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samedi, 24 mai 2008

Spéculation. Bienvenue chez les vampires !

Ce billet est le 100ème publié sur ce blog du "Village des NRV". Je me joins au Collectif pour remercier les personnes qui ont contribuées à sa création et à son développement ; elles se reconnaîtront, au même titre que toutes celles et ceux, sans exception, qui nous font l’honneur et le plaisir de lire les contributions, parfois de commenter tantôt aimablement, tantôt sévèrement, cependant toujours dans la plus grande liberté…

Pour information, depuis l'origine, après  5 mois d'activité nous avons enregistré 35.400 visites réelles et plus de 145.000 pages ont été consultées.

Longue vie à chacun d'entre vous et à ce blog au ton si libre, si varié dans ses sensibilités et si attachant dans ses humeurs !

Merci pour votre fidélité et permettez moi de vous dédier une minute d'humour en joignant  l'image suivante (*) qui exprime quelquefois l'essence même des débats vigoureux au sein "du Village des NRV", le  fort bien nommé...

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1700346838.jpgEn conversant avec un importateur puis en tombant sur un appel publié dans le Monde du 21/5/2008 passé inaperçu, j’ai attrapé un coup de sang. Vous me rétorquerez avec l'humour qui vous caractérise que c'est tout à fait normal avec ce sujet sur les vampires ! Certes, mais le sujet d'aujourd'hui ne porte pas à rire. Hélas !

Il est grand temps qu’on cesse de nous de nous seriner que le système actuel est le meilleur possible !

En réalité, en observant les faits on se rend compte que les mécanismes de l'ultra libéralisme financier mondialactuel sont devenus complètement incohérents. Piloté par des traders inconscients d’une technicité et d'une compétence parfaite mais dotés d’une intelligence collective navrante, conduit par des banquiers fous et inconscients qui ne possèdent plus une once d’humanité et de jugeote, ce système infernal mondialisé d'uniformisation est en train, à l’heure où je vous parle de détruire sinon d'ébranler lentement mais sûrement les fondements même de la diversité culturelle des civilisations !

Il serait grand temps que les Chefs d'état du monde occidental, montrent enfin leurs déterminations, pour parler poliment, en supposant qu’ils ne soient pas vendus à ces suppôts du Diable qui possèdent déjà tant de fortune et d’hommes dévoués, pour enfin réguler un système financier international qui devient de plus en plus incontrôlable et incontrôlé, qui affame une population de plus en plus importante et appauvrit singulièrement les classes moyennes DE TOUS LES PAYS !

On peut craindre, malheureusement, que les pays occidentaux, en premier lieu desquels figurent les USA aient placé à leur tête des gens qui n’ont absolument, ni la carrure, ni la compétence, ni tout simplement le désir de faire face à la crise terrifiante qui se profile à l’horizon…

543138360.jpgLes cours du pétrole et des denrées alimentaires essentielles atteignent des montants  non justifiés par l’activité économique mondiale actuelle car la récession, et je parle sur la foi de témoignages recueillis autour de moi par de multiples sources commerciales, est en train de se diffuser dans TOUS les pays d’Europe mais aussi aux USA d’une manière encore plus aiguë ; en effet la demande des consommateurs baisse partout, contrairement à ce qu’on vous raconte dans la plupart des médias. La crise est mondiale et n'épargne aucun pays sinon les États du Golfe. Les Français n'ayant absolument aucune raison particulière de se i comme leurs dirigeants politiques cherchent à le faire !

Mon interlocuteur qui était récemment à la foire de Canton a entendu des échos unanimes sur une baisse conséquente, depuis janvier de cette année, de la production des usines chinoises gênées par une inflation galopante et par une demande en chute libre : c’est le signe imparable d'un malaise économique à venir dont personne ne peut imaginer l'ampleur.

La spéculation financière et la dérégulation des marchés finaniers sont en train de faire gonfler artificiellement les cours des matières premières, un peu à la manière des actions mobilières à la Bourse dont les valeurs baissent ou augmentent en dépit du bon sens et des véritables performances ! La planète est devenue une Bourse généralisée, une sorte de Monopoly à l'échelle planétaire où les gagnants empochent des sommes faramineuses et par la même occasion affament des milliers, voire des millions d'individus sans l'ombre d'un simple questionnement moral ! 

1984703176.jpgFaudra t-il, un jour créer un nouveau délit de "crime économique contre l'Humanité" ?

Cela ne semble gêner aucun de nos dirigeants étrangement absents. Mais il est temps, je vous le dis en toute sérénité, Mesdames et Messieurs les politiques, de créer des règles, comme une sorte de service minimum pour les structures financières mondiales qui naviguent partout, dans des paradis fiscaux corrompus, comme des poissons dans l'eau, sans entraves et sans états d'âme, de mater tous ces organismes financiers privés mais aussi publics, toutes ces banques ivres de conquêtes, toutes ces multinationales avides de pouvoirs avant qu’ils n’asservissent le monde entier et le plongent dans le chaos, détruisant petit à petit toutes des valeurs des civilisations qui font la richesse de l’humanité…

1918657394.jpgÀ l'heure où l'amoralité, l'immoralité, le cynisme et la cupidité deviennent les normes des gens qui comptent sur cette planète, élites économiques, médiatiques, politiques et du spectacle, on peut légitimement se poser la question sur l'attitude que devrait adopter le citoyen ordinaire ? Doit il copier ? Se révolter ? Se résigner ?

Ce ne sera pas faute d'avoir été prévenu ! C'est à chacun de répondre en son âme et conscience...

Cui cui, oiseau de mauvais augure et mouche du coche...

Merci à Uderzo et à Zgur, chez qui, j'ai pompé l'illustration de la bagarre au Village.

Commentaires

C'est beau l'auto-célébration, on se croirait sur TF1. ça fait vraiment tout drôle dans l'zizi. Love on Love...

Écrit par : Andy Vérol | samedi, 24 mai 2008 12:15

Ecrit par : Andy Vérol | samedi, 24 mai 2008 12:15

L'avantage c'est que l'auto-célébration collective qui fait drôle au zizi tend à la partouse alors que l'égo-célébration ne va que vers l'onanisme. Remarque, chacun ses goûts;-)))

Écrit par : nef | samedi, 24 mai 2008 13:05

Ecrit par : off | samedi, 24 mai 2008 11:47

Cela fait quand même l'impasse sur le fait que certains nous encXXXXX.

Tous coupables et zéro responsables. J'aime beaucoup l'idée d'un tribunal international chargé de juger les les criminels de crimes économiques contre l'Humanité, le seul problème c'est que jusqu'à présent dans ce genre de tribunaux on a surtout jugé les perdants, rarement les vainqueurs.

Gros poutoux pour ce 100ème mon cuicui.

Écrit par : nef | samedi, 24 mai 2008 13:16

bravo le village...
Merci d'avoir mis du rouge pour ce centième billet en parfait accord avec mes superbes nouvelles lunettes;-))

Les Etats occidentaux et leurs chefs n'ont aucune prise sur l'économie mondiale et et encore moins sur les flux financiers..le mot d'ordre est pas de régulation, pas d'interventionisme..laissons faire le Marché..
Hier un représentant de l'Opep reconnaissait que le prix du baril était fou et pas raisonnable..
Est il normal que les taxes des billets d'avion augmentent chaque semaine; que pour certaines destinations les taxes soien plus importantes que le prix du billet..

Écrit par : Pamela de Barres | samedi, 24 mai 2008 13:39

Ecrit par : Andy Vérol | samedi, 24 mai 2008 12:15

Et c'est un connaisseur qui vous parle !

L'autocélébration, il connait le bougre...

À défaut de célébration : pour ça il faudrait savoir mettre sur ses oeuvres autre chose que bite, viande, chatte, sexe et piquouze. Tu vaux mieux que ça , Andy...

Andy, pour l'instant, tu es corps viande, cerveau rognon, langue hyène et pensée pisse...

Tu as tout pour faire un tabac médiatique, mec !

Sauf peut être l'essentiel...

L'anar jaloux maintenant ! Le comble du ridicule...

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | samedi, 24 mai 2008 16:50

ben oui ceux qui nous mettent dedans ne sont pas les mêmes que ceux qui nous en sortent - quand on met des comptables au pouvoir ils nous font une politique de comptables jusqu'à la banqueroute

ce n'est donc ni l'aile (de la compta) droite ni l'aile (de la compta) gauche qui nous sauvera mais (cuicui)l'oiseau

(spéciale dédicace arf arf pour la 100eme)

Écrit par : tgb-rue-affre | samedi, 24 mai 2008 17:35

Ecrit par : tgb-rue-affre | samedi, 24 mai 2008 17:35

Merci TGB,tu es une de mes sources d'inspiration...

Dure la vie en ces moments difficiles, mais gardons le moral !

Merci Nef pour tes encouragements et Pam avec qui on est d'accord pour une fois...

Tu as raison, Nef, le jours où on jugera des gens pour crime économique contre l'Humanité c'est qu'on sera au Paradis ! Mais comme je n'y crois pas...;-)))

odm a au moins cet espoir, lui !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | samedi, 24 mai 2008 18:48

C'est pas un mal l'auto célébration : combien d'occasions pour s'auto flageller. Bravo à ceux qui ont crée et animé ce village. Personne ne m'en voudra de congratuler aussi Serval pour son boulot du début, et une vision dont je partage beaucoup de points.

Bon weekend à tous et à bientot

Écrit par : Falconhill | samedi, 24 mai 2008 21:14

arf....
Sinon oui,clap clap clap, c'est un endroit très sympa ici, depuis quelque temps !

Écrit par : odm | samedi, 24 mai 2008 21:20

Et pi c'est gratos !

Écrit par : odm | samedi, 24 mai 2008 21:22

et pi ya le pape.....le gardien du dogme....le doctrinaire rouge pourpre au pseudo qui sonne comme l'angélus
Benoit...non...innocent?....non sûrement non.....Boniface? Clément? Pas plus!.sais plus...

Écrit par : odm | samedi, 24 mai 2008 21:31

Aaahhh !!! enfin !!! ça va péter !!!

Écrit par : el alamein - occulte | samedi, 24 mai 2008 21:43

Merci cui cui pour ce billet et tous les autres, pour ton dynamisme.

Les parties de poker des banques qui finissent sur la paille les unes après les autres ...
Peu de médias pour relayer sur cette folie et les conséquences à venir.
L'endettement des futurs bébés survivra à plusieurs générations ...

Écrit par : agathenounou | samedi, 24 mai 2008 22:41

Puisque nous en sommes aux métadonnées, ceci est mon 400ème commentaire. Je voudrais ainsi remercier Arpanet, EDF-GDF, Vinton Cerf, la relativité restreinte, les phéniciens, Claude Shannon, la morphogenèse, la pierre de Moab, Alan Turing, Iliad, la centrale nucléaire de Golfech, les gamètes, Tesla et Ampère, IBM, Spir Communication, Gilles Deleuze, Bill Gates, la position du missionnaire, le capitalisme, le talc Morange, les congés payés, Packard Bell, France-Telecom, HTML... sans lesquels je ne serais rien.

........

Quant au sujet, se faire à l'idée que la distinction entre néo/ultra/méga/proto/super/social-libéralisme et capitalisme est une entourloupe.

Écrit par : f | samedi, 24 mai 2008 22:46

Lu sur le blog du pour moelleux Maris :

"Pourquoi sommes-nous prisonniers de la vie ? Pourquoi sommes-nous prisonniers d’une vie où le capitalisme nous tue, de façon assez brutale d’ailleurs ? Avec le recul, je pense que le capitalisme est diabolique : la preuve, les Glucksman, ces maos qui en sont à clamer que Sarko est situationniste (sic, sur Inter).
Le capitalisme est diabolique est pervers (ce qui un peu la même chose). Voilà ce que j’aimerais creuser dans un bouquin ! J’ai déjà posé la question à des potes : qu’est ce que le mal ? Oui, qu’est ce que le mal ? Arriver à 60 balais et tout à coup se poser la question : qu’est ce que le mal ?"

Écrit par : f | samedi, 24 mai 2008 22:59

"du pourtant moelleux."

Pas brillant pour un 401ème...

Écrit par : f | samedi, 24 mai 2008 23:00

Le mal c'est quand satan m'habite .
( odm appréciera )

Écrit par : urbain | samedi, 24 mai 2008 23:28

Je me deamnde qui peut bien s'intéresser à ce que raconte Glucksman ...
à part son éditeur et son fils ( et encore ) je doute que qui que ce soit le lise ( je me demande même s'il arrive à se relire lui-même , tellement c'est dépourvu d'intérêt pour quiconque ).
En fait personne ne peut dire à quel point c'est pitoyablement nul , par ce que personne n'arrive au bout ( tellement c'est péniblement creux et insignifiant).

Écrit par : urbain | samedi, 24 mai 2008 23:37

les crimes contre l’humanité peuvent avoir une apparence politique, raciale ou religieuse.. mais ce sont tous des "crimes économiques contre l'Humanité"

l'horreur est que cette notion de "crimes contre l’Humanité" écarte ceux commis par le vainqueur.

Écrit par : Maghnia | samedi, 24 mai 2008 23:47

Pour compléter le papier de cui cui, cette analyse et ces propositions de Frédéric Lordon :

http://tinyurl.com/4u9zxr

Écrit par : inf-off | samedi, 24 mai 2008 23:55

J'ai jamais bien compris ce que c'était qu'un crime contre l'humanité ( j'attends toujours une définition qui ait un sens ) alors un crime "économique" contre l'humanité ...???
On baigne dans des abstractions aussi confuses qu'inconsistantes.
Quelle sorte de victime est cette humanité, comment souffre-t-elle et de quoi ?

Écrit par : urbain | samedi, 24 mai 2008 23:57

Puisque nous en sommes aux métadonnées, ceci est mon 400ème pseudo différent. La Palme d'or revient toutefois à el alamein - occulte ;-)

Écrit par : le fourmilier | dimanche, 25 mai 2008 01:45

Selon Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE qui est en visite à Prague, une croissance du PIB de 4,5% est prévue pour la République tchèque pour cette année, mais pour y arriver, le processus des réformes ne doit pas fléchir. Etant donné que le plus grand problème que la société tchèque affronte est le vieillissement de la population, la priorité est de réformer dans un proche délai les systèmes des assurances retraites et de la santé et de motiver les gens à travailler plus longtemps. Le gouvernement y arriverait en prenant différentes mesures en vue d’améliorer les conditions sur le marché du travail pour les personnes âgées et pour les femmes notamment, ainsi qu’en pratiquant une politique de migration bien réfléchie.

Sacré Angel qui veut mettre les vieux et les femmes au turbin dans le monde entier !

Angel, vous connaissez pas ?

Écrit par : odm | dimanche, 25 mai 2008 09:33

La Palme d'or revient toutefois à el alamein - occulte ;-)
Ecrit par : le fourmilier | dimanche, 25 mai 2008 01:45

Un homme vient de mettre une main au cul boulevard Saint Germain à une femme.
Elle s'est retournée et l'a embrassé... EM-BRA-SSE... oui !...
[..]
Juste ce qu'il faut d'acte libertaire...
http://mry.blogs.com/les_instants_emery/2005/05/une_main_au_cul.html

Écrit par : Sean Penn | dimanche, 25 mai 2008 09:35

Ecrit par : inf-off | samedi, 24 mai 2008 23:55

Je crois avoir été le premier à évoquer Ma "proximité" déjà fort ancienne avec Lordon et ses thèses m'ont conduit à lui transmettre un commentaire (en rpport avec les 4 principes et 9 propositions ) , permettez-moi de me m'auto-citer :

"Oui, mais :
le 5ème principe, la dixième proposition

Fort bien, enfin une pensée économico-politique. Je ne suis pas surpris qu’elle vienne de vous, et je constate qu’elle commence à être diffusée et trouver une audience ( je suis arrivé sur cette page d’un lieu de la blogosphère où j’avais vanté , il y a bien longtemps, les mérites de démarches théoriques telles que la votre ). Mais , pour faire bref, il manque au moins un principe à cette liste : le principe ... d’application.
Non pas au sens où ces principes et propositions induites ne pourraient être validés que par une perspective explicite de débouché réel, qui leur permettraient d’être "en actes" im-médiatement, mais au sens où les modalités de leur propre "actualisation" seraient également définies, et cela dans le champ du politique, seul à pouvoir les accueillir .
Concrètement et "actuellement" l’horizon politique est proprement bouché par la perspective unique et globalement extensive du libéralisme et du "marché" : le processus de vassalisation des "partis de masse" naguère qualifiés « de gauche » est pratiquement achevé. Le PS ne débat que sur les « nuances » , degrés et modalités du ralliement aux thèses du capitalisme sous son appellation « moderne » ( le libéralisme). Je propose donc ce cinquième principe ( dont il faudra déduire les différentes propositions de modalités d’ « actualisation » ) : Faire la place à ces principes et propositions, dégager un espace politique libre où ils puissent trouver une possibilité d’être exprimés « en actes » et dans un premier temps en tant que « projet » dans le champ politique, dans l’espace d’expression publique et dans les modalités d’actions sociales locales, urbaines , régionales et nationales.
La (dixième) proposition que j’en induit c’est que : cette place ne pouvant être dégagée qu’au détriment des formations qui occupent tout cet espace, il faut s’attaquer avec constance et détermination, et en priorité, aux « occupants » : les formations qui ont détournés les mandats et la confiance que leur avaient confié les couches populaires et les victimes de la domination pour conduire une la politique d’émancipation qu’ils attendent. Bref : sortir à tous les sens du terme, et par tous les moyens, les formations politiques prétendument de gauche et désormais ralliées au libéralisme.
"

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 09:54

La capitalisme s'appuie, en même temps qu'il la façonne, sur une vision du monde extrêmement simple et cohérente : comment transformer toute activité humaine qui s'y prête en une activité génératrice de profit ? La production de biens manufacturés, à cet égard, ne se distingue pas fondamentalement de l'éducation, de la formation. La réforme des universités qui se met en place en France - avec retard, comme diraient les libéraux -, le fameux LMD, vise ainsi à mettre l'université française aux standards du monde anglo-saxon, qui est le modèle dominant : l'université aux coûts de scolarité très élevés, avec une batterie d'indicateurs de performance, des enseignants transformés en main d'oeuvre de "gestionnaires" du savoir, définissant les enseignements en fonction de ce qui rapporte, faisant venir à prix d'or des universitaires internationalement réputés pour dispenser des cours et servir de produits d'appel pour attirer les étudiants, la fermeture des formations non rentables, etc.

Pour plus d'informations sur ce sujet, voir ici :

http://tinyurl.com/4fzo5m

En somme, avec le passage au capitalisme financier, peu d'activités échappent à la marchandisation, et celles qui y échappent sont davantage condamnés - les savoirs érudits, les langues rares, les civilisations peu connues, les champs de la connaissance et les formations rassemblant peu de chercheurs et d'étudiants - que protégés.

Le savoir est dévalorisé s'il ne rapporte pas, c'est à dire, s'il ne peut pas s'énoncer et s'évaluer sur un mode équivalent à celui des activités commerciales plus classiques.

Ceci a de profondes conséquences sur le lien social. Car il signe la fin du politique, la mise à l'écart ou le contournement systématique du débat public au profit des circuits courts de décision qui ne regroupent que les acteurs dominants d'un domaine, les gestionnaires pour faire bref.

La politique devient une simple affaire de gestion. Et comme dans les affaires financières, eu égard à sa complexité croissante, le public citoyen n'y a pas sa part. La manière dont se prépare la réforme de la constitution fournit un bel exemple de cette vision en marche qui n'a conservé de la démocratie que le nom et sa conception formelle. La démocratie dite représentative s'auto-suffit. Les citoyens demeurent hors-jeu.

Là encore, c'est l'efficacité, la performance qui en sont les critères dominants, du moins dans le discours.

C'est une crise silencieuse que génère cette vaste entreprise capitalistique avec sa rationalité propre, qui est celle appropriée à la logique instrumentale du rapport moyen/fin, au service d'intérêts sinon toujours privés du moins très étroitement circonscrits à la sphère de ceux qui ont le pouvoir de décider en pliant la nature à leurs exigences, qui se présentent sous une forme objective : pour atteindre tel objectif, de manière optimisée, il faut faire ça et ça et en passer par là. Toute autre manière de faire entraîne des coûts et des délais supplémentaires.

Pourquoi silencieuse cette crise ? Parce qu'elle est le résultat d'une situation qui met de côté toute conception qui ne s'intègre pas harmonieusement avec son cadre. Ceci au point qu'une critique ne peut pas naître de l'intérieur de sa logique. Le système ne peut pas être amendé de l'extérieur. Du reste, il tend à bannir tout extérieur. Ce qui lui est extérieur est soit dépourvu de valeur, ou bien en attente d'être activé selon ses critères de production et de reconnaissance.

En bref, l'administration des choses s'étend à un domaine croissant de nos activités et toute résistance semble vouée à l'échec, fait apparaître ses initiateurs comme des combattants d'arrière-garde d'une armée en déroute.

En même temps, le modèle capitalistique triomphe dans les esprits au moment où il marque le pas dans les faits. Peut-être y a-t-il une chance là, une fenêtre étroite pour commencer à faire entendre autre chose, au moment même où nos désolants "socialistes" hexagonaux se convertissent au libéralisme échevelé.

Écrit par : off | dimanche, 25 mai 2008 11:27

On peut dire que le capitalisme se présente sous les traits d'une pensée de la transformation, moins que de la connaissance, qui n'est qu'un moyen parmi d'autres pour transformer l'existant selon une visée simple, celle du toujours plus.

Qu'est-ce qui donne à cette pensée son caractère dominant ? Sans doute en partie le fait qu'elle subordonne l'action aux résultats mesurables qui sont produits par elle et qui tiennent à son interaction avec le monde, ramené au seul monde des choses. D'où son lien apparent avec l'objectivité et la nécessité, soit la dictature du fait.

Logique qui se marie mal avec l'énoncé du doute sur la justesse et la justice des moyens mis au service de la fin, sur les conséquences sociales des actions retenues sous l'égide de la nécessité. Tout ceci est complexe et équivoque, génère des clivages, multiplie les groupes d'intérêts contradictoires et les alternatives posant problème à une pensée essentiellement linéaire, concentrée sur l'action et son environnement "utile".

ô Efficacité, combien de crimes (économiques, dixit nef) allons-nous commettre en ton nom ?!

Écrit par : esprit de l'escalier | dimanche, 25 mai 2008 12:01

Mias le capitalisme n'est pas une "pensée", pas davantage une vision. C'est précisément vivre sans penser et sans vision.
Tous ces retours en forme de condamnation sur l' "essence" du capitalisme/libéralisme n'ont plus guère d'actualité, ni d'objet ...
La bête est là devant nous, parfaitement identifiée et de longue date.

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 14:09

la capitalisme est un concept, est une manière globale d'envisager le rapport de l'individu et de la collectivité. C'est une conception philosophique dont on peut retracer l'histoire. Du temps de l'empire romain, tout était déjà là en place pour permettre l'éclosion du capitalisme. Tout sauf une organisation politique et sociale idoine, sauf une conception philosophique appropriée. Tout cela est venu plus tard, en se mettant en place à la Renaissance dans les Etats italiens entre autres.

C'est dérouler le tapis rouge sur les pas des capitalistes que de dire qu'ils ne sont pas le fruit d'une pensée ni d'une vision, qui est datée, qui reflètent une phase particulière dans l'organisation des sociétés humaines, que cette organisation est mortelle comme celles qui l'ont précédée et celles qui lui succèderont. Comme le rappelait Nef, à juste titre, il n'y a rien de "naturel" dans le capitalisme, forme d'exploitation comme une autre. Sa naturalisation - le fait qu'il serve d'étalon pour la mesure de toute chose - est sa grande réussite : une duperie et non pas une "donnée" de base.Ce autour de quoi le monde cherche une stabilité, un ordre, une organisation. Quel qu'en soit le prix à payer.

Écrit par : esprit de l'escalier | dimanche, 25 mai 2008 15:16

Non le capitalisme "en lui-même" n'est pas un concept, pas davantage une manière d'envisager quoique ce soit ( au sens de théorie construite et organisée ).
ça n'est pas une théorie construite et organisée.
C'est simplement un stade historique .
Le concept, ou plutôt l'effort de conceptualisation , de produire et lier des concepts organisés en vue de rendre intelligible cette histoire ( et notamment pour bien marquer le caractère historique contingent du déploiement du capitalisme, en tant qu'émergence de la révolution bourgeoise du 18ème siècle ) c'est un des traits marquants du marxisme, en tant que philosophie de Marx. Nous "pensons" encore aujourd'hui le capitalisme , y compris dans sa version "libérale", dans les termes et concepts forgés par Marx... et non par le capitalisme ( ni par les économistes ou intellectuels "liberaux").
L'argument récurrent des "capitalistes" et autres "liberaux" c'est justement, en effet, que leur doctrine serait "naturelle" , produite spontanément "de toute éternité" par le processus de développement historique et de ce fait évaluée comme son aboutissement inéluctable, eschatologique .
Mais c'est un gros contresens ( du point de vue du matérialisme historique ) que de parler du "concept du capitalisme" , pour contester son caractère "spontané et naturel". Pour bien en prendre la mesure et donc le combattre efficacement il suffit de voir l'histoire d'un point de vue matérialiste : le capitalisme est le produit parfaitement daté de la révolution bourgeoise au XVIIème siècle, renversant l'ancien régime féodal multi centenaire (mais lui aussi historiquement contingent ).
Les concepts qui furent mis en oeuvre ( lors de la réalisation des révolutions bourgeoises), principalement issus des lumières du XVIIIème siècle, n'étaient pas eux-mêmes et en eux-mêmes "liberaux" ou "capitalistes", mais le processus historique, "l'esprit du monde" comme dirait Hegel , a conditionné leur actualisation dans le devenir socio-politique aux contingences économiques du temps de cette actualisation , dont le trait essentiel était l'émergence de la classe bourgeoise comme porteuse des valeurs de "libération".
Un point nodal de la philosophie de Marx, une avancée essentielle, c'est d'avoir bien montré qu'il s'agissait d'une étape , dans un processus plus vaste , non pas de "libération" mais d'émancipation, que l'esprit du monde était mu non pas par la lutte contre l'arbitraire dans la domination mais par la lutte contre la domination elle-même.
Nul besoin pour ça d'imaginer une conceptualisation quelconque des mécanismes du processus capitaliste par ses auteurs mêmes ... ou leurs valets.
Quant à la "vision du monde" , encore une fois dans la "spontané" capitaliste elle se caractérise précisément par une cécité, un point aveugle , formalisable comme une tautologie : "ce qui est est, devait être, et sera ".

Autre chose, naturellement, est d'analyser, identifier, pointer , dénoncer l'ensemble de la superstructure de présupposés idéologiques complètement arbitraires ( et inconsistants) que les agents et alliés objectifs ( parfois totalement inconscients) du libéralisme convoquent pour faire face aux contradictions successives que suscite l'application persistante de la domination ... sur les dominés.
Mais encore une fois cet ensemble , ce système idéologique contingent, en continuel mouvement d'adaptation aux circonstances contraires qu'il affronte, n'est pas un "concept" ou un ensemble de concepts "pensés" du capitalisme/libéralisme, c'est tout simplement ce qu'on appelait naguère "l'appareil idéologique d'état".

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 16:18

Après qu'un système, quel qu'il soit, se soit stabilisé, sous sa forme mature, il produit les outils conceptuels pour le penser qui gomme sa contingence au profit de la nécessité de son être devenu. Le concept ne précède pas la pratique, mais il la thématise et l'organise. Avant que l'on puisse définir un genre, encore faut-il qu'un ensemble de pratiques aient emprunté certaines formes repérables comme semblables pour que l'on puisse après coup rassembler sous une classe, un ensemble d'initiatives qui ne se pensaient pas forcément initialement sous ce jour, mais qui appartenaient pourtant à ce même ensemble auquel chacune de ces initiatives isolées apportait sa pierre. L'expérience précédait l'essence. Ainsi y a-t-il un hiatus temporel entre la pensée organisée, établie, d'un phénomène et le discours qui le met en forme. tout un ensemble d'éléments,de découvertes, de pratiques font bouger les lignes avant que l'on puisse dire de quoi ces lignes sont faites. Le marxisme intervient ainsi après coup, pour identifier un phénomène déjà bien installé, institué et accessible à l'analyse de ses traits génériques. Mais c'est une forme réflexive de penser le capitalisme qui lui est extérieur (extérieur à sa réalisation en tant que forme d'organisation sociale) et superfétatoire. La pensée marxiste elle-même active la vision d'autres enjeux, d'autres classes pour laquelle la domination est un fait d'expérience et la lutte contre elle un enjeu fédérateur.

Ainsi des visions du monde se définissent mutuellement à leur contact réciproque. Et s'objectivent réciproquement en s'inscrivant dans le monde social comme forces antagonistes.

A cette nuance près que l'une de ses forces, la plus ancienne historiquement parlant, a renvoyé l'autre au musée des horreurs et caracole tranquillement sur ce terrain déminé qu'est devenu le monde entier soumis à sa logique. Curieusement, ce réalisme là a terrassé ce qu'il n'a cessé de dénoncer d'abord comme pure utopie (le socialisme du XIX° s.) - au sens d'une alternative romantique irrationnelle et irréalisable - puis, au XX° s., comme une vision de la société et de l'individu monstrueuse.

Écrit par : gémonies | dimanche, 25 mai 2008 16:55

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ...
rien compris à cette confuse vocation aux gémonies.

Si tout ça "veut dire " quelque chose, cette chose reste à dire .

Quoiqu'il en soit il demeure que le capitalisme ne peut être pensé ( au sens de rendu intelligible) que dialectiquement et par extériorité à lui-même ( et singulièrement par et depuis Marx ) .
Le capitalisme n'est pas un système mais un "état" d'un processus. Succession de situations évolutives et continuellement contradictoires il est tout sauf "stable" ( ses innombrables "crises" en attestent avec une actualité sans cesse renouvelée ). Le matérialisme historique en permet l'analyse et la compréhension; le matérialisme dialectique permet de produire une critique consistante des présupposés idéologiques (toujours de nature dogmatique) qui viennent continuellement soutenir/maintenir cette situation.
Tout ça depuis belle lurette...
Et quant à la conclusion (?) le réalisme n'a jamais été une manière de penser le réel, c'est même l'exemplification de la "non pensée" du réel, ou du réel perçu comme inintelligible , non dialectique et, encore une fois, tautologique : ce qui est ... est, alors que nous savons ( au moins depuis Héraclite) que tout devient.
Bref relire Marx plutôt de ratiociner sans objet ( ni résultat) sur ce qui est entendu depuis bien longtemps.

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 17:56

On ne saurait parler à ceux qui feignent de ne rien comprendre qui déroge à leur (étroite) tradition de pensée.

Aussi ne me fatiguerai-je pas plus longtemps. Messieurs les dogmatiques, je ne vous salue pas. Allez au diable !

Écrit par : gémonies | dimanche, 25 mai 2008 18:04

La dialectique est une vieille tradition en effet ( depuis Zénon d'Elée , ça date ...), mais surtout une longue histoire au fil de laquelle elle a toujours eu raison des dogmatismes, par nature incapables d'affronter sa critique.
C'est pourquoi ..."à la fin de l'envoi, je touche..."
Le rationnel est réel, le réel est rationnel.

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 18:16

"On ne saurait parler à ceux qui feignent de ne rien comprendre qui déroge à leur (étroite) tradition de pensée."
il y a des baffes qui se perdent!

Écrit par : le meuble du coin | dimanche, 25 mai 2008 19:13

Pour illustrer le billet de cui-cui, cette nouvelle sur l'information instrumentalisée par les spéculateurs de l'or noir à leur bénéfice exclusif. Ce qui tend à montrer que le réel est moins rationnel que croyance et persuasion (dans la signature)

Écrit par : info | dimanche, 25 mai 2008 19:25

Tout est étroit qui se campe sur ses ergots pour juger de ce qui est pertinent ou pas en évaluant la couleur du plumage qui passe à l'aune du sien propre.

Dans les vieux meubles d'antan,remisés dans les vastes poulaillers, peu de poules pourraient venir y pondre si l'une d'elles s'avisait à appliquer ce critère à ses congénères.

J'ai dit. Hug !

Écrit par : le meuble d'en face | dimanche, 25 mai 2008 19:27

Dire (et penser ?) que la continuation de la spéculation impavide et mondialisée "tend à montrer que le réel est moins rationnel que croyance et persuasion " il faut méconnaître au moins trois choses :
le sens que donnait Hegel à son constat ( sur le réel et le rationnel )
le fait que rationnel est précisément antinomique de " croyance et persuasion "
et surtout le fait que le billet de cui-cui ( désolé cui-cui, tu sais que je t'aime bien, mais ...) aurait pu être écrit ... en 1929 , sans en changer grand chose.
Ce type de constat, sur le mode de la déploration désespérée et impotente, de surcroît sur des problèmes pas franchement nouveaux ( les méfaits de la spéculation libérale, de la finance "libérée" de ses entraves "humanistes" et du libéral/capitalisme débridé ), ça ne nous apprend pas grand chose, et ça ne fait pas avancer davantage .
ça prouve seulement l'instabilité "immanente" de la situation , instabilité largement induite par les effets de la globalisation mondialisée de la domination, et des tensions ( contradictions) exacerbées qui en découlent, à une échelle de plus en plus vaste.
Mais ça ... nous le savions déjà ( depuis Marx notamment).

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 19:41

pardon : Pour dire (et penser) ...

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 19:41

Ecrit par : le meuble d'en face | dimanche, 25 mai 2008 19:27
plein de poésie..;-))

mais .. mais..

La leçon de choses

Venez, poussins,
Asseyez-vous
Je vais vous instruire sur l'œuf
Dont tous vous venez, poussins.
L'œuf est rond
Mais pas tout à fait
Il serait plutôt ovoïde
Avec une carapace
Et vous en venez tous, poussins
Il est blanc
Pour votre race
Crème ou même orangé
Avec parfois collé
Un brin de paille
Mais ça,
C'est un supplément
A l'intérieur, il y a...
Mais pour y voir
Faut le casser
Et alors d'où - vous poussins - sortirez ?
(Raymond Queneau)

Écrit par : le meuble du coin | dimanche, 25 mai 2008 19:45

rassurez-vous, une telle question ne fait pas problème pour les dogmatiques qui sévissent dans tous les coins, et ici aussi. Ils ne s'intéresseront pas à l'oeuf. Ils vous sommeront de tenir pour vrai ce que X et Y et Z ont pu en dire ici et là et ce que eux-mêmes en auront lu.

Quant à savoir si eux-mêmes seraient capables de reconnaître un oeuf, si d'aventure ils en croisaient un qui ne corresponde pas à la description qu'ils en ont lue, la question est ouverte.

Écrit par : le meuble d'en face | dimanche, 25 mai 2008 20:07

Ecrit par : le meuble d'en face | dimanche, 25 mai 2008 20:07

je ne doute pas que cette grave question est de l'ordre et de la nature de celles que vous savez si bien poser et traiter, avec une scrupuleuse prolixité, et conséquemment que vous saurez nous en tirez toutes les édifiantes leçons.

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 20:13

tirer , pardon ...
à plus tard , je dois filer , mais je compte sur vous pour approfondir ce nouveau passionnant sujet et en informer ( au sens classique ) mon dogmatisme, toujours friand de ces percées conceptuelles novatrices et hardies.

Écrit par : urbain | dimanche, 25 mai 2008 20:16

Palme d'or..21 ans après...

Écrit par : Dogma | dimanche, 25 mai 2008 20:22

"le dogmatisme ne connaît aucun clap de fin glin-glin" (bo binh, XVI° s.)

Écrit par : tisme | dimanche, 25 mai 2008 21:19

 
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