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mercredi, 16 juillet 2008

Après le "choc des civilisations" ...

1599249413.JPGIl y a quelques jours, je recevais sur ma boite aux lettre électronique "de libraire" un message qui commençait ainsi :

Madame, Monsieur,
A l'occasion de la Présidence française de l'Union européenne (du 1er juillet au 31 décembre 2008), Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, en association avec Culturesfrance et le réseau Impala, organise une importante opération destinée aux professionnels des secteurs de la musique, du livre et du cinéma.
Les 5 et 6 septembre à Paris, les "Arènes Européennes de l'Indépendance" offriront une tribune à plusieurs centaines d'acteurs culturels indépendants européens.L'objectif vise à défendre la position des indépendants en harmonisant les bonnes pratiques et en formulant des propositions pour faire avancer l'idée d'une diversité culturelle indépendante soutenue par les instances communautaires.

Le reste du message est reproduit ci-après, et je dois dire que je fus d'abord un peu intrigué , notamment par la signature de "l'émetteur" :

Olivier Poivre d'Arvor, Directeur de Culturesfrance, et Helen Smith, Présidente Executive d'Impala

puis .. après lecture et (brève) réflexion , voilà, me suis-je dit, un bon point de départ pour un billet "exclusif" ...
Naturellement je ne pense ne pas être seul destinataire de ce mail de Madame Le Ministre, mais du moins suis-je un des destinataires "ès qualité" et donc, supposais-je, je dois me sentir "concerné" et je gage que ces choses dont il est question dans cette "importante opération" doivent "m'intéresser" ou du moins présenter quelque concordance avec mes préoccupations professionnelles et mon activité .
Le corps du message, son style, son contenu, la "documentation" associée, l'intitulé même ( "les Arènes" !!!) du projet sous-jacent, les signataires de la "lettre" , tout cela appelle un certain nombre sinon de réactions ou de commentaires, du moins de demandes d'éclaircissements ... Sur le projet lui-même, ses finalités et tout ce que les méthodes évoquées ou suggérées ici laissent supposer des présupposés idéologiques à l'oeuvre dans cette nouvelle péripétie du "culturel" .

Chers NRV , je vais donc m'y employer, brièvement ...

N'étant pas familier des organismes  Culturesfrance et Impala , je suis allé googueliser et j'ai pu découvrir de quel bois étaient faites ces flûtes (quand même un peu plus que des pipeaux) .
Ainsi, ai-je appris que Culturesfrance (voir ce lien , assez édifiant) était un truc se présentant comme "sérieux" et conséquent, au moins par le budget, malgré la personnalité quelque peu bouffonne de son directeur (j'ai dès lors compris comment et pourquoi il pouvait continuellement nous abreuver d'ouvrages insipides , souvent co-écrits avec son janus médiatique, et dont la nullité du contenu et la pauvreté de la forme le disputaient à la médiocrité des ventes : de toute évidence il(s) avai(en)t un "mécène" ...) .

Quant à Impala (site), là ... Pour moi ça se complique ... J'ai quand même appris que :

"La fédération européenne de labels indépendants, porte ses voix auprès des institutions européennes, pour « accompagner les indépendants, politiquement et économiquement, de sorte qu'ils puissent se concentrer sur la musique », explique Helen Smith, Présidente de la Fédération à Bruxelles."

Et je me suis demandé ce que ma modeste librairie de quartier avait à voir avec cet impressionnant organisme de "lobbyisme" européen exerçant son activité de promotion mercantile dans la sphère éthérée de la musique en vogue.

Alors , je relis la suite du message :

"Le week-end se composera d'ateliers qui permettront de prendre la mesure du défi et d'avancer des propositions concrètes susceptibles d'être relayées par la suite. Les débats auront lieu en français et en anglais.

Nota bene : j'aime beaucoup cette logomachie spontanée des fonctionnaires de la culture évoquant : "des propositions concrètes susceptibles d'être relayées par la suite" , surtout le vaste océan de conjectures supputatives qu'ouvre le "susceptibles d'être relayées par la suite" ...
Aah les "propositions concrètes" , y'a que ça de vrai ma bonne dame, pardon , Madame Le Ministre !
surtout quand elles sont susceptibles d'être relayées ... par la suite ... (cf. le "Grenelle de l'envronnement " ) .

Votre présence au sein des "Arènes européennes de l'indépendance" serait pour nous précieuse. Nous vous invitons à consulter le programme joint à cet e-mail et à remplir au plus vite le formulaire d'inscription en ligne que vous trouverez en cliquant ici. A la réception de votre confirmation, un guide pratique (plan, hébergement...) vous sera envoyé.
Des personnalités politiques françaises et européennes seront conviées à s'exprimer au cours du week-end. Les médias seront naturellement mobilisés. La force du message délivré par les indépendants fera la singularité de ces "arènes" qui, nous l'espérons, retiendront toute votre attention.
C'est fort aimable à vous, Madame Le Ministre, mais  je ne comprends toujours pas bien (sans doute l'âge) ce que j'ai à voir avec cette "opération" consistant à me convier à des "Arènes", dont j'infère qu'il doit s'agir d'assister à quelques modernes jeux du cirque médiatique.
Tout en me félicitant qu'on donne ainsi une forme symboliquement très appropriée à ce genre d'affrontement aussi futile que ridicule , j'en déplore tout de même l'évidente contrepartie dispendieuse (qui paye au fait ?) et je m'interroge sur la notion "d'indépendance" qui semble ici constituer le "paradigme" crucial de cette obscure initiative.
Qu'est-ce que " Des personnalités politiques françaises et européennes" vont pouvoir nous apprendre sur le thème de "l'indépendance" de nos modestes activités ? Des activités qui entendent précisément demeurer indépendantes, au premier chef, de toutes ces personnalités et des instances qu'elles représentent ?
Heureusement ...
Il y avait une documentation jointe ...
Et on y apprend des choses, singulièrement sur la nouvelle vision du "culturel à l'heure de l'Europe"
(présidence bouffonne oblige, on n'a pas lésiné sur le moyens ...),
par exemple que :

"La diversité culturelle n’est pas un discours ou un sujet de colloque : elle est vitale, au même titre que la diversité biologique ou écologique (sic). Cependant, les menaces qui pèsent sur elle sont nombreuses et insidieuses : mondialisation mal maîtrisée, concentration, industrialisation et marchandisation de la culture."

Alors, là on se dit : c'est fort bien, mais ne sommes nous pas (depuis quelques temps) au pays de la "rupture", de la "modernisation de l'économie", où sous la houlette bienveillante de Michel Edouard Leclerc et en s'appuyant sur les fulminantes percées conceptuelles de nos intellectuels "intégrés" sur le mode néo-foucaldien (Attali et consorts), on a entamé ces derniers mois une offensive sans précédent contre la loi Lang et tout ce qui avait permis jusqu'ici précisément le maintien,  dans le secteur du livre, d'une "diversité culturelle" que "le monde entier nous enviait".

Alors on serait tenté de dire à Madame Le Ministre : je vous souhaite bien du plaisir pour "mieux" maîtriser la mondialisation,  mais, en attendant et à notre modeste niveau hexagonal,  certains points semblent vous avoir échappé... Notamment le fait qu'il n'y a rien "d'insidieux" dans les menaces que vous évoquez, elles sont parfaitement claires, visibles et explicites, et viennent sans le moindre masque ou fard... Des députés de votre majorité et des "vertueux" conseillers de vos collègues ministres.
Alors ... Que ne dites vous ces choses à vos collègues, notamment celui en charge de la loi dite "L.M.E" ? 
Ne serait-il pas plus simple de leur recommander, aux motifs que vous exposez si justement, "d'arrêter leur conneries", comme du reste toute la profession (du livre) le leur a instamment et conjointement demandé ?
Ne gagnerait-on pas du temps, et de l'argent, à s'adresser directement (pour les tancer vertement) aux responsables officiellement désignés de ces "menaces", plutôt qu'à convoquer, comme vous nous le précisez un  peu plus loin :

"A l’occasion de la Présidence Française de l’Union Européenne, les 5 et 6 septembre 2008 à Paris,
au Museum National d’Histoire Naturelle, ce sont ces artisans européens de la culture que Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, souhaite mettre à l’honneur dans le cadre des «Arènes européennes de l’indépendance». Artistes, auteurs, producteurs, diffuseurs, exploitants, entreprises très petites, petites et moyennes, sont invités à prendre la parole et à se mobiliser pour défendre la culture indépendante
."

D'autant que, dans l'hypothèse où il y aurait à ce genre de chose d'autre motif que le goût de la vaine exhibition chère à la société du spectacle, et en l'occurrence de l'esbrouffe, ou une entreprise d'encouragement de la cuistrerie déjà si répandue dans ces milieux, dans l'hypothèse donc ou telles ne seraient pas vos intentions, la question qui vient à tous les esprits est :

A quoi tout ça peut il bien servir ?

Sinon, une fois de plus, amuser la galerie et distraire le chaland du "marché de la culture" (la distraction semblant être une des préoccupations majeures de notre actuelle république bouffonne, au point qu'on peut raisonnablement se demander : les distraire... De QUOI ?  Qu'est-ce qui justifie dans le "réel" et le quotidien de nos citoyens qu'ils doivent être si continuellement et si efficacement "distraits" ?).
Bon, là dessus , suit un passage de pure langue de papier buvard, dont la densité d'insignifiance verbeuse est telle qu'il n'est pas loin de coller au palais de son locuteur... Je vous en livre néanmoins la substantifique moelle :

"Si la notion de qualité d’une oeuvre demeure subjective, en revanche, la capacité d’apprécier des oeuvres pérennes ne peut se développer qu’avec du temps. Le temps pour le public de choisir, et non pas d’être mis en situation de «consommateur sous contrôle assisté». Le temps démocratique de découvrir et d’apprécier. Le déséquilibre entre les projets dits spécialisés ou de «niche» (mais qui veut rester dans sa niche ?) et ceux qui monopolisent les accès à une large diffusion augmentera… Un livre, un disque, un film, une oeuvre plastique, toutes les créations ont droit à une durée de vie ou d’exposition supérieure à trois semaines. Trop souvent, le marché précède la création, le média son «contenu». Faute d’un tissu dense de PME et TPE, garantes de ce pluralisme culturel, l’instrumentalisation de la culture risque d’occuper toute la place. Cet enjeu concerne aussi les artistes, trop souvent placés « hors jeu».

Et pour finir, le contexte (passablement brumeux) de ces "rencontres" aux "arènes" étant ainsi vaporisé :

Les «Arènes européennes de l’indépendance» exploreront la dimension européenne du débat sur la création, la production et la diffusion des oeuvres en Europe.

Alors, finalement, de quoi va-t-il s'agi(te)r ?

Il s’agira donc, pendant deux jours de débats, rencontres, conférences et concerts, de dresser un état des lieux des bonnes pratiques et d’évaluer les obstacles pour parvenir à des propositions concrètes susceptibles de trouver un écho au sein des instances européennes.

Aaah booon ... c'est donc ça  ... un raout festif, où entre deux cocktails émaillés de saltimbanqueries en vogue on pourra pontifier à loisir en écumant les ponts aux ânes du "tout culturel" ?

Pour les concerts, faut voir.
Pour les bonnes pratiques , je vous invite à fréquenter les librairies plutôt que les arènes .
Et pour la dernière partie de la phrase, si elle a un sens il me semble pour le moins ésotérique.

1584761318.jpg
Urbain

Commentaires

Merci Urbain de ce bille consistant. (en terme de contenu).
Je pense que tu as dû suivre l'actualité, mais je te livre tout de même ce lien sur le livre numérique :
http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/albanel/rapportpatino.pdf
Bonne journée à toi

Écrit par : Marc Louboutin | mercredi, 16 juillet 2008 10:20

Merci Off pour ce tres bon billet :)

Écrit par : Patrice Joyeux | mercredi, 16 juillet 2008 10:44

Bravo Urbain.

Concepts fumeux et prétentieux, les coûts de ce type de "réalisations" sont à craindre sachant que l'objectif principal est souvent de laisser à la postérité les noms des ministres afin de justifier de leur passage ... Bien souvent, les noms des projets ambitieux sont des coquilles vides, celle-ci sonne particulièrement creux ...

Écrit par : agathe | mercredi, 16 juillet 2008 12:54

Récupérer les contestataires, les encadrer, les ficher rien de nouveau sous le soleil.
Encore une preuve de la destruction du cadre national et de l'identité française réduite à ne devenir qu'un petit groupe de pression au sein d'une europe antidémocratique.

Écrit par : odm. | mercredi, 16 juillet 2008 13:05

au Museum National d’Histoire Naturelle, c'est bien la place de la culture indépendante.

Écrit par : odm. | mercredi, 16 juillet 2008 13:06

Oui, le museum ... je n'ai pas vérifié mais peut-être doit on se faire empailler avant ... cela dit rien ne semble devoir se tenir dans la "grande galerie de l'évolution". Dommage j'aurais été curieux de savoir où on aurait placé les libraires.
Tu as peut être une idée sur la question ?

Écrit par : urbain | mercredi, 16 juillet 2008 15:05

Ouais Urbain.

La preuve que le domaine de la culture n'échappe pas aux petites ambitions et à l'appétit de certains qui rentrent dans les rouages (le cas de la famille Poivre d'Arvor est éloquent) pour d'abord en vivre plutôt bien, puis pour se mettre en avant comme artiste ou créateur (c'est vachement valorisant) et enfin pour faire plaisir à leur égo en "créant" des oeuvres incertaines...

Cela dit, de multiples petites niches dotées d'un budget intéressant au sein du ministère de la Culture servent à caser les "has been" et les copains incasables du pouvoir politique...

Mais ne jetons pas l'opprobre sur toutes ces niches car certaines sont utiles à la création et n'oublions pas qu'une certaine droite populiste cherche par tous les moyens à réduire le budget de la Culture à sa plus simple expression, gratifiant toute expression culturelle comme des repères ou des nids de gauchistes...
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Tu as peut être une idée sur la question ?

Ecrit par : urbain | mercredi, 16 juillet 2008 15:05

Dans un bocal de formol, la place des libraires, je pense... ;)

Écrit par : 'cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 juillet 2008 15:49

Ecrit par : urbain | mercredi, 16 juillet 2008 15:05
...j'aurais été curieux de savoir où on aurait placé les libraires.
Tu as peut être une idée sur la question ?

Sans vouloir jouer les mauvais augures, à long terme la réponse se trouve, peut-être (?), dans le rapport Patino.

Écrit par : Marc Louboutin | mercredi, 16 juillet 2008 18:01

Ecrit par : Marc Louboutin | mercredi, 16 juillet 2008 18:01

Je ne lis pas ce genre d'ouvrages ( "indépendance" oblige, je ne lis que des livres ... jamais la presse, encore moins les "rapports") , et pour l'heure le bocal de formol semble encore assez loin ... ( les gens qui de plus en plus nombreux fréquentent la librairie ne doivent pas l'avoir lu le rapport non plus ).

Écrit par : urbain | mercredi, 16 juillet 2008 19:45

"L'objectif vise à défendre la position des indépendants en harmonisant les bonnes pratiques et en formulant des propositions pour faire avancer l'idée d'une diversité culturelle indépendante soutenue par les instances communautaires."

Indépendance mais harmonisation.
Indépendance mais soutien par des instances.

Les antinomies sont à tous les niveaux, dans ce simple texte comme dans la politique générale en cours. Evidemment, on le sait pertinemment, c'est la politique à l'oeuvre qui compte et qui dit ce qui est. Et ça n'a rien à voir avec l'indépendance...
Gageons que quelques gros vrais/faux "indépendants" sauront se rouler d'ateliers en ateliers en expectorant quelques considérations sur le culturel comme condition de l'émancipation, quelques vagues relents de mousseux accompagnant leurs péroraisons albanelo-compatibles...

Écrit par : f | mercredi, 16 juillet 2008 22:08

Cette palinodie est en effet très révélatrice de la conception qu'on se fait dans ces sphères "ultra-mondaines" de la "diversité culturelle" et de "l'indépendance" de ses acteurs .
Dans ce "meilleur des mondes" ma librairie de quartier est considérée comme ayant les mêmes fonctions, les mêmes problèmes, les mêmes impératifs et modes de fonctionnement que , par exemple, un lobby friqué de producteurs de musique de variété ayant pignon sur rue à Bruxelles.
Dans ce monde là on postule que c'est "l'europe" qui va m'affranchir des menaces "insidieuses" qui sont en fait essentiellement produites par le dumping généralisé et les principes de concurrence débridée ... typiquement et explicitement issus des directives néo-libérales européennes "décomplexées" qu'on a voulu nous coller comme "constituantes".
Dans ce monde merveilleux on consacre des budgets importants à financer des "agences" à la "Culturesfrance" , nids de parasites arrivistes et on "dégraisse" les fonctionnaires des services publics (pas assez moderne).
C'est un monde ou les antinomies de la raison n'ont plus cours : elles sont archaïques, et ça ne gêne plus personne de parler de "diversité culturelle indépendante soutenue par les instances communautaires.", et ça les gêne d'autant moins que de toute évidence il n'est question que de ça : en parler ( entre deux concerts quand même ).
Le fait que ça n'ait aucun sens ne peut donc avoir aucune conséquence "concrète".

Ce qui me fait bien marrer aussi ce sont "les bonnes pratiques" !
Parlons en des "bonnes pratiques" , ça va surement distraire le chaland , mais surtout ça va bien faire rigoler M.E.Leclerc , Amazon, Lagardère, Bertelsman, Pinaut, Bouygues , le baron Sellières et compagnie ... faut dire qu'ils sont drolement "insidieux" ces gars là : mme le ministre les a même pas vus venir ( peut-être ne sont ils pas invités ).

Écrit par : urbain | mercredi, 16 juillet 2008 23:54

Sans oublier non plus que ces élus (zélés) ont besoin de ce genre de sauterie pour engager un projet de politique "culturelle"...

D'autant plus qu'implicitement, dans leur galimatias, la culture, c'est la marchandise ; et non pas l'individu, ou plus précisément encore, c'est justement la diversité.

Écrit par : bou(r)se - et flemme | jeudi, 17 juillet 2008 10:20

POur rester dans le thème, je vous indique un mail reçu par mon libraire :
La loi Lang sur le prix unique du livre du 10 Août 1981, première loi de développement durable votée en France, et à l'unanimité, est mise en danger par quelques députés: leurs amendements reprennent les arguments d' une grande structure internationale de vente par correspondance, presque mot pour mot. Etonnant, ne trouvez vous pas ? Les auteurs, les libraires, les bibliothécaires, les traducteurs, les éditeurs, et même les chaînes du livre ont une chance: vous, les lecteurs. Aidez nous, aidez vous, il s'agit juste de permettre à nos enfants, nos petits enfants, d'avoir un vaste choix de lectures...

Peu de fois, je vous ai demandé de signer une pétition. Et peu de fois je vous le demanderais. Mais cette fois là, précisément, je vous le demande.

Jean-Marie Ozanne



Appel pour le livre



Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».

Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.

Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.

Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.

Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.

Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.

De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.

En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.

La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

Téléchargez l’appel pour le livre
http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/appel-pour-le-livre.pdf

Signer l’appel :
http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/index.php?petition=2

Écrit par : Marc Louboutin | jeudi, 17 juillet 2008 10:40

Urbain, bravo pour le buzz, tu es en première page de 20 minutes.

Très bon retentissement !

Tu vas devenir le libraire le plus célèbre de Paris si ça continue !
Je te le souhaite.;-)))

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | jeudi, 17 juillet 2008 19:19

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | jeudi, 17 juillet 2008 19:19

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Écrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 20:06

????

Ecrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 20:06

C'est pas grave Urbain... Simplement sur la page de garde de 20 minutes ton texte est signalé et du coup tu as récolté pour ton billet un nombre significatif de lecteurs. OK ?

Ce qu'il y a de chiant avec les marxistes, c'est qu'ils dénient toutes les techniques du marketing et du coup perdent les 3/4 de force de leurs arguments.

Hey les mecs ! Pour convaincre, essayez donc les techniques des capitalistes ! Y a pas mieux pour toucher vos cibles ! Sinon dans 300 ans vous en serez encore au même point...
Évoluez, bordel !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | jeudi, 17 juillet 2008 22:13

Nos chers décomplexés peuvent (et doivent) multiplier à l'envi ce genre d'initiatives de prestige, dans tous les domaines...
Hortefeux pourrait lancer les "arènes de la dérive et du nomadisme sans limite".
Bachelot renchérirait avec ses "arènes de l'alcool festif et de la soufflette fun en milieu scolaire".
Laporte surprendrait son monde avec ses "arènes du dopage à la cocaïne pour tous et du cholestérol comme art de vivre".
Dati ne mégoterait pas avec ses "arènes du hold-up comme dernier héroïsme et de la nécessité de lire Spinoza comme peine plancher".
Fillon surprendrait alors son monde avec ses "arènes de la dépense publique sur Pamela Anderson".
Xavier Bertrand ne bouderait pas son plaisir avec ses "arènes de la paresse comme art de vivre et des huiles de massage remboursées".
Alliot-Marie finirait la saison avec ses "arènes de la mort aux vaches et du Taser comme accessoire érotique".

Écrit par : f | jeudi, 17 juillet 2008 22:43

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | jeudi, 17 juillet 2008 22:13

Mais moi je n'ai pas de cible ...

Écrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 23:04

Ecrit par : f | jeudi, 17 juillet 2008 22:43

+1

Écrit par : agathe | jeudi, 17 juillet 2008 23:06

Ecrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 23:04

Mouarf

Écrit par : agathe | jeudi, 17 juillet 2008 23:07

Ecrit par : f | jeudi, 17 juillet 2008 22:43

Oui mais si chacun(e) doit s'appuyer sur un truc genre "culturesfrance" et une armée de grouillots patentés et grassement payés de l'acabit des co-signataires de mon invitation, ça va coûter bonbon...
Or Fillion en plus de ses problèmes physiques conjonsturels est un peu gêné aux entournures budgétaires ( et ça c'est chronique), surtout s'il faut mettre de coté un budget divorce/remariage combiné avec Pamela, sans compter les honoraires du chirurgien esthétique ( avant chaque mariage elle doit se faire réviser les lolos, et pour éclipser la guitariste du dimanche elle a prévu de mettre le "paquet" : Fillion n'aura pas besoin d'oreiller).
Bref on a beau être prêt à tout pour assurer le spectacle ( et c'est indispensable dès lors que bouffon a placé très haut la barre des pitreries spectaculaires), encore faut-il en avoir les moyens .

Écrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 23:15

conjoncturels ... oups .

Écrit par : urbain | jeudi, 17 juillet 2008 23:16

S'il doit rester du budget, c'est bien pour ce genre de raouts ambitieux et transversaux. Ne serait-ce qu'en visant la rallonge budgétaire exigée par Saussez...

....

Ayant subi un peu de France-Infos ce soir, 2 choses :

La pub pour la SNCF où on entend Lucchini déclamer avec autant de conviction le message publicitaire que des textes de Céline ou Nietzsche ; finalement, c'est normal.

L'annonce de la hausse du prix du gaz à venir. L'amusant c'est le codicille : "cette hausse n'a rien à voir avec la récente fusion GDF-Suez". Le speaker nous donne la réponse à une question non posée. Mais c'est une réponse et, à ce titre, elle semble répondre à toutes les questions possibles. Ouf, tu n'aurons pas à râler puisque ça n'a rien à voir...

.....

Et dans la série des titres journalistiques, une "petite" perle du site 20minutes.fr :

"Accouchement d'Angelina Jolie
Le coup de pouce de Christian Estrosi"

Visiblement, ça aide...

Écrit par : f | jeudi, 17 juillet 2008 23:50

 
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