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mercredi, 16 avril 2008

Roselyne Bachelot, la « Bianca Castafiore » des contre réformes.

Roselyne Bachelot est la Ministre du gouvernement Fillon, chargée de débroussailler, d’éradiquer et de vider inexorablement de sa substance le maximum de prestations de la Sécurité sociale afin de conduire, à pas léger, notre système vers une protection analogue à celle des USA, et où progressivement et en catimini, la part des remboursements des frais de maladie, dévolue aux mutuelles, va finir par dépasser la quote-part de la Sécurité sociale…

On parviendra donc discrètement d’ici à quelques années à une privatisation de l’Assurance Maladie qui ne veut pas dire son nom et où les gens modestes et moyens, de plus en plus nombreux, ne pourront plus payer les 100 à 150 € mensuels qu'il faudra débourser, consacrés aux Mutuelles devenues des Assurances santé, minimum nécessaire à une couverture maladie correcte.

9d2181cc14bbd93d479d519a14127f88.jpgRécemment mise en vedette avec une outrancière flagornerie par l’inamovible thuriféraire Michel Drucker, dit " langue de velours " dans l’émission " Vivement Dimanche " sur France 2 , puis interviewée par un terre-plein de journalistes assez complaisants, dimanche dernier sur RTL, lors du " grand jury ", les médias n’arrêtent plus d’admirer notre nouveau rouge-gorge angevin, accessoirement Ministre de la santé et feue Ministre de l’écologie.

Roselyne Narquin, épouse Bachelot, élue dans la 1ère circonscription du Maine et Loire a succédé à son papa, Jean Narquin, nivernais d’origine, politiquement parachuté en 1958 par De Gaulle en Anjou ; cette famille Narquin tenant les rênes de cette circonscription depuis exactement 50 ans. Cette région de droite, berceau des derniers défenseurs de la monarchie absolue, et où, même les radis sont honnis à cause de leur couleur rouge, est donc représentée par notre héroïne qui, n’eût probablement comme principale difficulté dans sa vie, que celle de naître.

À la recherche effrénée d’une singularité insatiable, jusqu’à se vêtir d’habits aux couleurs criardes et d’un goût exécrable pour attirer l’attention sur elle, on peut dire qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour se faire remarquer du paysage médiatique français et de l'opinon publique.

Naguère, elle utilisa une certaine spontanéité et une ingénuité provoquées pour se distinguer de sesc836ebf70a3e3374e34f2f61695a911e.jpg rares consœurs députées ; le seul véritable fait de guerre à mettre à son crédit fut sa défense de la PACS à l’intérieur de son propre parti. C’est la médaille qu’elle traîne depuis lors en n’omettant jamais de la faire bruyamment cliqueter partout et en toutes circonstances car Madame est très bouffie d’elle même, est il besoin de le préciser ? Et les occasions de se glorifier ne sont hélas pas si nombreuses…

Puis vint la nomination de notre rossignol du Maine et Loire, au poste de Ministre de l’Écologie. À ce moment les choses se gâtèrent car l’allure primesautière cachait mal un manque de connaissance des dossiers et son désintérêt de cette fonction ; quand on la compare à Nathalie Kosciusko-Morizet, les différences de compétences et d’efficacité sautent aux yeux !

Les Guignols de Canal + en firent d’ailleurs une figure de proue ridicule et assez représentative de l’image qu’elle dégageait. Dans l’ordre des oiseaux de proie, elle se rapprochait alors davantage de la buse que de l’aigle. Son orgueil en  fut mortifié et elle décida de changer son fusil d’épaule pour abattre la buse qu’il y avait en elle  et pour enfin faire apparaître l’aigle qu'elle s'imaginait être…

c7c51469240474b1e444c031670e76fc.jpgMalheureusement, avec la maladresse qui la caractérise, elle abattit les deux rapaces à la fois et à la place il resta la paonne qu’elle cachait secrètement au fin fond de sa personnalité et qu'elle n'avait jamais cessé d'être ! La voici nommée Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative du gouvernement Fillon et là surprise ! On découvrit une pédante, parlant d'une voix de gorge, avec un vocabulaire chatié et la componction et l'affectation d'une aristocrate du 18ème siècle faisant la morale avec une morgue sans pareille à un philosophe égaré préconisant les Lumières !

Se prenant tellement au sérieux qu'elle en devient ridicule ; d'une vanité inouïe, chaque mot qu'elle prononce désormais semble pesé, façonné , édulcoré ; ses manières de châtelaine de Moulinsart et son affèterie insupportable m'évoquent la Castafiore guettant son reflet dans le miroir au grand dam d'un  Capitaine Haddock grincheux que je suis devenu...

Les seules privautés qu'elle se permet pour faire "peuple" et soigner son image sont désormais, les rencontres sportives où elle adore se pavaner aux côtés du Président, affublée, d'un maillot de l'équipe de France qui lui sied comme un sac de pommes de terre et d'un drapeau ! Que ne ferait elle pour se faire remarquer et impressionner les pellicules des photographes de Presse ! Dieu merci, le ridicule ne tue plus de nos jours, bien au contraire, il a plutôt tendance à rendre autrui sympathique...

Pour terminer ce portrait et lorsque je pense que ce sont ces gens là qui sont chargés de "réformer" le système de santé, permettez moi d'avoir des doutes, sur leur efficacité, leur crédibilité et sur leur empathie à l'égard des humbles pour effectuer de vraies réformes utiles et justes. Mais ce que j'en dis, pauvre oiseau dont les plumes et la peau sont rongées par les parasites et qui crèvera faute de soins en remerciant Roselyne de son action, n'a évidemment aucune espèce d'importance...

cui cui, oiseau de mauvais augure.

Commentaires

Oui, en guise d'oiseau de proie, c'est plutôt la trajectoire d'un flocon.

Sacré papier. Un portrait rare et qui conforte ce que le personnage évoque par ses outrances chargées de faire passer la pilule de réformes amères.

Tout cela sonne très juste et démonte cet habillage de com' derrière lequel tout semble permis. une "politique" qui ressemble à celle du pain et de la brioche. Le plus horripilant étant peut-être la façon dont Bachelot annonce les mesures restrictives, coûteuses pour les assurés sociaux, l'oeil égrillard, l'air gourmand, la bouche en cul de poule. Une sorte d'illustration du mépris rigolard dont nous gratifie ce membre du gouvernement bling bling.

Écrit par : néoffite | mercredi, 16 avril 2008 08:00

Le capitaine haddock , je le dis en zélateur convaincu du capitaine, était assez injuste avec le "rossignol milanais".
Un long compagnonnage avec les oeuvres d'hergé, et d'incessantes relectures m'ont permis d'aboutir à cette rude conclusion.
Mais la relation castafiore/Haddock s'appliquait de manière vaguement homologue à celle entre Bachelot et Chirac réadaptée pour la fiction par jean d'Ormesson pour le compte du Figaro,
avec Bouffon on est passés dans un roman de Danielle Steel, revu et corrigé par Dantec en vue d'une adaptation pour TF1 sur le mode téléréalité trash.

Écrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 09:15

Trés bien vu cui cui.

Le contre-courant du Pacs a apporté une notoriété politique à RB et propulsé là où elle a su courber l'échine afin de préserver ses acquis.
De l'empathie ? Son registre préféré. Son fond de commerce.

Écrit par : agathe | mercredi, 16 avril 2008 10:41

Bien envoyé, cui cui!
Je me permets ici un HS:

Le vrai visage du Minibush:
quand on ne peut pas se déplacer au cinéma comme 20 millions de français, mais qu'on préfère se faire organiser sa petite projection privée de "Bienvenue chez les chtis", aux côtés de Line Renaud et d'une poignée de notables de droite, à l'Elysée, comme au bon vieux temps de Pompidou, c'est bien la version de droite de la "rupture".

Écrit par : etrun (cosanguin) | mercredi, 16 avril 2008 10:50

Ecrit par : agathe | mercredi, 16 avril 2008 10:41

Je dirais plutôt "empatée" et fond de teint, mais peut-être serait-ce encore injuste, péremptoire et excessif ...

Écrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 11:08

HS/ encore que...

Si vous voulez voir Dany Robert Dufour sur scène, dans une création contemporaine atypique (beurk!) , ça s'appelle Bleib et c'est à partir de demain et jusqu'à dimanche à La Villette (Un de ces lieux du conformisme culturel subventionné, qui en plus mélange tout en organisant des "rencontres urbaines", mais pas avec Urbain.
(j'y vais samedi 18h)/HS

Écrit par : Valdo | mercredi, 16 avril 2008 12:56

L'avenir, avec la politique de Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot, c'est peut-être comme ça que de nombreux Français doivent l'envisager :

http://sdfdeluxe.hautetfort.com/

Extraits.
"Je me réveille le matin, très tôt. Il me reste de quoi m'acheter un thé à la galerie du centre commercial le plus proche. Puis je mets le cap sur mon entrepôt, où je récupérerai trois coussins de bateau pour me faire un matelas, et quelques vêtements chauds. J'arrive en début d'après-midi dans mon nouveau "chez-moi". J'ai payé jusqu'à la fin du mois, cela me laisse donc une dizaine de jours pour trouver de quoi payer mon prochain loyer."
(...)
"Je coupe sur la bouffe, je re-songe à la rue, je repousse les échéances, je perd un peu le peu d'équilibre retrouvé...Mais il faut que ça passe sans casser. Je ne peux pas repousser des soins dentaires complets cette année, quel qu'en soit le coût."
(...)
"Hier, je suis allé faire des courses pour la première fois depuis une dizaine de jours. Des fruits, des légumes...Je n'en ai pas mangé depuis déjà longtemps... hormis lors de quelques invitations à souper et quelques tomates et haricots...Pas dramatique, mais je le ressens sur ma santé et ma forme."
(...)

(le blog s'intitule "Sdf de luxe", parce que ce blogueur québécois avait en le créant le sentiment d'avoir peut-être plus d'outils que la moyenne des sdf pour s'en sortir)


P.S. : la vérité sur la Castafiore, c'est qu'il s'agissait d'un travesti essayant de convaincre un vieux loup de mer, célibataire endurci, de virer de bord...
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article2079

Écrit par : Jeff McCloud | mercredi, 16 avril 2008 13:10

HS /

Quand un Français se retrouvera à la rue, sans lunettes ni dents, ni domicile, et qu'il sera victime d'une agression, espérons pour lui qu'il ne soit pas, de surcroît, homosexuel ou handicapé, car la rubrique spécifique, baptisée «état de la personne», du tout nouveau logiciel "Ardoise", celui de la police, risque de ne pas être assez large pour contenir toutes ces données personnelles.

(rubrique «état de la personne» : dans laquelle un policier ou un gendarme pourra préciser si elle est homosexuelle, transexuelle, handicapée, sans domicile fixe ou syndicaliste. La saisie de ces informations a vocation à établir une fiche profilée de chaque personne ayant un contact avec la police dans le cadre d'une procédure, qu'elle soit entendue comme victime, témoin ou auteur. Cette fiche sera consultable sur tout le territoire national par les forces de l'ordre à chaque fois que cette personne aurait à faire à elles.)

Écrit par : Jeff McCloud | mercredi, 16 avril 2008 13:20

Ecrit par : Jeff McCloud | mercredi, 16 avril 2008 13:20

(précision : quand j'écris "un Français", je pense à tous ceux, Français ou non, touchés par la politique de casse sociale menée en France)

Écrit par : Jeff McCloud | mercredi, 16 avril 2008 13:25

Bachelot à l'image de ce gouverne-ment : un marécage. On s'enfonce dedans (i.e. les mesures prises) en disant "jusqu'ici tout va bien". Et lorsque le dernier cheveu du crâne a laissé la place à une spirale de petites bulles à la surface, le silence s'étale sur toute chose.

Des bruits de pas qui grossissent imperceptiblement.

Une voix venue de nulle part qui éructe : "Au suivant !"

- oh zut !......je vais m'en sortir....jusqu'ici tout va bien....tout va bien.....tou.....

Chacun son tour. Chacun pour soi.

Au fond, rien ne bouge.

Le gouvernement à pleines dents.

Celles

de Bachelot.

Écrit par : marais cage | mercredi, 16 avril 2008 13:43

Mais comment se prénomme, déjà, ce frère de notre petit président qui a la haute main sur quelques mutuelles et autres caisses de retraite complémentaire ?

Écrit par : Cassetoifiore | mercredi, 16 avril 2008 14:10

Ecrit par : Cassetoifiore | mercredi, 16 avril 2008 14:10

Guillaume...

Écrit par : Généalogiste | mercredi, 16 avril 2008 14:16

Au demeurant, l'idée d'un "pouvoir marécage" est à creuser, si j'ose dire, pour en extraire cette figure peut-être nouvelle, je ne sais, d'un autoritarisme aux allures bon enfant que symboliseraient particulièrement, pour le cas français, les deux figures réunies de Bachelot et de Hortefeux. La première édulcore l'accroissement délibéré des inégalités, cependant que le second adoucit, dans la forme évidemment, la dureté d'une politique d' "éloignement" des indésirables étrangers du territoire national.

Dans le sillage de cette geste gouvernementale euphémisante et prétendument bon enfant, on voit fleurir d'autres conceptions du territoire à préserver férocement mais toujours dans l'euphémisme, la langue de bois. des conceptions qui vont de l'échelle de la commune à celle du bout de trottoir, qui sont le fait de municipalités (le chant olfactif du "Malodor") contre les sdf, et même de particuliers (le "mosquito") contre les jeunes filles et garçons.

Où l'on voit qu'à l'ombre des propos lénifiants des pratiques innommables voient le jour en toute tranquillité d'esprit.

Écrit par : marais cage (bis) | mercredi, 16 avril 2008 14:20

Et pour se nettoyer la tête des trilles de la castafiore gouverne mentale, un petit tour vers l'échappée belle :


Bonjour,

Le numéro 1 de la revue Esquisse(s) vient de paraître et nous avons
le plaisir de vous l'adresser. Pour y accéder, rendez vous sur ce
lien. Vous pourrez alors consulter les articles à l'écran ou les
imprimer en format pdf. Si vous souhaitez envoyer cette revue à une
autre personne, veuillez inscrire son nom et son adresse électronique
sur le site d'Esquisses en cliquant sur : http://www.revue-
esquisses.com/

Comité de Rédaction :

Sophie Bobbé
Antoine Nastasi, rédacteur en chef
Cathie Silvestre
Jean-Claude Stoloff
Daniel Zaoui.

Argument de la revue : L'échappée de l'esquisse

Comment ne pas perdre la chose, comment rester au plus près de ce
qu'elle est ? Comment se souvenir de cette proximité avec la fontaine
et le mur, comment ne pas éloigner l'évocation d'une tendresse,
comment accepter la force d'une forme pensée et sentie pour la
première fois ?

« Oui beaucoup voulurent se détacher de ces signes qui avaient usurpé
des choses. Mais était-ce possible, dites moi ? » [1]

L'esquisse pourrait être ce qui réunit la chose et la pensée de la
chose ; et qui ne se perd pas dans son explication. La chose
analytique, est-il nécessaire de le rappeler, court après une forme
qui lui soit fidèle. Une forme qui tienne de l'art et de la théorie.

Les esquisses ne se nourrissent-elles pas de ce voisinage inattendu
entre la sûreté du trait et l'acceptation de l'éphémère de la
pensée ? Et quand une belle échappée survient, n'est-ce pas alors la
preuve que la magie, si elle existe, ne saurait être donnée d'emblée ?

Nous espérons des textes courts, petits, concis, vifs ; un accent
enlevé, un ton qui l'emporte. Une séquence, un surgissement de pensée
qui mène à une rupture et trace une voie subite. Un détail qui
s'impose, se fond ou s'efface. Un éclairage qui ouvre un regard sur
une ombre.

« Où sont ces temps d'autrefois... où il arrivait qu'un poème, un mot
juste, une idée scientifique agisse sur la vie d'hommes mûrs avec la
force d'impact d'un véritable choc émotionnel. » [2]

A.N.

[1] Y. Bonnefoy, "Une autre époque de l'écriture", La Vie errante,
Paris, Mercure de France, 1993, p. 143.

[2] S. Ferenczi, "Ignotus le compréhensif", Psychanalyse 3. Œuvres
complètes, Paris, Payot, 1974, p. 248.

Argument du numéro 1 : Idées reçues

Les idées reçues vont leur chemin, obstinément, elles s'installent,
deviennent familières, anodines, inoffensives, reposantes. Elles se
propagent, sont partagées par beaucoup, de sorte qu'on perd de vue
leur source, a fortiori leur sens.

Elles ont aussi un double pouvoir, celui de paraître remettre le
consensuel en question et a contrario, celui d'exprimer la
quintessence du bon sens, celle que le temps a consacrée.

Ainsi s'établit un clonage secret que réclame une pensée effrayée du
risque que la différence, l'étranger, l'inhabituel, la rupture, lui
feraient courir : l'idée reçue tient lieu d'opinion et tant mieux si
elle est critique ou négative, elle s'affirmera avec éclat.

Les différents articles regroupés autour du thème des idées reçues
dans ce premier numéro de la revue Esquisse(s), souhaitent parer au
danger de voir l'idée reçue absorber, dans le conformisme et
l'immobilisme paresseux, la dynamique vivante de toute pensée, fût-
elle la plus riche.

Sommaire du numéro 1 : Idées reçues

« Schibboleth ? », Jean-Claude Stoloff, psychanalyste

« Et si l'erreur était inhumaine », Cathie Silvestre, psychanalyste

« Une incroyable fidélité », Janine Altounian, essayiste, traductrice
de Freud, membre fondateur de Aircrige

« Vous avez dit "gentil" ? », Clarisse Baruch, psychanalyste

« Le médecin et sa conscience : quand la loi s'en mêle » Anne-
Elisabeth Crédeville, magistrat à la cour de Cassation

« Les appels de l'anatomie », Nicolas Danziger, neurologue et
psychanalyste

« De vous à moi », Sophie Bobbé, anthropologue

« Au musée », Daniel Zaoui, psychanalyste

« Ceci n'est pas un cadeau », Sylvie Karila, psychanalyste

« Naturelles, les saisons ? », Martin de la Soudière, ethnologue

« Des stéréotypes nécessaires aux évidences incriticables », Raphaël
Liogier, sociologue, philosophe

« Une idée en passe d'être reçue, ou les dangers de "La question
humaine" », Cathie Silvestre, psychanalyste

« Une odeur de silence », Antoine Nastasi, psychanalyste

Et une contribution de Philippe Descola, ethnologue.

Écrit par : Pub | mercredi, 16 avril 2008 16:00

Un bachelot est un programme qui s'adresse aux satisfaits et bienheureux de leur sort matériel, ceux qui ici-et-maintenant, voire partout-et-en-tous-lieux, tirent le mieux leur épingle du jeu.

Dieu que la société est belle lorsque tout vous réussit ! Quel bonheur vous irradie alors !

Et les substances chimiques produites par votre cerveau dans cette période de joie intense vous brouillent un petit peu la conscience. Au point qu'il peut vous arriver (on l'a souvent constaté) d'en oublier que ce que vous ressentez à ce moment précis, sous forme de plénitude, n'est pas partagé par la plupart des gens qui vous entourent.

Aussi ne vous étonnez pas de constater qu'au rire béat (bachelotesque) que vous adressez à l'entour, peu de visages s'animent à l'unisson.

Quelle déception, n'est-ce pas ? Et quelle dégringolade subite pour vous ! Plus haut était votre Nirvana, plus dure sera votre chute.

Une manière efficace de se préserver de pareil inconfort est de construire un marécage, pour y engloutir toutes les faces non bachelotesques, reconnaissables à ce qu'elles ne sont pas illuminées comme des lampions un jour de Nouvel An, pour y plonger tout ça définitivement. Tous ces mauvais vivants ne méritent pas au fond de vivre. Ils n'en tirent aucune jouissance. Et c'est justement un service à leur rendre que de les soulager de tous leurs maux !

Ensuite, il faut et il suffit de prendre son bâton de pèlerin et d'aller faire la réclame de cette nouvelle vie de newborn bling bling qui s'offre à tous ceux qui ont pu se l'offrir, la trouver, d'une façon ou d'une autre.

Peu importe leur nombre actuel et prévisible. Même s'ils sont par définition destinés à demeurer minoritaires. L'essentiel est de faire la réclame du passage. En parler, c'est déjà lui donner un semblant d'existence, un soupçon de probabilité, de "vous aussi, si vous le voulez vraiment, vous pourrez..." à condition de rester vague et sur la méthode et sur les résultats attendus.

C'est l'embêtant avec les démocraties. Il faut maintenir la fiction du mieux être pour tous sur laquelle ces régimes fondent leur légitimité. Il convient donc de justifier les obstacles en leur donnant un poids supérieur, censé être provisoire, sur la réalisation de l'objectif majeur de cette forme de vie.

Incarner la joie modeste en toutes circonstances et s'enthousiasmer d'un rien, fait déjà un bon Bachelot de base, sans les options.

Écrit par : missionaire | mercredi, 16 avril 2008 16:49

ça me fait penser à ces emissions ou l'on interroge les acteurs d'un film sur les intentions du metteur en scène ou Du scénariste.

Sur les origines sociales des unes ou des autres, j'avais constaté que Hervé Morin était issu d'une famille modeste. Son père était maçon je crois.
Eh bien ce n'est pas un gage d'intégrité, traître à son parti et à sa classe...brrr

Écrit par : monvenin | mercredi, 16 avril 2008 18:42

De quoi Bachelot est-elle le nom ?

Écrit par : questionpourunchampion | mercredi, 16 avril 2008 19:01

Ecrit par : monvenin | mercredi, 16 avril 2008 18:42

mon cher venin,

Ce n'est pas tant l'origine sociale de notre égérie que j'ai voulu mettre en valeur, mais le fait d'être un élu à vie dans une société cloisonnée où on ne fréquente que des gens de son milieu, vous éloigne radicalement des soucis des gens moyens comme nous. Du coup on se trouve incapable d'appréhender véritablement les problèmes...

La preuve en est faite chaque jour, non ?

Quant aux gens comme Morin, pitoyables ambitieux, plus occupés à côtoyer l'élite que les amis maçons de son père, il ne sont pas meilleurs que ceux nés avec une cuillère en argent dans la bouche.

En fait il nous manque de vrais politiques désintéressés, et par la gloire, et par l'argent... J'avoue qu'ils se font de plus en plus rares.

Malheureusement, Jospin était peut être un de ceux là mais...

Les jouisseurs et les parvenus qui ont pris le pouvoir bousillent notre pays tout en se préservant au maximum.

Désolé, monvenin, mais c'est un constat difficile à contester !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 19:11

De quoi Bachelot est-elle le nom ?

Ecrit par : questionpourunchampion | mercredi, 16 avril 2008 19:01

De notre propension nationale à valoriser les pétroleuses sans vergogne, pour peu qu'on ait l'impression qu'elles sont prêtes à trinquer ( j'ai bien dit trinquer ) avec vous au bistrot.

Écrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 19:55

Malheureusement, Jospin était peut être un de ceux là mais...

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 19:11

Il n'a jamais été mieux à sa place que là où il est ( aux poubelles de l'histoire ).
Mais sans doute ne devrait-il pas y être seul et l'équité ( et l'intérêt général ) voudrait que l'ensemble des dirigeants du P.S. ( "jeunes loups" compris ) l'y rejoigne.

Écrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 19:59

Ecrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 19:59


Jospin a pensé que parce qu'il avait un bon bilan et que Chirac était un roi fainéant, il serait élu sans problème..Il serait temps pour lui faire son auto-critique afin de comprendre pourquoi les français en 2002 lui ont adressé un monumental bras d'honneur. Et puis aussi penser à se retirer définitivement à l'ile de Ré, arrêter de pondre des tribunes sentancieuses, aussi digne d'intêret que le prochaine rode Dior qu'arborera Rachida..
Quand au PS, heureusement que la droite lui fait de temps en temps des massages cardiaques...

Écrit par : Pamela de Barres | mercredi, 16 avril 2008 20:10

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 19:11

Farpaitement ! J'imagine en effet assez bien que ces gens de la haute, comme on disait, ont largement naturalisé ou objectivé, comme on voudra, leur situation, au point de la juger légitime, normale, eu égard à leurs occupations, au fait d'avoir consacré leur existence à la cause (ça fait mieux que chose) publique. Et que, ma foi, leur sacrifice vaut bien une petite récompense : celle de hauts revenus les mettant à l'abri d'éprouver les effets négatifs de leur politique - mais par contre les plaçant très correctement pour apprécier les conséquences fiscalement positives de celle-ci.

Ce qui, du coup, signifie que l'on reçoit à l'aune de ce que l'on vaut soi-même. Il serait intéressant d'interroger ces élus sur ce point. En leur interdisant d'éluder, d'esquiver, de fuir la question. Car en effet, s'il est naturel qu'ils soient là où ils sont, s'ils ressentent cela comme l'expression d'une certaine réussite sociale due à leur talent personnel, alors il leur faudrait logiquement reconnaître que ceux qui sont en bas de l'échelle sont également à leur place, celle que leur octroie leur mérite propre.

Ou s'ils admettent que ce n'est pas le cas, alors ils doivent forcément devoir admettre tout aussi bien que la pyramide sociale est foncièrement arbitraire, que les talents personnels n'expliquent pas tout et ne justifient rien. Que la misère de l'un n'est pas "compensée" par la richesse de l'autre. Que vivre en société, surtout quand on a la lourde charge de faire en sorte que tout le monde puisse y avoir sa place de droit, ce n'est pas accepter ce qui est et chercher mollement à compenser les inégalités de fait que l'on ne peut que constater. Que le politique, ce n'est pas simplement ni essentiellement un bon "job" personnel, que l'on exerce en routine en attendant la retraite et en se gavant au passage des bons côtés du métier.

On en arriverait finalement à soutenir que la politique n'est pas une activité comme une autre, du fait qu'elle est par définition tournée vers la recherche du mieux vivre ensemble et qu'à cet égard, elle ne peut pas être une profession pour happy few. C'est tout un renouveau de la conception de la politique et de la fonction d'acteur politique qui paraît nécessaire de réaliser.

Les Bachelot sont un modèle d'aristocratie politicarde, d'accapareurs de positions socialement juteuses qui sont de vrais obstacles à cette transformation là.

Écrit par : off | mercredi, 16 avril 2008 20:11

Ecrit par : off | mercredi, 16 avril 2008 20:11

Off, vous dites toujours à haute et intelligible voix ce que je pense ! Je suis heureux de vous revoir.

Merci. Sincèrement.

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 20:59

Ecrit par : Pamela de Barres | mercredi, 16 avril 2008 20:10
Ecrit par : urbain | mercredi, 16 avril 2008 19:59

Autant préciser que Jospin n'a jamais été ma tasse de thé, la preuve : au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, je n'avais pas voté pour lui mais pour Taubira, une authentique républicaine à mes yeux, ni intéressée par les honneurs ni tentée par l'argent, ni d'un dogmatisme outrancier...

Mais il faut quand même avouer que Chirac ne méritait pas un deuxième mandat et que Jospin est un esprit plutôt austère infiniment moins vérolé que les gens au pouvoir actuellement !

Mais les peuples, apparemment aiment la vérole !

Il suffit d'observer les chefs d'état élus autour de nous...

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 21:10

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 21:10

J'ai voté pour l'austère qui "se marre" contre mon gré, mon coeur et mon vote allait vers Taubira; mais certains journalistes les jours précédents laissaient entendre que Jospin allait être renvoyé chez lui; donc j'ai voté "utile"..J'aime pas l'austérité.. Au deuxième tour je me suis abstenue..
La gauche a eu ce quelle méritait..

Écrit par : Pamela de Barres | mercredi, 16 avril 2008 21:52

Mais les peuples, apparemment aiment la vérole !

Il suffit d'observer les chefs d'état élus autour de nous...

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mercredi, 16 avril 2008 21:10

La qualité primordiale du feu DEL de Bibi de "Rire et chansons" était de dénonçer, de l'intérieur, la moisissure et la lacheté de ceux qui anime le matraquage médiatique ou propagande dont nous sommes victimes quotidiennement.

depuis, Bibi a transformé le plomb en or et josé le plomb en néant, comme lui.

Donc, c'est pour dire que quand on juge des résultats d'une action il faut en étudier les conditions.

Et la nous constatons que les dés sont pipés.

La Démocratie est une pantalonnade ou les tenants du pouvoir ont tous les leviers de désinformation et comme cela ne peut plus suffire l'opposition que l'on nous propose n'est qu'un leurre, ce sont des putes fardées comme des amis du peuples, des apos.

Berluscono a été élu ainsi.

C'est ce constat que nous devons faire et pas un autre.

Écrit par : odm | mercredi, 16 avril 2008 22:10

Donc je propose de défendre un point en plus des 8 de Badiou, l'égalité de traitement médiatique de toutes les composantes politiques de ce pays en permanence et non pas seulement en période d'élection.
Enfin quoi !

Écrit par : odm | mercredi, 16 avril 2008 22:15

Le programme trash télévisé bachelotien existe déjà, c'est "The bachelot", une production Endemolle.
Notre héroïne du jour se voit cernée par quelques bellâtres hâlés ; assureurs, fonds privés, investisseurs. C'est un exercice de séduction qui s'engage. Le gagnant (choisi par la production) se verra céder, à l'issu de la première saison, par le biais symbolique d'une racine de pissenlit, le système de santé.

S'il subsiste encore quelques scories dans la figure bachelotienne, le promu Saussez va nous mitonner une icône renouvelée, enfin expurgée de tout fond de corruption. Du Pierre et Gilles.

Comme dit la formule, déformulation du slogan de McLuhan, "le message, c'est le format."

.................

Pour ceux qui ont (vraiment) du temps à perdre, le "on refait le monde" du jour. Nos polémistes (mouarf) patinent devant la crise économique mondiale, l'inflation, le prix des denrées alimentaires ("les émeutes de la faim", ma formule préférée du moment avec "les marchands de sommeil". Se débarrasser de ces poncifs serait déjà un beau travail) ; une véritable bande de gauchistes. Les réflexes tels que "flexibilité", "marché", "baisse des charges" et l'attirail classique du commentateurconjoncturistejournaliste ne marchent pas bien. Ils sont déboussolés.

Écrit par : f | mercredi, 16 avril 2008 22:31

sur la crise alimentaire mondiale, un livre, "L'Empire de la honte" de Jean Ziegler, qui vient d'être réédité en poche

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 03:06

Ecrit par : missionaire | mercredi, 16 avril 2008 16:49

j'aime bien votre position

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 03:08

Ecrit par : odm | mercredi, 16 avril 2008 22:15

D'accord, sauf qu'il faudra procéder à la définition préalables des "composantes politiques". J'en vois une qui domine actuellement de manière hégémonique c'est la composante "libérale" , qui rassemble les politiciens ( professionnels de la chose politique ) , de l'UMP au PS, plus quelques centristes et non-inscrits pour reprendre les étiquettes parlementaires officielles.
Les autres composantes seraient donc celles qui réunissent ceux qui récusent le marché comme instance déterminante unique et définitive de la vie sociale et de l'économie humaine, et ont pour projet central de s'émanciper de sa domination, et comme seule "morale" celle de combattre l'aliénation sous toute ses formes, notamment la forme religieuse ( économisme inclus ) .

Écrit par : urbain | jeudi, 17 avril 2008 07:58

j'aime bien votre position

Ecrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 03:08

Plus agréable que le dos de vos canassons ?
(Mais que fait un vieux champion de rodéo au village ???)

Écrit par : adrien (de rien) | jeudi, 17 avril 2008 09:24

Ecrit par : adrien (de rien) | jeudi, 17 avril 2008 09:24

Aux royaumes des aveugles, les (cineastes) borgnes sont rois.

Écrit par : nef | jeudi, 17 avril 2008 10:28

j'aime bien votre position
Ecrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 03:08
A une heure pareille, on comprend que tu choisisses la prudence....;-))))

La gauche a eu ce quelle méritait..
Ecrit par : Pamela de Barres | mercredi, 16 avril 2008 21:52

Il y a peut être prescpription? Quoique, quand on voit la condamnation aux prud'hommes de l'ex-future candidate du PS...;-))))

Écrit par : etrun | jeudi, 17 avril 2008 11:07

@Jeff McCloud
A/s des rubriques du logiciel Ardoise, lire (ou relire) avec attention "Itinéraire d'un salaud ordinaire", un livre de Didier Daeninckx.
Le plus désespérant dans ce genre de nouvelles, ce n'est pas que cela arrive, c'est que c'était tellement prévisible, et déjà tellement annoncé...


@Tous
Je vais bien, ne vous en faites pas...
;-)

Écrit par : Marc Louboutin (Mclane) | jeudi, 17 avril 2008 11:19

Ecrit par : Marc Louboutin (Mclane) | jeudi, 17 avril 2008 11:19

Hey, salut Marco (heureusement que tu es revenu, depuis l'arrivée de Berlu au pouvoir, j'ai de nouveau besoin de recette de cocktail, hier j'ai essayé le martini, mais du coup ce matin j'ai la casquette, il doit y avoir de la dioxyne dans leur recette).

Écrit par : nef | jeudi, 17 avril 2008 11:28

Ecrit par : nef | jeudi, 17 avril 2008 11:28

c'est l'éternel retour, élu pour la troisième fois en 14 ans;la gauche italienne ne gagne pas, la gauche de la gauche est laminée. On peut penser que c'est la gauche au pouvoir en Italie qui est une anomalie et non la "Mummia" président du conseil..Alberto Toscano,dit que peut-être il ne terminera pas son mandat de 5 ans, car c'est la présidence de la république italienne, qui intéresse Berlu..
Le martini me réussit très bien; et je vais quand même passer mes vacances là bas!!!

Écrit par : Pamela de Barres | jeudi, 17 avril 2008 12:13

"The bachelot" est un divertissement de bonne facture, décidément.

http://www.marianne2.fr/Remboursement-des-lunettes-offrez-d-abord-un-sonotone-a-Roselyne-Bachelot-!_a85658.html

Écrit par : f | jeudi, 17 avril 2008 12:15

@Nef
Expéditif et garanti : Mojito ou Caïpi avec du vrai rhum 14 ans d'âge (pas la daube premier prix acheté chez Metro et servie dans les bars...)
Normalement, si pas de mélange avec l'herbe qui rend neu-neu, no mal de crâne ni arrêt prolongé à proximité des toilettes...
A tester quand ?

Écrit par : Marc Louboutin (Mclane) | jeudi, 17 avril 2008 12:31

Ecrit par : Marc Louboutin (Mclane) | jeudi, 17 avril 2008 12:31

Pourquoi pas ce week-end ?

Écrit par : nef | jeudi, 17 avril 2008 12:50

Se battre contre quelque chose ou quelqu'un suppose de se définir.
Là, commence le problème.

Écrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 13:34

ça suppose surtout de définir ce contre quoi on entend se battre.
Et le problème commence, avec la question subsidiaire : comment ?

Écrit par : urbain | jeudi, 17 avril 2008 13:45

Oh que non!
se définir permet de determiner les siens et les besoins des siens.
Inutile de définir, laborieusement ensuite, l'objet du combat.
L'enemi est, très évidemment, celui qui s'attaque aux intérêts du groupe qui s'est défini et reconnu dans des valeurs communes.
C'est ce travail qui n'est pas fait !

Écrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 13:58

HS/

Ce midi, comme tous les jours de la semaine sur Europe 1, Jean-Marc Morandini anime un débat entre deux personnalités. Aujourd'hui, le débat porte sur la réforme des hôpitaux en France et il oppose Patrick Pelloux (médecin urgentiste) et Jérôme Béglé (journaliste à Paris-Match).

Comme d'habitude avec ce genre de débat, les deux invités défendent des positions pas très dissemblables, et qui restent dans le cadre de ce que la radio sarkozyste considère comme une parole acceptable. Les deux débatteurs, habitués des média, récitent leur discours convenu. Ils défendent avant tout leur légitimité à être là, dans ce studio d'Europe 1, pour parler de ce sujet : moi j'ai vu ceci, moi j'ai vu cela, moi je connais quelqu'un qui, moi je suis aux urgences tous les jours... L'un plaide pour plus de moyens financiers, l'autre réplique qu'il faut faire des économies. Comme d'habitude, le "débat" n'a aucune épaisseur, les problèmes de fond ne sont pas abordés, la confrontation sans idée est stérile.

Voici alors qu'au téléphone se présente un troisième invité : Claude Le Pen, économiste et spécialiste des questions de santé, professeur à l'université Paris-Dauphine.

Or, l'intervention de Claude Le Pen ne se déroule pas comme prévu. Au lieu d'évoquer la réforme des hôpitaux, il remarque, courtoisement, que le "débat" tel qu'il est organisé par Jean-Marc Morandini dans son émission ne permet pas aux problèmes de fond d'être évoqués, tant on en reste à la surface des choses. Claude Le Pen constate à cet égard le manque d'arguments valables des deux débatteurs, et ajoute que sous couvert d'organiser un débat à but pédagogique, on conforte l'auditeur dans ses préjugés, on le noie dans la démagogie et les clichés, etc. Il dit aussi que les deux invités n'ont formulé aucune proposition, n'ont émis aucune idée, et sont surtout là "pour se faire mousser".

La réaction de Morandini est alors extrêmement violente, et le journaliste vedette d'Europe 1 sort de ses gonds : il répond à l'économiste que si l'émission ne lui convient pas, il n'a qu'à raccrocher et rester chez lui. Morandini ajoute qu'en s'en prenant à l'émission, Claude Le Pen insulte les auditeurs d'Europe 1... et le journaliste de conclure, avant de congédier l'économiste au téléphone : "de toute façon, quand on s'appelle Le Pen..." Ah oui, quel bel argument pour disqualifier son contradicteur.

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 14:25

HS (suite) /

Claude Le Pen c'est lui :
http://www.medcost.fr/Html/contributions_cb/cb_191100.htm

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 14:30

En Sarkozie, toute parole qui se situera hors des alternatives binaires proposées par le pouvoir, sera immédiatement disqualifiée avec la plus grande violence (il fallait entendre l'agressivité de Morandini...) et tous les moyens seront bons, jusqu'à ce que cette parole soit inaudible. Un traitement médiatique que Badiou connaît bien pour en avoir été la victime.

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 14:36

Le procédé questions-réponses est fait pour alimenter les dualismes. (...) Et quand il s'agit d'un colloque ou d'une table ronde, c'est pareil. Les dualismes ne portent plus sur des unités, mais sur des choix successifs : tu es un Blanc ou un Noir, un homme ou une femme, un riche ou un pauvre, etc, tu prends la moitié droite ou la moitié gauche ? Il y a toujours une machine binaire qui préside à la distribution des rôles, et qui fait que toutes les réponses doivent passer par des questions préformées, puisque les questions sont déjà calculées sur les réponses supposées probables d'après les significations dominantes. Ainsi se constitue une grille telle que tout ce qui ne passe pas par la grille ne peut matériellement être entendu. Par exemple dans une émission sur les prisons, on établira les choix juriste/directeur de prison, juge/avocat, assistante sociale/cas intéressant, l'opinion du prisonnier moyen qui peuple les prisons étant rejetée hors grille ou hors sujet. C'est en ce sens qu'on se fait toujours avoir par la télévision, on a perdu d'avance. Même quand on croit parler pour soi, on parle toujours à la place de quelqu'un d'autre qui ne pourra pas parler.
(...) Il est faux de dire que la machine binaire n'existe que pour des raisons de commodité. On dit que la base 2 c'est le plus facile. Mais en fait la machine binaire est une pièce importante des appareils de pouvoir.
(Gilles Deleuze)

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 14:48

bon M. Mcloud, vous êtes dans la dénonciation et le pathos...Comme tout le monde...
Que proposez vous pour remédier à ce scandale.
Et quelles leçons en tirez vous ?

Écrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 14:49

/ Fin du HS et de la pause-déjeuner

Écrit par : Jeff McCloud | jeudi, 17 avril 2008 14:50

C'est pour cette raison que je défends la trinité !

Écrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 14:52

C'est ce travail qui n'est pas fait !

Ecrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 13:58

parle pour toi !
ça c'est un point de vue de cancre, qui n'a pas révisé ... gros feignant !
ça fait très longtemps ( au moins 2 siècles ) que ce travail est fait ...

Écrit par : urbain | jeudi, 17 avril 2008 14:59

HS/ AImé Césaire est mort...
94 ans, c'était attendu...
Mais tristesse tout de même... et émotion devant ce parcours poétique, politique et humain

Écrit par : Valdo | jeudi, 17 avril 2008 15:02

Aimé Césaire est mort? Et hop! Le Minibush va sauter dans ses mocassins à talonnettes puis dans un avion pour tenter de récupérer l'affaire. L'occasion de glisser qu'il aime bien Obama, ou un truc du genre, "ciblé" électorat de couleur, avec lequel il n'est pas très en phase, depuis que son grand ami Hortefeux expulse à tout va.
C'est aussi que, pour l'Elysée, la "chasse aux otages (dans tous les fuseaux horaires) et les bons offices (planétaires, of course) ne paient plus, depuis que Cécilia est partie. Reste donc les serre-pinces aux enterrements, les messages de condoléances et les réceptions de victimes en tous genres.

Écrit par : etrun | jeudi, 17 avril 2008 15:16

Que proposez vous pour remédier à ce scandale.
Et quelles leçons en tirez vous ?
Ecrit par : odm | jeudi, 17 avril 2008 14:49
Qu'il conviendra de pendre tous les culs bénis! Nan, je rigole, on en gardera un ou deux momifiés et réduits, comme serre-livres.
En fait, tu fais l'âne, odm. Il te l'a dit, bouffi, en te citant même Deleuze: "Mais en fait la machine binaire est une pièce importante des appareils de pouvoir".
Si tu fais travailler tes méninges une seconde, bonhomme odm, tu comprends qu'il conviendra d'éviter le débat binaire. Dès qu'on est plus de trois autour de la table on débat mieux. (Je suis pas sûr que ça suffise à rendre Morandini aimable, mais bon...).

Écrit par : etrun | jeudi, 17 avril 2008 15:23

Débat Obama/Clinton sur ABC : pas mieux

http://www.huffingtonpost.com/2008/04/16/worst-debate-ieveri_n_97125.html
et
http://www.huffingtonpost.com/2008/04/16/abc-hosts-heckled-after-d_n_97124.html

Quelques réactions d'internautes américains :

This is AWFUL. ... ABC should be ashamed. George should be ashamed. Charlie should be ashamed. This isn't a debate. This is a hit job.
... Asinine questions - abysmal debate. Fire these silly moderators NOW. They insult the intelligence of the American people.
... Most of the televised debates I've seen this campaign season have been lame, but this one takes the prize. Either you guys are morons or you think that we are. Either way, I'm glad to have seen the last of you. Really, really bad.No winners in this debate, but a definite loser: ABC "NEWS"
... This is the WORST debate I have ever watched. Never in my life have I been more disenchanted with the news media as a whole, especially a news organization such as ABC that I believed to have some sense of purpose to bring substantive information and perspective to the American people. Americans are tired of the snipping between the candidates and the lack of discussion about what each candidate will do to help the country. ABC News should be ashamed for presenting such a failure of a debate.
... ABC News . . you should be ashamed of this debate. Where did you get these questions?? Where are the ISSUES ?
... I am so disappointed but not surprised...

Écrit par : Loutre Atlantique | jeudi, 17 avril 2008 16:15

"La prochaine fois, c'est la porte!", aurait dit le Minibush au conseil des ministres d'hier, dans un silence de plomb. En fait, le Président ne visait pas NKM. Ce n'était qu'un pronostic personnel sur le futur auteur du prochain couac. Bon ok, je sors....

Écrit par : etrun | jeudi, 17 avril 2008 16:26

Salut Aimé... À bientôt.

Refresh à 17 heures...

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | jeudi, 17 avril 2008 16:45

Petite note de précision sur les citations extraites de mon blog:
La première:
"Je me réveille le matin, très tôt. Il me reste de quoi m'acheter un thé à la galerie du centre commercial le plus proche. Puis je mets le cap sur mon entrepôt, où je récupérerai trois coussins de bateau pour me faire un matelas, et quelques vêtements chauds. J'arrive en début d'après-midi dans mon nouveau "chez-moi". J'ai payé jusqu'à la fin du mois, cela me laisse donc une dizaine de jours pour trouver de quoi payer mon prochain loyer."
Si on la replace dans son contexte, je venais de m'acheter un ordi portable, un téléphone portable, et quelques vêtements, raison pour laquelle il ne me restait plus grand chose dans les poches...
La deuxième:
"Je coupe sur la bouffe, je re-songe à la rue, je repousse les échéances, je perd un peu le peu d'équilibre retrouvé...Mais il faut que ça passe sans casser. Je ne peux pas repousser des soins dentaires complets cette année, quel qu'en soit le coût."
(...)
J'ai fait le calcul avec une copine qui travaille à la sécu pour évaluer la possibilité de me faire soigner en France (j'ai la double nationalité et aurai pu retourner en France au besoin). Le coût était similaire et les remboursements insignifiants. Au Québec, j'aurais pu me prévaloir de l'aide sociale, mais tant que je peux payer, je m'y refuse.
La troisième:
"Hier, je suis allé faire des courses pour la première fois depuis une dizaine de jours. Des fruits, des légumes...Je n'en ai pas mangé depuis déjà longtemps... hormis lors de quelques invitations à souper et quelques tomates et haricots...Pas dramatique, mais je le ressens sur ma santé et ma forme."
Effectivement, personne dans nos pays ne devrait être privé d'une saine alimentation quotidienne!!!
En matière sociale, comme dans l'administration et la gestion des affaires gouvernementales, la France accuse un retard considérable sur le Canada, ce qui n'empêche pas les problèmes d'exister ici aussi...
Merci!

Écrit par : sdf de luxe | samedi, 19 avril 2008 07:39

Merci cui-cui !
Et bonjour à toutes et à tous.

Content de savoir que Marc va bien :- )

Quant à trouver des politiques désintéressés, autant soyez "behavioristes" jugez-les sur leurs actes et leur comportement. C'est plus simple.

Écrit par : RichardTrois | samedi, 19 avril 2008 18:30

 
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