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vendredi, 30 octobre 2009

"Les intellectuels contre la gauche"


La grande  névrose dépressive des intellectuels français.

 

 

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Michael Christofferson est un jeune homme qui n’a pas vécu la période qu’il décrit et analyse dans son livre. C’est en pur historien qu’il s’est intéressé aux intellectuels français d’après guerre, des années 50 à la fin des années 70, avec le recul et l’objectivité conséquente que lui procure sa double étrangeté à l’objet de son étude : l’age et la culture nationale : il est américain, il n’a pas 40 ans. Il a choisi comme sujet de thèse un objet assez étrange et paradoxal pour un jeune historien américain. Il confesse y être venu par le biais de son intérêt initial pour la « période 68 » en France , mais la moindre des surprises que nous réserve ce jeune homme discret, souriant et sans prétention, c’est que travaillant seul dans sa chambrette, pendant plusieurs années, à la lueur tremblante de sa chandelle, sur la thèse qu’il préparait sous la houlette de Robert Paxton, et qui va devenir le « grand livre » de l’histoire des idées en France sur la seconde moitié du XXème siècle, il va réussir le même « coup de maître » que Paxton jadis sur « la France de Vichy » : révéler au Français (la suite de) leur propre histoire, soigneusement occultée jusqu’ici.

Pour parvenir à ce résultat il a fallu que le jeune historien travaille sérieusement et de manière très scrupuleuse. Ce qu’il fit, mais évidemment ça ne suffit pas à produire un tel effet de novation et d’accroissement des connaissances - au point qu’on peut parler de « révélation » - qu’à peine publié il a déjà a donné lieu à une importante recension. Une authentique révélation qui prend pour cible les fausses , et singulièrement une , que le futur lecteur du livre saura apprécier comme il se doit. En réalité, le livre de Christofferson repose sur deux intuitions remarquables :

D’une part le rôle majeur de deux évènements dans l’histoire de la France d’après guerre : « mai 68 » et tout son pathos rapporté aux circonstances politiques et idéologiques de « l’union de la gauche » initiée 6 ans plus tard par le PS et le PC français, en tant que phases déterminantes (initiatrices) de ce que Lacan appelait la "grande névrose contemporaine" : la dépression.

Naturellement Michael Christofferson ne fait aucune référence à cette conception psychanalytique, que Lacan pouvait rapporter au corps social tout entier quand il affirmait qu’elle enferme son sujet dans l'impuissance et l'utopie, et au delà naturellement dans le déni et le refoulement. Comment pourtant ne pas voir qu’à l’évidence l’histoire que Michael Christofferson nous découvre , avec une impitoyable rigueur historiographique, s’organise bien autour d’une telle figure pathologique, avec la phase de montée progressive de la pulsion désirante (les années 60) , son apogée (68), puis aussitôt la frustration de l’inassouvissement (fin 68) , entraînant le déclenchement du processus névrotique dépressif avec toutes les modalités symboliques du refoulé qui dès lors seront convoquées (les années 70 ).

D’autre part la compréhension de la généalogie du concept/fantasme central de cette scène symbolique : le totalitarisme « à la française » et son envers , figure essentielle du refoulement : l’anti-totalitarisme, fédérateur de toutes les stratégies individuelles compensatoires des névrosés affectés.

Cette histoire là, bien différente de celle que nous serine depuis 30 ans la doxa relativiste et « morale » vulgarisée par nos « intellectuels» de cour, désormais hégémoniques en tant que parvenus aux postes de commande de l’appareil idéologique, cette histoire VRAIE, permet de comprendre enfin « comment on en est arrivé là » …

Car, dans une très large mesure, c’est « leur histoire », celle des renégats de tous poils , ex-communistes, ex-maoïstes, ex « compagnons de route » du parti, de la GP, etc. , toujours libertaires mais désormais libéraux et démocrates , dont la seule détermination consistante au fil du temps (avec l’opportunisme le plus narcissique) fut le rejet compulsif du marxisme auquel jadis , « dans l’enfance de l’age », ils avaient puérilement adhéré …

Nous parlons ici, évidemment des survivants, encore en charge de juteuses et gratifiantes sinécures, mais bien d’autres, très notoires ou un peu oubliés, ont disparu mais n’en ont pas moins participé activement à ce spectaculaire effondrement, tandis que d’autres encore y contribuèrent par leur effacement et/ou leur impotence théorique.

Ceux dont il ne sera guère question , et naturellement Michael Christofferson sait bien qu’il y en eut (et pas des moindres) et qu’il y en a encore, ce sont ceux qui ne purent renverser ce rapport de force névrotique et combattre un mouvement aussi massif et compulsif que cette grande névrose dépressive des intellectuels français d’influence . Ceux-là, des « résistants » et leur généalogie, peut-être, enfin, vont ils pouvoir reprendre le dessus ? Il est bien temps de commencer la cure.

Donc … il était une fois, dans un beau pays qu’on appelait « France » et qui sortait d’une longue et terrible guerre contre la tyrannie …

 


Urbain

 

 

 

mercredi, 28 octobre 2009

L'enfumage des citoyens par la notion "d'identité nationale".

Décidément !

Dans cette France politique moisie d'octobre 2009 ; où dans un proche avenir, nos dirigeants ne présenteront plus aux suffrages du peuple que des célébrités du show biz ou du sport plus ou moins incultes et faciles à manipuler, et qui, lors de leurs campagnes distribueront des autographes et des sourires aux 30 % d'électeurs attirés par une tombola organisée par TF1, seuls les votants  ludiques et décervelés se déplaceront aux urnes et décideront ainsi du sort de notre pays (les 70 % restants s'abstenant, dégoûtés !).

Diantre ! Après les dernières déclarations de Messieurs Besson et Sarkozy, comment nier que le "pétainisme transcendantal", cher à Alain Badiou, n'en finisse plus de laisser ses miasmes envahir notre beau pays !

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Le félon Éric Besson, chargé des basses œuvres, recherche tous les expédients possibles pour attirer le fretin vers la grossière amorce qu'il a lancé dans la marre médiatique afin de faire diversion sur l'état alarmant de l'économie française, la situation désastreuse des caisses de retraites, le chômage effrayant qui gagne toutes les strates de la population et les comptes catastrophiques des caisses maladies.

J'ose espérer que personne n'est dupe...

Quoique... Quand on voit certaines associations en mal de reconnaissance se précipiter en bêlant vers ce leurre grossier, on peut effectivement se montrer inquiet mais il est une chose certaine : à part les médias toujours partants, dans l'espace public, tout le monde à l'air de se se foutre de ce débat sur "l'identité française" comme de l'an 40, la sinistre année du pétainisme triomphant.

Complètement.

Éperdument.

Absolument

La Marseillaise ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour l'enseigner ? Absurde : l'école peut s'en charger sans difficulté !

La burqa ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour éradiquer une pratique qui concerne 1000 cas à tout casser, dans l'hexagone, avec le risque de stigmatiser et de rassembler la si diverse communauté musulmane ?

Les adolescents paumés des quartiers pauvres ? Ce ne seront sûrement pas des textes législatifs qui les feront évoluer !

Tout ceci sent trop le prétexte, l'enfumage, la magouille partisane électorale !

La cohésion sociale de notre Nation sera en cause tant que nous vivrons dans une société en crise où le chômage ravage nos rangs, où les salaires stagnent et où, trop souvent, les conditions de travail deviennent insoutenables. Le désir de vivre ensemble dans notre pays n'aura jamais lieu tant que l'exemplarité des classes dirigeantes et économiques, président en tête, ne sera pas indiscutable ! Et croyez moi, ce n'est pas pour demain !

La devise du pouvoir actuel est  FRIC, INDIVIDUALISME, OLIGARCHIE. Qui oserait, en France, défendre de telle valeurs ?

Parce que, mes amis, quelle plus belle définition de notre "IDENTITÉ FRANÇAISE" que ces 3 mots sublimes gravés sur les frontispices de nos monuments prestigieux, devise exemplaire de la République : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?

Pourquoi chercher plus loin ?

Mais en l'état, vous voudriez que nos concitoyens se battent pour protéger des valeurs individualistes, anglo-saxonnes et financières,  idéaux qui n'ont jamais été le ciment de la communauté française laïque  et égalitariste depuis un siècle ?  Parce que vous pensez que les classes modestes et moyennes vont soutenir des oligarques médiatico-économico-politiques qui méprisent le peuple et le suffrage universel à ce point (TCE) ?

À question bessonienne : réponse bessonienne ! *

 Enfin en guise de conclusion, amis lecteurs, je vous garantis une chose : lorsqu'un jour prochain, un gouvernement créera sous la pression, un Ministère de la Réconciliation Nationale, il sera déjà peut-être trop tard...

 * Sur la photo, observez le détail de la main gauche et la position caractéristique du majeur bessonien s'adressant à ses interlocuteurs... 

 

Cui cui, l'oiseau NRV et NRVant.

 

lundi, 26 octobre 2009

Baisés hors champ

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« Pour combattre l'obscurantisme, les armes à notre disposition sont multiples, mais la plus sûre et la plus efficace est l'éducation. En offrant l'asile à ces jeunes, comme elle l'a fait pour moi en 1985, la France les aidera à poursuivre leurs études et à ne pas tomber dans l'abîme de l'ignorance. »

Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008

 

A la porte des Lilas s'étend le chantier du futur tramway des maréchaux. Les travaux sont arrêtés, les ouvriers ont installé des piquets de grève. « La suburbaine occupée », Ibrahim et les autres dorment sur place dans des tentes Quechua. Ils réclament des papiers, à juste titre.

La Suburbaine, Société sous-traitante utilise cette main d'œuvre à bas prix par le biais de la « boîte » d'intérim Selpro. Aucun intérêt à les faire sortir de la clandestinité, ils seraient aussi mal payés que les légaux mais tout de même un "peu plus".

Pas de journalistes, pas de policiers, pas d'Éric Besson dans les parages.

Les forces de l'ordre traquent les assistés clandestins venus se restaurer grâce aux organisations humanitaires. Ça c'est bankable bien que les médias s'y soient très peu intéressés. Toutefois, un entrefilet d'importance. Il faut débarrasser la France de ses parasites. La sécurité publique veille au grain.

Éric Besson répugne sans doute à s'approcher de cette économie parallèle. Effectivement, ces sans-papiers là n'ont jamais nui au travail des bons français. Ils permettent à des sociétés de réaliser des chiffres d'affaires conséquents. Les livrer à la vindicte populaire pourrait gêner les esclavagistes costumés, des entrepreneurs créateurs de richesses, adoubés par l'État et « récipiendaires » des grands Marchés Publics.

Personne n'a entendu parler de rafles dans les chantiers ou en plein service du midi chez Buffalo grill.

Sans rire.

Pourtant, le sans papier dort sous le nez des agents de police, il a même choisi des tentes de couleur rouge pour être bien vu. Et pire, désespérant du maintien de l'ordre, il a affiché en grand sur les grilles encerclant le fameux chantier :

« Ibrahim Doukouré , ouvrier, en grève pour obtenir des papiers ».

Malgré cet affichage, l'arrêt du travail par nombre de salariés concernés, le campement de fortune, personne n'a pensé à prévenir Éric...

 

Certainement trop occupé avec ses trois afghans...

 

Sous les flashes et les caméras de télévision.

 

 

Agathe

 

Soutenez la lutte des travailleurs sans papiers : solidaires.sanspapiers@gmail.com

A lire aussi

 

Pour raviver nos mémoires* :

Dans le premier ouvrage qu'il a coordonné pour le parti socialiste, L’inquiétante « rupture tranquille » de Monsieur Sarkozy, Eric Besson demandait : « La France est-elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? ».

Dans ce livre, il condamne la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy:

« En supprimant ou en restreignant fortement les principaux dispositifs de régularisation, Nicolas Sarkozy se prive des outils permettant une régularisation au fil de l’eau et évitant ainsi les régularisations de masse. En d’autres termes, Nicolas Sarkozy fabrique des sans-papiers, lui qui prétend lutter contre l'immigration clandestine ! »
« La loi du 26 novembre 2003 avait deux objectifs selon le ministre de l'Intérieur : « réformer la double peine » et « mettre un frein à la dérive des flux d'immigration créée par la loi Chevènement de 1998 » en dotant l’État de « véritables outils de lutte contre l’immigration clandestine ». (…) On peut aujourd'hui mesurer l’échec de chacune de ces deux ambitions. »

*Source Wikipédia

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Attention : Les abus de Besson peuvent être dangereux pour la santé.

vendredi, 23 octobre 2009

Les 'Nobel', belles, belles comme l'humour !

  • 2009 Oliver Williamson et Elinor Ostrom (USA),
  • 2008: Paul Krugman (USA),
  • 2007: Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson (USA),
  • 2006: Edmund Phelps (USA),
  • 2005: Robert Aumann (Israël) et Thomas Schelling (USA),
  • 2004: Finn Kydland (Norvège) et Edward Prescott (USA),
  • 2003: Robert Engle (USA) et Clive Granger (GB),
  • 2002: Daniel Kahneman (USA) et Vernon Smith (USA),
  • 2001: George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz (USA),
  • 2000: James Heckman et Daniel McFadden (USA),
  • 1999: Robert Mundell (Canada),
  • 1998: Amartya Sen (Inde),
  • nobel-4a.jpg

  • 1997: Robert Merton et Myron Scholes (USA),
  • 1996: James Mirrlees (GB) et William Vickrey (USA),
  • 1995: Robert Lucas Jr (USA),
  • 1994: John Harsanyi et John Nash (USA), et Reinhard Selten (Allemagne),
  • 1993: Robert Fogel et Douglas North (USA),
  • 1992: Gary Becker (USA),
  • 1991: Ronald Coase (GB),
  • 1990: Harry Markowitz, William Sharpe et Merton Miller (USA),
  • 1989: Trygve Haavelmo (Norvège),
  • 1988: Maurice Allais (France),
  • 1987: Robert Solow (USA),
  • 1986: James Buchanan Jr (USA),
  • 1985: Franco Modigliani (USA),
  • 1984: Richard Stone (GB),
  • 1983: Gerard Debreu (USA),
  • 1982: George Stigler (USA),
  • 1981: James Tobin (USA),
  • 1980: Lawrence Klein (USA),

Tels sont les 47 lauréats du prix Nobel d'économie depuis 29 ans... 36 Américains, 4 Anglais, 1 Canadien, 2 Norvégiens, 1 Allemand, 1 Israélien, 1 Indien et 1 Français. C'est à dire que selon les pantins des jurys du Prix Nobel, 85 % des économistes mondiaux seraient donc américains !

Ne riez pas tout de suite !

Observez auparavant le résultat sur le terrain de l'économie américaine et les résultats désastreux malgré une troncature plus ou moins habile des statistiques pour éviter l'affolement !

Vous vous esclaffez ? Normal !

L'économie des États Unis, malgré cette formidable élite pré-citée, subit une récession considérable consécutive à la crise des sub-primes et à des distributions sans discernement de crédits.

Je ne parle même pas de la Grande Bretagne, hâvre économique paradisiaque et modèle pour la France  selon l'auteur de "l'économie faite par les nuls", j'ai nommé le célèbre journaliste et chroniqueur que les médias s'arrachent et que le monde entier nous envie, Sa Suffisante Excellence , professeur "Honoris Causa" du Grand Journal et des Guignols, de Canal +,  Jean-Michel Aphatie !

Aussi ne vous raconté-je pas la désespérance vécue dans les chaumières : si on ne peut plus se fier à des experts, vers quel type de civilisation se dirige t-on ? Si l'État américain et les sociétés privées payent des études, des laboratoires, des équipements hors de prix aux Universités prestigieuses des States, les meilleures du monde, vantent sans rire les organismes bidons de notations universitaires aussi pertinentes que leurs homologues financières corrompues jusqu'à la moëlle, pourquoi édifier des campus dorés où quotidiennement des chercheurs en économie se plantent  irrémédiablement et quelles solutions nous reste t-il ?

Alors, sans sombrer dans le populisme ( concept ressassé par quelques misérables  exégètes de la pensée  centriste molle qui fourmillent sur Internet en lançant doctement quelques poncifs éculés,  et notion politique inepte à mes yeux puisqu'ielle mène historiquement  à l'homme providentiel et au pouvoir personnel ) , une question  m'interpelle : Mais bon sang, à quoi servent donc tous ces experts économiques qui ratiocinent, dissèquent, se contredisent, déclament, affirment, condamnent, prévoient, se disputent, triturent les chiffres, sortent des formules alambiquées ?

Dites moi, mes bons amis, n'avez vous pas remarqué que lorsqu'on assiste à leurs joutes, on a parfois l'impression d'assister à un congrès de druides gaulois amateurs de cervoise devisant bruyamment sur les vertus thérapeutiques des boules de gui cueillies par une nuit sans lune, au cri du loup et au hullulement de la chouette ?

Ils sont grotesques, pédants, manquent de distance, en une phrase : ils se discréditent chaque jour davantage !

En fait, je vais vous faire une confidence : bien qu'ils en sachent techniquement bien plus que nous, je crains qu'ils ne soient  aussi  démunis que nous sur les solutions à apporter ou tout simplement complètement perdus sur le déroulement des crises successives qui nous attendent !

Alors, je me permets d'adresser une supplique à nos amis journalistes et pseudos experts économistes : de grâce relativisez, parlez au conditionnel et surtout restez humbles !

J'en terminerais par une pirouette humoristique : pourquoi ne pas proposer au jury des "Nobel" d'économie, nos illustres incompétents  et précieux ridicules tels que Nicolas Baverez ou Jacques Marseille, auxquels nous adjoindrions pour les Nobel de Littérature, nos pitoyables génies caquetants et emplumés des basse-cours médiatiques André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy ou Alain Finkielkraut ?

Au niveau actuel des Prix Nobel, ils le valent bien : notre considération envers le mérite des prix Nobel étant passée du stade de la dynamite à celui du pétard mouillé.

Rajoût de dernière minute : lire l'opinion de Paul Jorion sur les prix Nobel d'économie cet après midi même sur son intervention vidéo dans les dernières minutes : le constat est édifiant !

 

Amis et ennemis, à après et bonne fin de semaine !

 

Cui cui fit l'oiseau, gibier à viser sans modération.

 

mercredi, 21 octobre 2009

états – mines

 

 

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Politiquement parlant, ce n’est pas très neuf – et pourtant, cela ne saute pas encore aux yeux de tous –, il y a une « fausse Gauche » : le PS et ses déclinaisons ; c'est-à-dire, des partis de non-opposition à un « vrai » parti d’actions, et de réformes. On nous martèle assez que les partis de Droite sont « concrets », « réalistes », « efficaces », etc. ; et que leurs actions sont fondées sur des « études », des « chiffres », des « expertises », des « faits »… Mais, dans tous les cas, nous restons dans le spectacle atterrant de la classe possédante : de la catégorie de la population qui possède autant en biens (et en terrains)… qu’en « paroles ». Et donc, en fait, un grand parti (unique) schizophrène de non-opposition systématique ; la « gauche de la Gauche » n’étant autre qu’une forme « améliorée », « modernisée », « sophistiquée » de cette politique de la représentation – en représentation.

Soit, sur la scène : d’un côté (à droite), une porte : celle qui ouvre les « solutions de crise » (du capitalisme qui, par principe, s’auto-génère de ses crises) ; et de l’autre, une autre porte (à gauche), celle qui permet de sortir du capitalisme « sauvage » (car sans doute pas encore assez « barbare »), pour le « moraliser ». Soit donc, les deux fausses portes de la politique, continuellement présentées, à longueur de temps ! Et des millions de gogos, qui s’y engouffrent. La politique désignant, pour nos contemporains, le sempiternel jeu de chaises musicales de tous les faux-problèmes avec des demi-solutions (des pires aux moins mauvaises) ; et où l'on tire la couverture à soi en faisant semblant de choisir pour le meilleur non-choix qui produira à nouveau un pseudo dilemme !

Alors que, au fond, il n’y a – et aura toujours – qu’un seul (vrai) problème : « ils » veulent être gouvernés ! « Ils » veulent un… pro-grâââ-mme ! « Ils », ce sont les électeurs, les « citoyens-consommateurs » qui veulent savoir ce qui les attend, pour arrêter leur choix : de voter « Oui » ou « Non », « 1 » ou « 2 », « Pepsi » ou « Coca », « Starac » ou « Popstar » ; de désigner en masse le « meilleur ». Tout en continuant à se baigner dans leur léthargie. Alors, on donne sa « voix » à un énergumène qui saura diriger un Etat « meilleur » : selon les circonstances, ça signifie « lucratif », et d’autres fois « moral ». Or, le « programme », quel qu’il soit, reste une aliénation. Une « promesse ». De l’incertitude, on parvient à énoncer de vagues intentions, et peu importe si elles correspondront à leur réalisation. Il faut dire qu’à une époque, c’eut été le « Paradis », et beaucoup s’en contentaient benoîtement. Puis, un beau jour, est apparu dans les discours publics, un mot qui a fait fortune depuis : le con-cret ! Ce fut alors, le « Progrès », la « Modernité », ou ailleurs, le « Plan ». Mais, très vite, ils se sont avérés insatisfaisants. L’objet du la « promesse » peut toujours changer, mais jamais on ne veut se débarrasser définitivement du Programme !!!

Le programme « de l’Etat meilleur », de la « meilleure gouvernance envisageable », est nécessairement une aberration. Comment peut-on spéculer sur le comportement d’un si grand nombre d’individus ? A moins de raconter continuellement des salades ? Car, à chaque palier de l’organisation sociale, toute impeccablement conçue qu’elle serait, il y a inévitablement le facteur humain : les névroses, les bassesses, les accidents. Alors, peut-être des ajustements un peu moins « dégueulasses » que les propositions adverses ? Mais, toujours en deçà du politique : du comportement (éthique) élémentaire que chacun devrait avoir vis-à-vis de l’autre. Ou alors, ce ne serait donc que ça le « réalisme » : savoir que le plus grand nombre de nos contemporains sont quoi ? Hypocrites, égoïstes, lâches, cupides, abrutis,… malins ?!!! Mais alors, une politique… « bien intentionnée », ne serait donc que l’ajustement des institutions pour « mieux » gérer les médiocrités du troupeau humain ?!

Et si le politique, ce pouvait être, et de façon encore plus « réaliste », l’agrégation, (le regroupement) de tous les Sujets « consistants » – de « cocos individualistes », « solidaires » et « conséquents » – plutôt que la satisfaction de tous les Sujets « obscurs » et « réactifs » ? Et si la seule « révolution » possible, ce n’était que la transformation de l’individu « versatile » en Sujet consistant : celui qui va exténuer toutes les étapes d’une procédure de vérité par sa capacité à raisonner. Car si tous les individus agissaient à chaque instant en tant que Sujets conséquents, alors il n’y aurait plus besoin d’ajustements (« équitables ») d’un Etat quelconque. La réorganisation de l’Etat n’étant qu’une variante de la soumission – à une autorité de l’administration : une aliénation plus « acceptable » ; mieux « consentie ».

La seule sortie possible du Sujet vers son émancipation, la seule « révolution »… « palpable », « concrète », c’est la Pensée, par le biais du savoir, et non pas encore par la dépendance à un Etat, tout « vertueux » soit-il. Car l’Etat (d’essence bourgeoise), c’est encore le Pouvoir. Et le Pouvoir, c’est la division, et la propriété. Et la prétendue « démocratie », une « gestion quantitative », par les suffrages majoritaires, finissant par ne reposer que sur la démagogie : un groupe contre une minorité, et toujours la coercition du plus fort (par le nombre, par le muscle) sur des cas isolés ! Alors que la Pensée, celle de l’être autonome capable de produire lui-même sa propre réflexion sur son Etre-là-au-monde-malgré-les-autres, c’est la liberté de l’imagination en prise avec le Réel. C’est pour cela que la classe dominante doit tout faire, souvent inconsciemment du reste, et toujours sans imagination, mais sans jamais manquer de ruse, pour la liquider, ou la dissoudre dans la « réalité » : la distraction, l’actualité, l’opinion, le libre arbitre, le juridisme, le contrôle, la philosophie morale…

Le seul programme valable à suivre – non comme fin, mais comme moyen… de sortir –, c’est la discipline dans la connaissance (de soi, des autres). Par conséquent, on peut toujours laisser les Sujets « inconstants » et « superficiels » entre eux ; et, attendre – ou contribuer activement à ce – que ces magnifiques portes leur reviennent à la gueule !!!

 

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par Albin Didon

 

 
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