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mercredi, 21 mai 2008

Les Incorrigibles

Sur le plateau de l'émission Revu et Corrigé, Philippe RIDET, journaliste politique au Monde, se permet de donner un cours au représentant des professeurs de la FSU.

 

« Vous allez perdre la guerre de la communication, vous devriez engager

une attachée de presse...vous répétez toujours la même chose »

 

Involontairement, cette émission consacrée aux médias nous apprend plusieurs choses.

 

1 - Un journaliste ne relaie pas un discours s'il ne change pas fréquemment.

Ce que Nicolas Sarkozy a parfaitement compris en leur proposant au moins une mauvaise idée ou un événement people par jour. Philippe Ridet alors relaie activement, en posant par exemple dans une réunion européenne, une question fascinante « Quel est votre état d'esprit au moment de votre divorce avec Cécilia Sarkozy ? ».

 

2 – Même au Monde, l'ère de la politique "produit" est ouverte.

Jadis dans Libération, on pouvait lire la rubrique « nouveau et intéressant », avec Philippe RIDET on tombe dans le « nouveau donc intéressant », totalement décomplexé. C'est une technique marketing avérée, vos ventes plafonnent, vous changez le nom du produit « Maintenant RAIDER, c'est TWIX », vous changez le packaging : « NOUVEAU ! Ouverture facile ». Exit le fond, tout dans la forme, mêmes pour les réformes « C'est une bonne réforme, mais on aurait dû faire des efforts de pédagogie ».

D'ailleurs Ridet ne s'en cache pas : « Je ne suis pas un critique de la politique, le fond je m'en fous, si Sarkozy est un bon candidat, je dois le dire. »

 

3 – Les journalistes français de nos quotidiens estiment avoir besoin des lumières d'une attachée de presse pour pondre leurs articles.

Mettons en valeur le travail des attachées de presse de Sarkozy dans le travail de Ridet. Ainsi, lors d'un déplacement de Sarkozy, ce dernier se lâche : « La Ségolène a été à la mode pendant des mois. Mais elle fait une erreur : elle ne présente aucune idée. Le 11 février ? Génial ! L’essentiel, c’est que les idées arrivent avant le 22 avril, date du premier tour de la présidentielle ! ». Et bien grâce au travail d'une attachée de presse, bien plus professionnelle que ne pourraient l'être ses propres oreilles, sous la plume de Ridet cela donne : « Nicolas Sarkozy a implicitement critiqué la stratégie de Ségolène Royal : il faut tellement de temps pour installer ses idées. C’est une erreur de penser qu’on peut les garder pour la fin ». Philippe Ridet n'en revient toujours pas que l'on fasse son travail."Les entretiens qu'il a accordés au Monde ont été peu corrigés. Ils contiennent en général ce qu'il faut de phases courtes pour pouvoir fabriquer " accroches " et éléments de titre. S'ils venaient à manquer, M. Sarkozy est prêt à fournir, sur simple demande, jusqu'à quelques minutes du bouclage. Cette réputation de professionnel des médias, il y tient."

 

Désolée Monsieur Ridet pour cette nouvelle Fatwa, mais bien que vous soyez incorrigible, si vous ne faisiez pas la leçon aux blogueurs et aux professeurs, on aurait moins envie de vous donner une bonne correction.

 


« Il est de l'essence [de la presse] de faire apparaître l'âne qui est à son service comme un dieu, et dans une mesure telle qu'il succombe lui-même à l'illusion. Une sottise imprimée en impose plus au lecteur que ce que les sept Sages de la Grèce pourraient lui murmurer à l'oreille. »

Karl Kraus in Die Fackel.

 

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« On peut quand même rire avec Sarkozy, c'est pas Hitler ! »

Philippe Ridet.

 

Vu par Nef et corrigé par Bob

 

 

Commentaires

C'est intéressant ce contraste entre, d'une part, la critique tous azimuts des médias traditionnels envers les médias internet et, de l'autre, les pratiques effectives d'un journalisme de l'à-peu-près des journalistes traditionnels. Et une arrogance en béton.

Le plus fort, c'est cet aveu de Ridet, qui se moque du fond. On peut s'interroger, à la suite des auteurs de ce billet, sur l'adéquation de cette posture journalistique étonnante avec les exigences du métier d'informer.

Se moquer du fond, face à un personnage politique, peut être le signe d'une distance bienvenue de l'observateur, évitant ainsi de se laisser contaminer par les idées de celui qu'il observe et respectant une attitude de neutralité. Mais cela peut conduire le même journaliste à se laisser trimballer sans s'en rendre compte, ou en s'en foutant tout aussi bien, par le politique qui, lui aussi, s'en fout du fond lorsqu'il est en compagnie des journalistes.

Dans ce cas, il y a adéquation entre les points de vue de l'acteur politique et de l'observateur journaliste. Ce qui fait du second, malgré qu'il en ait, un "allié objectif" du premier !

Écrit par : off | mercredi, 21 mai 2008 08:04

Nef, c'est assez rare pour lr souligner, parfaitement d'accord avec ton billet.
En 68 il y avait un slogan ( parmi d'autres) qui résumait un "point de société" avec une justesse toujours d'actualité : "la publicité vous prend pour des cons, la publicité vous rend cons ".
On en est au point où il est devenu évident que, par capillarité sans doute ( eu égard à leur proximité d'avec leurs "sponsors" ) , les journalistes, les journaux, les média en général, peuvent être associés et intégrés à cette sentence .
C'est l'émergence , l'apparition "visible" du bon vieil "appareil idéologique d'état" une "vieille lune" des marxistes de pure obédience.
Car ce qu'on peut mesurer, enfin, aujourd'hui, c'est à quel point, contrairement à la doxa libérale , réactionnaire et révisionniste qui a progressivement gangrené la quasi totalité de la sphère politique "professionnelle" , la théorie des "intellectuels" des années 60 était juste mais sans doute énoncée prématurément.
ça me rappelle cette personne qui m'était chère, mais qui dument formée par les bons pères de " l'école" m'affirmait quand les faits me donnaient raison (contre son opinion), longtemps après que j'ai énoncé un jugement : "c'est vrai ... aujourd'hui, mais tu ne pouvais pas le savoir .... à l'époque".

Écrit par : urbain | mercredi, 21 mai 2008 08:36

HS comme d'ab'//

pas Hitler?
euh.. bien sûr Monsieur Ridet! ..
Hitler était fou, lui ..tandis que sarkozy..
vous connaissez l'histoire?

un homme se prenait pour un grain de maïs.
mais c’est bien fini.. il est enfin guéri.
il s'apprête d'ailleurs à signer son bulletin de sortie.
arrive une poule..
l'homme se précipite sous le bureau du psychiatre
"vous savez bien, monsieur Fou que vous n’êtes plus un grain de maïs !
-moi oui ! mais la poule le sait-elle?"

je rigole
sarkozy n’a pas peur ..
il sait bien, lui, que les cocottes sur papier ne lui peuvent aucun mal..
elles sont grassement nourries au maïs transgénique qui les protège de tous les insectes résistants

Écrit par : le meuble dans le poulailler | mercredi, 21 mai 2008 09:05

Aidons la FSU, qui n'a pas les moyens de se payer la grosse Pégard comme attachée de presse, proposons à son représentant, une idée par jour.

Lundi : Lire la lettre de Guy Mocquet

Mardi : Faire parrainer un enfant juif victime du génocide par un enfant du primaire

Mercredi : Divorcer d'avec sa femme

Jeudi : Proposer de revoter une loi sur l'enseignement de la colonisation

Vendredi : Se fiancer avec Britney Spears au parc Astérix

Samedi : Proposer de traiter génétiquement les élèves indisciplinés

....

Écrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 09:41

Et si nous parlions de propagande ?

Écrit par : odm | mercredi, 21 mai 2008 09:41

Ecrit par : off | mercredi, 21 mai 2008 08:04

Ce n'est plus embedded, c'est in bed with sarko

Écrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 09:42

Ecrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 09:42

C'est ce qui s'appelle avoir les idées larges.

(Ah au fait, courrier Nef)

Écrit par : off | mercredi, 21 mai 2008 09:53

9500 familles touchées par des plans sociaux, depuis le 23 février, et que je les recense. Sans tenir compte des sous-traitants et intérimaires ni même des restructurations sans plan social comme celle des AGF 200 postes ou du Crédit Agricole 4500. La aussi la communication des entreprises est pour le moins comique !
Je suis largement au dessous de la réalité et les petits licenciements économique échappent à mes recherches.

Voila, vérifiez vous-même sur le blog plans sociaux...pseudo.

Pas de commentaires sur ce blog, pas de blabla, mais on y trouve ce que les guignols de l'info ne disent pas...

Écrit par : odm | mercredi, 21 mai 2008 10:03

Samedi : Proposer de traiter génétiquement les élèves indisciplinés

Ecrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 09:41

Et quand c'est qu'c'est dimanche, j'offre un croissant au chien
Le chien, lui, il s'en fout, ça ou du pain...

(Boby Lapointe)

Écrit par : adrien (de rien) | mercredi, 21 mai 2008 10:05

La phrase malheureuse de Ridet soulève deux interrogations.

La première est que se foutre du fond, pour ne rapporter que la forme, peut vouloir dire que le journaliste politique ne croit pas à un fond qui serait derrière la surface en politique. C'est une posture qui invite au cynisme.

La seconde est que ne croyons pas à un fond derrière les apparences, le journaliste est effectivement "embarqué" dans la scénographie dont il peut soupçonner qu'elle a été préparée (par la cellule com', par exemple)et qu'il va rendre compte d'une pièce dont la marge de manoeuvre qui lui est laissée est d'en apprécier la qualité, d'en montrer les ficelles lorsqu'elles sont trop grosses.

Mais ceci découle du fait que par son cynisme, par sa posture préalable, le journaliste s'est refusé à distinguer une forme apparente d'un fond, en ne prenant pas en compte que celui-ci peut avoir deux définitions qui se complètent. Le fond qui serait la contrepartie de la forme, soit l'articulation entre l'action politique au jour le jour et un ensemble de repères, de critères qui lui sert d'orientation et d'éclairage. Ce qui fait que l'on voit une direction cohérente se dessiner d'un ensemble de mesures et d'actions possiblement disparates en apparence. On est là dans une approche interne de la pratique politique.

Et puis, il y a un fond, qui est précisément détaché de la scénographie de l'action politique au jour le jour et dont la mise en évidence suppose un examen méticuleux et continu de l'action politique elle-même, ceci afin de dégager des pratiques politiques concrètes une vision d'ensemble qui n'est pas celle officiellement affichée ou voulue par les politiques, mais bien celle qui se dégage de leurs actions effectives. "Dis-moi ce que tu fais, je te dirai qui tu es". ici, il n'est plus question d'être ni de se faire embarquer par les sirènes, les faux-semblants, les trompe-l'oeil du pouvoir, mais bien de déontologie. car l'information est tout de même ce qui émancipe le citoyen de la version que le pouvoir entend donner de son action, quel qu'en soit l'écart avec la réalité.

Et rendre compte de cela implique que l'on se préoccupe du "fond".

Écrit par : off | mercredi, 21 mai 2008 10:27

perso, je pense que le Ridet, et plein d'autres avec lui, sont dans la logique du "l'important, c'est qu'j'y sois" (ou, en télé, le "tu vois bien l'usine occupée derrière moi ? ok, moteur!"). Et pour être sûr "d'y être" (et donc "d'en être") pour longtemps, il faut "rire avec" et "être pour" tant que ça vaut le coup quitte à critiquer un jour si ca n'est plus dangereux, si on n'est pas le seul et si ça permet de continuer à "en être". De même que les grands patrons qui, aux temps très anciens de l'emergence du capitalisme, étaient payés en fonction des risques qu'ils prenaient (c'était il y a tres longtemps mais c'est bien ce qu'on m'apprenait en science éco… si… si (mdr)), je pensais que les journalistes, eux aussi, pouvaient justifier salaires et avantages en (contre) nature par une certaine prise de risque intellectuelle… mais c'était au temps ou le papier sur lequel ils écrivent, comme leur pensée, n'était pas encore recyclables et recyclés

Écrit par : robert humbley | mercredi, 21 mai 2008 10:42

n'etaient (oops)

Écrit par : robert humbley | mercredi, 21 mai 2008 10:46

Très bien ce billet, Nef!
D'ailleurs quand ce n'est pas Ridet qui s'y colle, c'est Courtois, je crois, qui se fend d'une 'nalyse pour t'expliquer par A plus B toutes les bonnes raisons que tout le monde, socialistes comme gaullistes, auraient à signer des deux mains la réforme des institutions proposée par Nombril Ier.
Il y a ptêt' ben une compète lancée au Monde pour savoir......qui prendra les rênes quand Lagardère mettra vraiment la main sur le journal du soir?

Écrit par : etrun | mercredi, 21 mai 2008 12:27

Joli décryptage, très ASI sur les bords. Bonne journée

Écrit par : Falconhill | mercredi, 21 mai 2008 13:04

Ridet, Amar, Elkabbach...

J'ai l'impression d'avoir dit un gros mot...

Les contre exemples à enseigner dans les écoles de journalisme...

Un nouveau film à tourner pour gagner la palme d'or à Cannes...

Le mauvais, le médiocre et le désinformateur...

Ah ! France 5, rendez nous Schneidermann et rappelez l'amateur de gants de boxe (Amar) à ses chères études qu'il n'aurait jamais dues quitter !

Par pitié ! France 5, donnez nous une véritable émission critique sur les médias, pas la merde actuelle que je ne regarde même plus (et je ne dois pas être le seul...) !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 21 mai 2008 18:03

Cuicui
POur avoir copié collé l'intégralité d'un des derniers "chats" de Schneidermann sur le site de libération, je ne suis pas certain qu'ils soit un exemple parfait.
Choix des questions qui ne fâchent pas effectué par Schneidermann lui-même et pas par un journaliste de la rédaction, refus de répondre à celles qui posent de réelles problématiques sur le comportement de la presse à l'égard de la communication gouvernementale...
L'impertinence calculée est aussi un logo

Écrit par : Marc Louboutin | mercredi, 21 mai 2008 19:18

On s'en fout d'la politique française, Sarko, tout ça, on s'en fout qu'est ce qu'on s'en fout, c'est rien rien rien... C'est comme chier un cake parce qu'on a pété un verre... C'est aussi con...

Sinon y a deux bons livres en une chez moi. J'sais tu t'en fous. Bye.

Écrit par : Andy Vérol | mercredi, 21 mai 2008 19:22

Andy
Je lirai Germain Roesz. j'ai un projet dans un carton du même genre (avec sans doute beaucoup moins de talent).
L'autre non.
Tu vois, je ne m'en moque pas...

T'as l'air d'aller mieux. Cela me fait plaisir.
Sincérement.
Et puis tu as raison (cela va hurler dans le Village !)
On s'en moque de la politique française. Tout est déjà écrit.
C'est un peu comme si les spectateurs d'un film au cinéma pensaient encore avoir quelque chose à dire sur la mise en scène et le choix des acteurs...

Écrit par : Marc Louboutin | mercredi, 21 mai 2008 19:39

Ecrit par : Marc Louboutin | mercredi, 21 mai 2008 19:18

Oui Schneidermann est sans doute le plus rat parmi les vautrés, par ce que prétendument "décrypteur" ( la bonne blague).
Si cui-cui a encore un doute la dessus ( sur la veulerie lamentable de Schneiderman) , il lui suffit de voir la "prestation" du zigoto dans "Enfin pris" , le film de Pierre Carles à propos de tous ces cuistres minables.
Le passage de ASI avec Cavada et Durand et ... Bourdieu est absolument caricatural ...
( au besoin j'ai ce DVD édifiant en rayon, mon bon cui-cui, vu qu'il est boycotté par ... la fnac ( et amazon, etc ...) )

Écrit par : urbain | mercredi, 21 mai 2008 20:04

Ridet apporte autant au journalisme que Sarkozy à la politique ...

Le Monde de l'argent, des actionnaires, et pourtant la presse ne se gave plus, elle nous gave ;-))

Merci Nef, bien vu.
Merci incorrigible Bob ;-))

Écrit par : agathe | mercredi, 21 mai 2008 20:36

Ecrit par : Marc Louboutin | mercredi, 21 mai 2008 19:18
Ecrit par : urbain | mercredi, 21 mai 2008 20:04

Je suis d'accord avec vous et vous savez qu'il figure avec Aphatie dans mes cibles privilégiées...

Mais bordel, entre le borgne et l'aveugle, j'ai tendance à choisir le borgne !!!!

Je ne sais plus à quelle liane me raccrocher...

I am a desesperate househusband ! A poor lonesome webboy !

Help !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 21 mai 2008 21:25

hihan..
Mais Jolly Jumper est un âne ?

Écrit par : odm | mercredi, 21 mai 2008 21:32

C'est Sancho panza...

Les Sancho viennent de s'exprimer :

« En ce moment ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a dans cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer :


— La fortune conduit nos affaires mieux que ne pourrait y réussir notre désir même. Regarde, ami Sancho ; voilà devant nous au moins trente démesurés géants, auxquels je pense livrer bataille et ôter la vie à tous tant qu’ils sont. Avec leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir ; car c'est prise de bonne guerre, et c'est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre.

— Quels géants ? demanda Sancho Panza.

— Ceux que tu vois là-bas, lui répondit son maître, avec leurs grands bras, car il y en a qui les ont de presque deux lieues de long.

— Prenez donc garde, répliqua Sancho, ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, lesquelles, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.

— On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je et, si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille.

En parlant ainsi, il donna de l’éperon à son cheval Rossinante, sans prendre garde aux avis de son écuyer Sancho, qui lui criait qu’à coup sûr c'était des moulins à vent et non des géants qu'il allait attaquer. »

Écrit par : odm | mercredi, 21 mai 2008 21:36

Un jeune disciple, assidu et perturbé, est plongé dans la lecture de Confucius lorsqu'il découvre, avec stupeur et perplexité, cette maxime :
« De tout l'univers, la femme et la perle sont les deux plus belles merveilles qu'il se puisse concevoir, principalement la perle. »
Aussitôt, le disciple se tourne vers son mentor et lui dit :
- Grand Maître, veuillez pardonner par avance mon impertinence, mais qu’est donc le sens profond de cet adage ?
- Jeune et perturbé disciple, sache donc du plus loin de ton inexpérience que, s'il est vrai qu'autant la femme que la perle peuvent s'enfiler, la perle, elle, peut l'être par les deux bouts.
Le jeune disciple fronce les sourcils et ose :
- Mais Grand Maître, veuillez pardonner mon impertinence, et me châtier si je le mérite, mais n'est-il pas vrai que la femme puisse également s'enfiler par les deux bouts ?
- Ah, jeune, indiscipliné et Ô combien inexpérimenté que tu es, cela est juste, mais dans ce cas, c'est une perle...

Écrit par : odm | mercredi, 21 mai 2008 21:55

à dédème


Benoît XVI, «Teoría de los principios teológicos», publié en Espagne par Herder, "Théorie des Principes religieux", à propos de Don Quichotte :
Don Quichotte commence comme une bouffonade, une sorte de plaisanterie amère qui n’est pas du simple ressort de la fantaisie ou de la littérature. L’auto-da-fé que commettent le curé et le barbier, au chapitre VI, avec les livres du pauvre hidalgo ont un air de réalisme absolu : ainsi est liquidé le monde médiéval et la porte se referme irrémédiablement sur le passé. Par la figure de Don Quichotte, une ère nouvelle émerge… Le chevalier est devenu fou. Se réveillant des rêves d’antan, une nouvelle génération rencontre la vérité, nue, sans affectation. L’allègre espièglerie des premiers chapitres aboutit à une éclosion… Quelle noble folie dans celle de Don Quichotte qui élit une profession où la noblesse de la pensée, l’honnêteté de la parole, la libéralité des actes, la vaillance dans les réalisations, la patience dans le travail, la générosité avec les opprimés, et finalement le maintien de la vérité, bien qu’il lui en coûte la vie de la défendre ! La folie insensée se convertit en l’expression d’un cœur pur…
Brûler le passé, voici l’heure de la synthèse. Aujourd’hui, le noyau de la folie touche le niveau de la conscience, cela coïncide avec l’extraction de la bonté d’un monde dont le réalisme se trompe…
Il ne s’agit pas d’un retour au monde du temps de la chevalerie, mais de rester éveillés afin de ne jamais perdre de vue les dangers qui menacent les hommes quand, brûlant leur passé, ils perdent une part d’eux-mêmes …

Écrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 23:17

Ecrit par : Marc Louboutin | mercredi, 21 mai 2008 19:39

Combien de scènes j'ai cru voir dans des films qui en fait ne s'y trouvaient pas. Je dois à mon imagination de grands moments de cinéma.

La réalité est un mot qui coupe court à toute contestation plus sûrement que la censure. La réalité : c'est un rêve de droite.

Écrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 23:24

« Nos âmes, comme tu le sais bien et comme on me l'a enseigné ici, se meuvent dans un continuel mouvement et ne peuvent s'arrêter sinon en Dieu, ou en leur centre. Dans cette vie les désirs sont infinis et certains s'enchaînent aux autres et forment une maille qui une fois arrive au ciel et une autre plonge en enfer. »

Cervantes.

Écrit par : odm | jeudi, 22 mai 2008 00:11

« C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n'est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu'on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et nous conduire en cette vie, que n'est l'usage de nos yeux pour guider nos pas.
[...]
Or, ce souverain bien considéré par la raison naturelle sans la lumière de la foi, n'est autre chose que la connaissance de la vérité par ses premières causes, c'est-à-dire la sagesse, dont la philosophie est l'étude. Et, parce que toutes ces choses sont entièrement vraies, elles ne seraient pas difficiles à persuader si elles étaient bien déduites. »
R.Descartes (les Principes de la philosophie, lettre-préface de l'édition française des principes)

Il n'y a à connaître ni réalité, ni droite, ni gauche.
contester, en revanche, oui, douter et contester : le conformisme voilà l'ennemi !
Quant à l'âme , mon cher odm, nous savons bien qu'elle n'est pas de même substance que le corps et qu'il est donc bien vain de confier l'un à l'autre.

Écrit par : urbain | jeudi, 22 mai 2008 09:08

Pour les étourdis - et pour renforcer les critiques convenues à l'endroit des canards laquais (couac ! couac !) de l'idéologie dominante :

« Ce n’est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de notre imagination. » (André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924)

Écrit par : adidas - mollards | jeudi, 22 mai 2008 09:36

La réalité : c'est un rêve de droite.

Ecrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 23:24

J'aime beaucoup.

Écrit par : adrien (de rien) | jeudi, 22 mai 2008 10:04

Et le cauchemar de la gauche.....

Écrit par : odm | jeudi, 22 mai 2008 10:09

Ni rêve, ni cauchemar, ni réalité, ni droite , ni gauche...
Le réel ( et non la réalité, quelqu'en soit le degré supposé ) est rationnel, le rationnel est réel ( et précisément tout autre chose que "la réalité" , la réalité de quoi ?).
Il faut cesser de penser avec ces formes défaites de l'idéologie.

Écrit par : urbain | jeudi, 22 mai 2008 10:26

Et le rêve , une réalité de gauche...

Écrit par : Fran | jeudi, 22 mai 2008 10:41

l'utopie, plus exactement

Écrit par : nuance | jeudi, 22 mai 2008 11:44

l'utopie sous surveillance, c la goche de la droite et la droite de la goche
goche droite ds ta gueule
héritage sans guerrier
mouaaarf
to be continued

Écrit par : zezette | jeudi, 22 mai 2008 14:16

Avec Delanoë et Ségolène, c'est l'arche d'alliance libéral qui sauve les pôvres encore et rares "gochistes" du tsunami socialiste, pour les mener en croisière dans le grand bateau libéral où semble-t-il qu'il y aurait de la place pour tout le monde. Mais c'est ainsi que tant va la lutte au pis.

Écrit par : ...épouse X | jeudi, 22 mai 2008 14:45

Bonjour les amis,

A propos du livre de Philippe Ridet, je vous conseille la lecture de cet article :

http://artgoldhammer.blogspot.com/2008/05/journalism.html

J'aimerais bien trouver le temps de le traduire pour en faire profiter le plus grand nombre.

Écrit par : RichardTrois | jeudi, 22 mai 2008 17:30

Ecrit par : nef | mercredi, 21 mai 2008 23:24

+ 1

Et je me joins à Adrien pour les félicitations sur cette excellente phrase.

Écrit par : agathe | jeudi, 22 mai 2008 21:24

Ecrit par : RichardTrois | jeudi, 22 mai 2008 17:30

Merci beaucoup Richard.

Passivité intellectuelle et vide.

Écrit par : nef | vendredi, 23 mai 2008 10:09

 
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