ce n'est pas une trouvaille, c'est ce que tout le monde dit sur ce blog !

Et en rajoutant ceci "Tout le contraire des "coups de gueule" sincère mais "aveugles" de la blogosphère habituelle ( ici compris) ", je te trouve un peu gauche.

Si tu savais tout, cela finirait par se savoir. En réalité, personne n'est sûr de rien. Encore moins tes philosophes du 19ème siècle.

Les équations et mathématiques qui règlent les marchés actuels dépassent même leurs auteurs.

Disons tout net que dans le bordel économique tout le monde nage. Urbain compris. Même les spéculateurs.

Le ton doctoral me tape sur les nerfs.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:22

Juste la fin du texte de Lordon :

"C’est donc peut-être, dans ce chaos, une époque qui s’apprête à se refermer. Une époque dont le symptôme aura été le surendettement généralisé. Le paradoxe veut que ce soit un symptôme parfaitement libéral, là où le libéralisme se targue d’être le discours même de la vertu. Car tous les surendettements dérivent de la déréglementation générale. Le surendettement privé est le produit de la compression des revenus entraînée par la flexibilisation du marché du travail, la concurrence et la contrainte actionnariale. Le surendettement bancaire vient des joies de l’effet levier, quand il s’agit de pousser toujours plus haut la rentabilité financière des paris spéculatifs. Le surendettement public est l’expression de l’idéologie de la défiscalisation – et accessoirement des déséquilibres conjoncturels que l’instabilité d’un système de marché libéralisé ne cesse de recréer.

La finance internationale se trouve donc confrontée à la tare par excellence du système dont elle est elle-même l’expression la plus accomplie. On pourrait alors avoir l’envie de boucler la boucle et de fermer le chapitre par une sorte de geste logique : faire éponger le surendettement par la finance elle-même, avant de tirer le rideau. Voilà où les taxes sur les transactions financières trouvent leur meilleure pertinence. Mais pas avec des taux microscopiques à la Tobin qui ne voulait que mettre « un peu de sable dans les rouages ». Ce ne sont pas de menus grains de sable qu’il faut balancer dans la machine mais quelques bons pavés fiscaux – en laissant toujours ouverte la possibilité d’apprécier si des pavés tout court… Tout le monde a idée de l’énormité du volume des transactions et de ce que leur taxation peut rapporter comme recettes phénoménales. Gageons qu’il y a là largement de quoi rembourser les dettes publiques ; aider au financement des retraites, etc. Les amis de la banque vont hurler qu’on prend leur chère finance pour une vache à lait, qu’on veut la traire,
peut-être même la tuer. Et ils n’auront pas tort."

Écrit par : c/c | dimanche, 09 mai 2010 22:23

Le ton doctoral me tape sur les nerfs.

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:22

Prends tes gouttes, alors .
Et ensuite essaie de comprendre ce qui est écrit.

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 22:44

Ecrit par : c/c | dimanche, 09 mai 2010 22:23

Quod erat demonstrandum ( en latin ça fait plus docte ).

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 22:44

Ecrit par : c/c | dimanche, 09 mai 2010 22:23

Intéressant mais un peu utopique non ? La finance internationale gagnant de l'argent et payant sa super taxe Tobin pour la collectivité, le pistolet des états sur la tempe.

C'est du Disney, non ?

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:45

Et ensuite essaie de comprendre ce qui est écrit.
Ecrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 22:44

Ou tu t'exprimes comme une casserole ou je ne sais pas lire ou ta pensée est confuse.

Cette phrase ci "Et rien ne l'arrètera [le capitalisme] que lui-même, en s'effondrant dans un cataclysme hélas terrible pour tous.
Il faut simplement s'y préparer.

Le capitalisme, la vie sur terre, les ressources, les résultats de la surpopulation, les excès de la pollution, même la planète est fatalement condamnée à un moment où un autre, ne serait ce quand le soleil deviendra une naine blanche.

Notre monde se terminera de toute manière, après ou avant ou à cause ou sans le capitalisme. Cela parait évident.

Notre seule chance : que des martiens débarquent et nous apprennent comment spéculer sans provoquer de faillites

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:57

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:45

Non c'est de l'économie politique, critique de la théorie néo-classique, et orientée par des positions "regulationnistes" ( qui considèrent que le "régime de régulation" libéral est en cause, mais qu'un autre régime est possible ).

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 22:59

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 22:57

Ce qui atteste en effet du fait que tu n'as rien compris ( de ce que j'ai écrit ) .

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 23:01

Ecrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 22:59

Pour ça, il faudrait que tous les États soient d'accord, que la corruption au sein des élites soit jugulée, que l'enseignement occidental ne propose pas comme seule hypothèse valable, le libéralisme économique.

Autrement dit, les probabilités sont minces voire inexistantes.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 23:04

Ce qui atteste en effet du fait que tu n'as rien compris ( de ce que j'ai écrit ) .
Ecrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 23:01

Non je constatais avec dérision que tu débitais un lieu commun, c'est tout.
Et de surenchérir qu'il fallait aussi se préparer à la fin du monde.

Peut être, mon esprit est il trop complexe pour ton entendement... ;-)

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 23:09

-Monsieur Friedman, c'est intéressant mais un peu utopique non ? La finance internationale gagnant de plus en plus d'argent, se substituant à la volonté de la collectivité, sans même user d'un pistolet sur la tempe...
C'est du Disney, non ?

-Ho, fuck no, mon Général ! Imaginez qu'un jour, ce serait aux Etats "d'imaginer des solutions pour rassurer les marchés"....

www.20minutes.fr/article/403317/Monde-Crise-de-la-zone-euro-l-UE-cherche-une-solution-en-urgence-pour-rassurer-les-marches.php

-¡Carajo!

Écrit par : Mille tonnes | dimanche, 09 mai 2010 23:22

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | dimanche, 09 mai 2010 23:09

En la circonstance, au moins, ça ne semble pas être le cas, puisque tu as explicité ton interprétation (erronée) .
C'est ton interprétation, fausse, qu'ensuite tu commentes, car en effet elle relève non pas tant des lieux communs que des clichés préconçus et sommaires qui alimentent assez régulièrement tes réflexions.

Tu n'as pas compris la théorie marxiste ( notamment sa critique de l'économie politique) , et on peut raisonnablement déduire de tes commenatires qu'en réalité tu l'ignores assez largement.
Mais tu n'as pas compris non plus ce qu'était la théorie de la régulation, ce qui n'est pas étonnant car c'est une théorie économique assez "technique" et multiforme, avec pas mal de variantes et une généalogie complexe ( et parfois paradoxale) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_r%C3%A9gulation

Or, c'est bien de ça qu'il s'agit et non d'un ultime armageddon apocalyptique dans un contexte de "fin des temps" capitalistes sur fond de tarissement des ressources , de destruction du "biotope", et de démographie galopante .
Le cliché élimé jusqu'à la corde, promu tel un conte horrifique par le spectacle et la médiacratie écoloportuniste, pour mieux nous endormir .

Peut-être ce complément t'aidera-t-il :

" Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin­guer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout.

Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia­les et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique. Les rap­ports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de produc­tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui naît des conditions d'existence sociale des individus; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achè­ve donc la préhistoire de la société humaine."

ce sont ces principes analytiques que marx applique dans son monumental "capital" qui est , il faut sans doute le rappeler , explicitement une critique de l'économie politique.
Une critique pour le moins consistante et argumentée, fondée sur une "ontologie de l'être social" ( dont on a une esquisse dans le texte précité ), et où il est assez facile , si on se donne la peine de lire, de constater que l'ensemble des "crises" survenues depuis 150 ans sont parfaitement analysées et anticipées, y compris les contradictions qui affectent la sphère financière ( du fait de la nature même de cette sphère et sa généalogie ) , et singulièrement l'épisode qui s'ouvre actuellement avec la crise "grecque" , celle de "l'euro" et plus généralement de la "monnaie" .

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 23:45

Pour comprendre ce que marx a voulu faire ( et penser) il suffit de le lui demander ...
Il s'en explique avec beaucoup de clarté.
c'est la préface célèbre de 1859 ( dont son tirées les citations qui précèdent) :
www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm

Celle qui introduit "Le Kapital" et son fameux chapitre 1er ( qu'althusser et bien d'autres après lui ont voulu nous faire ignorer ) sur la marchandise ( son caractère fétiche et son "secret" ) , dont "la société du spectacle" de Debord est explicitement un commentaire "actualisé".

Lukacs en tirera son "ontologie de l'être social", à laquelle heidegger opposera son "sein und zeit" , pas moins .
Les faits" têtus" nous ramènent assez logiquement, et cycliquement à ce point central de l'histoire des idées que les hommes ont formés pour comprendre leur destin, et avec marx commencer à essayer d'y ... participer .

Écrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 23:59

Ecrit par : urbain | dimanche, 09 mai 2010 23:45

Trop compliqué pour une cervelle d'oiseau comme la mienne.

"si on se donne la peine de lire, de constater que l'ensemble des "crises" survenues depuis 150 ans sont parfaitement analysées et anticipées, y compris les contradictions qui affectent la sphère financière"

Alors on se demande comment personne n'anticipe les crises puisqu'elles sont prévisibles ! Mouarfff !

Wall Street devrait rémunérer une équipe de marxistes pour prévoir les crises. Parce que dans ce cas, y aurait du blé à se faire !

Je ne relève même pas de telles affirmations. Tu vas me dire que je ne sais pas lire mais l'anticipation supposée des crises par les marxistes me fait doucement marrer.

Si nos philosophes marxistes possédaient cette prescience, ils deviendraient multimilliardaires et pourraient enfin changer notre monde ! ;-)

Hélas.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | lundi, 10 mai 2010 00:06

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | lundi, 10 mai 2010 00:06

Il n'est pire sourd ...
L'anticipation des crise par marx est un fait que personne ne conteste ( pas même ses ennemis les plus farouches) du simple fait qu'elle est très facilement vérifiable ( il suffit de lire ) ...
L'anticipation par Marx ,et non "les marxistes" puisqu'en réalité ces marxistes sont ceux qui ont été "convaincus" , entre autres, précisément par la vérification expérimentale et historique des thèses de marx , singulièrement sur les crises, la mondialisation, la fameuse "baisse tendancielle du taux de profit" ( une des origines généalogiques des "bulles" financières : du profit sans production de biens contraint justement par les impasses induites par cette "baisse tendancielle" elle-même associée aux processus de productions des marchandises ) .

Ce n'est pas tant que tu ne sais pas lire, mais que tu ne veux pas ( ou ne peux pas ).
C'est évidemment bien plus commode de se rassurer avec des platitudes de café du commerce et des blagues de comptoir.

Mais tu devrais revoir le sketch de fernand reynaud (ci-desous) , surtout le passage où il nous explique pourquoi son douanier "n'est pas un imbécile".

Écrit par : urbain | lundi, 10 mai 2010 00:24

 
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