Avertir le modérateur

mercredi, 30 janvier 2008

Nous Accusons...!

free music

 

LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE


Monsieur le Président,

Nous permettez-vous, dans notre gratitude pour le bienveillant accueil que vous faites inlassablement aux victimes de votre pays, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre starification, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous vous préparez à présider au solennel triomphe de l'Europe, qui couronnera votre semestre de travail, de manoeuvres et d'habileté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – nous allions dire sur votre règne – que cette abominable affaire de la Société Générale ! Et c'est fini, la France a sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime social a pu être commis.

La vérité, nous la dirons, car nous avons promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas pleine et entière. Notre devoir est de parler, nous ne voulons pas être complices.

Et c'est à vous, Monsieur le Président, que nous la crierons, cette vérité. Pour votre honneur, nous sommes convaincus que vous l'ignorez. Et à qui donc dénoncerons-nous la tourbe malfaisante du vrai coupable, si ce n'est à vous, le premier magistrat de ce pays ?

A priori, les appels d’abord discrets puis de plus en plus pressants à la démission de Daniel Bouton, leb7233bcfb6c37cd743c54a3bf7b68d29.jpg PDG de la Société Générale, après l’affaire du trader incontrôlé qui a fait perdre 5 milliards d’euros à cette banque, sonnent comme légitimes. C’est pour tout dire le simple rappel de l’éthique des affaires. Mais examinons d’un peu plus près la façon dont est formulée cette demande. On met en parallèle la question des revenus élevés justifiés par la fonction du président de la banque avec la responsabilité qui doit être la sienne en cas d’échec.Les commentateurs suivants ont été de plus en plus directs pour aboutir à la conclusion que Bouton n’a pas d’autre choix que la démission. Que Jérôme Kerviel ne peut que finir en prison.
Dont acte.

Ceci serait bel et bon si un contexte de réception existait qui mettait en avant le respect des règles prudentielles sur les investissements hasardeux à des fins spéculatives. Or, comme la Société Générale tire 44% de ses profits de la spéculation, on peut dire que celle-ci est une donnée de la « culture » de cette entreprise ; en tous les cas de ses traders et de sa direction. Et que si cela est vrai de la Générale, c’est vraisemblablement le cas d’organismes similaires.

Logiquement ces établissements bancaires ont pris l’habitude de spéculer pour « gagner plus ». Et ce quelles que soient les conséquences, y compris négatives, des retombées de leurs engagements à court terme sur le reste de l’économie et de ses agents, et singulièrement sur l’emploi. Cette logique peut conduire ainsi à déshabiller Pierre pour habiller Paul. En toute irresponsabilité. Après tout, les résultats d’une banque privée ne sont-elles pas le fruit de l’activité et du flair de ses agents ? Ensuite, les effets de leur action sur leur environnement n’est pas leur affaire. Peu importe finalement comment on s’y est pris, comment on a travaillé et en quoi ce travail a consisté, si l’objectif ultime est de « gagner(toujours) plus ».

Il convient alors, dans ce système, de ne pas chuter trop bruyamment, obligeant par là même ceux qui s’en passeraient volontiers, de tirer la sonnette d’alarme et de rappeler les mauvais joueurs à l’ordre. C’est ce qui se passe, semble-t-il, dans l’affaire de la Générale, dans laquelle les politiques, grands experts en irresponsabilité s’il en est (ne serait-ce que du fait même de la brièveté de leur mandat et de l’absence d’évaluation des effets d’une politique à moyen et long terme, qui leur assure une impunité de fait), ont fait appel après coup à la responsabilité des banquiers, et ont vu une sortie possible en appelant à la démission du PDG.

Cette « solution » a tout de la fuite en avant, de la mesure sacrificielle à portée symbolique. Car le problème est plutôt niché dans la logique d’ensemble de l’économie financière et de la création régulière de nouvelles bulles spéculatives dont les personnes ordinaires font les frais, en assumant la hausse des matières objets de la demande sur les marchés et de la spéculation que ces tensions engendrent au niveau boursier. Le départ d’un PDG entrainera simplement son remplacement par un autre, qui adoptera les mêmes règles du jeu. Cela contentera les coupeurs de tête, du moins provisoirement, mais ne changera rien sur le fond.

a07d4ba69c0ca9ed66e750d6d7205201.jpgEn outre, comme les politiques, les « élites » économiques sont eux-mêmes couverts pour toutes leurs bévues. Ainsi, démissionnaire, Bouton toucherait des indemnités à hauteur de trois années de salaire. Autrement dit, aucun risque pour lui. Aucune vraie sanction. Un peu à la manière de Lagardère dont « l’incompétence » reconnue par lui dans l’affaire de l’A380 ne l’a empêché de conserver son poste au conseil d’administration d’EADS et, entre temps, de profiter de la crise pour vendre une partie de ses titres avant la baisse et empocher une plus value de plusieurs millions d’euros. Quant au « plantage » lui-même, il aura été payé « cash » par les salariés qui ont déploré la perte de 28 000 postes dans le groupe.

Le capitalisme sous ce jour se présente comme une véritable civilisation de la jungle, si l’on admet cet oxymore. C’est le règne animal au pouvoir de l’Etat et de l’économie. Irait-on chercher querelle au lion au motif qu’il a dévoré l’innocente gazelle ? Peu de lions, beaucoup de gazelles. C’est une société dure pour tous, certes, mais dont certains ont les moyens, plus que d’autres, de se prémunir des retours de fortune, voire tout simplement des aléas de l’existence. Le capitalisme est judicieux. Il sait séparer ceux qui prennent des décisions risquées de ceux qui devront les assumer effectivement. Avec pour conséquence que le « gagner plus » impose sa logique écrasante sur le travail et que tous les moyens deviennent « bons » pour tenter de décrocher la timbale. Et malheur à qui se trouverait dessous au moment de la chute. Il en serait quitte pour une grosse bosse. D’autres en tireront les bénéfices. Le capitalisme nous sonne. La perte de sens qu’il engendre (travailler pour gagner ; le « moral » des ménages mesuré à la consommation de biens, la destruction de l’environnement livré aux appétits privés, etc.) est plus l’expression d’une crise que d’une politique de civilisation.

Nous accusons le capitalisme d'être coupable des crises que connaissent les plus pauvres et d'être responsable de la croissance perpétuelle de la fortune des plus riches.

 

Telle est donc la simple vérité, Monsieur le Président, et elle est effroyable. Nous nous doutons bien que vous n'avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de votre constitution et de votre entourage. Vous n'en avez pas moins un devoir d'homme. Ce n'est pas d'ailleurs que nous désespèrons le moins du monde du triomphe. C'est aujourd'hui seulement que l'affaire commence. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion, que le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle.

Tout ? En fait l'ordre d'Ancien Régime qui se recompose sous nos yeux, avec sa nouvelle aristocratie de l'argent, sous couvert de "modernité". Et au profit de quoi ? Non pas du même monde tel qu'il est là, avec simplement davantage de goinfres autour de la table. Non, cette vision n'est pas la nôtre. C'est à une révolution douce que nous appelons, une révolution copernicienne, une transformation profonde dans les manières de voir et d'être en société, un retour au phénomène du vivre-ensemble singulier que prétend former ce régime qui a pour nom démocratie.

Ce n'est pas dans une fuite vers toujours plus de consommation, toujours plus d'objets gadgets, de créations d'envies artificielles de posséder, que ce régime peut le mieux s'épanouir. Mais plus certainement dans la redécouverte, qui suppose sa mise en pratique, du sens du mot solidarité, égalité, fraternité. Que la société redevienne au service des citoyens, que ceux-ci en soient co-responsables, dans une acception non tronquée du terme, que l'instauration et la préservation d'un vivre-ensemble démocratique, respectueux des uns et des autres, deviennent l'affaire de tous, dès le plus jeune âge. En somme, il s'agit de substituer le "vivre mieux" si plein de promesses au terne et égoïste "gagner plus" dont la Société Générale nous montre vers quelle impasse il peut conduire.

Nous n'avons qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de notre plus grande vigilance.


 Par NEF et OFF

d'après Emile ZOLA

                                 

mardi, 29 janvier 2008

Nicolas Sarkozy, roi de France nouvelle formule ?


Je n’irai pas par quatre chemins : la République est en danger. Le Président Nicolas Sarkozy fait tout ce qu’il a en son pouvoir pour la faire dériver vers une forme de règne monarchique à la sauce « contemporaine » !

Laurent Fabius publiait il y a peu une Tribune dans les colonnes du quotidien Libération dans laquelle il comparait N. Sarkozy à S. Berlusconi… Je suis entièrement d’accord ; néanmoins, je vais plus loin encore dans l’analyse du comportement du Président Sarkozy.

Celui-ci agit et vit comme s’il visait à apparaître aux yeux des français comme étant leur roi et non le Président de la République de notre pays. En effet, il a adopté avec une facilité déconcertante les codes, les us et coutumes du fonctionnement monarchique.

Il me semble que ce qui peut expliquer la pétrification, entre autres, du peuple français dans sessouffrances, en l’empêchant de trouver les forces nécessaires pour se libérer des chaînes réinstaurées par la politique de Droite menée depuis de nombreuses années maintenant, c’est une fichue culpabilité, celle-là même qui semble le hanter depuis qu’il s’est dégagé, certes au milieu du sang et des têtes coupées, du joug monarchique... Une des manifestations, à mon sens la plus éclatante est l’attrait incontestable qu’exerce sur pas mal de nos concitoyens, les Grimaldi Monégasque.

Depuis son élection, en mai dernier, à la tête de l’Etat français, Nicolas Sarkozy n’a de cesse de se comporter comme le monarque qu’il veut être. Je vais citer ici quelques exemples qui m’ont tout particulièrement frappé.

Sa visite rendue, à Rome, au Souverain Pontife ne me choque pas en soi, mais j’y vois une façon de faire un lien dans le temps avec la cérémonie de couronnement des Rois, par le Pape justement ! De plus, quelques jours plus tard, il nous gratifie d’une surprenante déclaration: « ... Je conçois mon rôle de Président de la République comme devant être aux côtés de l’église de France, dans les mauvais moments comme dans les bons»(Allocution à l’Archevêché de Paris le 13 Décembre 2007). Dans son discours des vœux à la Ligue des Droits de l’Homme, il a prononcé une autre phrase pour le moins ahurissante : « … dans la transmission des valeurs et l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » Cette affirmation est à la fois d’une grande intelligence et d’une stupidité effroyable ; encore une manière toute Gauino-Sarkozienne de monter les gens les uns contre les autres. De plus, c’est mettre en face à face l’Eglise et l’un des symboles les plus forts de la République, à savoir l’Instituteur, le savoir, instruments indispensables pour conquérir sa liberté individuelle et collective.

J’ai un profond respect pour les croyances religieuses ; je suis même le premier à mener des actions afin de restaurer et conserver le patrimoine cultuel du territoire dont j’ai la responsabilité politique, néanmoins je n’ai jamais franchi les limites de la Laïcité, valeur à laquelle je crois fondamentalement, à tel point que je l’ai faite inscrire au fronton de l’Hôtel du Département.

Bien que je ne sois pas historien de formation, il m’est aisé d’affirmer que les Rois de France étaient considérés, entre autres, comme les (lieu)tenants de Dieu sur terre, ce qui leur accordait, aux yeux de la population, la capacité de guérir les malades et autres éclopés... En Espagne, les Rois délivraient les possédés, en Hongrie ils faisaient disparaître la jaunisse et en France, ils guérissaient les écrouelles (maladie d’origine tuberculeuse). Observez maintenant la manière de M. Sarkozy d’aller au chevet de toutes les victimes possibles et imaginables, dès que l’occasion se présente, comme convaincu semble-t-il d'avoir, à lui seul, le pouvoir de prendre sur ses épaules une partie de la souffrance de ces hommes, femmes et enfants... Non, encore une fois, que le fait de témoigner du soutien à des personnes marqués par les coups durs de l’existence soit outrancier - bien au contraire - en revanche ce qui me gêne profondément, c’est de sentir que tout cela (comme son souci constant de délivrer lui-même les otages détenus dans des pays étrangers) fait partie d’une stratégie finement travaillée obéissant à une logique implacable et d’un cynisme qui fait froid dans le dos.

Chacun a pu noter, au cours de ces huit derniers mois, que Nicolas Sarkozy mène un train de vie qui lui vaudrait, sans nul doute, s'il avait vécu au 17ème siècle, le sort que Louis le 14ème croit infliger à Joffrey de Peyrac dans le premier épisode des « Angélique » de Bernard Borderie.

Tout y est, jusque dans son histoire d’amour avec Carla Bruni-Tedeschi dont je n’ose imaginer qu’elle est feinte… En effet, les Rois de France n’épousaient-ils pas toujours des princesses étrangères (entre autres dans le but de souder les liens entre les deux pays concernés) ? Cette jeune femme vit en France, la seconde partie de son nom « Tedeschi » signifie – en italien – « allemands » et elle est issue d’une richissime famille italienne. Une manière toute romantiquement royale de marquer son appartenance à l’Europe, non ?!!!!

Pour terminer, je reviens sur sa nouvelle tocade sémantique se traduisant par une utilisation répétitive des mots « politique » et « civilisation » associés. Je ne ferai pas durer le suspense en écrivant que j’ai la terrible intuition que Nicolas Sarkozy cherche à tuer la République. Non qu’il souhaite réinstaurer la Monarchie telle que la France l’a connue pendant plusieurs siècles – il est bien trop malin pour être aussi brutal dans sa démarche -  mais plutôt instaurer une République dont les règles (fondement de la notion même de République) seraient définies PAR et POUR lui, et ceux qui détiennent le pouvoir financier. L’antonyme de « civilisation » est « barbarie »… Le Président de la République (je le répète pour qu’il ne l’oublie pas !) sous-entendrait-il que nous sommes des barbares ? Tout comme, lors de la période de colonisation, les pays européens partaient « civiliser » les peuples qu’ils considéraient comme étant des « sauvages », le Président de la République aurait-il comme intention de civiliser le bon peuple de France composé à ses yeux d’êtres barbares ?

La République est une magnifique notion qui mérite de demeurer une réalité. Il y a, il est vrai, un grand nombre de choses à modifier, à faire évoluer pour l’adapter à notre façon de vivre, mais la démanteler serait le pire des événements que nous pourrions connaître. C’est pourquoi, nous avons le devoir de relever nos manches pour ne jamais renoncer à un mode de fonctionnement sociétal qui semble, et c’est précisément sur cela que joue le Président de la République, nous effrayer autant que nous rassurer. Ensemble, nous pouvons trouver la force et le courage d'exiger de nous-mêmes d'être à la hauteur de ce que nous pouvons être.

 

Tribune de Christian Bourquin, Président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales et 1er Vice-Président de la Région Languedoc-Roussillon.

 

Envoyée par Laflote.

 

   

 

 

 

samedi, 26 janvier 2008

Les images de la semaine

Cette semaine, trois images à mettre en regard peut-être :

5994ff558c8dca663bb22acf077c2a95.jpg


Partie du mur séparant Gaza et l'Egypte, abattu lors du blocus de l'Etat israélien de janvier 2008, ce qui permet à des milliers de Palestiniens d'aller se ravitailler en Egypte : un remake de "la grande évasion" ?


3caf5b4f27612526c5f145fa3b18218a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peinture d'étudiants palestiniens ne manquant pas d'humour sur le mur longeant la route de l’université de Al-Quds dans le quartier Abu Dis situé dans la banlieue de Jérusalem.


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

56cefe485380aff5417db3e7d4b6bfda.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Mur qui est aussi le support d'images d'espoir.

 

Le Village

Illustrations by Juliette

  

jeudi, 24 janvier 2008

Prison break

 

Nous sommes tous quelque part des prisonniers. Prisonniers de notre travail (quant on a la chance d'en avoir un), prisonniers de nos amours (voire de nos haines) , prisonniers de la société de consommation (même si on tente d'y échapper). Prisonniers de nous même.35e135a802653aa02eb5d66387344559.jpg

Prisonniers et pourtant satisfaits de ces geôles que nous nous nous fabriquons. Surveillés désormais encore plus insidieusement qu'avant et à notre vue. Par caméras dans nos rues, par tracking sur le net, par localisation GPS ou par portable.

Un bonheur abstrait dans une communauté oppressante ou le moindre geste est noté, fiché indexé, numérisé, pour mieux nous fondre dans la masse, pour mieux nous couler dans la nasse de la société. Abreuvés par télés et médias interposés des moindres faits et gestes de la bonne parole annoncée. Statue du Commandeur érigée. Mieux que celles d'acier qui tronaient dans les dictatures de fer également, pour mieux rappeller au bon peuple que leur nouvelle divinité avait pris corps dans le métal...et souvent dans les barreaux pour ceux qui revaient d'individualité.

Et au nom de quoi tout cela ? pour nous assurer la paix et la sécurité, la transparence au mépris de notre vécu particulier. Une sorte d'illusion qui réconforte quand on arrive dans une zone "surveillée", et qu'on pense qu'il ne pourra rien nous arriver. Un cache-misère qui nous rassure dans un syndrome de sécurité à tout prix. Ne pas souffrir, ne pas être victime, ne pas être blessé. Louable pensée bien sur. Mais dont l'application se fait désormais au détriment de notre individualité. et de notre liberté.

Une liberté désormais à la George Orwell (1984) ou à la Ray Bradbury (Fahrenheit 451).  Un avatar du Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley. Une liberté confortée, confortable qui s'entretient d'elle-même, tant peu d'entre nous cherchent à s'extirper de la masse.

Notre apparente liberté n'est elle qu'illusion ? qu'un trompe l'oeil destiné à nous éloigner de notre personnalité ?

La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui (Jean-Jacques Rousseau).

Pour aller plus loin : http://bigbrotherawards.eu.org/


Le Village
Illustration by Skalpa

mardi, 22 janvier 2008

Changer d'air


 

Pendant que notre président vocalise le grand air de la politique de civilisation devant un public qui l'applaudit à tout rompre, un prix nobel de chimie, qui lui ne parle pas en l'air, apprend à qui veut bien l'entendre, que notre planète est entrée dans une nouvelle ère : l'anthropocène.

Par ce néologisme, l'espèce humaine se découvre être devenue, depuis deux siècles et l'avènement de la société industrielle, une « force géophysique planétaire ».

1bf6d371501fb636cace6e7d9e29d217.jpgSoudain, les variations de voix tonitruantes de notre président vont decrescendo, finissent dans des tremolos pathétiques.
Mais il ne faut pas être injuste, énormément de faits, de personnages deviennent dérisoires face à l'annonce de cette nouvelle ère qui se profile apocalyptique.

Quelle partition merveilleuse, l'humanité a t'elle été capable de jouer pendant l'ère précédente qui justifierait que nous essayions de nous sauver de notre capacité à adapter la planète à nos trop nombreux besoins, à nos trop nombreux conflits ?

Quelle oeuvre d'art, quelle musique, quelle littérature, quelle philosophie, quel témoignage d'amour, ou de solidarité, en somme quelle trace de civilisation ou même quel son humain sera capable de nous survivre ?

Doit-on espèrer de la capacité des gouvernements du monde entier à gérer cette crise écologique, en tout cas mieux que les autres crises mondiales, qui ont bouleversé l'humanité ?
La science va t'elle apporter des solutions aux problèmes que ses progrès ont entrainés.
Combien d'année nous faudra t'il pour polluer nos sols comme nous l'avons fait de l'atmosphère et de la mer ? Combien de millions de tonnes de CO2, de déchets radioactifs ou chimiques enfouirons-nous pour retarder l'échéance ?

Même si rien ne se perd et rien ne se créée, tout casse.

Promettre des solutions pour demain, tout autant que contempler avec nostalgie le passé, sont deux refrains dépassés, car c'est toujours le présent.

En conséquence, c'est maintenant qu'il faut changer d'air.


Nef

http://www.dailymotion.com/video/xi48q_le-coma-des-mortel...

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu