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lundi, 24 mars 2008

MAI 68 N'A PAS EU LIEU

aeafa124da71e856ffb727767be7e17b.jpgI) Les constats
 
Au moment où les politiques, anciens combattants et les médias commémorent en chœur la dépouille de Mai 68, pour s’interroger, au mieux, sur ce qu’il en reste aujourd’hui, il est peut-être temps de s’interroger sur le chantier dont ce mois de mai, commencé en mars, a pu être l’esquisse.

Un chantier trop vite interrompu par une alliance obja408a733b3aa172ce0ecb39de321347a.jpgective des appareils étatiques, patronaux et syndicaux, et qui attend l’arrivée de nouveaux ouvriers pour siffler la reprise à l’endroit précis où les travaux ont été laissés en plan. Tout d’abord il convient de se rappeler qu’à cette époque la crise sociale n’a pas été déclenchée par une crise économique. La croissance annuelle était alors de 5%. C’était plutôt le corset d’une société d’avant-guerre qui se prolongeait dans les interdits portant sur les mœurs, dans l’exploitation des salariés, qui, s’ils trouvaient à s’employer facilement, ne bénéficiaient pas forcément des fruits de la croissance, qui s’est mis soudainement à craquer sous la poussée de nouvelles aspirations issues de la base, cette armée en déshérence des citoyens lambda qui s’est brutalement cristallisée sur un ensemble d’intérêts variés et mobilisateurs.

Un coup de tonnerre prenant tout le monde de court. Un tonnerre qui grondera bien au-delà des frontières hexagonales. Pour s’en tenir au cas français, une relecture de la période autorise à penser qu’il s’agissait dans ce mouvement, moins de réclamer l’accès du plus grand nombre à la société de consommation, naissante, qu’à la mise en place de nouvelles règles de vie commune, un partage différent du pouvoir au sein de la société, de l’entreprise, de la famille, du couple, que celui qui prévalait jusque là. La révolution en la matière portant sur la remise en cause des situations établies, des croyances, des routines prises pour la simple conformité des conduites individuelles et collectives à un état de fait naturel, objectif, s’imposant de lui-même, et garant de l’ordre social.

Mai 68 fut la découverte par le citoyen lambda que l’organisation sociale reposait sur des choix idéologiques, conçus par des intérêts qui ne disaient pas leur nom mais s’objectivaient dans des institutions déclinées dans des pratiques sociales qui réclamaient le respect le plus strict de la part des citoyens qui s’y trouvaient assujettis au nom d’intérêts supérieurs incontestables. Le mouvement eut à peine le temps de secouer le rideau de théâtre et plisser un temps le trompe l’œil que tout un chacun prenait pour la réalité indépassable, l’évidence même du « il n’y a pas d’alternative », « il n’y a pas de plan B » que les puissants de la terre affectent de marteler pour inquiéter les sans-grades et les faire filer doux, que le premier choc pétrolier des années soixante-dix vint mettre de l’ordre dans tout cela. Fini la « chienlit » des questions hétérodoxes posées jusqu’au fin fond du plus modeste atelier par le plus modeste des salariés sur ses conditions de vie, celles de ses compagnons d’infortune, celles des plus fortunés, le pouvoir était de retour en bon pompier pyromane.

L’urgence de la situation, une chute brutale de la croissance d’abord à 2,5% puis à moins par la suite, allait conduire à des potions amères dont les plus modestes allaient devoir absorber la plus grande quantité. C’est l’époque des licenciements de masse, présentées comme la conséquence de la crise, encore une évidence à laquelle tout le monde était soumis, du patronat à l’ouvrier. Puis vint la « solution » des délocalisations, toujours pour faire face à la concurrence et sauver ce qui pouvait l’être des entreprises pendant que les salariés se retrouvaient sur le carreau. D’abord les ouvriers, avec le drame de la sidérurgie, puis ce fut le tour des cadres. On commença alors à s’inquiéter ici et là des ravages de la « mondialisation ». Puis, plus récemment, on s’aperçut avec Vilvoorde, que les grandes entreprises pouvaient fermer des usines alors que leur résultat annuel était largement bénéficiaire.

On se rendit compte a posteriori que bon nombre d’entreprises avaient certainement profité de l’aubaine de la crise pour licencier à tour de bras sans que cela se voit et faire reposer le financement des personnes ainsi débarquées sur la solidarité collective, les caisses de chômage, puis les organisations humanitaires (naissance des « Restos du cœur »).


A la faveur de la crise économique majeure des années soixante dix, on était entré sans le savoir dans l’ère du capitalisme mondialisé purement financier imposant sa loi aux Etats impuissants ou/et complaisants. La construction européenne s’est faite à la même époque et sur les mêmes prémisses. L’Europe des Quinze, alors très largement dominée par les socialistes et sociaux-démocrates, a fait entrer le loup dans la bergerie et lui a désigné les brebis les plus grasses.

De toute cette page de notre histoire récente, et qui se poursuit de nos jours allègrement, les citoyens, en tant qu’agents politiques, ont été exclus. Seul leur statut de consommateur/producteur a été pris en compte dans les politiques de la plupart des Etats-membres. Un statut qui leur réserve le droit de faire ce que l’on attend d’eux – consommer les produits disponibles sur le marché et produire selon les règles et les contraintes édictées par d’autres.
Tout ce préambule pour en arriver à ce constat que les ferments qui ont conduit à l’éclatement de Mai 68 se retrouvent de nos jours. Une même aliénation de la plus grande partie des citoyens et résidants de l’Union européenne, qui porte si mal son nom, face aux intérêts des capitalistes, avec des institutions politiques au service des maîtres de l’économie. D’où résulte un mode de vie sévèrement encadré et délimité par les contraintes de la production dans une lutte incessante vers plus de productivité organisant une arène dans laquelle seuls les plus aptes à se confronter aux règles du jeu sont valorisés. Mais à la manière des machines technologiques qui ébouriffent – à bon compte – le bourgeois : wouaww, regarde ce que je peux faire avec ma caméra HD ! Et moi écoute mon MP3 !

Une citoyenneté réduite aux acquêts s’est (durablement ?) mise en place à qui l’on a seriné qu’elle devrait travailler plus pour se payer le dernier joujou hi-tech indispensable à la vie de chacun. Les paradis artificiels légaux se sont ainsi multipliés à travers une profusion d’objets formant autant de prothèses à travers lesquelles des formes d’action inenvisageables sans leur intermédiaire deviennent réalisables. Evidemment tout ceci ne se fait pas sans une modification progressive mais considérable du rapport à l’autre, atteignant même jusqu’à une forme de mise à distance d’autrui qui confine à un « altéricide » (Dominique Quessada, Court traité d’altéricide, Verticales | phase deux, 2007).

Quelque chose comme un processus d’homogénéisation des échanges dans le monde social sur le mode de la marchandise est en cours. Laquelle ne trouve rien sur son chemin, sauf à ce que l’esprit renouvelé de Mai vienne innerver les consciences et les citoyens au point que quelque chose puisse se constituer, de nouveau, en alternative à un monde façonné par et pour les possédants.

Qu’est-ce que l’esprit de mai si ce n’est le rappel que l’être et l’avoir diffèrent radicalement l’un de l’autre, que l’humanité est un projet sans cesse en devenir, que le « progrès » ne peut relever du seul registre économique, où le terme en question sert le plus souvent de cache-misère permettant toutes lesrégressions pour le seul profit d’une minorité, que la vie de chacun n’est pas à vendre au moins offrant, que la vie est ouverture sur l’inconnu et fait de chacun et de tous, leur existence durant, des explorateurs de mondes ignorés, pour leur propre compte mais aussi pour celui des autres, y compris des générations à venir.

Le Monde est une invention permanente, une aventure individuelle et collective sans fin assignable.  L’économie n’est qu’un aspect participant à la pérennité matérielle de cette aventure à la fois esthétique, cognitive, politique, relationnelle, sociale….

Elle ne saurait dominer l’ensemble de ces dimensions et ne saurait par là même occasion être l’affaire des experts et autres bonimenteurs de l’objectivité qui tirent les ficelles derrière l’apparent diktat du réel.

Alors qu’en est-il de nos jours du potentiel innovateur de l’esprit de Mai ?

Réponse dans le second numéro

 

A suivre....

 

Off

Commentaires

HS
Nef et Bob - Merci encore.

Quelques imperfections de mise en page, j'y retourne. Je suis aphone d'hotmail.

Off

Merci et commentaires à venir ....

Écrit par : agathe | lundi, 24 mars 2008 14:55

Salut Off,

Synthèse intéressante, qui mérite certainement d'être débattue, mais je ne suis pas assez historienne pour ça.
Je viens de recueillir pas mal de témoignages sur 68. Et ce qui frappe, c'est la répétition du : 'On pouvait se parler" (indifféremment des clivages politiques, sociologiques, d'origine...), la frénésie des échanges... (un peut retrouvée lors des grèves de 1995).

Écrit par : Valdo | lundi, 24 mars 2008 15:10

Mais où êtes vous tous?
Qui eût cru que la chasse aux œufs en chocolat avait tant de succès chez les NRVés?

Écrit par : Valdo | lundi, 24 mars 2008 18:20

mais pourquoi tout ce fromage autour de mai 68 ?
c'est juste des petits bourgeois qui ont profité de la grande peur que leurs parents ont eue pendant la guerre;
d'ailleurs y'a qu'a voir ce que sont devenus les meneurs, ils n'ont pas du tout renié leur classe sociale, chacun a fait son trou comme avant.

Écrit par : gloria | lundi, 24 mars 2008 18:37

"Les Etats-Unis devraient utiliser l'argent public pour venr en aide à leurs banques en détresse et calmer ainsi la crise financière mondiale", a affirmé le ministre japonais des services financiers, Yoshimi Watanabe, dans un entretien publié lundi 24 mars par le Financial Times. M. Watanabe a invité Washington à s'inspirer de l'exemple du Japon, dont le système bancaire avait été au bord de l'effondrement dans les années 1990 après l'éclatement d'une bulle spéculative immobilière, avant de se redresser grâce à un plan de sauvetage gouvernemental financé par le contribuable.


Avec ces gens-là, le capitalisme financier, c'est un un système formidable : chers patrons, chers banquiers, n'hésitez pas, tentez votre chance ! Si vous gagnez de l'argent, l'Etat vous en fait cadeau ; si vous perdez de l'argent, l'Etat appelle le contribuable à la rescousse.

Écrit par : La crise financière n'a pas eu lieu | lundi, 24 mars 2008 19:00

" Pour s’en tenir au cas français, une relecture de la période autorise à penser qu’il s’agissait dans ce mouvement, moins de réclamer l’accès du plus grand nombre à la société de consommation, naissante, qu’à la mise en place de nouvelles règles de vie commune, un partage différent du pouvoir au sein de la société, de l’entreprise, de la famille, du couple, que celui qui prévalait jusque là."

################

Tout juste Off ! Ni plus ni moins. Mai 68 fut un gigantesque raz de marée contre l'autoritarisme gaulliste étouffant, le paternalisme benoit, la mainmise sur tous les moyens de communication et médiatique par un état gaulliste omnipotent et omniscient voire semi dictatorial (et je pèse mes mots, ayant connu la période).

L'éruption volcanique d'une génération contre celle qui avait vécu la guerre et qui véhiculait surtout au niveau des moeurs (divorce, anticonception, avortement, pudeurs, tolérance, homosexualité, etc ) des valeurs éculées.

Selon moi, mai 68 ne fut presque que cela et non le cheminement politique des maos et autre trotkistes que personne dans la classe populaire n'a suivi ni même pris au sérieux contrairement à ce qu'on peut lire actuellement ça et là !!!!

Mai 68 a été une grande fête joyeuse et non une révolution : inutile donc de lui donner une importance politique que ce mouvement n'a jamais eu. Ses "leaders médiatiques" on l'a d'ailleurs compris de nos jours, n'étaient présents que par pure ambition personnelle et Gloria a totalement raison sur ce point.

Bravo à vos excellentes analyses, mon cher Off, mais je serais plus dubitatif sur les conséquences de cette époque dont la guerre du Vietnam fut quand même le fait, et de loin, le plus marquant pour le monde occidental !

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | lundi, 24 mars 2008 19:45

excusez, Off.. j'ai ça comme commentaire :

"Pour moi 68 ça a été un fiasco lamentable. du vent. rien ." (Paul 66 ans)
mais comme ce n'est pas de moi..

Écrit par : Maghnia | lundi, 24 mars 2008 19:57

Ecrit par : Maghnia | lundi, 24 mars 2008 19:57

Ouais... Mais les types de 66 ans maintenant avaient plus de 25 ans il y a 40 ans et beaucoup faisaient partie des bataillons de gaullistes purs et durs, aussi conformistes et réacs que les sarkozistes de 27 ans de maintenant !

La France était coupée en 2, et les jeunes gaullistes de 1968 ont fait les vieux sarkozistes d'aujourd'hui mais par contre, nombre de jeunes maos et gauchos sont devenus les réacs d'aujourd'hui !

Qui disait déjà que la vieillesse était un naufrage ?

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | lundi, 24 mars 2008 20:15

On peut faire (beaucoup) plus court, plus clair et ... plus juste : dès les années 70 Clouscard avait parfaitement vu, dans une perspective matérialiste historique, le devenir de l'aspect qui allait devenir prépondérant, dès les années 80, du libéralisme social libertaire issu d'un des "courants de pensée" émergeant en 68 :

« Le néo-fascisme sera l’ultime expression du libéralisme social libertaire, de l’ensemble qui commence en mai 68. Sa spécificité tient dans cette formule : tout est permis, mais rien n’est possible. »

« À la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation absolue. Ces deux composantes historiques fusionnent dans les têtes, dans les esprits, créant ainsi les conditions subjectives du néo-fascisme. De Cohn-Bendit à Le Pen, la boucle est bouclée : voici venu le temps des frustrés revanchards. »

Aujourd'hui cette prévision de Clouscard est corroborée dans les faits de manière édifiante, incarnée par des figures bouffonnesques et dans une évidence difficilement contournable, même avec toute la mauvaise foi du monde et toute la cécité des "philosophes vitalistes" , qui précisément ont incarné , porté, puis produit cette dérive de certaines des idées produites à la fin des années 60 .

Raison pour laquelle le succès du bouquin de Badiou ( 20 000 ex ) sa réception immédiate et l'adhésion spontanée d'un très large public, pour l'essentiel ignorant du système philosophique de Badiou et très éloignés de la tradition marxiste, a fortiori matérialiste dialectique ( qui pourtant imprègne son système ), est sinon "évènement" du moins un fait notable et "signifiant" , à rebours de l'insignifiance absolue à laquelle sont parvenus ses détracteurs et adversaires de tous bords ( singulièrement la médiacratie médiatisée, la philosophie de café ou de journalistes et les rats en tous genres qui accaparent le "devant de la scène" de la société du spectacle ) .

Écrit par : urbain | lundi, 24 mars 2008 20:21

C'est pas pour rien qu'on parlait "à l'époque" des évènements ... de mai .
Il s'est passé beaucoup de choses, pour beaucoup de gens.
Pour certains ... rien.
Les suites, les conséquences sont nombreuses et indéniables, mais beaucoup furent très néfastes, et c'est seulement maintenant, en ce moment même, que chacun peut mesurer ce caractère néfaste, durable et destructeur ( du projet d'émancipation ) du libéralisme social libertaire.
Mais dans cette multiplicité portant l' "évènement" mai 68, des avancées déterminantes ont également eu lieu qui, pour l'essentiel, furent progressivement néantifiées par le désastre des années 80.
Le "moment" où les contradictions issues de la multiplicité des évènements se résolvèrent dans le dépassement "libéral" : le renoncement à ce qui faisait "tenir" le projet socialiste, le naufrage dans la social démocratie, le ralliement piteux au marché, réputé horizon indépassable de toute perspective sociale, le reniement de tous les principes d'émancipation, l' "oubli" de la lutte de classe, le "déclassement" des injustices, la promotion d'une liberté du sujet égocentrique, liberté vide de tout objet et se substituant désormais au principe même d'émancipation, la confusion entretenue entre pouvoir et domination, le relativisme hyperbolique du "tout vaut tout et l'histoire commence avec moi".

Écrit par : urbain | lundi, 24 mars 2008 22:21

C'est pas tout ça, Docteur Urbain !

Mais la question fondamentale est la suivante ?

Qu'est devenu le barbeuq à Raymond ?

http://www.dailymotion.com/relevance/search/barbeuq%2Braymond/video/x187tq_barbeuq-a-raymond_ads

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | lundi, 24 mars 2008 23:35

On dirait que le barbeuq à Raymond est allé rejoindre le "choc fiscal"...
Cela dit je ne suis pas parvenu a identifier tous les "membres" du nouveau gouvernement Fillon ( avec tous ces changements, ça donne déjà le tournis ), peut-être par ce qu'il s'agit en fait des jeunes pousses du P.S préparant leur "université d'été" ?

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 07:48

Totalement en accord avec off, j'attends avec impatience la suite de l'épisode.

Bien évidemment l'analyse de Gloria et d'Urbain fait l'impasse sur la reprise en main par les institutions de mai 68 et prête à ce mouvement les conséquences du fort contre-mouvement qui l'a suivi que off met remarquablement en exergue.

Ainsi les manifestant ouvriers et étudiants se voient endossés les habits des contre révolutionnaires et tous les maux que ceci ont infligés. Oublié la responsabilité du grenelle avec ces Chirac et Balladur qui s'acoquinent avec la CGT, oubliés l'anti-manif (à laquelle le jeune Sarko âgé de 13 ans supplie sa mère de pouvoir assister). Oublié le pacifisme (qui par magie réthorique devient un individualisme forcené) des manifestations anti-vietnam qui rencontre les aspirations salariales des ouvriers de chez Dassault. Oubliés les huit millions de grévistes qui ont causé des sueurs froides au patronat et au capitalisme. Oubliée la parenthèse qui a montré que l'on pouvait interrompre la consommation. Urbain est retourné à son automobile en 1968 et pérore sur un marxisme désincarné donc forcément irréprochable.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/nougaro/video/x4l1zy_paris-mai_music

Avec Urbain et Gloria, il ne fait pas bon perdre une révolution. L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs. A défaut de pouvoir les supprimer physiquement comme lors de la Révolution de 17, les purs marxistes renvoient au néant les anarchistes, les situs, les écolos et les libertaires, comme l'a fait la CGT lors de mai 68 en vendant les aspirations des ouvriers de Boulogne Billancourt au patronat et à sa classe politique.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/chris%2Bmarker/video/x24i7b_medvedkinenouvellesociete-6_politics


Entre les attaques de la droite et celles des anti-libertaires de gauche, mai 68 n'a effectivement pas eu lieu. Tant pis pour la petite et ses parents. Allez continuez à travailler plus et à fermer vos gueules.

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 11:00

mai combien ?
mai 68 ?
balayé par 69, l'année érotique !

nef, tu as raison, depuis quelques années mai 68 (en tout cas celui pendant lequel mes parents me portaient sur leurs épaules pendant les manifs) n'a jamais existé, il s'est volatilisé, coupable d'avoir osé proposé un monde différent.

qui se souvient de l'An 01, un livre de Gébé, et un film de Doillon ?

oups, c'est vrai, l'an 01 n'a jamais existé.

Écrit par : adrien (de rien) | mardi, 25 mars 2008 11:48

le mai 68 de Toubianan sur son blog :

http://blog.cinematheque.fr/?p=42

beau passage sur Alain Tanner. Rien d'autre à en retenir, ou presque.

Écrit par : adrien (de rien) | mardi, 25 mars 2008 12:00

mai 68 : qui se souvient de "Détruisez-vous : le fusil silencieux" de Serge Bard (avec Juliet Berto) ?

Écrit par : Cosmo Vitelli | mardi, 25 mars 2008 12:12

Ecrit par : adrien (de rien) | mardi, 25 mars 2008 12:00

Toubiana, pas Toubianan...

@ Cosmo Vitelli : je n'ai jamais eu la chance de pouvoir voir le film de Serge Bard... Comment se porte votre cabaret ? Pas de problèmes financiers, j'espère !

Écrit par : adrien (de rien) | mardi, 25 mars 2008 12:18

Ecrit par : gloria | lundi, 24 mars 2008 18:37

Les huit millions de petits bourgeois grévistes dans les usines ne te saluent pas, leurs gosses, enfants de la crise et du chômage, non plus. Il n'ont pas renié leur classe sociale et le patronat en a bien pris note effectivement.

Je ne qualifierais pas ton commentaire, je deviendrais trop désobligeante.

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 12:18

Bonjour,
Qui peut me dire les bouquins paraissant sur mai 68 et s'il y en des intéressants,
épargnez-moi quand même la soupe des Glucksmann

Écrit par : Bernard la Croix | mardi, 25 mars 2008 12:36

Sud-Aviation, qui s'en souvient ?

http://20six.fr/aran/art/1266145/1968_Sud_Aviation_premi_re_usine_occupee_de_France

Mais les souvenirs, ça va.

"Les salariés de l'usine Dacia (groupe Renault) de Pitesti, situé au nord-ouest de Bucarest, ont entamé lundi matin une grève illimitée pour réclamer une augmentation des salaires et des primes.
La grève a été déclenchée ce matin et plus de 80% des salariés y participent", a déclaré le leader syndicaliste Nicolae Pavelescu cité par l'agence Newsin.
Les syndicalistes réclament notamment une revalorisation salariale représentant une somme fixe de 550 lei (environ 148 euros), accordée en deux tranches, et une majoration des primes accordées à Pâques et à Noël."

Écrit par : f | mardi, 25 mars 2008 12:50

Ecrit par : urbain | lundi, 24 mars 2008 22:21

Et je te rappelle que Guy Debord a écrit en 1967 dans la société du spectacle :

"Le spectacle, écrit-il, est le moment où la marchandise est parvenue à l'occupation totale de la vie sociale".

Alors mai 1968 a vraiment bon dos. Selon ta théorie, mai 68 aurait libéraliser les désirs les offrant au marché. Mais quelque soit l'idéal de société qui serait sorti de mai 68, le marché se le serait approprié. De Gaulle aurait mis en place une dictature militaire, le marché lui aurait fourni les armes et leurs idéologie d'ordre et sécuritaire. De même qu'actuellement le marché de la sécurité se porte bien dans une Russie toujours privée de liberté (ni liberté ni émancipation). Ce que tu reproches à mai 68, c'est cette particularité du Marché à asservir tout modèle idéologique à ses besoins. Le libéralisme aime le facisme, le communisme, la démocratie occidentale, l'islamisme du moment que ces systèmes soient relativement stables. La seule chose que le libéralisme craint se sont les passages, les révolutions, les instabilités gouvernementales, l'indécision. En cela mai 68 a fait peur au libéralisme, comme 1936, comme la révolte des oeillets, comme Prague, comme la décolonisation.

La thèse de Clousquard sur le libéralisme libertaire peut se décliner pour a peu près toutes les sociétés qui n'ont pourtant pas été touché par l'esprit libertaire de mai 68, mais quio n'échappent pas au libéralisme en revanche. Le libéralisme sécuritaire, le libéralisme identitaire, le libéralisme religieux...

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 12:54

Les salariés de chez Dacia travaillent à l'ancienne. L'usine ne comporte que très peu de machines-outils. C'est le cas, en particulier, de montages qui impliquent des postures complexes et risquées pour la santé des ouvriers et notamment pour le dos. En France, la réalisation manuelle de ces montages est interdite car elle conduit inéluctablement au bout de quelques années à la paralysie, contraignant la personne concernée à finir ses jours dans un fauteuil roulant.

Mais le robot coûte cher et la législation roumaine se moque de ce détail. Aussi cette manoeuvre à risque est-elle confiée à des ouvriers qui se pètent le dos pour pas même 300 euros par mois.

Ah oui, la construction européenne avance à grandes béquilles. "Bienvenue dans un monde solidaire"

Écrit par : crispant | mardi, 25 mars 2008 13:14

Ecrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 11:00

manifestement tu n'as pas lu , ou je me suis mal exprimé.
Ce qui est en cause, le liberalisme "libertaire de gauche" , du jouir sans entrave et de l'égoïsme hédoniste ( tel qu'évoqué par D.R.Dufour l'autre soir ), n'a absolument rien à voir avec les situationnistes ( tu sais tout le bien que pense de Debord ) qui du reste les conchiaient copieusement ( ceux du liberalisme libertaire) . Dans la préface de la société du spectale Debord annonce la couleur, en "pur marxiste" qu'il était ( et comme Badiou le demeure).
ça n'a pas davantage à voir avec les anars ( de droite comme de gauche) qui du reste n'ont pas d'attache particulière avec mai 68 ( ils sont historiquement "transversaux"), quant aux écolos à l'époque ils étaient "à l'état larvaire" ...
Donc ne pas confondre, ne pas tout mélanger .
L'an 01 , ça fait longtemps que je l'ai pas revu, mais j'ai assisté ( et même participé ) au tournage ... comme tant d'autres, après que la BD m'ait bien fait marrer dans le Charlie hebdo de l'époque.
Bourdieu a bien expliqué que mai 68 n'était pas une "révolution" et plus encore le risque qu'il y a à entamer un processus "révolutionnaire" et ... échouer (voir la vidéo de Carles popularisée lors de la campagne présidentielle).
Les effets de 68 furent nombreux et pour certains durables, certains furent même bénéfiques dans pas mal de domaines, mais les contradictions sociales qu'ils ont fait émerger ont été assez facilement dépassées par le "conatus" liberal qui a été ,en la circonstance, doublement "libéré" et débouché sur ... ce que nous constatons tous aujourd'hui.
Ce que nous payons aujourd'hui ce sont les dérives nihilistes bourgeoises ( du prétendu socialisme "libertaire de gauche" ) et égocentriques de gens qui se contrefoutaient totalement des principes d'émancipation qui de Rousseau à Marx identifient précisément le projet d'émancipation humaine qu'on appelle généralement : le socialisme, autrement dit ... la pensée et la pratique ... de gauche.
Le relativisme hyperbolique qui a débouché de cette posture, le "tout vaut tout" , etc ... a naturellement débouché sur l'incapacité de produire des déterminations : si "tout est politique" alors le terme ne sert plus à rien, ne qualifie plus rien.
Maintenant ( depuis les années 80 ) que "tout est culturel" , c'est la culture qui est elle-même néantisée, de la même manière.

On voit bien au travers des échanges qui se manifestent ici que ce qui a le plus changé depuis cette époque, c'est la disparition de deux facteurs clef :
d'une part la conscience et la culture politique ( assez néantiforme par les temps qui courent, spécialement "à gauche") ,
et d'autre part ... le plein emploi.

Concernant Debord je vous informe que sera bientôt édité un petit coffret (pas cher ) avec l'ensemble du texte de "La dialectique peut elle casser des briques", avec le film en DVD (réputé de bonne qualité ) et quelques commentaires ....

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 13:20

Ecrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 12:54

ce que tu n'a décidément pas l'air de comprendre c'est qu'en 68 , ne France et dans le monde, il y a eu non pas un mais -des- évènements ( c'est d'ailleurs ainsi qu'on en parlait à l'époque) . C'est cette multiplicité même, extrêmement diverse et contradictoire, qui pour reprendre le langage de Badiou, a "fait apparaître" un évènement, et au travers de cet évènement unifiant "multiple" : une "vérité" non-historique ( résurgence d'un modèle ).
Cette vérité là n'a rien à voir avec ce que tu invoques.
Et "ma théorie" n'a rien à voir avec ce que tu racontes.
Je ne fais que constater ce que Clouscard dès les années 70, Dufour dernièrement, mais venant tous les deux après Debord , et beaucoup d'autre ont annoncé ou constaté : l'égoïsme individuel et le rejet de tout déterminisme historique, l'oubli des positions de classe, etc ... le relativisme subjectiviste généralisé qui rejette les vérités et les faits, qui ne veut plus voir que des "interprétations", qui assimile la démarche rationnelle à une de ces interprétations "parmi d'autres" et veut que "l'histoire commence avec MOI".
Bref ce que Badiou appelle les philosophes "vitalistes" sont face aux conséquences de leur nihilisme : ici et maintenant : le libéralisme/capitalisme débridé ( "décomplexé") et son symbole : Bouffon imperator .
Pour Debord je t'ai déjà répondu.

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 13:33

Ecrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 13:20

J'ai bien compris merci.

Mais tu réponds totalement à côté des questions que j'ai posé concernant Clousquard. Cette théorie critique du libéralisme libertaire ne peut-elle s'appliquer aux autres formes politiques dont se sert avec également beaucoup de virtuosité le libéralisme ? Debord fait plus que l'évoquer lorsqu'il parle de capitalisme concentré ou diffus. Mai 68, mérite largement largement l'appellation de "situation" qui a brisé la notion de temps et d'espace imposé par le Divin Marché. Le voir en terme de suites, de conséquences et de prolongements est par essence une grande erreur, pour qui a lu Debord.

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 13:56

Comment se porte votre cabaret ? Pas de problèmes financiers, j'espère !
Ecrit par : adrien (de rien) | mardi, 25 mars 2008 12:18

Mon patron est trop fier pour admettre publiquement ses soucis d'argent.

Écrit par : Mr. Sophistication | mardi, 25 mars 2008 15:02

Ecrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 13:20

Oh mais pour les écolos, Clouscard lui ne les oublie pas.

Le freudo-marxisme ...[Marcuse]... jette le bébé avec l'eau du bain. Il est vrai que ce mode de production est une radicale exploitation du travailleur (fordisme, taylorisme, flexibilité), et qu'il signifie le commencement du déferlement de l'impérialisme américain – plan Marshall. Mais ce n'est là que le détournement capitaliste de la production de série et de la consommation de masse, le seul moyen de se battre contre la faim dans le monde, le principe même du socialisme.

Le refus de ce progrès n'est autre que la ratification de la situation géopolitique issue de Yalta et de l'impérialisme américain. L'écologie, en toute bonne foi, servira d'argument massue à cette idéologie moderniste. Oui à la révolution verte, non à la production de série et à la consommation de masse. Pas d'infrastructure qui pollue et refus du transgénisme : famine garantie.

Clouscard in "Génèse du libéralisme Libertaire"

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 15:09

Nef,
Pour le coup c'est moi qui ne suis plus très sur de comprendre ...
ce dont tu me parles.
à la question "Cette théorie critique du libéralisme libertaire ne peut-elle s'appliquer aux autres formes politiques dont se sert avec également beaucoup de virtuosité le libéralisme ?"
La réponse est triviale et évidemment NON, puisqu'il ne s'agit pas de "forme politique", terminologie qui pour moi ne veut pas dire grand chose.
Je parle ici de théorie , philosophique et politique, et de pratique, autrement dit ce qu'on appelait naguère ( en 68 ) la praxis : une pratique politique , une action, fondée sur une pensée préalable, une théorie , fixant à partir de principes des objectifs raisonnés et les méthodes pour y parvenir.
Pour en revenir à Clouscard il suffit de ... le lire ... mais surtout, si je parle de lui, ça n'est pas par ce que j'adhère à toutes ses thèses (loin s'en faut).
C'est simplement à cause du constat que nous pouvons faire aujourd'hui, de la validité de cette thèse ci : que le "socialisme liberal libertaire" n'a nullement débouché sur une amélioration quelconque de la situation sociale, n'a produit aucun progrès dans l'ordre de l'émancipation (intellectuelle, politique et sociale) mais a tout au contraire créé les conditions idéologiques optimales de la globalisation libérale capitaliste, et que tout ça était parfaitement prévisible eu égard à la vacuité des positions théoriques incriminées.
Comme tu sais c'est, par des voies très différentes, les mêmes conclusions auxquelles parvient Dufour dans "le divin marché", malgré le ( ou à cause du ) tropisme "freudo marxiste" que revendique clairement Dufour.
C'est ce même débat ( rationalistes contre "vitalistes" ) que j'investis ( modestement) et où je prends clairement position ( du coté des rationalistes naturellement).
C'est ce même débat qui est de fait mis en avant quand Badiou et Brossat écrivent leurs pamphlets respectifs sur Sarkozy, au même moment, chez le même éditeur.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai souhaité qu'ils soient là "ensemble". ( Badiou le rationaliste marxiste qui "revigore" sur le mode intransigeant, Brossat le "vitaliste" Nietzschéen qui constate les dégats , sur le mode de la déploration morose )
Quoiqu'il en soit il ne s'agit surtout pas d'un jugement sur - ou a fortiori contre- mai 68 , évènement historique qui n'appelle pas de jugement de valeur, mais une évaluation de ce qui dans les évènements concernés peut nous éclairer sur la situation actuelle.
Ce que je fais, avec et après beaucoup d'autres, c'est le constat qu'en dehors des changements profonds ( et positifs) qui furent engagés à ce moment là ( 68) dans l'ordre de ce que j'appelerai -pour faire vite- : "les moeurs" , chacun peut observer que les suites politiques et sociales furent pour l'essentiel celles qui connurent leur néfaste épanouissement dans les années 80 et leur désastreuse conclusion ... aujourd'hui.
Cahcun peut constater l'étendue de la nullité théorique et conceptuelle de cette intelligentsia prétendument de gauche mais en fait : "de cour" , aussi bien que de tous ceux qui se réclament du "courant" Nietzsceo-Deleuzien ( généralement les mêmes) , comme celel de leur "relais politiques".
Pour autant , en constatant cela, je ne veux naturellement pas dire que telle était la "pensée 68".
Bien au contraire, j'observe qu'après un long purgatoire, réapparaît une "autre pensée 68", le courant rationaliste, hegeliano-marxiste, celui de ceux qui, à rebours des mondanités médiatiques qui ont fait floresse ces 30 dernières années, à contre courant et résolument en opposition au conformisme niais de la "café-philosophie" moralisante, persistèrent à penser qu'il y a des vérités, que le monde est intelligible , que le rationnel est réel et que le réel est rationnel.
Réhabilitation consécutive de la position, tenue contre vents et marées, qu'il s'en suit une nécessaire hiérarchisation du donné, de la chronologie et des faits historiques, du savoir et des idées.
Tout ne vaut pas tout et l'histoire ne commence pas avec nous.

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 17:01

Ecrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 13:33

Et l'histoire de la pensée libertaire ne commence pas en 68, Marcel Duchamp est-il un soixante-huitard ? Car il a attaqué les fondements des valeurs traditionnelles que tu défends à travers ta lecture toute personnelle de certains philosophes marxistes (matérialistes). Alors pourquoi mai 68, pourquoi pas le surréalisme et Duchamp ?

Et pourquoi pas la Commune, les blanquistes, la Loi sur la Liberté de la Presse de 1868 et la naissance de la parole populaire ?

"Elle implique, la liberté la plus complète de parler, d'écrire de se réunir et de s'associer ; le respect de l'individu et l'inviolabilité de sa pensée la souveraineté du suffrage universel, restant toujours maître de lui-même et pouvant se convoquer et se manifester incessamment le principe de l'élection à tous les fonctionnaires et magistrats la responsabilité des mandataires et par conséquent leur révocabilité permanente le mandat impératif, c'est à dire précisant et limitant le pouvoir et la mission du mandataire ..." Les communards

Écrit par : nef | mardi, 25 mars 2008 18:22

Ecrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 17:01

Mon cher Urbain, je m'inscris en faux contre vos interprétations et les conséquences que vous donnez de Mai 68.

Étant un peu plus agé que vous, j'ai vécu au coeur du processus et j'expliquerai lors d'une prochaine contribution les ressentis et les espérances de ce mouvements qui n'ont, mais alors rien à voir avec ce que vous faites dire à vos philosophes et autres sociologues.

Quant aux conséquences que vous prêtez à ce mouvement, elles sont tellement exagérées et même, selon moi, tellement souvent erronées qu'elles me font grimper aux rideaux !!!

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mardi, 25 mars 2008 18:34

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mardi, 25 mars 2008 18:34

Voilà qui est fort urbainement dit ! Je souscris en partie mais n'ai hélas pas le temps...

Écrit par : juliette dze | mardi, 25 mars 2008 19:21

Là par contre, je suis d'accord à 100 % :

le "socialisme liberal libertaire" n'a nullement débouché sur une amélioration quelconque de la situation sociale, n'a produit aucun progrès dans l'ordre de l'émancipation (intellectuelle, politique et sociale) mais a tout au contraire créé les conditions idéologiques optimales de la globalisation libérale capitaliste
Ecrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 17:01

Mais le socialisme stalinien non plus.

Écrit par : juliette dze | mardi, 25 mars 2008 19:25

Mais le socialisme stalinien non plus.

Ecrit par : juliette dze | mardi, 25 mars 2008 19:25

Parfaitement d'accord .
je n'ai rien à voir avec le stalinisme, ou le "socialisme stalinien", Dufour non plus, quant à Badiou il était (et semble demeurer ) maoïste ...

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 20:30

Ecrit par : "cui cui" fit l'oiseau | mardi, 25 mars 2008 18:34

Grimpez donc mon bon cui-cui.
les conséquences je ne le "prête" pas, je les constate , comme nous tous, elles sont là , devant nous, et tout un chacun le déplore régulièrement, ici même.
Quant au "mouvement", encore une fois , je l'ai vécu moi-même ( j'ai 56 ans ), et comme chacun peut le vérifier il n'y eut pas un mais des mouvements, pas un mais des évènements en 68 , pas seulement en mai et pas seulement en France.
Et parmi toute cette "multiplicité" , ce ( ceux) dont je parle n'ont pas grand chose à voir avec un "mouvement" cohérent du reste complètement hypothétique ( il n'y eut rien de tel) , rien à voir avec les grands mouvements sociaux , les grèves et les innovations culturelles de tous ordres, ce sont les zélotes ( philosophes, intellectuels et politiques ) de la position "vitaliste" , relativiste anti-rationaliste, qui ont promu sur la base de leur nihilisme post Nietzschéen leur propre et exclusive jouissance égocentrique , parfait "cheval de Troie" du libéralisme globalisé , dans lequel du reste ils ont une place généralement confortable.
Ces gens étaient parfois sur les barricades parisiennes en mai 68, parfois bien ailleurs, parfois sur les campus, bien souvent ( et encore aujourd'hui) aux terrasses "germanopratines" .
Pour beaucoup d'entre eux ils accaparent encore les medias et contribuent très efficacement à la société du spectacle.
Et je mets en cause également leurs "maîtres à penser" qui assurément bien malgré eux et inconsciemment ont provoqué ces dérives du fait de leurs chimères conceptuelles .
Mais c'est maintenant l'heure des comptes, au jour de l'épiphanie bouffonne .

Écrit par : urbain | mardi, 25 mars 2008 20:43

Tout ça est une vision trop localiste tant au plan social que géographique.

Écrit par : juliette dze | mardi, 25 mars 2008 21:19

Quelques lignes sur le Tibet :

"En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de "tuer avec retenue"!"

et :

"Au fond de moi-même, je me demande ce que j'aurais dit si j'avais été investi d'une responsabilité nationale."

http://www.al1jup.com/

!!!

Écrit par : ... | mardi, 25 mars 2008 22:50

Excellent post, la seule critique que je ferais est le passage à la trappe de la période 1981-1983. Sauf si l'auteur pense que dès 1981 Mitterrand, homme de droite, savait qu'il basculerait rapidement dans une politique de droite. Mais vu sa nullité en économie ça me parait tout de même peu probable.

Écrit par : Armand | mardi, 01 avril 2008 06:58

 
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