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mercredi, 20 mai 2009

concrete end - clés ?

Ray-Ban Wayfarer sunglasses.jpg

 

 

Non loin de Beaubourg, une discussion - impromptue - entre Francis et Rosa. Lui :

 

·   Mais alors, que faire ?

 

-    Attends, comme je te connais un peu, je sais qu'on ne peut pas te dire grand-chose ; parce que quand on te donne des réponses à cette question, tu fais toujours en sorte de ne pas faire ce qu'on t'a fortement encouragé de faire - ou ne pas faire. Tu l'as montré à plusieurs reprises - ne serait-ce que voter. Si je me la pétais, je dirais que tu es un "sujet obscur" selon la déclinaison de Badiou...


J'en ai marre de cette Narkozie, des rapports de domination, du capitalisme sauvage qui est en train de nous étrangler...


Je t'arrête tout de suite. Dans "capitalisme sauvage", tu peux enlever "sauvage"...


Je veux que ça change...


Non, c'est faux. Entre ce que tu veux
vraiment, et faire ce qu'il faut pour cela, et ce que tu voudrais, il y a un écart. Tu voudrais, tu souhaiterais... mais non, tu ne veux pas.


Tu es vexé, parce que je te dis que tes propos ne sont pas concrets...


Non. Pas tant que ça... Pas par rapport à mes propos, ou alors très indirectement. Je suis vexé, mais disons... par rapport à toi ! Je me dis que, dans tout ce que tu entends, tu n'arrives pas à faire les dé-liaisons nécessaires. Dans les formules que tu entends, tu prends tout, sans faire le ménage, sans trier. Mais, tu n'es pas le seul. Les gens ne voient pas quand des mots ne vont pas ensemble : "propriété" et "intellectuelle", "capitalisme" et "moral", "discrimination" et "positive", "démocratie" et "représentative". En gros, vous voulez les "avantages sans les inconvénients", alors que ce sont "deux faces de la même médaille", comme on dit. Et à l'arrivée, ça passe par mes oreilles, et j'entends des "conneries". A la limite, ce n'est pas toi qui parles : c'est la radio, ou France 2...


Quand on voit
Genèse d'un repas, de Moullet, on est plus pessimiste à la fin qu'au début ! Le monde devient encore plus noir quand on sort que quand on entre...


Mais, ça, c'est très bien ! Comment dire ? Méfie-toi des lumières artificielles... "Tout ce qui brille n'est pas or", comme on dit. Tu as peut-être trop tendance à vouloir être rassuré par ces artifices. Alors que la pénombre, ce n'est pas toujours mauvais. Il faut parfois traverser de longs couloirs sombres avant d'atteindre un début de lumière. Et je suis désolé, tu ne veux pas voir le monde environnant.


Si, je le vois ! comme toi !


Euh, non. En tout cas, moi... pas comme toi ! A la limite, tu le vois, partiellement, avec des oeillères ; ou si tu veux, avec des "sun-glasses" - des lunettes de soleil. Or, tu ne veux pas les retirer. Alors, quand tu me demandes "que faire ?", par rapport à ce que tu peux et ce que tu veux vraiment, je ne peux que te répondre : lis des livres...


Ce n'est pas que je veuille te pousser dans tes derniers retranchements, mais, quand je te demande "que faire ?", tu ne donnes pas de réponse concrète...


Disons que je ne crois pas trop aux réponses "concrètes". Ou encore, je crois que régulièrement je te donne plus de réponses que tu veux bien me l'accorder. Des débuts de réponse, si tu préfères. Mais, en effet, comme tu l'entends : non, je n'ai pas de réponses. Et, je crois même qu'il n'y a pas de réponses. Je ne dis pas ça, pour dire : "S'il y en avait, je te les aurais données !", mais, parce que je crois que c'est beaucoup plus difficile que ça. Et que celui qui aurait la réponse, avec un grand "R", à mon avis, c'est un imposteur - ou quelqu'un de dangereux. D'ailleurs, ils sont un paquet à en avoir - des réponses concrètes -, et, regarde le résultat ! Tout simplement parce qu'il y a trop de forces en jeu. On peut voir ce que veulent les gens, à peu près, mais on ne peut pas agir sur le "vouloir" et le "pouvoir" pour tous ces gens.Dans les réponses "concrètes", c'est toujours en faveur d'une majorité, contre une minorité, surtout, fragile...  Il ne peut pas y avoir de recettes, de plans à suivre. On voit à peu près les représentations mentales dans l'ensemble, mais on ne peut pas agir sur toutes, et sans léser personne. Donc, je suis désolé, mais quand j'essaie d'agir sur la tienne, je crois que, justement, c'est concret ! Je suis désolé, mais tu attends trop de réponses de l'extérieur... Ou disons que je sais ce que tu veux, mais, je suis désolé, je ne peux pas te le donner. Tu voudrais un livre de recettes, un guide de conduites à suivre...


Non. Toi, tu es plutôt quelqu'un de libre, mais moi, dans mon cadre, celui de l'enseignement secondaire, le peu de choses que je fais, j'en suis content. J'essaie tous les jours de faire des choses qui font que je peux me regarder dans la glace...


Et, alors ? si j'enlève ton "cadre", et mets le mien, je peux dire la même chose. Comment dire ? Pour le dire autrement, mais avec le même thème, il faut absolument être libre. Mais, tu sais comme moi, que la plupart des gens n'aiment pas la liberté - j'entends la vraie, celle qui consiste à être responsable, autonome et respectueux d'autrui. Bref, ce que je veux dire, c'est que les réponses sont en toi. Et que tu devrais te méfier de tes attentes, de les questionner...


Mais, je n'ai que des questions...


Alors, je ne peux que te livrer à tes questions. Dis-toi également que mes réactions négatives à ton égard font également partie de tes questions. Et méfie-toi, si je peux me permettre de te mettre en garde, méfie-toi des réponses toutes faites...


Tu te méfies des réponses ?


Non, pire : je les fuis ! Donc, dès que tu entends une "réponse", dis-toi que peut-être on te dirige déjà dans une mauvaise direction...


Je veux que tout le monde puisse avoir un foyer, travailler pour nourrir sa famille...


Tu es intoxiqué par des schémas, des constructions. Ce que je viens d'entendre, et il ne faut pas mal le prendre, ça tient de la psychanalyse : "travailler pour nourrir sa famille"... Je te réponds, encore modestement, qu'il n'y a pas de réponses toutes faites, et que tu ne peux pas vouloir ce que tu ne veux pas vraiment... La seule réponse que je peux donner, c'est qu'il faut s'efforcer de ne pas se laisser aller devant la bêtise - celle des autres... ni la sienne !

 

 

eclis.gif


Par Albin Didon

Commentaires

C'est bien tout le problème, il y a infiniment de réponses possibles à une question. C'est pour cela que nous nous trompons tout le temps.

Écrit par : agathe | mercredi, 20 mai 2009 10:26

Oups mon commentaire est parti sans sa fin.

Je termine donc :

Et pire nous trouvons des clés adaptés pour un temps seulement.

Voici un exemple ce ce qui est concret pour moi seulement ;-))
Fin de mon commentaire, cette fois.

Écrit par : agathe | mercredi, 20 mai 2009 10:35

Oups adaptées décidément ...

Écrit par : agathe | mercredi, 20 mai 2009 10:39

Ecrit par : agathe | mercredi, 20 mai 2009 10:26

Comme disait f l'autre jour, à propos de la question de positionnement politique, par exemple, il me reprochais une vision quantique.

Il avait raison. Les réponses sont le résultat d'un flou probabiliste. Et le fait de choisir par exemple un parti politique en procédant par élimination n'est pas si stupide, sachant qu'on ne trouvera jamais le parti idéal.

Mais j'irai plus loin en disant que dans la vie toutes les réponses sont possibles mais il faut faire l'effort de les écouter toutes pour pouvoir choisir.

Bon billet, Albin, mais depuis Pâques, l'apathie qui règne sur le Web et sur notre blog m'intrigue...
Qu'est ce que cela nous présage de bon ou de mauvais ?

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 10:59

à la question "que faire" , le point essentiel n'est pas de donner "une " réponse, mais de répondre en effet.
Ce qui compte c'est qu'il y ait des réponses, au moins une, idéalement plusieurs, car, encore une fois :

"En fait les hommes ne se mettent jamais durablement en mouvement pour abattre une organisation sociale par simple détestation de ce qui existe : il faut que d'une manière ou d'une autre ils possèdent une conception positive de la vie qu'ils veulent vivre.
[…] Cette conception positive, les prolétaires peuvent bien sûr l'acquérir dans la lutte même, la communauté qui en est le moyen dessinant les contours du but. Mais encore faut-il que les valeurs pratiques ainsi produites se transmettent dans un langage autonome et s'unifient dans un projet historique.
[…]La cristallisation d'un projet collectif unifiant les besoins révolutionnaires de l'époque a toujours été une tâche de longue haleine, mais elle est aujourd'hui d'autant plus difficile que les contributions, théoriques ou pratiques, à sa formulation sont d'emblée confrontées à la puissance de falsification et d'occultation sans précédent acquise par la société de classes. Non seulement celle-ci parvient en temps normal à ce qu'aucun problème ne soit posé et débattu socialement dans ses termes véridiques, mais quand cela arrive - et il n'y faut rien de moins qu'un mouvement révolutionnaire – elle parvient à en empêcher une reconnaissance exacte, ou à la faire oublier très vite."

Encyclopédie des Nuisances
N°2 ( février 1985)

Écrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 12:32

Grouiikkkk...
Plus de sens les humains sont devenus des cochons, ils ne bouge que quand leur auge est vide....
Pourtant nous autres les porcs aimons les vrais humains..mais il y en a de moins en moins et leur nouvelle marotte, la rationalité, ressemble de plus en plus à notre inextinguible désir, notre auge bien pleine et un tas de fumier où se rouler..
Grouiiikkk.

Écrit par : groink groink | mercredi, 20 mai 2009 12:32

zzzZzZzZZzZZ
Ca fait un peu cinéma "qualité française" ce dialogue. C'est dire l'ennui...
ZZzZzzzZZZ

Écrit par : Sly | mercredi, 20 mai 2009 14:22

C'est sympa ils nous ont remis le troll de droite rigolo pour le long week-end.

Écrit par : nef | mercredi, 20 mai 2009 14:37

Ecrit par : agathe | mercredi, 20 mai 2009 10:26

- Je dirais même plus ! Je crois qu'une "réponse" (en tant que telle) n'est jamais intéressante...

-----

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 10:59

"[...] depuis Pâques, l'apathie qui règne sur le Web et sur notre blog m'intrigue..."
- [euh, merci :-] Euh, j'ai jamais été vraiment sûr que ça "bougeait" beaucoup sur la "blogosphère" :-D Si ?

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Ecrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 12:32

- On a l'impression aussi que ceux qui demandent "que faire ?" veulent passer d'une aliénation... à une autre aliénation ! Et, en poussant un peu, je dirais : "veulent faire semblant de ne pas subir une aliénation, en faisant semblant d'en avoir échappé à une autre..."

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Ecrit par : groink groink | mercredi, 20 mai 2009 12:32

- Mouais... si ça vous soulage (de l'écrire)...

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Ecrit par : Sly | mercredi, 20 mai 2009 14:22

- Dites ? Vous n'avez pas l'impression de dire des conneries ?

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Ecrit par : nef | mercredi, 20 mai 2009 14:37

- Hum ! plus généralement, on est plutôt partis pour se les coltiner longtemps, les "rigolos de droite" !

Écrit par : albin - didon | mercredi, 20 mai 2009 15:45

@ Sly qui trouve le billet chiant, une petite chanson

http://www.myspace.com/viviantroos
Je lis la Princesse de Clèves
Le président a dit que c'était chiant
Faut que j'm'élève
Faut que j'm'élève

Écrit par : Judd Apatow | mercredi, 20 mai 2009 15:50

Je trouve les gens bien susceptibles ici. Une toute petite crtique et bim c'est l'hallali. C'est triste.

Qu'en serait-il de nos libertés publiques si par malheur ces gens là arrivaient au pouvoir. Je préfère ne pas y penser... ;-((

Albin Didon, je te vois ! hélas...

On ne me fera pas croire que je suis le seul à avoir éprouvé un profond ennui à la lecture des bobards des bobos à Beaubourg ? Elle dort ou quoi la majorité silencieuse ?

Écrit par : Sly | mercredi, 20 mai 2009 16:00

Très inquiet par l'ambiance pré-remaniement en France. Nous fêterons bientôt les 40 ans de l'élection de M. Pompidou, juin 2009 promet d'être agité...

Écrit par : Sly | mercredi, 20 mai 2009 16:10

"[...] depuis Pâques, l'apathie qui règne sur le Web et sur notre blog m'intrigue..."
- [euh, merci :-] Euh, j'ai jamais été vraiment sûr que ça "bougeait" beaucoup sur la "blogosphère" :-D Si ?
Ecrit par : albin - didon | mercredi, 20 mai 2009 15:45

Si-si ! 2 ou 3 fois plus que maintenant...

Un billet ici, en lectures, ça équivaut, grosso modo aux ventes d'un premier roman rédigé par un inconnu... Toute comparaison mise à part hormis l'audience.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 16:40

Ecrit par : albin - didon | mercredi, 20 mai 2009 15:45

Si-si : 1er blog politique lu sur 20 minutes depuis ce matin, mine de rien.

http://www.20minutes-blogs.fr/politique

J'en profite pour lancer un appel : billets bienvenus, please !

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 16:50

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 16:40

Malheureusement pas seulement premier roman et inconnu.

Écrit par : nef | mercredi, 20 mai 2009 17:20

Ecrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 16:50

Please va voir dans la boite mon petit moineau.

Écrit par : nef | mercredi, 20 mai 2009 17:27

J'ai été dans la boîte et j'ai appris que Monsieur Ibrahim M'ba, grand gourou et illustre Marabout m'annonce que le Village des NRV a gagné le grand prix Coca Cola doté de 1.000.000.000 $

Quoi d'autre ma chère Nef ?

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 17:39

Ahhhh ! compris ! Dans la soute voulais tu dire ! J'avais compris dans la BAL...

Bravo Nef !

Si tu as besoin d'aide pour la mise en page, je suis ton homme (mail).

Je suis en arrêt jusqu'au 28.

Écrit par : cui cui fit l'oiseau | mercredi, 20 mai 2009 18:00

Pour groiiinnnnnkk :

http://twitpic.com/5k1hw

Écrit par : hi han hi han hi han | mercredi, 20 mai 2009 18:20

bien sûr que je suis inquiet.

Inquiet de constater la desespérance qui s'incrit en lettres de sang dans le billet d'Albin.

Inquiet de ce questionnement dont le sens divin absent se heurte aux limites humaines.

Inquiet de voir cette triste conclusion : " Je veux que tout le monde puisse avoir un foyer, travailler pour nourrir sa famille..."

Dans mes arbres, les oiseaux qui y nichent, doivent tenir le même raisonnement....et je ne parle même pas des mûlots malins qui se reproduisent dans des trous sont j'ignore l'emplacement.

Est-ce donc cela l'homme moderne, est-ce donc la fin du chemin?

Écrit par : frère odm | mercredi, 20 mai 2009 22:27

Ecrit par : frère odm | mercredi, 20 mai 2009 22:27

Et que fais-tu de la providence divine ?

Écrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 22:28

Ecrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 22:28

Il est évidemment absurde de penser que la croyance en l"unique" est la fin du libre arbitre.
mais réécrire l'histoire c'est une partie fondamentale de ta nature et de celle de tes amis.

Écrit par : frère odm | mercredi, 20 mai 2009 22:35

Hé ooooohhhhhhhhh ! Y a quelqu'un ?

Écrit par : L'écho | mercredi, 20 mai 2009 22:41

Ecrit par : L'écho | mercredi, 20 mai 2009 22:41

C'est souvent le silence qui marque l'existence....

Écrit par : frère odm | mercredi, 20 mai 2009 22:42

héhéhéhéhhhhhhhééééééééééééé ooooooooooohhhhhhhhhhhhhh,

Ya quelqu'un qu'un qu'un qu'un qu'un......

Écrit par : écho2 | mercredi, 20 mai 2009 22:43

Tout est à reconstruire car les verités qui se dévoilent ne peuvent pas être sans conséquence....et nous sommes dans le temps du dévoilement.

Écrit par : frère odm | mercredi, 20 mai 2009 22:45

Ah, voilà que tu crois aux vérités maintenant ?
Mais rien de tel n'est accessible à un entendement qui ne serait pas divin (du moins si l'on en croit ton ami Pascal ).
Douterais-tu donc de la grâce , par dessus le marché ?

Écrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 23:15

Où est passé frère odm et ses géniales prophéties ? Je suis très déçu par ce que je lis...

Écrit par : Sly | mercredi, 20 mai 2009 23:20

C'est l'heure d'un peu d'Althusser (trop fort) en rapport avec tout ça...


"Et nous énonçons aussitôt deux thèses conjointes :
- Il n'est de pratique que par et sous une idéologie ;
- Il n'est d'idéologie que par le sujet et pour des sujets."

"Cette thèse revient tout simplement à expliciter notre dernière proposition : il n'y a d'idéologie que par le sujet et que pour des sujets. Entendons : il n'y a d'idéologie que pour des sujets concrets, et cette destination de l'idéologie n'est possible que par le sujet : entendons par la catégorie de sujet et son fonctionnement."

"Toute idéologie interpelle les individus concrets en sujets concrets, par le fonctionnement de la catégorie de sujet."

Etc etc etc.


http://classiques.uqac.ca/contemporains/althusser_louis/ideologie_et_AIE/ideologie_et_AIE_texte.html

Écrit par : f | mercredi, 20 mai 2009 23:30

Si on en revevnait à Marx ... pour qui l'idéologie était une chose beaucoup plus factuelle :
"À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin­guer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia­les et les rapports de production."

Préface de la Critique de l'économie politique

L'idéologie, les idéologies sont les "formes sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout".
On voit bien à quel point en (re)lisant Marx et non pas ses exégètes "néo-kantiens" ( structuralistes) on a une tout autre "chanson" ( on voit bien ci-dessus à quel point, très clairement et explicitement, Marx ignore complètement la théorie du "procès sans sujet".
Marx convoque une ontologie parfaitement extérieure à la problématique structuraliste, une conception historique et sociale de la "conscience" (et du sujet de cette conscience) beaucoup plus simple, beaucoup plus claire, beaucoup plus ... utile.

Écrit par : urbain | mercredi, 20 mai 2009 23:53

Monsieur sly, vous attendez trop du gentil que je suis.

Écrit par : frère odm | jeudi, 21 mai 2009 01:12

C'est le réel qui est en cause.
ce réel fantasmé par les marxistes.
Ce réel fabriqué par les marxistes.
Ce fantasme qui sert de fondation et qui est de verre.
Quant à Althuser il n'a q'étranglé sa femme, alors.....

Écrit par : frère odm | jeudi, 21 mai 2009 01:25

Ecrit par : f | mercredi, 20 mai 2009 23:30

+1

Écrit par : (ne pas confondre) | jeudi, 21 mai 2009 03:13

Ecrit par : frère odm | jeudi, 21 mai 2009 01:25

En réalité (à proprement parler) , chacun voit bien qui fantasme ( au besoin avec l'aide de substances facilitatrices) ... et naturellement sur le réel, par ce que, pour les gens comme toi il est hors de question que le rationnel soit réel et à plus forte déraison que le réel soit rationnel.
Il y a bien , quelque contorsion ou grognement que tu y opposes ce fait d'expérience :
moi qui connaît,
et ce qui est à connaître.
les deux termes sont également réels, et malgré que tu en ai, c'est connaître qui les relie.

Dans quel réel, selon toi, Althusser (trop fort) était-il quand il a étranglé sa femme ?

Les névroses sont aussi réelles que les crises qu'elles suscitent, l'effondrement de la superstructure financière , l'arrogant mépris des dominants , la domination, l'oppression, le chômage, l'injustice , les inégalités, la ruine du lien et de l'être social, sont bien réelles, parfaitement saisissables, compréhensibles , faits historiques et rationnellement saisissables, pour peu qu'on ne s'en remette pas à la sainte vierge, à la providence divine ou à sa prédestination.

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 08:50

Ecrit par : f | mercredi, 20 mai 2009 23:30

Ce n'est pas un hasard si Althusser fut le chroniqueur le plus éminent des appareils idéologiques : en bon mandarin, parfaitement symptomatique de l'époque, il fut lui-même et essentiellement un idéologue ( au sens qu'il donne lui-même à ce terme, comme au sens factuel que lui donne Marx, dans le texte pré-cité ).
Il est très facile de voir - il suffit pour ça de lire Marx - à quel point le "marxisme" d'Althusser ( de fait une tentative, bien dans l'air du temps d'alors, de détournement structuraliste de la pensée de Marx) fut une pure construction idéologique ( au sens "positiviste historique" de "l'idéologie allemande" , comme au sens "ontologique" de la "Préface de la Critique de l'économie politique" ).

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 09:16

Un dernier mot sur ce ( passionnat) "sujet" .
Tu trouveras , dans les notes même d'Althusser ( je viens de relire ce texte), la tension qui atteste ce queje viens de ra^ppeler (de mémoire).

Ce sont les notes 11 et 12 qui montrent bien les difficultés rencontrées par Althusser pour se revendiquer à la fois de la pensée de Marx et de celle des "(super)structures" et de "l'ordre symbolique" chers à son temps.

Fait tout à fait significatif et révélateur de la "méthode Althusser" il "oublie" une partie de la phrase de Marx dans sa citation, la partie pourtant essentielle (dans le cadre de son propos, puisque c'est celle où Marx désigne les idéologies pour ce qu'elles "sont" ) :

"les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout."

devient :

"les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques dans lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout."

Joli tour de passe-passe, éminemment ... "symbolique", qui permet à Althusser de présenter ( juste après) comme une "découverte" de son fait le caractère "idéologique" de ces représentations, qu'il accommode immédiatement d'une re-présentation "super-structurale" de son cru, totalement absente des visées de Marx.

Pour ceux que ça intéresse voici le rappel des "notes de bas de page" de ce bon Althusser :

[11] Ce qui est dit ici, en quelques mots rapides, de la lutte des classes dans les AIE, est évidemment loin d'épuiser la question de la lutte des classes.

Pour aborder cette question, il faut garder présent à l'esprit deux principes.

Le premier principe a été formulé par Marx dans la Préface à la Contribution : « Lorsqu'on considère de tels bouleversements [une révolution sociale], il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques, et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques dans lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. »La lutte des classes s'exprime et s'exerce donc dans les formes idéologiques, donc aussi dans les formes idéologiques des AIE. Mais la lutte des classes déborde largement ces formes, et c'est parce qu'elle les déborde que la lutte des classes exploitées peut aussi s'exercer dans les formes des AIE, donc retourner contre les classes au pouvoir l'arme de l'idéologie.

Cela, en vertu du second principe : la lutte des classes déborde les AIE parce qu'elle est enracinée ailleurs que dans l'idéologie, dans l'Infrastructure, dans les rapports de production, qui sont des rapports d'exploitation, et qui constituent la base des rapports de classe.

[12] Pour une grande part. Car les rapports de production sont d'abord reproduits par la matérialité du procès de production et du procès de circulation. Mais on ne doit pas oublier que les rapports idéologiques sont immédiatement présents dans ces mêmes procès.

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 09:42

http://karl-marx.labrute.fr/fight/?d=louis-althusser;k=db83b7fdb271

Écrit par : hum... | jeudi, 21 mai 2009 12:30

http://karl-marx.labrute.fr/fight/213902504

Écrit par : hum... | jeudi, 21 mai 2009 12:30

Enfin des résultats pour la politique du gouvernement en matière de sécurité ! Les chiffres parlent ! Tandis qu'à la Courneuve, le port de la kalachnikov en bandoulière pour les piétons sera bientôt interdit, deux dangereux individus ont été arrêtés à Floirac, près de Bordeaux, par un escadron de courageux policiers. Après le récent placement en rétention de l'ennemi public numéro 1, un sans-papier azerbaïdjanais âgé de quatre mois, c'est une nouvelle victoire pour les hommes de Michèle Alliot-Marie.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090521.OBS7581/deux_enfants_de_6_et_10_ans_interpelles_a_la_sortie_de_.html

Écrit par : Communiqué de TF1 | jeudi, 21 mai 2009 13:00

Ecrit par : hum... | jeudi, 21 mai 2009 12:30

ça il s'en était chargé lui-même, et assez bien, dans ses (très intéressants) écrits posthumes, notamment "l'avenir dure longtemps":

www.decitre.fr/livres/L-Avenir-dure-longtemps.aspx/9782234059603

"Pas très ressemblant" disent certains ... supposés savoir à quoi il "ressemblait vraiment".
En réalité la vision qu'Althusser y donne de lui-même (et de cette époque) me semble très authentique au moins sur le plan "théorique", avec notamment la révélation "sans fard" de son absolue soumission à l'influence ( pour ne pas dire la domination) de Lacan ( et aux conceptions "structuralistes" qui lui étaient propres).

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 14:04

En finir avec l'Education nationale et l'instruction des masses :

http://www.liberation.fr/societe/0101568479-darcos-propose-une-police-des-ecoles

Heiiiidi heidooo hei da, heiiiiiidi heidooo hei da, hei di hai do hai da lalala lala lala la

Écrit par : Nicks | jeudi, 21 mai 2009 15:10

Ecrit par : Nicks | jeudi, 21 mai 2009 15:10

Les enfants, en rang par deux et au pas de l'oie.

Écrit par : Mr. Godwin | jeudi, 21 mai 2009 15:40

Ecrit par : Nicks | jeudi, 21 mai 2009 15:10

Une nouvelle pédagogie, "en prise avec le réel" ... de l'apprentissage étendu, en quelque sorte.
Comme ça nos chères têtes blondes seraient mieux habituées, accoutumées , et ça éviterait qu'elles soient traumatisées par les descentes de police à l'école, alpaguant les enfants de 6 ans.

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 16:44

@urbain

Darcos propose aussi une orientation améliorée grâce à la mise à disposition des chiffres relatifs aux différentes voies d'enseignement : taux de réussite, % d'embauches etc...On devine bien l'effet sur les sciences humaines et le non directement professionnalisant, sur l'ouverture aux savoirs donc et sur le sens critique.

Il souhaite aussi sanctionner financièrement les parents démissionnaires, qui laissent leurs enfants livrés à eux mêmes et à la délinquance. Nul doute que les familles aisées seront durement touchées. La pénalisation des pauvres s'accentue...

Puisque l'Ecole publique en ruine leur sera échue, nulle surprise à la voir investie par la police.

V

Écrit par : Nicks | jeudi, 21 mai 2009 19:41

Ecrit par : Nicks | jeudi, 21 mai 2009 19:41

Quand nous serons au pouvoir, j'ai prévu une grande cérémonie de remise de bonnet d'âne, inaugurée par darcos comme premier lauréat.

Écrit par : urbain | jeudi, 21 mai 2009 22:15

 
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