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vendredi, 26 septembre 2008

Hémiplégisme

Le 6 mai 2007, les Français ont élu à une confortable majorité celui qui est donc aujourd’hui notre président. Le candidat vainqueur est issu d’un courant de la droite assez jeune en France, qui assume pleinement à la fois son néo-libéralisme et son néo-conservatisme. Quand je dis assumer,  c’est évidemment dans l’entre-soi. Les Français n’étant pas encore convertis au libéralisme économique, loin s’en faut, le discours politique diffusé par cette mouvance est des plus hypocrite. Mais plus encore, il joue sur l’omission.

Car en effet, l’ex maire de Neuilly a gagné la présidence sur le programme le plus à droite qu’un homme politique ait proposé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (j’aurais pu dire seconde mais voyez-vous…). En face, c’est un électorat rongé par les peurs et les doutes nés de la mondialisation, oppressé par la nouvelle donne économique qui précarise et appauvrit (qui déclasse pour le moins, quand il n’y a pas appauvrissement réel) qui l’a porté au pouvoir. Il y a encore une dizaine d’années, le réflexe de ces gens aurait été de se tourner vers la gauche, garante de la protection des plus faibles, préceptrice d’un modèle économique moins darwinien, plus équilibré, plus durable pourrions nous dire en ces temps où l’écologie essaie tant bien que mal de se frayer un passage dans la jungle des prédateurs politiques.

Pourtant  le héraut de la droite décomplexée a gagné haut la main en proposant un programme économique, qui sous quelques paravents volontaristes et populistes, s’appuyant sur une dialectique de la rupture (contre-révolutionnaire maquillée), est clairement destiné a laisser les mains libres à la classe dominante d’étendre sa puissance, au détriment de quasiment toutes les autres catégories de population : celles qui ne sont pas méritantes, qui ne veulent pas assez s’en sortir, sont coincées dans des schémas de pensée archaïques. Pour résumer la majorité de la population a voté pour instituer un ordre qui privilégiera une infime minorité parmi elle et en marginalisera une grosse partie, laissant l’entre-deux dans une situation très difficile.

Comment ce tour machiavélique a t’il pu être joué aux citoyens ? Comment peut-on amener des gens a voter avec enthousiasme contre leurs intérêts économiques et en faveur d’une destruction de leur mode de vie ?

Une bonne partie de la réponse se trouve dans le livre de Thomas Frank,Pourquoi les pauvres votent à droite : comment les conservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et celui des autres pays riches)

Nick2.JPGCe qui s’est passé aux USA, malgré quelques spécificités bien de chez eux a été , un peu comme à peu près tout le reste, exporté chez nous et à la lecture du livre on voit bien les analogies entre les techniques des ultra-conservateurs pour se fédérer les classes populaires et celles à l’œuvre chez le commandant en chef de l’Ump et de ses fidèles (ou pas) lieutenants.

Depuis une trentaine d’années, l’avènement de la nouvelle donne économique née du consensus de Washington, ce que l’on appelle aujourd’hui plus ou moins pertinemment le néo-libéralisme a été de pair avec une révolution néo-conservatrice, les deux mouvement s’entretenant l’un-l’autre, dans une imbrication qui sent bon la convergence d’intérêts. Un phénomène assez logique dans la mesure où ce sont les mêmes qui ont lancé et l’une et l’autre. La seconde permet de faire oublier les effets économiques de la première sur les classes défavorisées et moyennes et la première alimente la grogne et le ressentiment qui va nourrir la seconde.

Thomas Frank décrit et analyse ainsi ce paradoxe assez gigantesque qui voit les américains assister « à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censé renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « laisser-nous réduire vos impôts ! » »

La dimension essentielle de cette révolution est culturelle et profite du dévoiement du parti démocrate, la « gauche » américaine qui comme son homologue française s’est peu à peu vautrée dans la notabilisation, s’est couchée face à la mondialisation néo-libérale et s’est recroquevillée dans la défense des « discriminations », c’est à dire en évacuant la question économique de son domaine d’action. La gauche est donc vue aujourd’hui comme une formation qui ne se préoccupe que des questions de mœurs.

Les conservateurs républicains ont parfaitement deviné quel profit il pouvait tirer de ce retrait de la gauche et de sa distanciation progressive des questions sociales. Force est de constater qu’ils ont réussi et qu’ils se sont attaché une grande partie des classes populaires, lassées de constater le désintérêt de la gauche pour leurs conditions de vie, excédées de ne la voir bouger que pour ce qu’ils perçoivent comme des préoccupations de riches : la culture, la défense des minorités sexuelles et raciales. Pour l’américain moyen, l’honnête travailleur est laissé en pâture, son mode de vie traditionnel est menacé par les élites cosmopolites qui entraînent inéluctablement la décadence de la grande Amérique, pieuse et laborieuse, celle des vrais hommes, qui n’aiment pas le latte  et la culture française..

Bien entendu, les fondements culturels Etats-uniens sont quand même assez différents de ceux de la France, notamment dans le domaine religieux et la haine de la culture humaniste, donc largement ouverte sur le monde, n’est pas aussi développée chez le paysan des Alpes que chez celui de l’Arkansas. Pourtant, il est frappant de constater comment la droite américaine et son homologue française, par émulation pour cette dernière, ont parfaitement su se servir du profond fléchissement idéologique de la gauche, pour l’attaquer là ou sa défense est traditionnellement la moins efficace : la question culturelle, le problème des valeurs, la sécurité physique : en gros, le conservatisme politique.

C’est ainsi que pour éviter de parler des salaires, le mari de Carla Bruni a agité la valeur travail. Le travailler plus gagner plus n’était pas une solution économique aux problèmes financiers des gens, mais une approche culturelle. Si vous le voulez, si vous vous investissez alors vous gagnerez plus et vous serez plus estimable que ceux qui, glorifiant l’oisiveté, vivent de vos impôts avec les minima sociaux. Cette approche francisée s’inspire complètement de la théorie du workfare state, édictée pendant les années Reagan et se drape pour cacher son identité violemment conservatrice et réactionnaire sous les paravents de la défense de valeurs traditionnelles populaires, mises à mal par Mai 68 (les années 60 de tous les relâchements aux Etats-Unis).

Ce qui est contenu dans cette attitude politique c’est la polarisation de l’amertume des classes populaires non pas vers la minorité dominante mais vers ceux qui sont en dessous : les oisifs, les parasites, les assistés. Les responsables de votre situation, ce sont eux disent nos décomplexés de la droite, pas ceux qui créent de l’activité et de la richesse, qui ne récoltent que le fruit de leurs mérites. Car tous, vous pouvez accéder à ce statut si vous le voulez vraiment et si vous vous débarrassez des inactifs, des improductifs (dont les fonctionnaires) qui sucent vos impôts comme des sangsues gauchistes qu’ils sont. Bien entendu, pas un mot sur le système économique mis en place par les possédants, l’emploi précaire et sous-payé corollaire des systèmes de management mis en place, de la financiarisation qui d’une part pressure industriels et employés, d’autre part édifie une construction consumériste qui tient uniquement sur le crédit, avec l’instabilité que cela suppose, comme nous le montre la crise des subprimes qui menace aujourd’hui l’économie mondiale.

Bien plus, les conservateurs alliés aux fondamentalistes religieux, non contents d’évacuer les responsabilités du marché libre (qu’ils favorisent autant qu’ils le peuvent), sur les conditions de vie des classes populaires et sur le prétendu délitement moral de l’Amérique, s’ingénient à se décrire comme persécutés par une élite démocrate quasi aristocratique et contrôlant tous les rouages du pouvoir financier, industriel et culturel aux Etats-Unis. Personne ou presque ne leur fait remarquer que les Républicains ont occupé la Maison Blanche 28 ans sur 40 depuis 1969. Pas davantage pour remarquer que les pontes politiques ultra-conservateurs sont la plupart du temps riches à millions, fréquentent les mêmes lieux et ont quasiment les mêmes mœurs que leurs collègues du parti de l’âne.
C’est ainsi que les républicains se victimisent systématiquement, alimentant une théorie du complot démocrate et de l’anti-amérique, alors mêmes qu’ils tirent la majorité des ficelles aujourd’hui. Mais ils ont pour le moment gagné la bataille des idées qui les range aux côtés des plus humbles. Ces derniers censés aspirer à plus de dignité appuient donc, avec souvent une force militante assez impressionnante ceux qui les en privent toujours davantage (il suffit parmi tant d’exemples de regarder la répartition revenus du capital/revenus salariaux qui a progressé de 10% vers les premiers depuis trente ans en Amérique comme ailleurs).

xnicks.JPGTous ces paradoxes sont décrits par Thomas Frank dans son livre. Sa vision acérée est dépourvue de tout sectarisme, ne stigmatisant pas plus que de raison le peuple des états rouges (républicains) dont il essaie de décortiquer la logique pour mieux en exposer à la fois souvent la sincérité mais aussi ses effets contre-productifs, produits des manipulations et du cynisme des grands leaders politique de droite, fondamentalistes par opportunisme.

Sa parole a d’autant plus de poids qu’il est allé se fondre dans ce milieu et s’entretenir avec ses différentes composantes, depuis l’ouvrier de l’usine Boeing de Wichita qui préfère fustiger l’arrêt « Roe vs Wade » de la cour suprême légalisant l’avortement plutôt que de s’en prendre à l’entreprise aéronautique qui s’est livrée à un odieux chantage à l’emploi, jusqu’aux différents candidats républicains aux élections du Kansas. C’est cet état, dont l’auteur est natif qui sert d’espace expérimental à ses propos. Lui-même ancien ultra-conservateur dans sa jeunesse des banlieues dorées de Kansas City, a fait un chemin que peu ont suivi dans le même sens à son époque, à savoir basculer à gauche (Il écrit dans le Diplo aujourd’hui). Il montre avec beaucoup de perspicacité, avec une ironie qui permet d’alléger quelque peu la démonstration, comment un état pionnier dans la défense des plus fragiles au moyen de l’action collective (le populisme de gauche au début de siècle dernier) a pu se vautrer dans un ultra-conservatisme néo-libéral pro-bushiste.

Pourquoi les pauvres votent à droite est une excellente analyse du basculement politique des classes populaires. La préface de Serge Halimi se charge de faire le parallèle avec la dernière élection présidentielle en France. L’explication de la victoire des conservateurs est très pertinente mais elle contient dans son argumentation les raisons de la défaite de la gauche : la démission.

Quel avenir a-t’elle aujourd’hui alors qu’une fois de plus mais dans des proportions inédites, la crise financière actuelle vérifie le principe néo-libéral de socialisation des pertes, que la précarité est censée être la vie, selon les dires d’une dirigeante syndicaliste patronale, qu’une majorité de la population des pays développés est menacée de déclassement pendant qu’une infime minorité dirigeante l’exploite et l’instrumentalise ? Comment peut-elle rester silencieuse alors que des sommes astronomiques vont être levées pour corriger l’impéritie d’une caste financière avide et amorale, alors que le centième de cet argent pourrait éradiquer la faim dans le monde, garantir la pérennité des services publics et des systèmes de protection sociale ? Comment ne peut-elle pas sonner la charge alors que le système néo-libéral vient une fois de trop de démontrer que ses failles sont bien trop grandes pour être acceptables ?

Peut-être parce qu’elle n’est tout simplement plus de gauche…

Nicks

Commentaires

Il ne s'agit pas d'une démission, du moins si on l'entend comme une sorte de renoncement à une attitude ou une posture politique qui jusqu'ici aurait été tenue .
C'est une affaire de longue haleine, engagée de longue date et dont ce à quoi nous assistons n'est que l'aboutissement totalement prévisible, prévu et annoncé.
C'est l'aboutissement d'un long processus, dont l'origine, comme toujours dans l'histoire des idées, fussent-elles politiques, c'est ... la faillite et/ou l'absence ... d'idées.
La carence, au sens juridique du terme, de ce qu'en d'autres temps on appelait "la théorie".

On ne peut pas changer les choses, la société, "la vie" comme affichait le PS dans les années 80 du siècle dernier, sans avoir une idée claire de ce qu'on veut changer, par quoi, et comment.

Ce que le discours désormais "social démocrate", voire explicitement libéral à entendre les plus populaires hérauts de ce "courant", veut dire "en creux", c'est de facto une chose assez simple :
on ne veut pas (plus?) changer la vie, encore moins la société. On n'a absolument plus le projet ( la "prétention") d'aller contre "l'ordre des choses" tel qu'il a désormais été établi par la doxa libérale/capitaliste.

ET en réalité la raison de ce renoncement ça n'est pas simplement qu'on "ne sait pas" comment faire, qu'on a aucune "idée" sur la question;
la raison de cette nullité assumée, camouflée en "réalisme" requis en vue de "faire quelque chose" ( en pratique : faire la même chose ... que les autres); cette réalité est simplement la révélation "au grand jour", dans ses conséquence les plus brutales et disqualifiantes, d'un abandon beaucoup plus ancien.

La crise systémique prévisible et prévue ( relire Marx et le faire lire à bouffon et ses nègres) , n'est pas qu'une crise économique, c'est aussi et de manière totalement solidaire la crise de la prétendue "démocratie" représentative qui en constitue le substrat historique et politique.
C'est une crise de l'État, en tant que fruit de cette "démocratie" en actes. Les professions de foi grotesques de Bush, bouffon et de leurs collègues mondialisé en sont une illustration caricaturale de netteté.

Et voilà pourquoi les pauvres "votent à droite", tout simplement par ce qu'ils n'ont guère d'autre choix, aux U.S. comme ailleurs, en france.

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 09:05

@Urbain

Oui tout à fait, si les classes populaires votent à droite c'est qu'effectivement, aucune alternative crédible n'est proposée, par alignement de la gauche sur les théories néolibérales. La droite a parfaitement appréhendé le problème tout en forgeant un discours qui permet de faire voter les gens les plus démunis contre leurs intérêts, ce qui tout de même, n'est pas du qu'à l'absence de gauche assumée.

Le problème de la représentativité est évidemment crucial. Comment par exemple expliquer que le discours dégoulinant d'opportunisme de l'histrion hier soir ne soit pas ce matin crucifié en bonne et due forme par tout journaliste et opposant politique qui se respecte, au vu des contradictions énormes qu'il contient. Comment peut-on laisser passer qu'une refondation du capitalisme souhaitée dans le verbe passe par la poursuite de réformes ouvertement libérales et qui continuent à réduire la place de l'Etat. Ce matin, le gros titre du Parisien (une bouse journalistique parmi les bouses certes), c'est : Le retour de l'Etat(sic).

Les mensonges grossiers et la politique ont toujours fait bon ménage, mais à l'heure de la société de l'information/désinformation, jamais le cynisme qui y préside n'a été aussi grand et affiché.

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 09:24

Ecrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 09:24

C'est peut-être le moment de s'inspirer des solutions que les inventeurs de la démocratie avaient mises en oeuvre , avec un certain succès :
http://www.liberation.fr/rebonds/314673.FR.php

La véritable démocratie n'est pas , ne peut être "représentative" et pas davantage "électorale" .
Le paradoxe n'est qu'apparent pour qui veut bien se donner le peine de s'informer et réfléchir sérieusement à la question ( l'histoire, comme toujours, est de ce point vue irremplaçable).

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 10:00

C'est en effet le retour de l'état "démocratique", au sens libéral, autrement dit celui dont la seule finalité est de "corriger les excès" d'un libéral/capitalisme fondamentalement "bon" et "naturel", mais qui tel la nature doit être "apprivoisé", tant sa "vitalité spontanée", si elle n'est pas canalisée peut, telle une force tellurique, produire des catastrophes.

La formidablement brutal et spectaculaire virage à 180° du discours libéral sur le rôle de l'état , l'interventionnisme désormais "salutaire" professé par les jocrisses globalisés et les "responsables" du "nouveau monde" merveilleux et décomplexé,
tout cela n'est que la nième récurrence d'une contradiction "multi-récidiviste" et bien connue, dont le clivage fondamental se joue ailleurs et avant.
La vraie question, toujours posée, n'est évidemment pas "qui est responsable ?".
Cette question tout le monde en connait la réponse ...
la vrai question c'est "comment faire" ,
d'abord pour sauver le système, mais ça, partant du principe "qu'il n'y en pas d'autre" il n'est pas douteux que ce sera fait, au moins jusqu'à la nouvelle "crise",
non ce qui constitue le problème "urgent" c'est :
"comment faire avaler ces couleuvres" à "l'opinion".

C'est ce qui explique la mobilisation générale sonnée par Bush, bouffon et compagnie, avec l'efficace caisse de résonance des médias.

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 10:17

Oui, l'article est interessant. Je l'avais lu à sa parution. Il faut de toutes façons un retour du politique et du citoyen. Y a du boulot...

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 10:19

Et enfin, pour en revenir à ce par quoi j'ai commencé, on voit bien à quel point l'absence assumée depuis plusieurs décennies, de réflexion véritable, de pensée théorique, chez les "élus" étiquetés "à gauche" et leurs organisations, produit des effets désastreux : dans une circonstance qui devrait leur "ouvrir un boulevard", du fait de leur ralliement "théorique" à ce système qu'il n'ont en fait (et en actes) aucun moyen ni aucun projet de "changer", cette nullité assumée déjà évoquée plus haut leur interdit d'assumer quelque rôle "politique" que ce soit au moment précis où les circonstances historiques sont objectivement les plus favorables à un renversement.

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 10:25

Exact. Le piège se referme... (voir la réaction de Hollande)

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 10:27

En coup de vent, la meilleure reste le "catalogue de promesses" de Bayrou.

Le nain n'ayant même pas pris la peine d'aller jusque là.

Les rôles sont décidémment écrits à l'avance.

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 10:34

Il est donc temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent ... à tous .

à ce soir .

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 10:35

C'est quoi la conclusion ? Salauds de pauvres ?

Écrit par : Patrice Joyeux | vendredi, 26 septembre 2008 10:46

Ecrit par : Patrice Joyeux | vendredi, 26 septembre 2008 10:46

Mais non!!! c'est la prise du pouvoir par les pauvres; le renversement du système; en revanche je ne comprend pas très bien en quoi consiste l'alternative..Le livre c'est la défense du redneck, de la culture white trash!!!
"la gauche s'est fourvoyée dans la défense des minorités raciales et sexuelles"..çà veut dire quoi!! en tant que minorité je ne me suis jamais sentie défendue par la gauche, plutôt jugée et cataloguée..

Écrit par : Pamela de Barres | vendredi, 26 septembre 2008 10:58

@Pam

Non la gauche ne s'est pas fourvoyée dans ces luttes, elle s'y est recroquevillée nuance. La gauche a toujours essayé de lutter contre les oppressions, c'était son objectif initial. Je ne sais pas de quel minorité tu fais partie, mais en l'occurence je ne vois pas trop ce qu'on doit à la droite dans leur défense, si ce n'est quelque figures aujourd'hui visibles à des fins de communication. Pour autant, si la gauche avait la volonté au travers des associations et de certaines politique solidaristes d'aider l'intégration des minorités, il faut bien reconnaître que le Ps a complètement évacué la question de leur représentation politique.

Par ailleurs, je crois en effet que le terme minorité est mal choisi et finalement pas très cohérent avec un vocabulaire de gauche. Pour moi il y a des citoyens, un corps social, des populations fragilisées (globalement). Un citoyen ne se définit pas par sa couleur, ses préférences sexuelles etc. C'est pourquoi je suis opposé à toutes les discriminations dites positives (incongruité sémantique de la novlangue néolib, tout comme laïcité positive)qui exacerbe les communautarismes.

@Patou

Non, "salauds de pauvres" c'est une expression de droite, voir de très à droite. La coup des retournements rhétoriques ça ne marche pas ici :) La solution : démasquer les manipulateurs et recontruire un imaginaire et une idéologie de gauche (voir Mona Chollet par exemple, en dehors du bouquin de Frank).

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 11:18

Bienvenu au village et merci Nicks pour ce billet qui m'a donné très envie de lire ce livre.

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 11:37

De rien Nef, si je peux être utile ! :) Bonne journée !

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 11:51

"En affirmant qu'aucun de nos compatriotes ne verra ses économies menacées si une banque française devait être en grave difficulté, [Nicolas Sarkozy] a montré que l'Etat sera présent pour protéger chaque Français." Luc Chatel.

Vu que les dépôts bancaires sont déjà pris en charge en cas de faillite par l'Etat jusqu'à 70 000 euros, compatriotes "riches" aurait été mieux adapté.

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 11:53

Enfin, les particuliers n'ont a priori pas d'inquiétude à avoir sur leurs dépôts puisque le système bancaire français dispose d'une structure de sauvetage en cas de faillite d'un établissement de crédit. C'est le Fonds de garantie des dépôts, qui indemniserait les déposants en cas de faillite à hauteur de 70.000 euros : ce qui couvrirait les avoirs d'au moins 90 % des déposants. Depuis la création du Fonds de garantie des dépôts, en 1999, un seul cas de figure s'est présenté, le sauvetage du Crédit Martiniquais, qui a coûté environ 180 millions d'euros.

Ce fonds fonctionne de manière préventive, sur proposition de la Commission bancaire comme ce fut le cas en 1999 avec le Crédit Martiniquais, ou de façon curative en indemnisant les déposants. « Mais il ne pourrait rembourser des millions de clients en cas de défaillance d'une grande banque, explique un spécialiste. Dans ce cas, les autorités interviendraient de façon préventive en injectant des capitaux ou en l'adossant à un autre établissement. » C'est tout le sens de la déclaration de Nicolas Sarkozy, qui s'est engagé « quoi qu'il arrive » à ce que « l'Etat garantisse la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français ». Fin août, les placements des résidents français s'élevaient à 1.646 milliards d'euros (dépôts à terme, dépôts à vue, comptes sur livrets, etc.).


1646 milliards d'euros garantis, on se marre.

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 11:58

Mais au fait garanti par quoi ? Mais oui nos impôts !

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 11:59

Ecrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 11:53

Pas de problème, nos banques sont saines.

Écrit par : Patrice Joyeux | vendredi, 26 septembre 2008 12:03

http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20080926.CHA6802/un_sarkozy_inquietant_et_demagogue_par_pierrehenri_de_m.html

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 12:10

[fin du 1er §]

"[...] le discours politique diffusé par cette mouvance est des plus hypocrite[s]. Mais plus encore, il joue sur l’omission."

- Bah, vous êtes marrants, là, tous... Ch'ais pas comment vous faites pour emballer une meuf, vous ?!!!

(oui, bon, d'accord : "voter est un devoir cynique"... hin hin hin...)

Écrit par : diplo - docus | vendredi, 26 septembre 2008 12:15

Ecrit par : Patrice Joyeux | vendredi, 26 septembre 2008 12:03

Là on se marre aussi. Je comprends qu'Urbain apprécie ton humour.

Je vais toutes les semaines donner un coup de main à des créateurs de société afin d'obtenir des prêts, depuis un an, les prêts se raréfient, les boites connaissent des restrictions de leur ligne de crédit, pourquoi ? En proie à des problèmes de liquidités, liés à leurs activités spéculatives, les banques sont en train d'asphyxier leur poule aux oeufs d'or, l'activité de détail. Les frais de fonctionnement explosent, les sociétés et particuliers sont étouffés par ses sangsues en manque de sang frais.

Les banques françaises étaient engagées de l'ordre de 20 milliards dans les subprimes, qu'en est-il de leur activité dans les CDS ? Si AIG était tombé qu'en aurait-il été de la belle assurance en nos banques ? Les banques européennes ont accusé des pertes lors de la faillite de Lehman, une succession de faillite aurait quel impact sur elles ?

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 12:27

La crise des banques c'est comme le nuage de Tchernobyl cela ne passe pas la frontière française :

"La crise financière n’épargne apparemment pas beaucoup de monde, puisque les deux derniers jours, les trois grands groupes bancaires belges Fortis, Dexia et KBC ont subi les effets de la crise financière internationale, après avoir enregistré des pertes de l’ordre de 8,3 milliards d’euros de leur valeur boursière.
Fortis a subi les coups les plus durs avec 4 milliards d’euros, alors que Dexia et KBC ont perdu respectivement 2,2 milliards et 2,1 milliards d’euros, selon les médias belges. Le trio de banques belges valait encore 94 milliards d’euros au début de l’année. Depuis, cette valeur a diminué de moitié, à 48 milliards d’euros."

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 12:32

Autres frontières, autres temps, autres moeurs, même résultat :

" Le Fonds de garantie de dépôt de la fédération des banques allemandes (BdB) est évalué à 4,6 milliards de dollars, une somme qui sera entièrement engloutie pour éponger 6 milliards d’euros de dettes des filiales de Lehman en Allemagne. Les pertes de 6 milliards d’euros provenant de l’effondrement de Lehman représentent la plus grosse perte de l’histoire de la finance allemande.

La Grande-Bretagne est encore plus exposée à la crise financière américaine. Après l’effondrement de la banque Northern Rock en début d’année, le premier établissement de crédit immobilier de Grande-Bretagne, la Halifax Bank of Scotland (HBOS) se trouve également au bord de la faillite. Ses actions en bourse ont dégringolé mardi de 40 pour cent et il semblerait qu’elle puisse être rachetée par Lloyds TSB.

Écrit par : nef | vendredi, 26 septembre 2008 12:35

Ecrit par : Patrice Joyeux | vendredi, 26 septembre 2008 12:03

Oui en effet, nef, avec ce genre de répartie, il pourra bientôt monter un spectacle à bobino, mais sur les blogs il manque les rires.
Autrefois la convention ( je te le signale pour la suite, mon bon ravi ) c'&tait de rédiger comme suit :

"Pas de problème, nos banques sont saines." [on rit]

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 18:35

C'est un troll gauchiste en fait, j'en suis sûr ! Sinon c'est grave quand même...

Écrit par : Nicks | vendredi, 26 septembre 2008 19:02

Merci Nicks pour cette lecture intéressante de la politique. Des décennies de terreur "rouge" ont été instillées, plus récemment la chienlit soixante-huitarde a été propulsée la cause de tous les maux actuels. Une préparation de longue haleine, le passage d'une gauche au pouvoir a laissé "aussi" une amertume sans précédent à la droite dépossédée. Le phoenix que l'on a vu monter au firmament est déplumé ...

Écrit par : agathe | vendredi, 26 septembre 2008 21:04

Le phoenix que l'on a vu monter au firmament est déplumé ...

Ecrit par : agathe | vendredi, 26 septembre 2008 21:04

Tout juste Agathe, ;-)

@ Nicks...

Excellentissime analyse Nicks...Ce qui me surprend le plus c'est le nombre et la variété de ceux qui, comme nous, partagent les mêmes idées...

Je lirai ce livre.

Il n'a jamais été autant d'actualité. Fier et heureux de te compter parmi nous, Nicks !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | vendredi, 26 septembre 2008 21:55

A mon point de vue la question qui se pose n'est pas "pourquoi les pauvres votent ils à droite ?";
question qui perd tout sens à partir du moment ou droite/gauche n'est plus un déterminant politique, où il n'y a plus de "distinction" à cet égard;
mais plus simplement : "pourquoi votent-ils ?"
on pourrait éventuellement ajouter "encore" ...

Et la bonne question à (leur) poser, c'est celle que leur pose William T. Vollmann : "Pourquoi êtes-vous pauvres ?".

C'est ce livre là qui, sur ce sujet, sur cette question, apporte vraiment quelque chose, "hic et nunc".
Quelque chose qui informera votre jugement et votre compréhension de ce dans quoi nous sommes, et vous le fera "éprouver".

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 22:39

A mon point de vue la question qui se pose n'est pas "pourquoi les pauvres votent ils à droite ?";
question qui perd tout sens à partir du moment ou droite/gauche n'est plus un déterminant politique, où il n'y a plus de "distinction" à cet égard;
mais plus simplement : "pourquoi votent-ils ?"
on pourrait éventuellement ajouter "encore" ...

+1

Je partage Urbain complétement.
HS, tu as un mail ;-))

Écrit par : agathe | vendredi, 26 septembre 2008 22:45

De quelle droite parle-t-on ?

Écrit par : odm | vendredi, 26 septembre 2008 22:52

Ecrit par : odm | vendredi, 26 septembre 2008 22:52

En effet la question se pose ...

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 22:55

Ecrit par : agathe | vendredi, 26 septembre 2008 22:45

HS : vu

On dirait que la ravi a eu le sifflet coupé par l'effondrement de la finance mondiale.
Avons nous semé le doute dans son esprit, au point qu'il aurait été retirer ses fonds de retraite placés dans les établissements financiers désormais en banqueroute ?

Écrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 23:01

Ecrit par : urbain | vendredi, 26 septembre 2008 23:01



Coup dur pour le ravi, le modèle des modèles de société qui boit la tasse puis s'enfonce inexorablement car il a les pieds coincés dans la vase...

Écrit par : agathe | vendredi, 26 septembre 2008 23:35

@Cui-cui

C'est trop d'honneur ! :)

@Urbain

Ben en l'occurrence, aux Etats-Unis, ils votent pas des masses pour les présidentielles. Parce qu'au delà des pauvres, il y a les relégués...

@Agathe

Salut ! :)

Écrit par : Nicks | samedi, 27 septembre 2008 00:04

Salut Nicks ! Et bonne nuit...

Écrit par : agathe | samedi, 27 septembre 2008 00:18

Une allocution présidentielle dans le plus pur style pétainiste.

"Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie." Philippe Pétain

Heureusement que Sarkozy a fait don de sa personne à la France...

Le "vent mauvais" (Philippe Pétain) à mettre en résonnance avec "« quand le vent soufflera à nouveau, les voiles vont gonfler plus vite » (Nicolas Sarkozy).

Écrit par : nef | samedi, 27 septembre 2008 10:52

François Fillon : "Les temps sont difficiles (...) Il y a des moments où l'unité nationale s'impose", a déclaré le Premier ministre au cours d'une réunion publique du parti UMP (au pouvoir) à Enghien-les-Bains, près de Paris."

Philippe Pétain : "« Rappelez-vous ceci : un pays battu, s'il se divise, est un pays qui meurt ; un pays battu, s'il sait s'unir, est un pays qui renaît."
"Le régime nouveau défendra, tout d'abord, l'unité nationale"

Écrit par : nef | samedi, 27 septembre 2008 10:57

Il était un petit navire
Il était un petit navire
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué
Ohé, ohé...
Ohé, ohé Matelot
Matelot navigue sur les flots
Ohé, ohé Matelot

Écrit par : odm | samedi, 27 septembre 2008 10:58

François Fillon : «Nous tenons la dépense publique, nous divisons par deux le rythme de son augmentation annuelle. L'augmentation de la dépense de l'Etat sera égale à zéro en volume», promet François Fillon, qui assure par ailleurs que «les impôts ne doivent pas augmenter».

Philippe Pétain : « N'espérez pas trop de l'État. Il ne peut donner que ce qu'il reçoit [les caisses sont vides ? note de nef]. Comptez, pour le présent, sur vous mêmes et, pour l'avenir, sur vos enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir. »

Écrit par : nef | samedi, 27 septembre 2008 11:01

Luc 7:22 Et il leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

Viva Sarkosy.

Écrit par : odm | samedi, 27 septembre 2008 11:07

Nicolas Sarkozy : "« Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage sanctionnés au moins financièrement .»«L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables» «Ce serait ni plus ni moins qu'une injustice de grande ampleur.»

Philippe Pétain : "A la lumière de l'expérience, je corrigerai l'oeuvre entreprise, et je reprendrai contre un capitalisme égoïste et aveugle la lutte que les souverains de France ont engagée et gagnée contre la féodalité. J'entends que notre pays soit débarrassé de la tutelle la plus méprisable: celle de l'argent.
Des organisations professionnelles sans responsabilité et guidées par des soucis mercantiles ont trop longtemps gêné notre ravitaillement. J'ai déjà pris des sanctions et frappé dans la personne d'un homme tout un système: celui de ses bureaux nationaux de répartition qui assuraient aux grossistes, au détriment du producteur et du consommateur, un contrôle exclusif et usuraire sur toute la filière du ravitaillement. Nous souffrirons encore. Mais je ne veux pas que nos souffrances s'étalent devant le scandale de fortunes bâties sur la misère générale."

Écrit par : nef | samedi, 27 septembre 2008 11:11

Encore une preuve de l'aveuglement (ou hémiplégisme ?) de la gauche qui pense qu'avec ce discours, Sarkozy vient chasser sur les terres de la gauche.

Écrit par : nef | samedi, 27 septembre 2008 11:15

odm est mur pour aller prêcher les péquenots du middelwest avec une bible dans une main et une flasque de wiskhy dans l'autre.

Bravo nef pour la mise en lumière du pétainisme trancendantal en pleine bourre dans la France décomplexée, et d'autant plus manifeste que "les périls montent".
Décidément les outils analytiques de Badiou sont remarquablement opératoires.

Écrit par : urbain | samedi, 27 septembre 2008 12:39

Ha, l'unité nationale...
Sortir de la crise morale (véritable responsable de tout cela, évidemment) par la coagulation des individus, enfin tournés vers l'effort national. Guaino se fait plaisir avec sa charge contre le néo-libéralisme (et nos analystes-conjoncturistes-observateurs d'applaudir en choeur avec le MEDEF) alors que c'est la crise morale qui est visée. Alors il nous faudra nous retrousser les manches, qu'aucune tête ne dépasse, et besogner en chantant l'hymne national.

Droite/gauche, c'est avant tout la victoire d'un dogme qui se s'auto-positionne comme refus des dogmes ; le "pragmatisme" c'est à dire la soumission des politiques au taux de profit. Et gagne celui qui est le plus à même de garantir un taux de profit optimal. Ca passe par l'ordre social, la valeur travail, Dieu, le "enrichir les riches pour enrichir les pauvres", la guerre, la liquidation des contre-pouvoirs etc.

En France, la disparition du PCF a sans doute eu son poids dans ce basculement des pauvres (dont je ne suis pas certain qu'il soit si massif que cela) vers les lib-con. Comme disait Yvon Gattaz (de mémoire, et en très gros) : "on ne gouverne pas un pays de la même façon avec un parti communiste à 25% et un parti communiste à 8%."

Cette crise financière majeure n'intervient que 20 ans après la chute du mur de Berlin. Le nuage de Tchernobyl a laissé la place à un nuage gigantesque, idéologiquement compact, auto-légitimé par le vote des autres, livré à lui-même, de nature médiatico-politico-économico-militaro-industriel. Un spectre qui ne hante rien. Et voilà que celui-ci voudrait nous faire croire que l'ennemi, le responsable de tous les maux, est en lui-même... Une histoire de surmoi...

Aller voir ce que ce nuage surplombe et voir ce qu'il peut faire, en théorie et en action.

Un article à propos du livre de Vollmann :

www.lemonde.fr/livres/article/2008/09/25/pourquoi-etes-vous-pauvres-de-william-t-vollmann_1099297_3260.html

Écrit par : f | samedi, 27 septembre 2008 14:54

Un peu d'Orwell :

www.bakchich.info/article5148.html

Et je ne peux que recommander "Hommage à la Catalogne" du même Orwell...

Écrit par : f | samedi, 27 septembre 2008 23:38

Encore du Orwell :


http://www.acrimed.org/article2941.html

Nef : c'est confondant...

Écrit par : Nicks | samedi, 27 septembre 2008 23:55

Remarquable mise en perspective Nef.
Qu'ajouter?
(Sinon que j'aimais bien Paul Newman)

Écrit par : Valdo | dimanche, 28 septembre 2008 02:12

La France est-elle donc une prostituée permanente à se jeter dans les bras puissants de ceux en qui elle voit le pouvoir et l'argent ?
N'est il pas dans la nature humaine que de detester sans nuance le reflet de ce que nous sommes vraiment ?
Et puis quoi ?

Écrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 09:25

Ecrit par : Nicks | samedi, 27 septembre 2008 23:55

Oui, très recommandable en effet.
J'avais demandé une épreuve de ce volume à Agone. Du coup à sa parution j'ai fait une pile de cet ouvrage qui donne un aperçu "concret" de ce qu'est un intellectuel "de gauche" ( une espèce en voie de disparition dans sa terre d'élection) , en action, dans sa sphère : la production d'informatio, de forme donnée au réel.

Écrit par : urbain | dimanche, 28 septembre 2008 10:02

Ecrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 09:25

Non ( la France ne se distinguerait guère des autres nations et ce comportement ne semble pas relever spécifiquement de la prostitution )
et non,
et puis quoi encore ?

Écrit par : urbain | dimanche, 28 septembre 2008 10:06

Que Sarko utilise les recettes de la "révolution nationale" de Pétain pour s'assurer du soutien des Franchouillards revanchards qui constituent une base solide de son électorat c'est une chose qu'il est aisé de démontrer.

Mais ce programme est une posture électorale qui ne peut cacher les differences essentielles de nature entre SArko et ce bon maréchal.

C'est dans ces différences que se tient la réalité Sarkosyste !

Écrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 11:11

Une méditation à partir de Léon Bloy dans "La Femme pauvre" :

« Je suis ton père Abraham, ô Lazare, mon cher enfant mort, mon petit enfant, que je berce dans mon sein pour la Résurrection bienheureuse. Tu le vois, ce grand Chaos qui est entre nous et le cruel riche. C’est l’abîme qu’on ne peut franchir, des malentendus, des illusions, des ignorances invincibles. Nul ne sait son propre nom, nul ne connaît sa propre figure. Tous les visages et tous les cœurs sont obnubilés comme le front du parricide, sous l’impénétrable tissu des combinaisons de la Pénitence. On ignore pour qui on souffre, et on ignore pourquoi on est dans les délices. L’impitoyable dont tu enviais les miettes et qui implore maintenant la goutte d’eau du bout de ton doigt ne pouvait apercevoir son indigence que dans l’illumination des flammes de son tourment ; mais il a fallu que je te prisse des mains des Anges, pour que ta richesse, à toi, te fût révélée dans le miroir éternel de cette face de feu. Les délices permanentes sur lesquelles avait compté ce maudit ne cesseront pas, en effet, et ta misère non plus n’aura pas de fin. Seulement, l’Ordre ayant été rétabli, vous avez changé de place. Car il y eut entre vous deux une affinité si cachée, si parfaitement inconnue, qu’il n’y avait que l’esprit sain, visiteur des os des morts, qui eût le pouvoir de la faire éclater ainsi, dans l’interminable confrontation !... »

Écrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 11:21

Ecrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 11:21

Je ne saurais trop t'encourager à lire ( et citer) Léon Bloy; c'est un auteur qu'on dirait "fait pour toi", et d'une forme stylistique autrement plus stimulante que ratzinger ou la bible.
Cependant je l'ai connu bien meilleur que dans ce passage.

Écrit par : urbain | dimanche, 28 septembre 2008 13:43

Ecrit par : odm | dimanche, 28 septembre 2008 11:11

Non, un minimum de discernement et de pratique de l'histoire apprend que ce ne sont pas les "différences" de contexte historique , de psychologie ou de circonstances qui éclairent sur les déterminismes et les structures sociales, idéologiques et économiques à l'oeuvre sur la "longue durée".
Cette trame visible sous le motif, ces "structures" sont précisément ce qu'il s'agit de mettre en lumière pour "comprendre" ce qui se passe, et vérifier que "l'histoire a un sens", qu'elle est intelligible, au delà justement des particularités contingentes et superficielles (dont la prise en compte permet seulement d'éviter les anachronismes et autres erreurs d'interprétation propres aux journalistes et autres néophytes dans ton genre).
C'est cela qui permet d'échapper à l'état de déréliction stupide et impotent dans lequel ton dieu silencieux et absent laisse sa créature face au devenir.

Écrit par : urbain | dimanche, 28 septembre 2008 13:54

juste une question.. où est passé (ne pas confondre)? il manque non?.. en tous cas .. moi il me manque

Écrit par : une zouloutaine | dimanche, 28 septembre 2008 20:46

 
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