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samedi, 03 mai 2008

Le temps des (queues de) cerises

312604178.jpg
 
Le samedi premier mai 1886, à Chicago, un mouvement revendicatif est organisé par les syndicats américains. Une grève suivie par 300000 à 400000 salariés paralyse des milliers d’usines à travers le pays.

Le mouvement se poursuit. Le 3 mai, on dénombre 3 morts parmi les grévistes durant une manifestation violemment réprimée. Le lendemain, lors d’une marche de protestation, une bombe explose. Sept policiers sont alors tués, de nombreux manifestants sont blessés. Huit ouvriers anarchistes sont arrêtés : 4 seront pendus, un se suicidera en prison, les 3 derniers seront graciés au terme de six années de prison.

La revendication ayant motivé ce mouvement était la généralisation de la journée travaillée de 8 heures.

Le principe des 3 tiers ; un tiers consacré au travail, un tiers au sommeil, un tiers aux loisirs. 

On retrouve aujourd’hui une autre évocation du principe des 3 tiers.

N. Sarkozy : « Je voudrais une société où (...) sur 100 de bénéfice, il y ait un tiers qui aille aux actionnaires - c'est quand même eux qui prennent les risques -, un tiers qui aille aux investissements pour que l'entreprise reste compétitive, et puis un tiers qui aille aux salariés qui ont participé à la création de cette richesse. »

On voit bien le glissement opéré.

"Ça ne se passe pas comme ça", a répliqué la présidente du Medef, Laurence Parisot.

La preuve.

Ce premier mai 2008, les traditionnels défilés (comme on dit) se sont multipliés en France, en Europe, dans le monde.

A Zurich, 10000 personnes ont manifesté.

« Comme chaque année, quelques échauffourées ont eu lieu à Zurich en marge de la manifestation officielle, qui s'est déroulée, elle, dans le calme. La police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes contre des autonomistes de gauche. La police a procédé à quelque 280 interpellations. On déplore une dizaine de blessés mais aucun parmi les forces de l'ordre. »

En Turquie :

« De premiers incidents ont éclaté jeudi matin à Istanbul, où la police a dispersé avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau des manifestants rassemblés devant le siège d'un important syndicat, alors que la Turquie se préparait à un 1er mai sous tension. 
Plusieurs manifestants ont été blessés et "un nombre indéterminé arrêtés" lors de ces incidents que la confédération syndicale de gauche DISK a qualifiés "d'assaut de la police. »

Hambourg :

«Une manifestation anticapitaliste organisée pour célébrer le 1er Mai a dégénéré en actes de violence et de vandalisme dans la nuit de mercredi à jeudi à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, a annoncé la police. »

Macao :

« A Macao, ville chinoise, des heurts ont opposé ce matin du 1er mai des manifestants défilant dans le cadre de la Fête du travail à la police anti-émeutes qui a fait usage à plusieurs reprises de pistolets de starter. »

Et aussi :

« Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs capitales asiatiques, en Russie, au Sénégal et en République démocratique du Congo (RDC) à l’appel des syndicats. La hausse des denrées alimentaires et des salaires plus justes était au cœur des revendications. »

La question des salaires, du pouvoir d’achat, du prix des denrées, semble s’être substituée à celle du temps. Ce n’est pas nouveau. Le temps n’est rien sans les conditions matérielles de son bon déroulement. C’est à l’intérieur de la question du travail que s’expriment les revendications : les salaires, les conditions de travail ; comme s’il n’y avait plus d’extériorité à l’activité salariée. Ou plus précisément, c’est le travail qui détermine aussi ce qui lui est extérieur, mais non plus comme récit collectif, plutôt comme nécessaire condition au bon exercice des activités individuelles et consuméristes. Après le travail, le travail continue. Consommer (même mal, même insuffisamment), c’est du travail. La « valeur » travail ne connaît pas la crise.

Il est également un phénomène assez nouveau dans les défilés du premier mai, en France ; du moins dans sa visibilité revendiquée. Les sans-papiers ont « tenu la vedette », selon la pénible formule d’un journal de « gauche. » Il s’agit de la nécessaire revitalisation des revendications dans leur confrontation avec le réel et ses oubliés. On voit encore que c’est le travail qui détermine le reste, la légitimité à rester ou non sur le territoire, à vivre ici ou non.

"Mais l'exhibition n'est pas pour autant la résolution."

Le premier mai n’est qu’une date, un moment qui revient. La fête du travail (et/ou des travailleurs) en un jour chômé (de moins en moins) ; cet oxymore doit en agacer plus d’un.

Jeremy Rifkin, dans son livre « la fin du travail » (préfacé par Rocard, c’est dire…), interrogeait la question de la disparition inéluctable du travail. Disparition induite par les progrès de productivité, les innovations technologiques. Comment une société peut-elle faire face à cette « révolution » ? Temps de crise ou temps du loisir ?

Ce temps-là est bien loin.

Et la question de la place du travail dans la vie d’un Homme plus vivace que jamais. 

« Une vendeuse de muguet a été braquée par deux personnes à moto, jeudi après-midi à Marseille, et a dû leur remettre sa recette de plusieurs centaines d'euros, a-t-on appris de source policière. »

 

 

 

 

 


Wonder Mai 68
envoyé par yetiblog
f 
 
 

Commentaires

à propos de Wonder ... se souvenir de la suite (et fin) ...
Mitterand, Tapie ... la modernisation,
déjà.

Écrit par : urbain | samedi, 03 mai 2008 08:23

« Une vendeuse de muguet a été braquée par deux personnes à moto, jeudi après-midi à Marseille, et a dû leur remettre sa recette de plusieurs centaines d'euros, a-t-on appris de source policière. »

Doit-on y voir l'illustration de, comme diraient nos médiacrates, la merveilleuse diversité industrieuse du tissus des PME ( et TPE en l'occurence ) qui irriguent le tissus économique français ?

Écrit par : urbain | samedi, 03 mai 2008 09:04

Je corrige ( comme l'auraient fait nos médiacrates) :
[...]la merveilleuse diversité industrieuse du réseau des PME ( et TPE en l'occurence ) qui irriguent le tissus économique français ?

Écrit par : urbain | samedi, 03 mai 2008 09:06

Merci f.

Les sans-papiers sont légitimés "au cas par cas" par leur travail, en effet. Les employeurs de "Neuilly" ont eu la primeur médiatique de leurs quelques régularisations. Mais, un travail ne parvient pas complétement à rendre digne un étranger, la sentence est tombée, pas de régularisation massive. N'oublions pas ce que disent Sarkozy et Hortefeux "Les étrangers ne doivent pas manger le riz des français", "on ne peut accueillir toute la misère du monde". Le travail est devenu "le" cadeau pour les plus méritants.

La vidéo, une réelle émotion, magnifique document.

Écrit par : agathe | samedi, 03 mai 2008 09:50

L'optimisme cégétiste :

"c'est une victoire" ; "il faut savoir arrêter une grève" ; "on ne peut pas tout obtenir tout de suite".

Quel drame pour un syndicat de devoir gérer la gueule de bois des salariés et le retour à la normale de l'exploitation ordinaire (les conditions de travail n'ont pas été discutées, la pénibilité demeurera la même qu'auparavant). Alliés objectifs. Les lendemains de "fête" ne passent pas.

Pathétique la jeune femme brune. Elle dit tout haut ce que les autres ont déjà accepté par la force des choses en mettant leurs mouchoirs par-dessus.

Le jeune homme qui vient à sa rescousse n'est plus écouté à partir du moment où il s'avère qu'il n'est pas un employé de Wonder (qui use les salariés dont il se sert). Du coup tous les trésors d'argumentation utilisés par les délégués CGT ne servaient pas tant à alimenter un débat public, libre et non faussé, mais cherchaient bien plus exactement à persuader les indécis, les "fortes têtes" à rentrer dans le rang et, singulièrement, dans l'usine et qu'on n'en parle plus. La parole du jeune homme est discréditée, le délégué qui discutait auparavant avec lui se détourne, ou ne lui offre plus que son profil, affiche un sourire ironique pour lui répondre. Peut-être là une posture emblématique de la mise à l'écart de tout un peuple de l'événement considérable auquel ses efforts et ses espoirs ont donné forme. Le voilà chassé, ce peuple, de la fabrique de l'Histoire qu'il avait occupée avec tant de détermination.

Est-ce ainsi que les "révolutions" vivent ? Un projet collectif qui s'effondre à l'échelle locale, lorsque les "réalités" des activités liées à la survie reprennent le dessus et que l'on siffle la fin de la récréation, selon une formule que chérissent les dominants.

Finalement, la Révolution qui réussit est celle qui instaure la "réalité" dans une certaine impermanence, le maintient dans la précarité, empêchant la réification des situations acquises, qui sont ces sortes d'îles privées dans lesquelles les bénéficiaires s'isolent du reste de leurs concitoyens et défendent leurs intérêts contre tous les autres. Ces îles caïmans remplies de prédateurs, tous ceux qui se font du gros pognon prélevé sur l'activité des autres, de cette ouvrière de chez Wonder et de toutes ses compagnes et compagnons d'infortune. Valetaille indispensable bien que négligeable. Et le fait de les convaincre de leur caractère négligeable est bien sûr une stratégie des possédants pour réduire le risque que la prise de conscience de leur indispensabilité au processus de production mais surtout d'accumulation capitalistique vienne leur faire relever la tête et formuler des exigences de conditions de travail et de rémunération décentes.

Aussi les possédants jouent-ils les travailleurs les uns contre les autres, via les délocalisations, arme économique autant que politique. C'est en quelque sorte l'équivalent des fusillés pour l'exemple dans l'armée française lors de la première guerre mondiale.

Ainsi le retour à la paix sociale est-il tout sauf le retour à la normale. C'est peut-être plus proche d'une situation corsetée par la Terreur, ou l'un de ses succédanés. Combien les cégétistes de chez Wonder ont-ils essaimé depuis leur bonne parole : il n'y a plus ni droite, ni gauche ; on vit une période de confort généralisé ; il n'y a pas de raison de se révolter ; il faut de toute urgence moderniser et accompagner le processus de changement, etc, etc.

Pendant ce temps, la voix de cette jeune femme demeure dans sa parole humaine simplement humaine. "Qu'avez-vous fait de nous ?" semble-t-elle dire.

Écrit par : off | samedi, 03 mai 2008 09:57

Tiens y a du monde ce matin
pour illustrer les trois tiers:
http://13770.org/images/1mai.jpg

bonne journée

Écrit par : skalpa | samedi, 03 mai 2008 10:30

Le syndicalisme est imparfait, il est ce qu'en font les salariés.

La douleur du travail rabaissé accrue par la conscience qu'autre chose est possible et n'est pas advenu : 68 n'était qu'un début en la matière et tous les syndicalismes du monde courent après comme si les patrons avaient toujours une longueur d'avance.

Écrit par : Juliette dze | samedi, 03 mai 2008 10:35

pas lu
mais je repasserai

Écrit par : Maghnia | samedi, 03 mai 2008 10:59

On va bien s'marrer cette année... L'appauvrissement a ceci de bon qu'il fait bander l'esprit de révolte et menace l'Etat sa flicaille ses juges et ses curetons de toutes religions...

Écrit par : Andy Vérol | samedi, 03 mai 2008 12:40

Merci f et également merci off (le lyrisme vous sied).

Moderniser, moderniser, pourtant c'est le même discours que sous Tatcher, la même politique, les mêmes réactions syndicales, la même détresse des mêmes "corps" de métiers.

http://www.artevod.com/programDetails.do?emissionId=1743

Écrit par : nef | samedi, 03 mai 2008 12:50

Ecrit par : Andy Vérol | samedi, 03 mai 2008 12:40

Ils vont nous chier une bonne guerre pour canaliser tout cela. C'est bon pour la croissance.

Écrit par : nef | samedi, 03 mai 2008 12:53

Ecrit par : urbain | samedi, 03 mai 2008 08:23

Oui, ne surtout pas oublier. Tapie le sauveur, mis en scène par Séguéla, qui rachète Wonder, dégraisse, dégraisse, l'action de Wonder grimpe en flèche et Tapie revend quelques années plus tard. Une opération pour quelques uns, un morceau de vie pour les autres.

http://fr.youtube.com/watch?v=m5V1Iw2tx7k

Les traques de clandestins sur les lieux de travail aux USA se multiplient également. Mais les patrons s'inquiètent ; c'est inefficace et ça nuit aux affaires. Comme la peine de prison à vie plus rentable que la peine de mort, les LBO ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Leveraged_buyout ) tant vantés par un J. Marseille par exemple, les sans-papiers régularisés ou protégés par la nécessité économique ; mais que reste-t-il au(x) politique(s) ?
Les symboles, pensent-ils...

Écrit par : f | samedi, 03 mai 2008 14:30

Ecrit par : f | samedi, 03 mai 2008 14:30

Et si les politiques n'avaient plus vraiment de pouvoir ?

Et si les politiques étaient toujours en retard d'une guerre ?

Et si le monde en marche écrasait comme un rouleau compresseur ou contournait systématiquement toute mesure politique ?

Et si la marche du monde échappait à nous tous ?

À plus.

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | samedi, 03 mai 2008 14:53

@off
"Pendant ce temps, la voix de cette jeune femme demeure dans sa parole humaine simplement humaine. "Qu'avez-vous fait de nous ?" semble-t-elle dire."

très bien dit, cette femme est bouleversante, elle est vraie, réelle, elle est la seule sur ces images à ne pas tenir un langage convenu - le jeune homme, Poulou que l'on retrouve quelques décennies plus tard voir chez le Yéti http://www.yetiblog.org/index.php?2008/04/30/297-reprise tient finalement lui aussi un discours réfléchi) , elle non.
elle est d'ailleurs pratiquement la seule femme, en tous cas la seule à prendre la parole.


@cui-cui
"Et si la marche du monde échappait à nous tous ? "

je le pense parfois aussi, car tout est en train de s'accélérer.
les apprentis sorciers conduisent le monde vers une crise fracassante
nous sommes gouvernés par des crétins sans envergure, dépourvus de tout sens du futur mais pourvus d'un sens aigu de leurs propres intérêts et de ceux de leurs clans (famille, groupe, religion, secte)

nous sommes déjà dans la spirale

Écrit par : céleste | samedi, 03 mai 2008 15:25

Bonjour,

Ivan Rioufol a ouvert son blog, il y a quelques mois, et il se veut un lieu d'échanges et de débat d'idées entre libéraux-conservateurs d'une part et tout ceux qui participent au déclin de la France (socialistes, gaullistes, extrème-gauche et extrème-droite, écologistes, etc...) d'autre part.

Rejoignez nous !

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/

Écrit par : Patrice Joyeux | samedi, 03 mai 2008 18:18

Cette vidéo de Tapie/Wonder, je ne connaissais pas, l'horreur absolue. La réussite dynamique bling bling des années 80 a été remise au goût du jour, Sarkozy devrait soigner son brushing...

Écrit par : agathe | samedi, 03 mai 2008 18:45

Tiens, juste au moment où je parlais de brushing, comme quoi... Quand on parle du lump, Dupont-Lajoie rapplique !!!!

Écrit par : agathe | samedi, 03 mai 2008 18:47

Si telle est la marche du monde, nous aurons besoin de la science de l'humanité et du message de Jesus Christ !

Écrit par : odm | samedi, 03 mai 2008 18:55

Pas de révélation sans révolution !

Écrit par : odm | samedi, 03 mai 2008 18:58

aaaaaaaaaaaaah !
ça fait toujours plaisir de voir que patrice va bien !

Écrit par : adrien (de rien) | samedi, 03 mai 2008 19:29

Au moins aussi longtemps que la connerie auto-satisfaite : "ceux qui participent au déclin de la France". Un vocabulaire pétainiste ou le peniste, c'est au choix.

Écrit par : un villageois | samedi, 03 mai 2008 19:45

Ecrit par : un villageois | samedi, 03 mai 2008 19:45

et sarkoziste : cf. son discours au Parlement européen à Strasbourg le 13 novembre 2007...

Écrit par : adrien (de rien) | samedi, 03 mai 2008 20:06

Ecrit par : adrien (de rien) | samedi, 03 mai 2008 20:06


C'est pareil, donc.

Écrit par : agathe | samedi, 03 mai 2008 20:20

Mouais...

Ce genre de "révolution", ça ne donne jamais grand-chose...

Écrit par : attention - à la marge | samedi, 03 mai 2008 21:38

Ecrit par : attention - à la marge | samedi, 03 mai 2008 21:38

Si nous définissions la révolution comme un changement brutal du cours des événements, alors nous en vivons une, que nous ne maitrisons pas, que nous subissons.
Pas celle que j''évoque...ni que j'invoque...

Écrit par : odm | samedi, 03 mai 2008 21:49

Une seule so-lu-tion :
la ré-vo-lu-tion !

Écrit par : urbain | samedi, 03 mai 2008 22:41

Ce serait bien de diffuser largement

http://www.bakchich.info/article3641.html

Écrit par : agathe | samedi, 03 mai 2008 23:15

L'homme est un radiateur pour l'homme

http://www.marianne2.fr/L-homme-est-un-radiateur-pour-l-homme_a86739.html?PHPSESSID=e7f67468de21a19372d4cad8ed5235d5

La phrase du jour : elle est de Lévy-Strauss, et dédiée aux innommables qui vont bientôt organiser un concours de déterrage de blaireaux. Je n'invente rien : un concours de déterrage de blaireaux. « Les droits de l'humanité cessent au moment où leur exercice met en péril l'existence d'autres espèces.»

Écrit par : La chronique de Bernard Maris | samedi, 03 mai 2008 23:30

Comme si en ce moment les blaireaux avaient besoin d'être deterrés!
(OK je sors, pouvais pas m'en empêcher)

Écrit par : Valdo | dimanche, 04 mai 2008 00:00

Ecrit par : La chronique de Bernard Maris | samedi, 03 mai 2008 23:30
Ecrit par : Valdo | dimanche, 04 mai 2008 00:00

(ne sortez pas, j'avais copié-collé la phrase exprès en comptant sur des réactions amusantes sur le thème des blaireaux)

Écrit par : Beryl Stapleton (qui cache bien son jeu, comme le savent les lecteurs de Pierre Bayard) | dimanche, 04 mai 2008 00:42

En Grande-Bretagne on enterre les Gordon Brown. Après avoir connu des hauts, la cote de Blair est au plus bas.

Écrit par : le réveil de la marmotte | dimanche, 04 mai 2008 08:57

Mutos logos :
« Une vendeuse de muguet a été braquée par deux personnes à moto, jeudi après-midi à Marseille, et a dû leur remettre sa recette de plusieurs centaines d'euros, a-t-on appris de source policière. »

C'était vraiment ça, le fait ( divers) emblématique , hautement symbolique et "épocal" comme diraient les post-modernes. Celui qui résume en un "raccourci saisissant" les traits qui dessinent ce moment de "rupture" ( je mets beaucoup de guillemets , faute de disposer des italiques ) où nous sommes parvenus ( autre épithète hautement signifiant ) .
La date : le jour de la fête du travail.
Les protagonistes : la France profonde et les gens d'en bas
Les faits : la recette journalière d'une travailleuse indépendante (et méritante naturellement) , fruit du produit d'une vente de brins de muguet symboliques ( la nature fleurie et le premier mai transmutés en marchandise fugace et hautement fétichisée), dérobée "à la sauvette" ( circulation marchande optimale ), par d'autres entrepreneurs individuels, totalement modernes et aussi décomplexés que déterminés à "gagner plus".
La source : la police.
Je laisse le ravi ( dont je salue le retour ) développer sur fond de subtile Roufiollade ...

Écrit par : urbain | dimanche, 04 mai 2008 09:53

En voilà du beau storytelling...

(clic signature)

Écrit par : (ne pas confondre) | dimanche, 04 mai 2008 12:10

Ecrit par : (ne pas confondre) | dimanche, 04 mai 2008 12:10

confondant!!

http://www.youtube.com/watch?v=mftFF5e20Bk&eurl=http://www.berm.co.nz/cgi-bin/video/play.cgi?mftFF5e20Bk

"Les guerres de religion commencent en 1562 ..
Aux différends religieux se superposent des affrontements politiques, des luttes sociales, des divergences culturelles"
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_religion_(France)

Écrit par : Maghnia | dimanche, 04 mai 2008 13:05

"recette de plusieurs centaines d'euros"

Réussite, splendeur du petit commerce. Débrouille qui confine au sublime. Un petit carton, un petit siège pliant, une petit caisse fermant à clé... Et le 4x4 (chinois, n'exagérons pas) n'est pas loin.

Récemment, un haut fonctionnaire marseilliste (de J. Marseille) vantait avec des tremolos dans la voix (donc, pas très mollo) les vertus merveilleuses de la débrouille. La débrouille comme modèle et horizon du bas peuple. Tandis qu'en haut se déploie la grandeur théorique, le devenir de la civilisation, les grands échanges.

La débrouille à Pondichéry :
http://www.lejdd.fr/cmc/economie/200818/300-euros-le-job-a-pondichery_114787.html

Il n'y a pas d'avenir dans le bricolage.

Écrit par : f | dimanche, 04 mai 2008 14:40

Pur Maghnia :
"La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu.
Elle est l'opium du peuple."
(Karl Marx / 1818-1883 / avec Engels, Critique de "La philosophie du droit" de Hegel, 1844)

Écrit par : urbain | dimanche, 04 mai 2008 14:54

urbain
ce n'est pas de l'opium que l'autre essaie de nous inoculer
c'est de l'ecstasy

Écrit par : Maghnia | dimanche, 04 mai 2008 15:41

Faudra demander à odm ce qu'il en pense ...

Écrit par : urbain | dimanche, 04 mai 2008 15:56

Cher Urbain,
la révélation est une révolution !
C'est un slogan.
Une base.
Le marxisme est la première marche.
Mais le marxisme a démontré sa capacité à se muer en totalitarisme, atroce, inplacable et fragile.
Il va falloir en tirer la leçon.
Donc il faut se dire que les masses sont poreuses aux superstitions.
Que la raison se détourne trop facilement.
Que la croyance c'est du béton.
Et que l'invisible est une humilité.

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 16:25

comprennent qui pourra !

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 16:26

effet de cliquet, principe de démantélement, libération, les codes, l'OCDE nous livre l'avenir, sachez le lire !

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 16:30

Matthieu 7:6 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 16:41

Matthieu 7:6 ??
Un nouveau chez les nrv, odm ?? ;-)

Écrit par : sarah7 | dimanche, 04 mai 2008 16:56

Quels droits ?
Défendre ses droits ?
Mais que savons nous du Droit ?
Qui décident des droits invoqués par les multiples pleurnichards que l'on peut lire ici ?
Qui ?
pourquoi Rousseau et d'autres sont ils allés chercher le secours de ces pseudos droits naturels ?
Pourquoi ?
Cette courses aux droits de l'homme ou aux droits naturels n'est elle pas l'insigne aveux des sociétés rationnelles de leur impuissance face à la subjetivité des règles instituées par les classes dominantes ?
Qui peut mieux lutter contre l'affirmation d'une réalité subjectivement imposée aux masses qu'une croyance millénaire de la sacralité de l'espèce humaine.
Qui ?
Pourquoi pensez vous que Sarko, l'âne batté, ait tenté de récupérer ce domaine ?
Les piaillements des laïcards butés, tel Mélenchon qui en défendrai presque l'horrible dictature chinoise contre l'affreux croyant qu'est le Dalaï Lama, sont pitoyables et vénéneux.
C'est ce que je pense.

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 17:12

bâté

Écrit par : Maître Capello | dimanche, 04 mai 2008 17:53

Matthieu 7:6 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds
Ecrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 16:41

Maintenant tu sais pourquoi je t'ai banni

Écrit par : Serval | dimanche, 04 mai 2008 17:54

Ecrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 17:12 (suite)

**bravo!
le mec s'arrête un peu sonné
il cherche.. surpris..
**bravo à qui?.. à moi?.. elle est d'accord ou elle se moque?
non .. elle ne se moque pas.. elle est "blanche"
elle se lève et sort..
**il est bizarre ce mec?.. je me demande s'il n'a pas fumé..
___
rideau
fin du premier acte

Écrit par : Maghnia | dimanche, 04 mai 2008 18:03

Ecrit par : Serval | dimanche, 04 mai 2008 17:54
Ex 32 30 Le lendemain, Moïse dit au peuple : « Vous avez commis un grave péché. Je vais maintenant remonter sur la montagne, vers le Seigneur. J'obtiendrai peut-être qu'il vous pardonne. »

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 18:11

Zarma !

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 18:47

Le dimanche vous monte à la tête odm, trop de textes sacrés nuisent à la santé aussi sûrement que d'autres breuvages.

Pourquoi forcément traiter de "laïcard" qq'un qui avant tout défend la République et, effectivement, le fait qu'elle est laïque pour le plus grand bien de la liberté de conscience et de pratique de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas en un quelconque Dieu ?

Vous êtes contre ?

Écrit par : Juliette dze | dimanche, 04 mai 2008 19:47

Quand la défense de la république permet la justification de l'inommable alors il faut s'interroger sur la nature de ce qui est défendu !
Juliette !

Écrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 20:11

Ecrit par : Juliette dze | dimanche, 04 mai 2008 19:47

Bien d'accord.

Écrit par : agathe | dimanche, 04 mai 2008 20:20

L'adjectif « laïque » qualifie l'indépendance par rapport à toute confession religieuse.

Écrit par : agatheWIKTIONNAIRE | dimanche, 04 mai 2008 20:41

Tiens manquait plus qu'une @gathewikitionnaire maintenant ! hum hum, encore une secte, ça !!

Écrit par : laïcardetour | dimanche, 04 mai 2008 20:48

Ecrit par : agathe | dimanche, 04 mai 2008 20:20
Ecrit par : agatheWIKTIONNAIRE | dimanche, 04 mai 2008 20:41

Qu'est-il arrivé pendant ces 21 minutes de réflexion ?

Écrit par : ? | dimanche, 04 mai 2008 21:33

Ecrit par : ? | dimanche, 04 mai 2008 21:33

Je suis allée dans ma chambre, bouquiner... ;-))

Écrit par : agatheWIKTIONNAIRE | dimanche, 04 mai 2008 21:40

Intéressés par un papier de Eric Le Boucher ?
Non ?

http://tinyurl.com/3v28y3




Non.

Dommage... C'est somptueux ; de la prospective, de l'expérimental, du jamais vu, de l'économiquement incorrect, on rit, on s'émeut.

Écrit par : f | dimanche, 04 mai 2008 22:10

Quand la défense de la république permet la justification de l'inommable alors il faut s'interroger sur la nature de ce qui est défendu !

Ecrit par : odm | dimanche, 04 mai 2008 20:11

C'est exactement le propos que j'ai tenu a Nef, Agathe et quelques autres qui t'ont défendu alors que tu n'es qu'un pur facho imbu de ton impersonnalité et imbibé de ton alcool.

A propos le calotin de mes deux (pardon de merdeux) tu n'est a la foi que la cirrhose. Une sale maladie.

Va cuver pochtron.

Écrit par : Serval | dimanche, 04 mai 2008 22:27

Les âmes habilitées sont de retour, dirait-on.

Écrit par : TellNoNews Monk | dimanche, 04 mai 2008 23:23

"Margarita ante porcos".
C'était simplement ça ta réponse odm ... un vieux proverbe latin , que j'ai entendu bien souvent ( et mieux à propos ) dans la bouche du père Cornayre, l'éminent latiniste ( condisciple de Petitmangin à la Sorbonne) qui tentait ( assez vainement ) de nous faire saisir toutes les subtilités des humanités et de la syntaxe latine en 5ème ( à l'époque on commençait le latin en 6ème).

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 01:51

Serval,
prends tes gouttes .

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 01:53

Il est des contrées où la rancune peut s'étendre sur maintes générations (cf. "Astérix en Corse" !). Lorsqu'on en sera au troisième mandat présidentiel de Louis Sarkozy, et que sur le web 507.0 on trouvera la toute dernière version du Village des NRV, les descendants d'odm et de Serval continueront à s'y invectiver ;-)

Écrit par : ! | lundi, 05 mai 2008 02:55

Ecrit par : ! | lundi, 05 mai 2008 02:55

Ce ne sont pas vraiment des contes de fées, mais sans doute l'ile de Colomba serait le "pré" le mieux indiqué pour les voir régler leur différent, aux premières lueurs de l'aube, équipés de ce tromblon corse dont j'oublie le nom, la colère ne suffisant pas plus que les libations vespérales à conserver le pourpre à leurs joues pâlies par le manque de sommeil et la barbe naissante.
Tout le problème sera de trouver des témoins pour (les) assister.
odm du moins pourra recommander son âme à Dieu ( qui naturellement reconnaitra les siens ).

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 09:35

« Donner de la confiture à un cochon »

Écrit par : odm | lundi, 05 mai 2008 09:52

L'espoir revient.
Valls propose la transsubstantiation du Parti Socialiste en Parti de la Gauche Française (PFG étant déjà pris).
Encore une histoire de nom.
Mais "parti" n'est pas un nom, c'est un adjectif.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 09:54

N'est pas Evariste Galois qui veut.

http://www.bibmath.net/bios/index.php3?action=affiche&quoi=galois

Ou encore le Marquis de Cuevas et Serge Lifar.

http://boomer-cafe.net/version2/index.php/Blog-50-s/Le-duel-Cuevas-Lifar.html

Le Pen est peut-être encore disponible en tant que témoin.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 10:10

Ecrit par : f | lundi, 05 mai 2008 09:54

Je propose : PSG ( acronyme indifférent : parti sans gloire , pétard du soir garanti, etc ... , de toute façon ça n'a plus d'importance ) , au moins Valls aurait un public et des supporteurs dont il pourra partager les valeurs, seul problème est-ce que ça fait bien XXIème siècle ?

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 10:29

HPG ; la seule solution, face au priapisme élyséen.

Fier d'être de gauche ?
http://www.marianne2.fr/Fiers-d-etre-de-gauche-Oui,-certains-le-sont-encore!_a86929.html
Puissant.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 10:50

Ecrit par : f | lundi, 05 mai 2008 10:50

Probable que ceux-là ne se retrouveront guère dans les postures des guignols du PS, pour lesquels dans social démocratie le "social" est encore de trop ( ce matin Moskovici sauve quand même "l'appellation" socialiste, par ce que selon lui c'est une "marque déposée" ... lapsus (?) freudien )

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 11:36

Ecrit par : le réveil de la marmotte | dimanche, 04 mai 2008 08:57

Merde les socialos qui se convertissaient justement au blairisme, voilà les blaireaux.

Écrit par : nef | lundi, 05 mai 2008 13:21

Frédéric Bonnaud, sur Europe1, signale que le discours de Sarkozy à Aix-la-Chapelle, était comme d'habitude complètement à côté de la plaque. Pas seulement parce qu'il évoquait la Deuxième guerre mondiale là où il s'agissait de remettre une médaille récompensant la contribution d'Angela Merkel à l'avenir de l'Europe. Pas seulement parce que cette obsession du passé et des Nazis échauffe sérieusement les oreilles de la chancelière allemande. Mais parce que Môssieur Sarkozy a voulu faire de l'humour, et a étalé ainsi, en sus de sa vulgarité, toute son ignorance.
"Monsieur Merkel, j'aime beaucoup votre femme, je l'ai rencontrée 12 fois en 12 mois..."

Sauf que. Monsieur Merkel ne s'appelle pas Monsieur Merkel. Il s'appelle Joachim Sauer.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_Sauer

Car Merkel, c'est le nom du premier mari d'Angela Merkel.

Joachim Sauer appréciera l'intelligence et la finesse du président français.

Écrit par : (ne pas confondre) | lundi, 05 mai 2008 13:30

GREVE DU 15 MAI

"puissante journée nationale de grève, de rencontres avec la population et de manifestations dans tous les départements".
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/23/les-trois-principaux-syndicats-de-l-ecole-primaire-appellent-a-la-greve-le-15-mai_1037670_823448.html

Le mot d'ordre au sein de l'Education nationale a fait tache d'huile.

Cinq syndicats de fonctionnaires ont appellé à leur tour à la grève dans toute la Fonction publique (Etat, territoriale, hospitalière) le 15 mai prochain
http://info.france2.fr/education/42437163-fr.php

bon! on bouge ou on blablate?

Écrit par : Maghnia | lundi, 05 mai 2008 13:35

Ici, on blablate avec les blair -haut ou bas, on n'est pas raciste -, et on déblatère même avec les cancres las :

"C'est une maison bleue............"

Écrit par : nozamislezanimaux | lundi, 05 mai 2008 13:45

Ecrit par : Maghnia | lundi, 05 mai 2008 13:35

Sans oublier les lycées à nouveau dans la rue, demain.
Comme avec les fonctionnaires, rien n'empêche de se mêler aux mouvements.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 14:02

sans oublier les fauves fouris.

Écrit par : nozamislezanimaux | lundi, 05 mai 2008 14:15

L'offre d'emploi raisonnable se précise :

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/324678.FR.php

"Au-delà de six mois, le chômeur devrait accepter un emploi «rémunéré à 80% du salaire antérieur» et «à une distance telle qu'elle n'entraîne pas un trajet d’une distance de plus de 30 km ou un temps de transport en commun supérieur à 1 heure entre le domicile et le lieu de travail», selon ce document."

Donc, la dimension raisonnable de l'offre, au-delà de 6 mois, ne reposerait que sur 2 critères : le salaire à hauteur de 80% et le trajet. La compatibilité avec le cursus, la formation, l'histoire (le "projet professionnel", la "compatibilité avec les qualifications", comme ils disent), les affinités, le simple désir etc... disparaissent.

Et au bout d'un an...


Notez la puissante opposition de François Shrek au projet.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 14:20

"Par décret l'ancien candidat à la mairie de Neuilly (Nono Teullé), qui avait perturbé la campagne électorale avant de rentrer dans le rang, est nommé inspecteur d'académie. On est content de voir qu'il reste encore un peu de marge dans les emplois à l'éducation nationale…"

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 14:21

Ecrit par : f | lundi, 05 mai 2008 14:02

Seval et dédème pourraient s'y mêler, cela occuperait les CRS, le temps de les séparer (en plus ce sont deux beaux "bébés", il faudra au moins sortir les canons à eau);-)))

Écrit par : nef | lundi, 05 mai 2008 16:48

fi Patrick D lifait f, il aurait tôt fait de f'écrier : "Ah maif fe f, quelle falope !"

En effet, f'est fou fe que le foix d'extraits d'articles de preffe appropriés fuffit à rendre vifible le mauvais efprit de qui opère la félection.

Et que fa fait mal ouhlala !

Foi de Franfois !

Écrit par : allitérations en f | lundi, 05 mai 2008 16:49

« Une vendeuse de muguet a été braquée par deux personnes à moto, jeudi après-midi à Marseille, et a dû leur remettre sa recette de plusieurs centaines d'euros, a-t-on appris de source policière. »

'tain çà rapporte le muguet !!!
çà me donne des idées pour l'année prochaine. Vive la tradition.

Écrit par : nono | lundi, 05 mai 2008 16:49

Un cours d'économie ultra-libérale ? Ou comment "faire de l'argent" rapidement, étant entendu que tous les moyens sont bons. Seul compte le résultat. (Et Dieu méprise les tièdes)

Écrit par : guizot | lundi, 05 mai 2008 16:52

La définition peau-de-chagrin du raisonnable en matière d'offre d'emploi. Le temps joue exclusivement contre le chômeur. l'intérêt de la chose est de mesurer le (scandaleux) état d'assisté social au temps que l'on passe à ne toucher qu'une allocation pour vivre, plutôt qu'un salaire en contrepartie d'un travail effectif. Quoi de plus objectif que ce critère du temps, le même pour tous, quelles que soient par ailleurs les particularités des personnes concernées et des aspects de leur situation ? Le temps passé hors de l'emploi est un critère que des employés de l'ANPE rénovée devrait pouvoir utiliser sans trop de risque de mauvaise conscience, sachant qu'ils n'ont rien à interpréter, mais simplement à mettre tout le monde sur un pied d'égalité. Evidemment, dans la vie, la vraie, une foule de nuances viendront modeler ce schéma de pensée unique. Mais tout de même, "chapeau l'artiste" qui a pensé cela :


"Lors des trois premiers mois de recherche, l'emploi proposé doit "s'inscrire dans le projet professionnel [du demandeur], être au moins rémunéré au niveau de salaire antérieur et situé dans la zone géographique définie pour sa recherche", précise le texte. Après trois mois de chômage, le chômeur devra accepter un emploi "compatible avec ses qualifications", "rémunéré à 95 % du salaire antérieur (sous réserve des lois et règlements applicables), tout en restant dans la zone géographique définie".

Au-delà de six mois, le chômeur devrait accepter un emploi "rémunéré à 80 % du salaire antérieur" et "à une distance telle qu'elle n'entraîne pas un trajet d'une distance de plus de 30 km ou un temps de transport en commun supérieur à une heure entre le domicile et le lieu de travail", selon ce document. Au bout d'un an, un chômeur serait obligé d'accepter un emploi "rémunéré à un salaire supérieur à l'allocation" dont il bénéficie, allocation qui représente généralement 57,4 % du salaire antérieur. "Le refus de deux offres raisonnables d'emploi, telles que définies ci-dessus, aurait pour conséquence une radiation de deux mois (...) entraînant, le cas échéant, la suspension provisoire de l'allocation." "

Écrit par : utile précision | lundi, 05 mai 2008 17:04

Christophe Barbier, comme nombre de ses confrères, s'est trompé sur Sarkozy, et le journaliste de L'Express présente actuellement un mea culpa à demi-mot dans chacun de ses éditoriaux, par le texte et par l'image.

À la fin de l'éditorial du 2 mai, le journaliste-vedette de L'Express s'engouffrait dans une bouche de métro. On le voyait descendre les marches, et s'évanouir dans le néant d'un fondu au noir.
http://www.lexpress.fr/idees/debats/dossier/editobarbier/dossier.asp?ida=470840
C'était un peu comme dans ce film muet d'Alfred Hitchcock, où un personnage déchu descendait un escalator et se dérobait à notre regard. http://www.rayonpolar.com/Films/hitchcock_affiche.php?numero=58

L'éditorialiste a cru en Sarkozy, comme la majorité des journalistes ; il l'a soutenu. Il s'est trompé. Il a été trompé. Et dans des proportions inédites. Comment a-t-il pu croire en Sarkozy, lui le journaliste à la tête de premier de la classe, lui si maître de sa parole, lui l'expert dans l'art de retomber sur ses pieds, lui qui jamais ne se laisse prendre en défaut ? Comment a-t-il pu commettre une telle erreur de jugement ? Des millions de Français, passe encore, mais lui ? Lui si apprécié d'Yves Calvi pour sa capacité à délivrer sur commande et sans hésitation des analyses politiques dans un français fluide et propre sur lui ; ce beau parleur a été roulé par plus beau parleur que lui.
Mais le pire pour Christophe Barbier, l'insulte à son intelligence, n'est pas d'avoir été berné par quelqu'un qui reconnaît désormais dans un lapsus que son "ambition est de servir des intérêts particuliers" et non l'intérêt général ; non, le pire pour Christophe Barbier, est d'avoir été mené en bateau par le roi du "bling-bling", par le champion de la vulgarité et de la bétise, par un acolyte de Jean-Marie Bigard (amer, le journaliste glisse dans son éditorial un "si Bigard écrit les discours du président..."). Pris en défaut, face aux lecteurs de l'Express, voici venu, pour Christophe Barbier, le temps de l'expiation. Heureusement, il n'est pas seul. Des millions de Français l'accompagnent dans son chemin de croix.

Le plus intéressant restait à venir, avec l'éditorial du 5 mai, le dernier en date.
http://www.lexpress.fr/idees/debats/dossier/editobarbier/dossier.asp?ida=470870
Christophe Barbier y fait le constat de la rupture personnelle entre Nicolas Sarkozy et chaque individu ayant cru en lui, et témoigne ainsi de son propre désamour. C'est une erreur collective et personnelle ("personnelle" est l'un des deux mots de l'éditorial, avec "spectaculaire", qui soit répété deux fois) qu'il se doit d'assumer. L'éditorial contient l'idée que cette désaffection envers Sarkozy, comparable aux tourments d'une rupture amoureuse (Barbier parle de "liaison passionnée", de "charme présidentiel"), est le signe d'une blessure (y compris d'amour-propre) chez chaque homme ou femme ayant placé ses espoirs en Sarkozy. On regarde donc l'éditorial d'un homme blessé, non seulement dépité mais dont la crédibilité journalistique est entamée (notez comme il trébuche sur les mots et prononce "déchu" à la place de "déçu"). Les ménagères téléspectatrices de l'émission d'Yves Calvi feront-elles encore confiance à ce journaliste à la figure de gendre idéal, et qu'elles vont accuser de leur avoir vendu Sarkozy ?

Le principe de base de la mise en scène de l'éditorial est immuable : un trajet d'un point à un autre. La forme doit être adaptée au propos. C'est donc le parcours du journaliste qui change, suivant le contenu de son discours. Ici, la mise en scène montre comment la France s'est d'abord mise en marche aux côtés d'un homme qui a rapidement suscité, par sa politique et sa pratique du pouvoir, un immense désaveu, et amené la France dans une position critique. Mais on peut aussi bien voir ici une mise en scène de la déroute personnelle d'un journaliste politique.

Dans un premier temps, tandis que Christophe Barbier revient, pour en signifier la fin, sur "l'idylle passionnée" entre les Français et Nicolas Sarkozy, la caméra l'accompagne par un travelling un peu heurté. Dans les premiers mois suivant l'élection, le mouvement d'adhésion au sarkozysme, malgré les premières incartades, est lié à un "suivisme" des journalistes politiques. Loin d'élever le débat, encore moins de raisonner à contre-courant, les journalistes politiques se laissent porter par le flux de l'opinion dominante (ou présentée comme telle par les instituts de sondages). Il faut dire qu'avoir été majoritairement balladuriens en 1995, sans avoir vu venir le retournement de l'opinion en faveur de Chirac, les a échaudé. Cette fois-ci, ils seront sarkozystes jusqu'à ce que les Français changent d'avis. Les premiers hoquets de la politique sarkozyste sèment déjà le doute. Mais le travelling se poursuit vaille que vaille.

Dans un second temps, on assiste à ce que je qualifierais de "rétro-pédalage" : les journalistes ont compris leur erreur, mais attendent que les sondages déclinent pour retourner leurs vestes. Ils sont en mauvaise posture. Dans la vidéo, la caméra avance sur Christophe Barbier, dont la posture devient délicate, et qui se met à marcher à reculons. Comme la France, comme Sarkozy, Christophe Barbier ne sait plus où il va. Son discours devient hésitant ; il bute sur les mots.

La troisième et dernière partie de la vidéo montre un Christophe Barbier acculé par la caméra dans un coin du décor, dans une posture inconfortable, à cheval sur un pas de porte. Le sentiment d'enfermement, de situation sans issue, qui se dégage du plan, est renforcé par l'encadrement du pas de porte : il y a ainsi un cadre dans le cadre, qui enserre le journaliste. L'équilibre de Christophe Barbier est devenu tellement instable qu'il titube et ressent le besoin de s'appuyer d'une main au chambranle de la porte, au moment même où il déplore que Sarkozy n'ait pas mené à bien la réforme des institutions ("là aussi, échec du chantier institutionnel de Nicolas Sarkozy, ... on n'aura pas un nouveau régime pour une France revigorée, ... on n'aura pas de nouveau président, on retombe donc dans les schémas anciens..."). Sous son masque de Bonaparte, Sarkozy était un Charles X ; il n'innove pas mais restaure l'ordre ancien. Alors, devant l'expression de sa cruelle désillusion, on plaindrait presque Christophe Barbier.

Écrit par : Lord Nithorynque | lundi, 05 mai 2008 17:05

Ecrit par : Lord Nithorynque | lundi, 05 mai 2008 17:05

Clap, clap, clap.

Écrit par : nef | lundi, 05 mai 2008 17:47

Ecrit par : nef | lundi, 05 mai 2008 16:48

Si je m'en mêle, les CRS seront obligés d'intervenir pour proteger ton si cher ami...

Et puis je te rappelle que nous n'avons aucun point commun. :

- Je n'usurpe pas les identités
- Je n'utilise qu'une seule IP
- Je ne commet pas d'injures racistes
- J'ai réellement fait du syndicalisme (et pas pour les heures de délégation)
- Je ne suis pas un ivrogne
- Je n'ai pas les mains aussi sales que son Dieu
- Je n'ai pas moi de copine pour faire mon lobbying et choisir entre celui qui salit plutôt que celui qui crée...

Écrit par : Serval | lundi, 05 mai 2008 18:10

Règle des 3 tiers, un rève d'enfant, mais tellement juste. Que ceux qui participent réellement à la production de richesse soient récompensés au tiers, autant que ceux qui prennent des risques... Et comme la richesse ne tombe pas du ciel et que l'investissement produira du toujours plus concret que la spéculation...

Non, j'aimerais vraiment que cela se fasse. Que ces phrases ne soient pas encore qu'un vent de fumée. J'aimerais. Mais je ne suis plus un enfant maintenant, soupir...

Bon billet. Bonne semaine

Écrit par : Falconhill | lundi, 05 mai 2008 18:12

Barbier et les autres illustrent ce problème de la presse en général. Le fait que le regard journalistique sur la politique intérieure (la politique extérieure, c'est autre chose) tire une partie de son objectivité de son aptitude caméléonesque à incorporer son discours et ses analyses dans l'air du temps. En conservant toujours une longueur d'avance sur la vulgate du café du commerce, mais en en épousant finalement les structures de sens (le "grand récit").

Parfois, le vent tourne d'un coup et les suiveurs se trouvent lâchés dans la nature, le gros des troupes ayant fait sécession en quelque sorte, en ayant brutalement changé de cap. Les "analystes" se retrouvent ainsi seuls dans leur coin et il leur faut pédaler ferme pour rejoindre le peloton. Ce que fait Barbier. Il entonne ce qui sert maintenant de cadre d'interprétation admis de la présidence sarkozienne. Avant le prochain changement....

Écrit par : addendum | lundi, 05 mai 2008 18:15

Au delà du manque total de discernement et la veulerie servile caractéristiques de notre médiacratie journalistique, il faut quand même une bonne dose de candeur niaise pour être surpris ( a fortiori "déçu" ) par le "devenir" sarkozien ...

Écrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 19:48

Ecrit par : allitérations en f | lundi, 05 mai 2008 16:49

Mon cher Ali, vous avez sans doute remarqué que le lien portant vers l'article en question était en place. Il semble que vous l'ayez utilisé. Comme les autres, sans doute ; ni plus ni moins intelligemment. La démonstration cessera là. Le reste ne mérite ni n'enclenche rien.

Ecrit par : urbain | lundi, 05 mai 2008 19:48

Oui. Mais je ne parlerais pas de candeur, fut-elle niaise. C'est de la co-gestion.

Écrit par : f | lundi, 05 mai 2008 22:09

 
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