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mardi, 25 mars 2008

Mai 68 n’a pas eu lieu

              
II) La réalité est une (mauvaise) habitude
Au cours du précédent billet, nous avons souligné que Mai 68 finalement n’avait jamais eu lieu. Formule que l’on peut entendre au moins de deux façons distinctes : Mai 68 ne s’est jamais concrétisé et n’a pas eu d’héritage véritable, ou bien encore, Mai 68, n’a pas de lieu exclusif dans lequel s’incarner et se fixer une bonne fois pour toutes. Mai 68, l’esprit de Mai, est partout là où une société se met en mouvement pour secouer le joug de ces trop nombreux rapports de force qui, au fil du temps, se sont cristallisés en habitudes collectives de penser et d’agir et se sont ainsi retrouvés «naturalisés», comme appartenant au substrat même du monde dans lequel nous vivons (cf. Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, Minuit, 1968).

Les rapports de force dissimulés, travestis de mille manières sous des descriptions anodines, des règles non questionnables (qu’il s’agisse de textes législatifs ou règlementaires, ou de conventions de simple « bon sens »), de l’organisation hiérarchique, sous ses dimensions aussi bien formelles qu’informelles, de la société, etc., font partie intégrante de ce monde et lui donnent son apparence stable et familière. A partir de ce que nous acceptons, à travers le processus de socialisation, souvent plus proche d’un dressage que d’une formation à l’exercice d’un authentique jugement critique, quoi qu’on en dise, comme étant le «donné» de nos existences individuelles et collectives, se greffent toute une série de pratiques et de fonctionnements sociaux qui en découlent pratiquement.

Au point que nous n’en voyons même pas la violence répressive qu’elle opère sur nos conduites et nos libertés collectives (il serait vain de chercher une liberté individuelle dans un monde foncièrement constitué de soi-même au milieu de tous les autres, qui sont autant d’autres soi-même dont il faut tenir compte). La violence extrême des conditions de travail indignes, des salaires indécents ne permettant pas de vivre en membre de plein droit de la Cité, l’humiliation des « origines » ethniques ou/et sociales qui se traduit par le «droit» à n’occuper dans cette société qu’un strapontin, éventuellement monté sur un ressort puissant qui peut se détendre à tout moment et vous éjecter, sont quelques « données » de ce paysage. Et la liste n’est pas exhaustive.

Retenons simplement un cas évoqué dans la presse récemment. Celui des suicides au travail et de la manière dont le discours public des agents concernés (le patronat tout d’abord) décrit ce phénomène de sorte à le vider de tout lien avec une quelconque responsabilité patronale à faire quelque chose dans les entreprises et sur les conditions de travail pour endiguer cette vague inquiétante. Ce discours de chipotage de la représentante du Medef, proche du déni tant il cultive le doute qui l’avantage – un suicide au travail n’est pas forcément un suicide lié au travail – fait partie de cette «réalité» là, dans laquelle un argument est moins tenu pour s’inscrire dans un débat orienté vers l’action, réparatrice en l’occurrence, à mettre en place, qu’à figer des positions organisationnelles (ici patronat contre syndicats ; problème social versus problèmes d’ordre privé) afin de ne rien engager qui puisse faire bouger les lignes.
Si cette stratégie de la fausse parole est caricaturalement visible dans cette situation, il ne faudrait pas croire qu’il est un cas isolé. Cette forme de parole est exemplaire d’un rapport au monde qui ne nous est que trop familier, au point de ne plus le voir pour ce qu’il est : l’exercice d’une violence pure, reposant sur un rapport de pouvoir asymétrique. Soit le pouvoir unilatéral d’imposer sa vision du monde à autrui et d’orienter le débat public autour d’une version des faits qui préserve des intérêts bien compris, pendant qu’il bloque l’accès de revendications légitimes d’autres acteurs également concernés par le problème sur la scène publique.

Si bien qu’à chaque description d’une situation donnée, objet d’une controverse possible ou actuelle il convient de s’intéresser au fait de savoir qui, parmi tous ceux qui sont affectés par une situation problématique donnée, à divers titres, a accès à la parole publique et qui ne l’a pas. Autrement dit, quels intérêts sont présentés, défendus et lesquels ne le sont pas. Le débat public sur les questions sociales, ou d’intérêt général, ne relève évidemment pas de questions dont les parties prenantes sont désintéressées quant à l’issue bien concrète qui en est attendu. En tant que celle-ci appelle des mesures, des réparations, la reconnaissance de (nouveaux) droits, des indemnisations, des changements dans les modes de production, voire dans la législation ou encore dans les rapports sociaux, il ne saurait en être autrement.

Une manière d’insuffler un peu d’esprit de Mai dans cette machinerie sociale est bien de reconnaître les intérêts divergents, de perspectives, de classes, et d’autres, bref de tout ce qui s’avèrera pertinent, pour peu que cette pré-condition mette entre parenthèses l’évidence de rapports sociaux inscrits dans une vision du monde qui a pour elle la force de l’existant, c'est à dire au fond, l’équilibre d’un rapport de forces qui n’est pas nécessairement juste et équilibré pour autant. Et ne l’est justement pas.
Cette approche du monde social qui lie systématiquement le bon sens, l’ordre des choses, l’objectivité accomplie à une photographie immobilisant des intérêts en conflit, de sorte que le conflit ne se voit pas, ou, comme dans le cas des propos du Medef, ne se voit que trop mais ne possède pas de perspectives ni de modalités structurées et reconnues à partir desquelles ouvrir publiquement les vannes du débat, est un bon moyen de défaire la réalité de ses mauvaises habitudes. En effet, elle fait apparaître que la manière dont la réalité se présente n’est pas un donné, mais un enjeu, et que sa configuration précise dépend de l’action de tous les protagonistes dans un rapport de forces inégalitaire mais qui n’est pas voué à demeurer figé.

Au contraire, une telle approche peut être un levier pour toute action et réflexion qui trouve sa source dans une expérience singulière et qui, par le travail de description et de conceptualisation dont tout un chacun a la compétence, trouve le moyen de se généraliser en un enjeu plus large, en s’appuyant donc sur un moyen d’expression public. Ce qui permet ainsi de transformer ce que d’aucuns voient et voudraient faire prendre pour un cas isolé, un problème privé, en une question qui intéresse tout ou partie de la société dans laquelle cette question vient à se poser et requiert un traitement.

En ne partant pas d’idées abstraites mais bien de situations d’injustice, d’anomalies constatées au regard d’une certaine expérience vécue de la société qui est en rapport avec les exigences et aspirations de la vie en démocratie (ainsi en va-t-il des modes de fonctionnement de la finance internationale passée maître dans l’art de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes – cf. L’interview de Frédéric Lordon en annexe), sans pour autant que ces aspirations ne se limitent aux seuls habitants des pays qui se réclament de ce régime, mais en visant à défendre la mise en place d’un standard universel, il est possible ainsi de donner un nouveau départ aux idées de Mai.

Il est principalement de la responsabilité – i.e. du pouvoir (ignoré) – des citoyens de s’organiser à partir et à travers cette activité de partage d’expériences et de thématisation collective en vue de la mise en œuvre de moyens de lutte concertés et pourquoi pas inédits sur des sujets d’intérêt général construits par le travail collectif, dans une théorisation populaire d’un vécu authentique. Ceci pour faire pièce à la nécrose de la vie sociale par les pouvoirs établis qui se présente sous l’apparence de la réalité qui s’impose à tous et pour enfin (ré)inventer cette aventure collective qu’est la vie en société.

Au sinistre et autiste « travailler plus » peut être substitué la formule «faire société», à la fois comme mot d’ordre, comme rappel d’un principe démocratique fondamental, comme exigence de respect d’un droit humain, sans doute le plus important d’entre tous reposant sur le fait que tout citoyen dispose d’une parcelle de la souveraineté nationale, laquelle a moins le statut d’un élément de patrimoine que celui d’un outil permettant de détruire et de (re)construire cet idéal social et politique qu’est l’être ensemble démocratique, dont aucun modèle ne préexiste et aucun n’a le pouvoir de s’imposer comme le plus accompli.
La faiblesse du rôle et de la place reconnus aux citoyens dans l’aventure collective de la vie de la Cité n’est elle-même que le produit d’une «réalité» d’un autre âge. Ce que Mai avait (re)commencé à pointer et à miner, après bien d’autres tentatives plébéiennes (cf. Martin Breaugh, L’expérience plébéienne : une histoire discontinue de la liberté politique, Payot, 2007) et avant beaucoup d’autres que nous ignorons encore, se rouvre sous nos yeux et attend nos actes pour secouer la torpeur des structures qui ne visent qu’à se pérenniser, quel que soit le coût de leur fonctionnement pour la société qui les héberge.
De nombreuses pistes peuvent être trouvées dans l’expérience de chacun, dans les rapports au travail, de nombreux outils sont disponibles (cf. Yves Sintomer, Le pouvoir au peuple : jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative, La Découverte, 2007) pour constituer, notamment via internet, mais pas seulement, des forums d’initiatives citoyennes, bref des modes de réinvestissement du politique par la base, de repolitisation de questions qui ont glissé au fil du temps et des intérêts dominants dans le registre du discours technique et notamment managérial. Avec pour effet de transformer la vie de beaucoup en un enfer aseptisé où le suicide a pu sembler à certains le seul moyen de faire entendre une voix qu’aucune oreille n’était disposée à écouter autrement.

A cet égard, d’un point de vue institutionnel, le référendum d’initiative populaire pourrait être un outil propre à faciliter cette réappropriation du politique par les citoyens.

Le réel, vraiment, peut-être tyrannique lorsque la novlangue a, seule, pouvoir de le représenter (cf. Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, Climats, 2007). Nous vivons dans une société bruyamment silencieuse, beaucoup de bruit pour étouffer les voix qui ne s’alignent pas sur le consensus en trompe l’œil que les promoteurs du tout économique défendent becs et ongles, en totale discordance avec la condition, les attentes, les souhaits, les besoins de la majorité de la population.

Saurons-nous modifier la donne ?

« Je vois le monde un peu comme on voit l’incroyable.
L’incroyable, c’est ça, c’est ce qu’on ne voit pas » (Léo Ferré)
 
Annexe
Off
             

Commentaires

Juste en passant...
Dans l'opposition (intellectuelle ?) la mode, ou plutôt la constante, est justement aux constatations.
Analyses, discours, dénonciations, constats amers...

Bon. Bon.

Tout cela c'est bien joli. Cela passe le temps. Cela calme les nerfs. Cela donne l'impression d'exister. De faire entendre sa (petite, mais très petite) voix. Après tout, avec Internet, c'est au Monde entier que l'on fait entendre ses gris, ses coups de gueule, ses pleurs...

Mais cela ne change rien. Pas zun poil.

Certains pensent même que le comble de l'opposition c'est l'ironie et la dérision. (si si j'en connais et pas des moins brillants, loin de là.)

Bon.


Bon.



Bon.


Et sinon ?


Qu'est ce qu'on propose pour changer les choses ?
A quoi réfléchit on ?
(je n'ai pas dit penser, tout le monde sait bien que le peuple ne pense pas...Au pire il grogne...C'est exactement ce qui se passe...Pour les rêveurs de révolution, reprenez vos livres d'Histoire)

Je dis cela. Je ne dis sans doute rien. Mon avis ne vaut pas grand chose. Mais quatre ans d'études comparées des dégâts, d'échanges d'opinions pour se dire : "Bon sang mais c'est bien sûr !", cela va être long.

Et pas forcément utile.

Écrit par : Marc Louboutin (Mclane) | mardi, 25 mars 2008 22:11

Ben ouais, c'est vrai, il est préférable de passer les valeurs (boursières) avec armes et bagages à droite pour écouter miroiter les bling bling éclatants et leur douce musique des billets froissés.

Un genre de moralisme bien porté consiste à déprécier la moindre petite tentative de réflexion pour ne pas sombrer. Mais d'aucuns préfèrent enfoncer la tête des autres sous l'eau de leurs sarcasmes impuissants et vains.

Comme il vous plaira.

Écrit par : Momo Louboutentrain | mardi, 25 mars 2008 22:18

@Momo

Vous êtes nouveau (nouvelle ?) ici sans doute...pour lire dans mes propos plus haut des sarcasmes.
Néanmoins, si tel est le cas.
Bienvenue.


Ps : Et bravo pour le jeu de mots. Vraiment. Cela aussi c'est très nouveau pour moi.
(là c'est sarcastique...)
;-)

Écrit par : Marc Louboutin (Mclane) | mardi, 25 mars 2008 22:48

je lirai demain

Écrit par : .. | mercredi, 26 mars 2008 00:25

Marc,

c'est précisément les livres d'histoire qui inhibent probablement les propositions...
Le fait qu'une époque qui porteuse d'une effervescence de propositions, d'idées, d'utopies expérimentées ( stimulantes ou dangereuses,
pistes ou impasses, le débat s'est amorcé là dessus sur l'autre billet) se soient cassées sur la réaction la plus brutale – et , aujourd'hui, sur la Restauration et le rappel à l'ordre que nous subissons (combiné, et cela n'a rien d'incompatible, au plus grand désordre économique et social).
Mais des propositions, il me semble en lire quelques unes dans le billet de off...

Écrit par : Valdo | mercredi, 26 mars 2008 00:25

Oups, fatiguée....

Le fait qu'une époque porteuse d'utopies [...] qui se sont cassées...
Temps d'aller dormir, on en reparle demain.
(et sur mai 68, lisez le prochain Cassandre, parution le 15 avril) ;-)

Écrit par : Valdo | mercredi, 26 mars 2008 00:35

Zzzzzz

Écrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 00:40

Badiou ! urbain.
Normalement vous devriez vous réveillez en entendant ce son..
Badiouuuuuuuuu...

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 00:54

En réalité c'est surtout mon radio réveil qui produit cet effet, mais pour t'être agréable je te livre "in extenso" les prmiers paragraphes du premier chapitre de son petit pamphlet, objet de la "rencontre" de vendredi ( où nous attendons pas mal de monde ) . ç'est intitulé du moment de la rédaction, par Badiou, de ce préambule : "Avant les élections" :

"Je me suis déjà exprimé sur le vote, dans Circonstances 1, à propos de l’élection présidentielle de 2002. J’ai souligné le peu de foi qu’il convient d’accorder à cette procédure irrationnelle, et analysé sur le vif les conséquences désastreuses du fétichisme parlementaire qui nous tient lieu de « démocratie » ~. Le rôle des affects collectifs ne peut, disais-je, être sous-estimé dans ce genre de circonstances, d’un bout à l’autre organisées par l’État, et relayées par l’ensemble de ses appareils, ceux-là mêmes que Louis Aithusser nommait avec exactitude les « appareils idéologiques d’Etat «: partis, bien sûr, mais aussi grands corps, syndicats, médias de toutes sortes. Ces derniers, évidemment la télévision, mais plus sournoisement la presse écrite, sont des puissances de déraison et d’ignorance tout à fait spectaculaires. Leur fonction est justement de propager les affects dominants. Ils n’ont pas été pour rien en 2002 dans la « psychose Le Pen » qui, après que le vieux pétainiste, quoique cheval fourbu tiré d’écuries en ruine, a passé le premier tour, jeta des masses de jeunes lycéens épouvantés et de raisonnables intellectuels dans les bras d’un Chirac qui, n’étant pas lui-même, en ce qui concerne la vigueur politique, de toute première fraîcheur, n’en demandait pas tant. Avec la cavalcade en tête de Sarkozy et le choix par le parti socialiste, comme candidate, d’une nuageuse bourgeoise dont la pensée, si elle existe, est quelque peu secrète, nous avons, cinq ans plus tard, le fatal bilan de cette folie.
Cette fois-ci l’affect collectif qui projette en avant une sorte de comptable bourré de tics, maire de la ville où se concentre toute la richesse héréditaire, en outre visiblement inculte, pourrait être appelé, comme sous la Révolution française, « la grande peur ».
Les élections auxquelles l’État nous convoque sont en effet dominées par l’enchevêtrement contradictoire de deux types de peur.
Il y a d’abord la peur que je dirais essentielle, celle qui caractérise la situation subjective de gens qui, dominateurs et privilégiés, sentent que ces privilèges sont relatifs et menacés, et que leur domination n’est peut-être que provisoire, déjà branlante. En France, puissance moyenne dont on ne voit pas que l’avenir puisse être glorieux — sauf si elle invente la politique qui soustraira le pays à son insignifiance et en fera une référence émancipatrice planétaire —, l’affect négatif est particulièrement violent et misérable. Il se traduit par la peur des étrangers, des ouvriers, du peuple, des jeunes des banlieues, des musulmans, des noirs venus d’Afrique... Cette peur, conservatrice et crépusculaire, crée le désir d’avoir un maître qui vous protège, fût-ce en vous opprimant et paupérisant plus encore. Nous connaissons les traits de ce maître aujourd’hui:
Sarko, un flic agité qui fait feu de tout bois, et pour qui coups médiatiques, financiers amicaux et magouilles de coulisse sont tout le secret de la politique. Avec ce Napoléonle-très-petit, face aux périls internes dont la peur fait tout le réel, l’Etat finit par prendre la forme unilatérale que déjà Genet lui donnait dans sa pièce Le Balcon, celle du préfet de police, dont le costume rêvé est un gigantesque chibre en caoutchouc. Il n’y a dès lors nul paradoxe à ce que Sarkozy, personnage minuscule en communication directe avec les sondages les plus bas, se soit haussé jusqu’à la profonde pensée selon laquelle la pédophilie est une tare génétique, et lui un hétérosexuel de naissance. Quel meilleur symbole des peurs inconscientes, dont le remugle est charrié par la politique spectaculaire, que cette pédophilie, dont on a vu depuis des années, culminant au procès d’Outreau, qu’elle symbolisait, dans notre société proprement pornographique, les désirs ensevelis dont il ne saurait être question? Et quel maître plus digne d’en finir avec cette pédophilie aussi maudite qu’abstraite, et du même coup avec toutes les étrangetés et tous les étrangers, qu’un hétérosexuel en béton armé?
La politique pipole n’est pas ma tasse de thé, mais je mettrais ici quelque espoir dans l’étrange épouse du candidat, cette Cécilia dont il se pourrait qu’elle apporte des lumières inattendues en ce qui concerne les prétentions génétiques de son époux.
Ce qui fait face électoralement à la peur primitive n’est pas, comme il le faudrait, une affirmation claire, hétérogène par principe aux variations sur un thème policier. C’est au contraire une autre peur: la peur que la première peur provoque, pour autant qu’elle
convoque un type de maître, le flic agité, que le petit-bourgeois socialiste ne connaît pas et n’apprécie pas. C’est une peur seconde, une peur dérivée, dont, à vrai dire, au-delà de l’affect, le contenu est indiscernable. Massivement, ni les uns ni les autres, ni les UMP de base, ni les militants socialistes, n’ont la moindre vision positive au regard de l’effet massif du capitalisme déchaîné. Aucun n’affirme qu’il y a un seul monde, contre la division, externe et interne, que ce capitalisme mondialisé propage. En particulier, aucune alliance avec les persécutés, avec les habitants de « l’autre » monde, n’est proposée par le parti socialiste. Il envisage seulement d’engranger les douteux bénéfices de la peur de la peur.
Pour les deux camps électoraux, en vérité, le monde n’existe pas. "

Peut être ce bref aperçu t'éclairera-t-il sur les motifs de l'engouement suscité par le discernement mordant de ce "pur marxiste" .

Écrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 08:43

Tu as bien fait de me répondre ainsi.
ça réveille en effet !

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 09:36

Ecrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 08:43

Nous vivons dans une société bruyamment silencieuse, beaucoup de bruit pour étouffer les voix qui ne s’alignent pas sur le consensus en trompe l’œil que les promoteurs du tout économique défendent becs et ongles, en totale discordance avec la condition, les attentes, les souhaits, les besoins de la majorité de la population.

off

Ces derniers, évidemment la télévision, mais plus sournoisement la presse écrite, sont des puissances de déraison et d’ignorance tout à fait spectaculaires. Leur fonction est justement de propager les affects dominants....Pour les deux camps électoraux, en vérité, le monde n’existe pas. "

Badiou



Une petite question me taraude, Off et Badiou ne sont pas contradictoires, il me semble, alors pourquoi lorsque off émet ce point de vue, tu ne le vois même pas ?

Écrit par : nef | mercredi, 26 mars 2008 09:36

je ne lis jamais off, trop long, trop lourd, à mes yeux sans intérêt , et ça n'est pas par ce qu'au fil de ses interminables posts il n'est pas forcément "contradictoire" avec le Pamphlet de Badiou que ça donne un intérêt quelconque à ses fastidieuses "rédactions" .
Pour ne pas être taxé de laconisme prétentieux ( je sais bien pourtant que ce sera quand même le cas) , mais pour ne pas décevoir mes ennemis... j'ajoute que tes deux citations, replacées dans leurs contextes respectifs ( notons au passage qu'en l'occurence il s'agit d'un thème qui fait consensus et sur lequel chacun répète toujours plus ou moins la même chose ) permettent de bien se rendre compte de ce qui distingue le discours "clair et dictinct", productif de sens , de la glose verbeuse, indigeste et insignifiante.

Écrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 10:34

Ecrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 09:36

fiat lux !

Écrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 10:36

Ecrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 10:34

J'ai ma réponse, tu es snob.

Écrit par : nef | mercredi, 26 mars 2008 10:48

Ecrit par : nef | mercredi, 26 mars 2008 10:48

ça, comme tu me connais, ça fait longtemps que tu le sais ...

Écrit par : urbain | mercredi, 26 mars 2008 11:08

Tu travail ds la défense anti-aérienne Urbain ?
tes missiles sont imparables.
Mais vous ne m'enléverai pas de l'idée que tout ça manque singulérement d'humanité.
C'est quoi le bonheur selon Badiou ?
Du pain, un toit collectif ?, un bus, un toubib et une place au crématorium ?

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 12:16

Qui a dit ça ?
C'est un jeu avec des prix incroyables.

L'illusion du «progrès» ininterrompu de toutes les classes s'est évanouie sans laisser de traces. Le déclin relatif du niveau de vie des masses a fait place à un déclin absolu. Les travailleurs ont commencé par économiser sur leurs maigres plaisirs, ensuite sur leurs vêtements, et, finalement, sur leur nourriture. Les articles et les produits de qualité moyenne furent remplacés par de la camelote, et la camelote par des rebuts. Les syndicats commencèrent à ressembler à l'homme qui s'accro­che désespérément à la rampe, cependant qu'un escalier roulant l'emporte rapidement vers le bas.

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 12:57

Un indice ?

Il y a 70 ans.....

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 12:59

Parole de syndicaliste, le bonhomme avait tout compris.

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:00

Mais avouons, chers amis hémiplégiques, que le progrès se fait dans la douleur et qu'il se manifeste toujours entre 2 guerres.

Donc, donc, la réalité est multiple.

Et le doute notre religion.

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:04

"Tu travailles", c'est mieux....

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:06

Ecrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:00

Trotsky.

Écrit par : nef | mercredi, 26 mars 2008 13:10

nef,
tu viens de gagner le droit de vivre ma vie pendant 24 h.
Bon il faut que tu acceptes que les caméras de M6 nous suivent en direct...
A toi de voir !

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:19

heu une petite camelote ou même un petit rebut à la place ?

Écrit par : nef | mercredi, 26 mars 2008 13:24

Bon, je dois aller me faire exploiter (travailler).
A plus !

Écrit par : odm | mercredi, 26 mars 2008 13:30

Extraordinaire prise de position de Moscovici au moment ou un front syndical se constitue, arguments à l'appui, contre l'allongement à 41 ans de cotisations.

Il était où celui-là en 68 ?

Retraite: allongement "inéluctable" (PS)

Le député PS Pierre Moscovici a jugé "assez inéluctable" l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, à assortir de "contreparties". Parmi les projets gouvernementaux, "je pense qu'il y a des choses qui sont assez inéluctables, l'allongement des durées de cotisation. Mais il faut des contreparties", a déclaré le député du Doubs sur Public Sénat.
Pour Moscovici, il ne s'agit pas de repousser l'âge de départ à la retraite, "ad vitam aeternam, 42, 43 ans" de cotisations. "On doit traiter ce problème du vieillissement, du déséquilibre financier, mais avec les valeurs qui sont les nôtres", celles des socialistes, a-t-il ajouté. Cela signifie "tenir compte de la pénibilité des métiers, des différences d'espérance de vie, du moment où on est entré dans la vie active".
Selon le responsable PS, "il ne faut pas fuir la réalité, ce problème existe et il faut qu'on le traite avec (nos) propositions et non pas en revenant (à) des slogans qui sont irréalistes". "J'espère que le gouvernement entendra, davantage que dans l'affaire des régimes spéciaux", a conclu Pierre Moscovici.
Le gouvernement entame demain une "concertation" avec les partenaires sociaux sur une nouvelle étape de la réforme des retraites, dont un point essentiel, l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation d'ici 2012, est contesté par les syndicats.

Source : AFP
.

Écrit par : juliette dze | mercredi, 26 mars 2008 20:45

Merci Off pour ce long article, pour ce travail que vous avez réalisé pour ce blog, pour cette réflexion que vous partagez, j'espère vous lire encore, même si je ne suis pas la meilleure ou la plus fidèle commentatrice.


C'est néanmoins un plaisir pour moi de voir fleurir ici différentes approches et moults points de vue.

Écrit par : agathe | mercredi, 26 mars 2008 21:23

Bon, j'ai mis "moult" car j'aime ce mot ... Les mots m'amusent.

C'était la minute "anti-ronchons" du village...

NRV mais jamais ronchons devrait être notre slogan.

Écrit par : agathe | mercredi, 26 mars 2008 21:27

C'est néanmoins un plaisir pour moi de voir fleurir ici différentes approches et moults points de vue.
Ecrit par : agathe | mercredi, 26 mars 2008 21:23

Pour moi aussi, même si l'annonce de la mort de Richard Widmark m'a rendu ronchon aujourd'hui.

Écrit par : Lord Nithorynque | jeudi, 27 mars 2008 02:17

Ecrit par : Lord Nithorynque | jeudi, 27 mars 2008 02:17

+1

mais hommage lui est rendu chez nous ;-)

Écrit par : adrien (de rien) | jeudi, 27 mars 2008 09:24

Ecrit par : Lord Nithorynque | jeudi, 27 mars 2008 02:17

Je pensais qu'il était déjà mort!!! 93 ans Holywood conserve...superbe gueule..

Écrit par : Pamela de Barres | jeudi, 27 mars 2008 09:55

 
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