Avertir le modérateur

vendredi, 27 février 2009

Le temps de la nécessité

 

bonhomme-michelin.jpg

 

Salle d’attente d’un médecin. J’entre et salue les patients. Je m’assieds à côté d’un vieil homme accompagné de son fils, il me raconte : «  Il fût un temps où les patrons étaient fiers de leurs entreprises, ils y étaient même attachés. Je vous assure que le Président quand il nous croisait, il s’avançait pour nous serrer la main. Et mieux, il connaissait nos noms. Ils n’avaient pas la même mentalité les patrons à mon époque. (Je  parviens à lui demander où il travaillait car il monologuait : Chez Michelin)

C’est simple, mon seul salaire permettait de tout payer, le loyer, de nous habiller et de partir en vacances. Je vous dis ça, mon épouse ne travaillait pas, elle s’occupait des enfants. Quatre fils, c’était du boulot. La pauvre, elle est tombée malade, elle est morte, je me suis retrouvé seul, il y a bientôt 5 ans.

Pour la maison, nous nous équipions au fur à mesure, les appareils ménagers étaient faits pour durer. On a jamais pris de crédit, d’ailleurs on se méfiait de ces trucs là, et puis on achetait quand on avait besoin… Maintenant, les gens veulent une cuisine à la mode (il rit en disant cela, cette idée lui semble grotesque). Vous vous rendez compte ?»

Arrive son tour, le fils a refermé le livre qu’il feignait de lire, il interrompt brusquement son père en me jetant un regard de compassion désolé. Je lui adresse un geste de la main (il ne m’a pas dérangé du tout). J’extirpe mon carnet de mon sac, je dois noter, tout noter. J’ai envie d’en faire un billet.

Les propos de cet homme m’intéressent.

Cette vie paisible, nombre de continents ne l’ont jamais vécu.

Le monde vient de faire une embardée.

La futilité d’une Rolex pour le poignet d’une poignée versus l’enfer sur terre pour des millions d’individus.

Et les pays, jusqu’ici, à peu près préservés par la faim prennent des mesures comparables à celles des pires moments de l’histoire des peuples. (lire là aussi)

La faim dans le monde, sans fin.

 

 

bidonville.jpg

 

Agathe

 

mercredi, 25 février 2009

LE MOMENT

280207170244Blaue Blume 2007 Huile sur toile 250 x 200 cm.jpg

 

 

 

 

 

 

Je vous propose d'aller à la rencontre de

Ronan BARROT

Exposition

ARTPARIS

du 19 au 23 Mars 2009

au Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75008 PARIS

 

Pour la petite histoire, je devais recevoir quelques photos pour l'Exposition à venir de Ronan Barrot.

 

L'autre soir, Ronan faisait défiler ses toiles sur son iphone, je lui avais expliqué mon intention de parler de son travail chez les NRV (pour un moment de grâce). J'ai donc sélectionné la peinture à mettre en illustration en haut de ce billet.

Cette oeuvre figure sur l'invitation. Je l'aime particulièrement (entre autres) car elle m'évoque la Révolution*, un personnage devant une grille entr'ouverte.

Bref, Ronan est un artiste. Il a oublié de m'envoyer ce tableau et les autres promis... (Donc récupération aléatoire et arbitraire sur le net selon mon bon plaisir).

 

Voici quelques liens pour le raconter un peu, vraiment très peu car la richesse de sa personnalité mériterait un panégyrique …

 

Merci Ronan.

 

http://www.telerama.fr/scenes/22653-une_uvre_la_loupe_le_peintre_ronan_barrot_ausculte_deux_courbet.php

http://www.artpointfrance.info/article-5148212.html

http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=267664

http://www.claude-bernard.com/index.php

 

 

 

EM-Barrot-02P.jpg

 

Agathe

 

*Je n'aspire pas à la Révolution mais à rester révoltée. Voilà pour répondre par avance aux jugements hatifs ;-)).

lundi, 23 février 2009

high - glandeurs

photo010.jpg


En ce moment, il y a un sujet, qui a pourtant toute son actualité et que l'on s'est toujours bien gardé de traiter, tant il est problématique et qu'il ne va pas de soi pour tout le monde, c'est-à-dire, la "majorité" de nos contemporains. Il s'agit du mensonge permanent, et largement soutenu, tous bords confondus, de l'idéologie du travail. Problématique, parce qu'il est difficile de nier les vertus du travail - tant sur le plan de l'épanouissement personnel, que sur le plan de l'organisation sociale - et qu'il y a une urgence à dénoncer l'instrumentalisation sournoise de cette notion noble, à des finalités absconses, et véritablement nocives.


Si on suit l'idéologie dominante, il faut avoir un travail pour participer à la vie collective (consommer, payer ses impôts ; voter ?!!!). Celui qui est "hors travail", est d'emblée "hors-norme", et en conséquence, il est "disqualifié" ; non pas vraiment sans qualification pour travailler (puisque, aujourd'hui avec les euphémismes de la novlangue, un travail "qualifié" signifie exactement le contraire de ce qu'il devrait vouloir dire), mais qui ne dispose d'aucune autorité pour avoir un mot à dire dans l'espace public. On préférera mieux écouter un demeuré notoire, "fraîchement" accompagné, qui débite à satiété des âneries à longueur de journées, avec toutes les caméras et les micros du monde sous le nez, face à des contradicteurs de pacotilles, plutôt qu'un indigent avec une expérience et une sensibilité, mais dépourvu de "gloire" ou de "qualités". On ne cherchera même pas à savoir en quoi le premier a une autorité, et on considérera l'autre comme un pestiféré.


C'est pourquoi on veut prôner les mérites de la glande : on n'a désormais aucune raison de devoir rougir parce que l'on "glande... autant que les autres travaillent" ! Car glander, est une activité peut-être même plus difficile que le travail. Parce qu'à un moment, le travail ne consiste plus qu'à effectuer des tâches répétitives. Alors que pour la glande, ce qui est difficile, c'est que, d'une part, c'est très mal vu "socialement" (sauf par ceux qui goûtent savoureusement les joies de l'oisiveté), et que, d'autre part, ce n'est pas "aidé" socialement ; que la société permet peu, voire très mal de glander. Déjà, ce n'est pas rémunéré. Mais, aussi quand on voit ne serait-ce que l'organisation des bibliothèques municipales - réglée suivant le rythme... des travailleurs ! - ça en devient presque une gymnastique. Et puis, à un autre degré, on refuse même de reconnaître que produire en glandant, sans contrepartie financière est beaucoup plus généreux que travailler pour un salaire (que l'on épargne, ou qui permet de rembourser son crédit... immobilier !!!).


Le plus grave (quand on fait abstraction des industries de saccage et de pollution de l'environnement), ce sont les gens qui se satisfont de travailler, en se donnant des airs d'importance du seul fait qu'ils ont un travail, qui se permettent de dénigrer ceux qui n'en ont pas (les exclus). Ils s'autorisent à juger (mais du haut de quoi ? de leur travail ? de leur salaire ? de leur appartenance à un groupe soi-disant politique ?) la situation - choisie ou subie - de ceux qui n'ont pas intégré le monde du travail. Ils font les beaux, alors qu'en fait, ce sont des veaux et des vendus. Des gens qui se satisfont des maigres connaissances qu'ils ont, se repaissent de leur incompétence, de leur ignorance, même, et, qui ne cherchent plus à se questionner, et encore moins à questionner le monde qui les environne, qui ne cesse de les manipuler (même ceux qui croient tenir des ficelles), tant leur place (salariée) leur assure un certain confort matériel. Ce sont des gens qui sont tellement assurés de garder leurs places, qui ne reculent devant aucune compromission, et qui parfois n'hésitent même pas à aller au devant d'elles, qu'ils se permettent du haut de leur forfanterie de rouler des mécaniques et de juger les autres, qui eux - peut-être péniblement - font au moins l'effort de s'interroger, de chercher à comprendre, questionner, voire attaquer le système dominant : celui qui assure aux soumis une place confortable (un salaire, un profit) dans la circulation de l'argent et de la marchandise. On le voit très bien avec l'arrogance des politicards plus ou moins véreux - qu'on "augmente", sans égard aucun pour les plus démunis.


Ces travailleurs, auto-satisfaits, donc, ils ne s'étaient jamais posé de questions auparavant parce qu'ils ont toujours obéi à ceux qui prenaient les décisions, qu'ils émanassent même d'incapables notoires. Et du jour au lendemain, alors qu'ils sont acculés (oui-oui : "acculés") à n'avoir de choix que d'être autonomes, il viennent pleurer ; ils ne savent plus que faire, quand tout le monde les a largués. Et, ils s'étonnent à la fin que, dans leur dénuement, plus personne ne daigne leur porter secours...

Ainsi, lorsque qu'ils tombent de l'échelle sociale, alors qu'ils ont peiné si durement à grimper, ils en viennent à pleurer dans les jupes des aides sociales ou viennent s'agripper aux basques du premier venu, et de ceux qu'ils ont auparavant crânement dénigrés. Ils se prennent le mur de la réalité, de la violence économique, et du mépris carnassier des cyniques de tous poils. Ils se rendent compte - parfois très tard à cinquante ans, et parfois jamais - de l'illusion du système dominant qui les a couvés, du paraître social : qu'ils ont toujours vécu avec des œillères, que le monde dans lequel ils ont toujours baigné n'était qu'un monde d'apparences et de veulerie, s'étonnant des trahisons subites de leurs plus proches confidents ; qu'ils n'avaient vécu qu'avec des flagorneurs et des pleutres.


D'autant plus qu'en ce moment, avec ce qu'ils appellent la "crise", qui n'en est pas une, et qui n'est qu'un alibi "conceptuel" (en fait, un fourre-tout pour le prêt-à-penser-automatique) pour licencier à tire-larigot. Car le capitalisme ne s'embarrasse pas du nombre, c'est une course au profit. Point barre. Les plus "installés" jubilent de la déconfiture des autres, sans imaginer un seul instant que l'étau puisse sur resserrer sur eux, peut-être plus vite qu'ils ne le croient, ou croyant que si d'autres incapables puissent être protégés par des parachutes dorés, ils le seront également. Selon qu'ils puissent être éventuellement une menace aux agissements des prédateurs, selon leurs arguments, ils parient sur un avenir radieux.

Et quand la fin approche, on regrette de n'avoir pas assez médité l'affirmation de Marcuse, dans L'Homme unidimensionnel, lorsqu'il écrit que "le travailleur et le patron sont complices"...

 

 

Franklin_100_dollar_bill.JPG

 

par Albin Didon.

vendredi, 20 février 2009

LIBENEWLOOK

Libération passe à la presse d’opinion :

 

LogoLiberationFr-3-4b316.gif

Le paquet social de Sarkozy

Impôts, chômage partiel, aides diverses... le point sur les annonces du Président.

Il nous a présenté son « paquet social » :

 

 

etronkozy.jpg

 

 

 

Sans oublier les bons d’achat, naturellement.

 

 

 

Urbain

mercredi, 18 février 2009

PETITION

Une fois n'est pas coutume, le billet du jour est la reproduction d'une pétition lancée il y a quelques jours sur Internet. Son contenu est explicite. Il s'agit ainsi de présenter un texte qui n'est pas seulement le support à une revendication nette mais qui soulève également quelques questions cruciales : le mépris du pouvoir, la représentation et la concertation, la gestion managériale de l'école et, par extension, des services publics... Cette pétition peut être aussi l'occasion de discuter ce mode d'action, sa pertinence, son efficacité et également la question de la personnification d'une certaine politique...

Voici donc ce texte, mis en ligne suite aux déclarations de M. Darcos. C'est ici pour consulter la source d'où cet article est extrait et éventuellement signer la pétition.

 

 

Lettre à Xavier Darcos, Citoyen, futur ancien Ministre de la République

Publié le 13 février 2009, mise à jour le 15 février 2009

À Xavier Darcos,
Citoyen, futur ancien Ministre de la République

Monsieur, Le 12 février, sur la radio RMC, vous avez déclaré ceci :

Il n’y a « aucune raison aujourd’hui objectivement [de repousser la réforme de la formation et du recrutement des enseignants à 2011, comme le demande le bureau de la Conférence des Présidents d’Universités]. D’ailleurs, on me dit "les universités ne voudront pas préparer les étudiants à cela" ; vous savez, moi je recrute 14 000 personnes ; on va les trouver les gens pour passer nos concours. Et aujourd’hui, un professeur sur deux qui est recruté par moi , n’est déjà pas passé par des systèmes de formation des maîtres. Il a tout simplement une licence ou une maîtrise, et il se présente à nos concours et il les a. Donc moi je n’ai pas absolument besoin d’entrer dans des discussions sibyllines avec les préparateurs à mes concours. Je suis recruteur . Je définis les concours dont j’ai besoin . Je garantis la formation professionnelle des personnels que je recruterai . Après, chacun nous suit, ou pas. »

Ces propos sont inadmissibles.

Votre indifférence proclamée envers les demandes formulées par le bureau de la Conférence des Présidents des Universités, par la Coordination Nationale des Universités, par des conseils d’administration, des étudiants, des enseignants et des enseignants-chercheurs, des associations d’universitaires, des syndicats, des parents d’élèves est inadmissible.

Le cynisme avec lequel vous avouez ouvertement que peu vous importe qu’il y ait ou non au sein du service public des préparations aux concours de recrutement des enseignants du service public est inadmissible.

Cette porte grande ouverte aux préparations par des organismes privés à ces mêmes concours est inadmissible.

Surtout, il est inadmissible que vous prétendiez être le recruteur, inadmissible que vous asséniez neuf fois en quelques phrases l’idée que c’est vous qui recrutez, vous qui définissez, vous qui avez besoin, et que ces concours sont les vôtres.

Monsieur, ces propos sont ceux d’un chef d’entreprise. Ils relèvent d’une logique qui est celle du privé. Mais vous n’êtes pas chef d’entreprise, l’école n’est pas une société par actions dont vous seriez le président-directeur général. Vous êtes vous-même au service du recruteur et de l’employeur, qui ne coïncide pas avec votre personne, aussi remarquable puisse-t-elle être : le recruteur et l’employeur, c’est l’Éducation Nationale, c’est l’école de la République, c’est l’école de tous les citoyens, de tous les contribuables, de tous les électeurs, de tous les parents d’élèves, de tous les habitants de ce pays. Vous n’êtes pas doté des pleins pouvoirs. Vous êtes au service des citoyens de ce pays, vous êtes au service de la France.

Monsieur, ces propos vous disqualifient et vous déshonorent. Ils revèlent une confiscation de la res publica, de la chose publique, par un individu. Ils révèlent que vous vous considérez comme le dépositaire unique de la légitimité, dans un domaine qui relève de la volonté populaire. Ils révèlent que vous confondez votre position actuelle de Ministre avec un pouvoir que personne n’a le droit de vous contester, un pouvoir absolu. Vos propos rappellent, Monsieur, le basculement de la démocratie vers une personnalisation tyrannique du pouvoir dont l’histoire a donné maints exemples. Ils sont inacceptables pour tout républicain authentique, de Jules Ferry au Général de Gaulle.

Vous ne tenez votre légitimité de Ministre, Monsieur, que de l’expression de la volonté populaire. La volonté populaire ne vous a pas donné mandat de détruire au nom de la république un système fondé sur les valeurs de la république.

Nous vous accusons, Monsieur, d’indignité républicaine. L’école n’est pas votre propriété. Par vos propos, vous vous êtes montré inapte à assumer vos responsabilités républicaines et le mandat qui vous a été confié par le peuple français. Vous avez révélé que vous méprisiez et ne compreniez pas l’essence même de votre fonction de Ministre.

En tant que citoyens, électeurs, contribuables, parents d’élèves, habitants de ce pays, nous ne reconnaissons plus la légitimité morale et républicaine de la position que vous occupez.

Nous exigeons votre démission.


13/02/2009 21:14 - Par AG PARIS I

610x.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu